Il y a quelques années, je prenais un certain plaisir à réfléchir sur des sujets assez intellectuels. Le jeu des mots et des idées était quelque chose qui m’attirait. Mais au bout d’un moment, je me suis rendu compte que ce jeu intellectuel tournait en rond, comme pris dans une espèce de spirale sans fin et sans but. Le mental prend un certain plaisir à élaborer des sujets complexes avec de multiples ramifications. Mais à force d’être dans l’intellect, il y a un déséquilibre qui se crée, une déconnexion entre l’esprit, le cœur et le corps. En développant à outrance une partie de notre être, une perturbation se crée et les autres parties se trouvent en déséquilibre. L’usage intensif de l’intellect, du mental, nous mène vers des pensées peut-être bien complexes, mais souvent, trop souvent d’ailleurs, déconnectées du cœur. Les qualités du cœur sont fondamentales, car elles permettent d’éprouver de la compassion, de l’amour, envers autrui. Le cœur nous permet de nous émerveiller face à des choses bien simples, comme un lever de soleil, une lune brillante, etc. Par contre, trop être dans l’émotif, nous mène vers un certain sentimentalisme. Etre trop dans l’affectif ne permet pas d’avoir de recul, un esprit critique et donc une vue d’ensemble. Un équilibre est donc à créer entre le mental et le cœur.
Le corps est finalement un peu la carte qui nous permet de voir notre équilibre ou déséquilibre. Dans le corps s’inscrivent les émotions mais aussi notre façon de penser, d’être. Refouler des sentiments amène à une fermeture de la région du cœur, du thorax avec un dos vouté. Etre pleinement, implique une certaine ouverture de cette zone. Là, à nouveau, il faut prêter attention à ne pas aller vers une affirmation trop présente de soi. Toujours un équilibre à trouver.
Lorsque le mental prédomine, très souvent, le corps est délaissé. Pendant longtemps, il y a eu une véritable fracture entre le corps et l’esprit dans notre culture occidentale. Le corps était renié, sale. A force de vouloir nourrir l’esprit, le corps a été négligé et sa place fondamentale d’ancrage de notre individualité a été laissée de côté. Mais à nouveau, donner trop d’importance au corps occulte les autres éléments de notre être.
Finalement, vivre pleinement, ce serait parvenir à équilibrer les différentes parties de notre être, afin qu’aucune d’elles empêche le bon fonctionnement de la globalité. Développer chaque partie de nous dans une juste mesure, sans jamais tomber dans l’excès.












