Article publié le 13 septembre 2007
Un rapport étonnant du Trust for America’s Health (Accessible ici en anglais) démontre que non seulement les Américains continuent à grossir mais qu’ils grossissent de plus en plus vite !
Des années après que l’obésité ait été qualifiée d’épidémie par les
autorités sanitaires, les chiffres contenus dans cette étude
sanctionnent l’échec des politiques mises en œuvre pour lutter contre
ce fléau.
Concrètement, l’an dernier 1 personne sur 5 était obèse dans 47 des 50 états américains !
A titre de comparaison, Trust for America’s Health affirme qu’en 1991, ce chiffre n’était mesuré que dans 4 états sur 50 ou comment en moins de 2 décennies inverser totalement une statistique.
Ce rapport sort au moment où Philadelphie, à l’instar d’autres grandes villes, cherche à bannir les acides gras insaturés (Appelés là-bas trans fat) des restaurants et des cantines scolaires et que la télévision développe en boucle des concours de pertes de poids…
« Le problème vient du fait que de plus en plus d’Américains considèrent l’obésité comme une gêne et non pour ce qu’elle est, soit une épidémie qui est devenue une vraie question de santé publique » a affirmé le Docteur James S. Marks, vice-président de la Fondation Robert Wood Johnson qui a cofinancé cette étude.
N’hésitant pas à ajouter que « nous ne déclenchons pas le réveil, nous tirons la sonnette d’alarme ! ».
La plupart des états présentant les plus hauts taux d’obésité se trouvent dans le Sud des Etats-Unis, soit là où la pauvreté est concentrée. Concrètement, au Mississipi, en Virginie et en Alabama, un habitant sur quatre est obèse.
A l’autre bout de ce classement, les états les plus vertueux sont le Colorado et le Massachusetts mais le plus inquiétant est que 31 états ont vu leur nombre d’obèses augmenter en une année alors que pas un seul n’a pu présenter d’amélioration !
L’évaluation spécifique du poids des enfants fait apparaître Washington DC en tête de ce peu flatteur classement et l’Utah en fin ; la conclusion étant que l’épidémie est au minimum aussi sérieuse que pour les adultes.
Chaque nouvelle recherche ne fait que renforcer la conviction des scientifiques quant à la dangerosité majeure de l’obésité et son rôle actif dans un nombre toujours plus grand d’affections. Une étude de 2005 du New England Journal of Medecine allant jusqu’à prédire une perte moyenne de 5 années de vie pour les personnes en grave surpoids.
Mais les Etats-Unis sont-ils conscients de cet enjeu ?
Leur politique de santé publique est-elle à la hauteur ?
Jeff Levi, directeur exécutif du Trust for America’s Health semble convaincu du contraire : « L’obésité est un des problèmes que tout le monde considère comme gravissime mais il ne bénéficie pourtant pas de l’attention politique qu’il exigerait. Nous avons besoin d’un plan en rapport avec l’importance du problème… »
Imaginez, les chiffres ont explosé en une génération avec le constat qu’en 2007, 2 tiers des Américains adultes sont considérés comme en surpoids ou obèses ! Le nombre d’enfants en risque ayant quant à lui triplé en 20 ans.
La conclusion ajoutera encore à l’inquiétude ambiante lorsqu’il sera précisé que l’étude présentée par le Trust for America’s Health est basée sur des enquêtes téléphoniques réalisées par les départements de la santé de chaque état.
Or, comme l’a indiqué Lisa Hark, directrice du Programme d’éducation à la nutrition de l’Université de Pennsylvanie, « Quand les gens transmettent eux-mêmes les données qui les concernent, ils ont tendance à surestimer leur taille et sous-estimer leur poids… »
Lutter contre l’obesité, avec les vrais moyens qui marchent risquerait de porter atteinte à l’économie américaine. Il y a des symboles qu’on ne touche pas, quitte à en creuver ... (remarque : on suit la même voie mine de rien)






