Article publié le 29 mars 2007
Face à des mouvements parfois violents qui s’opposent, par principe, à toute forme d’expérimentation animale, il me semble souhaitable d’ouvrir un débat serein et honnête afin de montrer qu’il existe sur cette question sensible mais complexe des réponses nuancées.
Je ne pense pas avoir de position dogmatique ni définitive sur la question complexe des expérimentations animales que je connais assez bien pour m’y intéresser depuis de longues années. Je voudrais vous faire part ici de manière plus détaillée de ma réflexion afin de relancer ce débat important.
Je ne suis pas contre l’idée d’abolir, à terme, l’expérimentation animale qui ne me satisfait pas pour des raisons éthiques. Mais dans ce cas, il faudra avoir l’honnêteté et le courage de dire la vérité aux patients et aux malades et de leur expliquer qu’une abolition totale (sachant que 80 % de expérimentations animales ont déjà pu être remplacées par d’autres méthodes) ne permet pas, dans l’état actuel de nos connaissances et de nos capacités de simulation informatique) de recréer le même niveau de complexité expérimentale.
Renoncer maintenant à toute expérimentation animale pourrait être un choix démocratique tout à fait respectable mais, dans ce cas, il faudrait faire ce choix en toute connaissance de cause et avoir le courage de dire à nos concitoyens que cela aura inévitablement des conséquences sur la rapidité de mise au point et de mise sur le marché de nouveaux médicaments mais aussi sur l’adoption de nouvelles techniques chirurgicales qui sont systématiquement expérimentées sur l’animal avant de l’être sur l’homme.
Quand on parle d’expérimentation animale, il faut savoir de quoi l’on parle ! Le recours à l’expérimentation animale est d’autant plus fréquent que la loi exige qu’avant toute commercialisation les substances potentiellement dangereuses pour l’homme soient préalablement testées afin de prévenir tout risque pour l’homme. En plus des médicaments, cette réglementation s’impose aussi aux cosmétiques, aux pesticides et aux produits ménagers.
On voit là à quel point le sujet de l’expérimentation animale peut être sensible, puisqu’il touche à la fois au médicament - précieux auxiliaire de santé et souvent synonyme d’antidote à la mort, ou du moins à la souffrance - et à la fois à l’animal, sujet réduit à l’état d’objet sacrifié pour le bénéfice des hommes.
Car ce qui est en jeu quand on aborde la question de l’expérimentation animale, c’est bien avant tout le médicament, dont personne ne nie l’utilité, et qui, en tant que substance active, se doit d’être manipulé avec précaution, et ne peut faire l’objet d’un lancement « à l’aveugle », sans avoir été testé auparavant afin de s’assurer de son innocuité pour l’homme.












