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EPR, plus qu'un réacteur, une calamité

Article publié le 19 mars 2007

Comme vous avez pu le voir via les journaux et informations télévisées, il s’est tenu samedi 17 mars 2007 cinq grandes manifestations à Lyon, Toulouse, Lille, Rennes et Strasbourg contre la construction de l’EPR. Voyons ce qu’est ce réacteur si controversé.

EPR, plus qu'un réacteur, une calamité

L’EPR, ce nom ne vous dit peut-être rien ou peut-être en avez-vous déjà entendu parlé lors d’un journal télévisé sur un vague projet de centrale nucléaire en Bretagne ou bien encore d’un éventuel gigotement économique en Chine pour obtenir les contrats de construction de réacteurs nucléaires.

En fait, l’EPR acronyme de "European Pressurized Reactor" est comme son nom l’indique un réacteur à eau pressurisée. Ce type de réacteur utilise de l’oxyde d’uranium faiblement enrichi dans le cas d’un PWR (réacteur nucléaire à eau pressurisée le plus courant en France) et de l’uranium enrichi à 5% ainsi que du MOX (combustible composé de plutonium et d’uranium appauvri souvent d’origine militaire) dans le cas de l’EPR. Il utilise de l’eau pressurisée pour conduire la chaleur du réacteur à l’alternateur mais aussi un autre circuit à eau pressurisée pour le refroidissement (d’où les grandes cheminées de refroidissement).

Les détracteurs de l’EPR à savoir AREVA (ex-Framatomex-Framatom et Siemens) prétend que l’EPR est le réacteur le plus sûr de tous les temps, avec 4 systèmes de refroidissement d’urgence indépendants, un conteneur de fuite radioactive autour du réacteur (appelé core catcher), une enceinte de confinement en cas de fusion du réacteur et d’un mur de deux épaisseurs.

D’un point de vue énergétique, l’EPR peut fournir 4250 à 4500 MW de chaleur soit après un rendement de l’ordre de 36% de 1500 à 1600 MW d’énergie électrique.

Mais évidemment ceci est la "brochure commerciale" d’AREVA. Si l’on regarde dans les détails, tout n’est pas si rose.
Prenons d’abord la mesure phare de sécurité des EPR, le dénommé "core catcher" qui est un système censé récupérer le coeur fondu en cas de fusion du réacteur, or il s’est avéré que des défauts de conception ont été commis. D’après certaines études, les explosions de vapeur (produit lorsqu’un gaz couplé à de l’oxygène rencontre de très fortes températures et prend feu, les gaz brûlés agissent comme un piston sur le reste du nuage et provoque un déflagration) qui se produiraient dans le coeur à cause de sa très forte température pourraient faire exploser les parois du réacteur.

Maintenant voyons de plus près un autre argument en faveur de l’EPR, sa résistance aux chutes d’avions. Ce détail ne vous aura pas échappé, en effet on parle bien de terrorisme ou d’accident, d’écrasement d’un réacteur EPR. Un rapport confidentiel défense d’EDF diffusé par l’association Sortir du nucléaire révèle que les parois du réacteur ne résisteraient qu’à la chute d’un avion de petite taille et non d’un avion commercial de type moyen ou gros porteur.

Autre problème de l’EPR est lié au fait que sa conception autour du palier N4 équipant notamment la centrale de Chooz. Or ces réacteurs qui ont servi de base aux EPR ont de nombreux problèmes de fatigue thermique et des tuyaux de leur système de refroidissement qui se fissurent régulièrement.

Venons-en maintenant au premier réacteur EPR d’Areva construit sur le site d’Olkiluoto en Finlande. Sa mise en service prévu initialement en 2009 a été reporté à 2011 à cause de différents déboires techniques et notamment à cause de problèmes dans la composition du béton utilisé le rendant plus poreux ce qui augmenterait la corrosion des structures métalliques implantées dans celui-ci.

