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L'Afssa relance le débat sur l'innocuité des OGM

Article publié le 16 février 2009

L'Afssa relance le débat sur l'innocuité des OGM

Dans son édition de mercredi, Le Figaro a rendu public les grandes lignes du nouveau rapport de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments. La conclusion de l’Afssa est sans appel : le maïs OGM est sans danger pour l’homme. L’agence ne fait qu’affirmer ce qu’elle disait en 2004, et ce que l’Académie des sciences ne cesse de répéter : rien ne s’oppose aux OGM. A lire Yves Thréard, éditorialiste du Figaro, il y aurait d’un côté les savants, au sens premier du terme, et de l’autre, la vox populi et ses fantasmes. Et pourtant. Aussi respectable soit-elle, l’Afssa, dans un monde de plus en plus complexe n’est pas le dépositaire officiel de la vérité avec un grand V. Seulement d’une vérité. Et si au fond, les supposés fantasmes n’étaient pas plutôt une intuition fondée ?

Question timing, certaines coïncidences sont troublantes. Nul besoin de rappeler les moyens financiers du lobby OGM qui s’appuie sur des multinationales prospères et souvent dénuées de morale à l’image de Monsanto, producteur entre autres de l’agent orange et des PCB qui empoisonnent nos rivières. Sans sombrer dans la paranoïa, force est de constater que le scoop du Figaro survient opportunément quelques jours seulement avant que Jean-Louis Borloo ne défende, le 16 février prochain, devant la Commission européenne, la clause de sauvegarde activée par la France début 2008.

Le gouvernement français s’était basé sur le rapport d’Yvon Le Maho, directeur de recherches au CNRS, pour interdire la culture du MON 810. L’Afssa considère que les éléments de celui-ci “n’apportent aucun élément nouveau qui remettrait en cause la sécurité des maïs portant l’événement MON 810″.

Or, pour activer la clause de sauvegarde, le pays demandeur doit pouvoir s’appuyer sur des informations scientifiques validées signalant un risque réel pour la santé ou l’environnement. Selon l’Afssa, ce ne serait donc pas le cas. Début novembre, les autorités sanitaires européennes (Efsa) avaient également estimé infondé le maintien d’une clause de sauvegarde en France contre le maïs MON810.

Si les pro OGM ont gagné une bataille, ils n’ont pas gagné la guerre. Quid en effet du principe de précaution ? Les derniers grands drames sanitaires, de l’amiante au sang contaminé en passant par les hormones de croissance, ont éveillé à juste titre dans l’opinion publique le sentiment que les affirmations scientifiques d’un jour ne sont pas des garanties absolues. Des conclusions toujours fondées “sur les données scientifiques du moment”. Des moments difficiles justement, Jacques Chirac avait voulu en tirer la leçon en introduisant au plus haut de notre hiérarchie des normes, le principe de précaution. Un peu trop vite et de manière imparfaite sans doute. Même si ce principe doit être affiné, il reste, quoi qu’on en dise, une avancée et ne constitue pas, comme l’affirme ses détracteurs, un principe de régression.

Les OGM, ne portent pas un seul débat mais bien trois. Une triple problématique environnementale, sanitaire et économique. La question de leurs conséquence sur l’homme (à travers l’alimentation), sur l’environnement (dissémination) et enfin sur de la dépendance des agriculteurs vis-à-vis du semencier (le produit vendu est stérile).

Les OGM sont devenus pour beaucoup le symbole de la loi de l’argent, de la prédominance d’intérêts financiers particuliers sur le bien être général. Ils donnent lieu à des débats où le passionnel a pris le pas sur le factuel comme l’atteste la conclusion de l’édito d’Yves Thréard du 12 février : “Les experts ont fait leur travail, à l’abri de la pression des lobbys. Aux politiques désormais de ne pas céder à la démagogie”.

Pas si simple. Si la FNSEA, salue l’appréciation de l’Afssa “il est temps que le gouvernement se mouille, qu’il prenne ses responsabilités vis-à-vis de Monsanto, des producteurs de maïs et des consommateurs”, de leur côté, les écologistes accusent. Du bouillant José Bové, “le lobby pro-OGM essaie à chaque fois, avant chaque grande échéance européenne, de repousser le bouchon pour essayer de vendre sa camelote”, à l’ancienne ministre de l’environnement Corinne Lepage qui n’hésite pas à dénoncer une “opération de manipulation”.

Le débat sur les OGM n’est pas sans rappeler le troublant silence sur le Bisphénol A, aussi appelé BPA. Une étude du centre médical de l’Université Rochester de New York, révèle la dangerosité du BPA et son omniprésence dans l’environnement des tout-petits.

Ce composé chimique a notamment été introduit dans la fabrication des biberons en plastique afin d’en assurer la parfaite transparence. Or, dans différentes circonstances, notamment de réchauffage (biberons passés au micro-ondes), des particules sont libérées et avalées par les bébés. Perturbateur endocrinien, le BPA modifie non seulement le fonctionnement du système nerveux central mais est également soupçonné de contribuer à des problèmes de fertilité et à l’apparition de certains cancers.

En 2008, les toxicologues et les chercheurs des Instituts Nationaux de Santé, d’après des recherches faites sur des animaux, avaient déjà alerté sur les effets néfastes du BPA. L’Agence américaine des médicaments, la FDA, ainsi que l’Autorité européenne de la sécurité des aliments, saisie par la Commission Européenne, affirment en chœur que le Bisphénol A serait sans aucun danger pour la santé humaine. Au Canada pourtant il a été classé “substance dangereuse” et la plupart des biberons concernés retirés par les commerçants eux-mêmes.