Autre soit-disante nouveauté introduit par l’EPR, l’utilisation de combustible MOX (mélange d’uranium appauvri et de plutonium) qui est une sorte de recyclage de matériaux fissible militaire. L’un des risques de ce combustible se trouve au niveau de son transport ; en effet la présence de plutonium est favorable à sa transformation en arme nucléaire propre ou sale. Comme l’a montré un série documentaire d’ARTE diffusé l’année dernière, ce combustible est acheminé par bateau sans aucune protection militaire et transite ensuite par un simple camion pour combustible nucléaire, or le trajet emprunté par ce camion est très dangereux, car il passe soit par des endroits à haute circulation tel des autoroutes ou bien emprunte des ponts s’élevant à des hauteurs auquel le conteneur du combustible ne peut résister ou encore l’arrêt du camion sous faible escorte policière dans une station service sur une aire d’autoroute. Il ne faut pas oublier que le combustible nucléaire est dangereux pour sa radioactivité et aussi par son potentiel de prolifération.

Maintenant voyons de plus près le cas du site de Flamanville. Tout d’abord Flamanville a été choisi pour son littoral océanique, en effet EDF a éprouvé de grandes difficultés de refroidissement pour ses centrales nucléaires situées le long des fleuves en été lorsque la chaleur extérieure est importante et lorsque le niveau des fleuves baissent. En effet, il faut savoir qu’EDF est tenu à une réglementation de la température de l’eau rejetée dans les fleuves qui ne peut dépasser 27°C pour éviter d’endommager l’écosystème des fleuves. Après la canicule de 2003, EDF avait rejeté pendant 44 heures des eaux à 28,8°C. C’est alors que’EDF a entrepris de placer ces futurs centrales sur des littoraux alors que cela bafoue complètement la loi littoral interdisant toutes constructions à 100 mètres des côtes, de plus pour une activité provoquant une pollution résiduelle radioactive et un réchauffement des eaux rejetées.

L’EPR est aussi un symbole, mais un symbole de l’unilatéralisme et de l’absence de démocratie. Le choix de l’EPR et son décret de construction a été lancé alors même que le débat publique n’avait même pas encore été terminé. De plus, la construction de cet EPR n’est pas là pour répondre à une demande urgente de production énergétique mais pour servir de vitrine à AREVA pour exporter sa technologie dans le monde. A ce propos, un contrat a été perdu en Chine au bénéfice de l’américain Westing House, les dirigeants chinois ayant exigé "un réacteur fiable" ce qui laisse présager de la fiabilité de cette technologie. Et cette technologie a un coût, 3,3 milliard d’euro pour un réacteur ce qui n’est pas négligeable. L’association Sortir du nucléaire a d’ailleurs publié un rapport présentant la solution énergétique alternative au réacteur EPR qui permettrait la création de 15 fois plus d’emplois disponible ici.
Pour terminer, Greenpeace vient de sortir une étude sur la sécurité confiée à John Large du cabinet de génie nucléaire "Large & Associates" classant l’EPR comme le réacteur le plus dangereux au monde sachant qu’il s’agit du plus puissant au monde et concentre donc le plus de matériaux fissibles. Voici ce rapport : http://www.greenpeace.org
Je finirais par une petite vidéo sensibilisant au danger du réacteur EPR de Flamanville :


EPR il n’est pas trop tard pour arrêter
envoyé par gpfrance

Ressources :

Article sur l’EPR de wikipedia : http://fr.wikipedia.org/
Article sur les PWR de wikipedia : http://fr.wikipedia.org/
Article sur les explosions de vapeur de wikipedia : http://fr.wikipedia.org/
Article sur les accidents nucléaires de wikipedia : http://fr.wikipedia.org/
Article du Monde paru le 26 octobre 2006 d’Olivier Truc et Hervé Morin : http://www.lemonde.fr/
Article du site de Greenpeace France : http://www.greenpeace.org/
Article du site de l’association Sortir du nucléaire : http://www.sortirdunucleaire.org/
Article du site d’ARTE : http://www.arte.tv/fr/
Post d’un forum de France2 : http://forums.france2.fr/france2/environnement/
Rapport de Greenpace : http://www.greenpeace.org/france/
Rapport de Sortir du nucléaire : http://www.sortirdunucleaire.org/
Rapport d’EDF : http://www.sortirdunucleaire.org/

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59 votes

commentaires
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par lecver (IP:xxx.xx3.245.156) le 19 mars 2007 à 18H14

Bonjour

J’aimerai avoir des precisions concernant votre explication concernant votre sujet sur l’epr. Il utilise de l’eau pressurisée pour conduire la chaleur du réacteur à l’alternateur mais aussi un autre circuit à eau pressurisée pour le refroidissement (d’où les grandes cheminées de refroidissement).Je ne comprend pas cette phrase est ce le principe de base de fonctionnement d’une centrale ? De plus vous expliquez que l’etude de l’epr a ete faite a partir des centrales N4 ou il y a des problemes avec des tuyaux de leur système de refroidissement qui se fissurent régulièrement auriez vous des elements plus precis sur ce sujet ?