En France, l’Afssa se contente d’indiquer “suivre avec attention l’évolution de l’expertise scientifique sur cette substance”. De quoi relativiser la portée de son avis sur les OGM.

Mise à jour le 13/02-16h00

François Fillon a rappelé que le moratoire français avait été arrêté en vertu du principe de précaution au regard des risques potentiels sur l’environnement en matière de dissémination pour les cultures non OGM. Jean-Louis Borloo a développé l’argumentation dans les colonnes du quotidien La Tribune : en “jugeant que l’ingestion de maïs OGM n’est pas préjudiciable à la santé des consommateurs, l’avis de l’Afssa porte sur le principe de sécurité sanitaire. Or l’invocation auprès des autorités européennes de la clause de sauvegarde et son application sur le territoire français ne sont aucunement basées sur cette question de dangerosité alimentaire (…) mais plutôt sur la capacité, largement prouvée, des cultures génétiquement modifiées à se disséminer sauvagement et à contaminer les cultures voisines (…).

Le gouvernement français met en avant un rapport scientifique rédigé à sa demande qui avait montré que l’absence de connaissance des effets à long terme du Monsanto 810 rend nécessaire l’application du principe de précaution.
“Le fondement juridique de la clause de sauvegarde repose donc sur des risques jugés sérieux pour l’environnement” et non sur l’innocuité humaine ou animale de l’OGM, a résumé pour sa part Roselyne Bachelot, ministre de la santé.

Thèmes

Santé OGM

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40 votes

commentaires
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par La Taverne des Poètes (IP:xxx.xx3.33.176) le 16 février 2009 à 12H50

Lien utile vers un article et un éclairage de Corinne Lepage :

http://www.marianne2.fr/OGM-faut-il...

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par TSS (IP:xxx.xx0.146.50) le 16 février 2009 à 13H26

se renseigner sur les accointances des specialistes

de l’AFFSA avec l’industrie agroalimentaire suffit à

comprendre qui redige les rapports... !!

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par TSS (IP:xxx.xx0.146.50) le 16 février 2009 à 13H30

pour connaitre la dangorosité reelle des OGM se

reporter aux conferences de Christian Velot maitre

de recherche en microbiologie à Chatenay Malabry qui

à cause de ses prises de position s’est vu

supprimer ses credits de recherche... !!

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par leviathan2 (IP:xxx.xx6.9.17) le 16 février 2009 à 13H40

Vous voulez savoir ce que provoque les saloperies fabriquées par Monsanto ? Alors regardez ABSOLUMENT cette playlist sur le "Codex Alimentarius".

http://www.dailymotion.com/playlist...

PS : Les vidéos de "LeLibrePenseur" sont extrêmements interessantes. Il a même envoyé des courriers à l’AFSSA et vu les réponses qu’il lui donne, on comprend que ce sont des guignols !

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par Kalki (IP:xxx.xx8.34.180) le 16 février 2009 à 14H33

Un débat sur agoravox : Avec beaucoup d’information et de liens.

http://www.agoravox.fr/article.php3...

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par JL (IP:xxx.xx6.77.2) le 16 février 2009 à 15H09

Il nous faut refuser, voire boycotter au besoin par la force, tout ce que les compagnies d’assurance n’acceptent pas de couvrir. Les OGM, les ondes électromagnétiques et toutes ces pollutions que les assurances ne couvrent pas doivent être interdites au nom du principe de précaution.

C’est pourtant facile à comprendre, même pour les "politiques".

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par Kalki (IP:xxx.xx8.34.180) le 16 février 2009 à 15H22

Un débat sur agoravox : Avec beaucoup d’information et de liens.

http://www.agoravox.fr/article.php3...

votez :
par Kalki (IP:xxx.xx8.34.180) le 17 février 2009 à 17H41

Le documentaire le monde selon monsanto :

http://www.agoravox.tv/article.php3...

Le rapport de maho :

http://www.agriculture-environnemen...

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par eBulle (IP:xxx.xx5.149.105) le 3 mars 2009 à 19H42

Source : http://www.lefigaro.fr/internationa...

"Une large majorité d’États européens ont refusé lundi de forcer l’Autriche et la Hongrie à cultiver le maïs génétiquement modifié de Monsanto MON810, contrairement à ce que leur demandait la Commission européenne. C’est la première fois qu’une décision hostile aux OGM est prise avec un tel écart de voix en Europe. Seuls cinq pays - Royaume-Uni, Pays-Bas, Suède, Finlande et Estonie - ont soutenu la proposition de Bruxelles exigeant de Vienne et de Budapest qu’elles lèvent leurs clauses de sauvegarde à l’égard de cet OGM, très controversé. « Je ne vois pas pourquoi on devrait suivre les intérêts d’une seule entreprise américaine et fâcher les citoyens des États membres », a justifié le ministre allemand de l’Environnement, Sigmar Gabriel. « C’est un résultat très sévère pour la Commission », a renchéri son homologue français, Jean-Louis Borloo, à l’issue du Conseil des ministres de l’Environnement. Paris, qui a également décidé d’interdire la culture du maïs Monsanto sur son territoire, contre l’avis de l’exécutif communautaire, voit sa position renforcée au sein de l’UE. Au vu du résultat de lundi, la Commission pourrait suspendre ses procédures contraignantes à l’égard de la France. L’association Greenpeace a salué le vote qualifié de « victoire pour l’environnement, les agriculteurs et les consommateurs »."

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