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par IL_faut_changer ! (IP:xxx.xx2.49.111) le 19 mars 2007 à 21H33

Bonjour,

A propos du réacteur, il existe un circuit primaire qui emmène la chaleur du réacteur et la transmet à un autre circuit qui n’est pas en contact avec les radiations et qui lui transmet cette énergie calorifique à l’alternateur qui produit de l’électricité. Il y a aussi un autre circuit qui assure le refroidissement du réacteur.

L’EPR se base sur un certain nombre de systèmes mis en place sur les anciens réacteurs nucléaire français qui eux même ont certains problèmes de conception. Lors de mes recherche j’ai appris que les réacteurs de la centrale de Chooz (N4) ex-avant garde d’EDF (construit dans les années 90) ont des problèmes au niveau de leur tuyauterie. On peut penser que le même type d’erreur puisse se produire avec l’EPR. Sachant que le premier EPR n’est pas terminé, on ne peut pas encore connaître les éventuelles erreurs de conception non documenté.

En ce qui concerne l’étude de John Large pour greenpeace sur l’EPR, elle se base sur les caractéristiques du réacteur EPR.

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par Xavier (IP:xxx.xx8.105.21) le 19 mars 2007 à 19H47

Le nucléaire, les piles à combustible et les biocarburants sont des solutions illusoires.

En effet, il faudrait 3 à 4 fois la surface agricole de la France pour remplacer le seul pétrole utilisé comme carburant.

Voir ici La fin progressive du pétrole pour plus d’informations.

Le rendement du nucléaire pour produire de l’énergie est faible (30 à 35%).

Une chose dont on ne parle jamais, c’est que le nucléaire produit du CO2, surtout lors de l’extraction, du concassage, du transport du minerai, sans compter les autres étapes intermédiaires.

Une fois épuisé le minerai le plus riche en teneur d’uranium, cette polution sera de plus en plus importante, jusqu’à être comparable à celle des centrales à gaz, tandis que le rapport entre l’énergie produite et l’énergie consommée par la filière nucléaire sera de plus en plus faible.

Bien sûr, l’uranium est aussi une ressource fossile qui s’épuise. Si le parc mondial de centrales était multiplié par cinq ou dix, la ressource en uranium sera épuisée en une dizaine d’années, y compris en multipliant les coûts d’extraction et l’importance des mines "rentables".

Cela ne représenterait pourtant qu’une faible proportion de l’énergie consommée aujourd’hui dans le monde.

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par sortir du nucléaire par la porte de derriere ? (IP:xxx.xx6.103.90) le 20 mars 2007 à 16H26

Bonjour, Il est intéressant de s’exprimer sur le nucléaire. C’est cependant délicat car ce sujet est très complexe et mérite une attention méticuleuse. il est indéniable que vous vous êtes documenté pour écrire votre article mais cela me semble incomplet. En effet, les diverses sources sur lesquelles vous vous appuyez convergent finalement toutes vers le même point de vue. Elles colportent certaines inexactitudes détournées à leur avantage...des faits sortis de leur contexte ont la signification qu’on veut bien leur donner. Cependant, mieux vaut être le plus exact possible pour s’assurer une crédibilité.

pour info :
- AREVA = AREVA NP (ex Framatome) + AREVA NC (ex-Cogema) + AREVA TA (ex-Technicatome) + AREVA T&D + Filiales. 80% du capital AREVA est détenu par le CEA et l’Etat, donc ! source : http://www.arevagroup.com/servlet/f...

- en ce qui concerne la sûreté, aucun constructeur ne se permettrait d’affirmer que son installation est "la plus sûre de tous les temps" (cf le Titanic et autres accidents !). L’idée est plutôt de concevoir une installation dimensionnée pour prendre en compte un certain nombre de risques. C’est le même principe que la ceinture de sécurité et l’air-bag dans une voiture, mais vu à l’échelle de la population et de l’environnement : on peut imaginer avoir un accident à la& condition qu’on le gère (cf les exercices grandeur nature sur les gros accidents industriels organisé par les préfectures et localités, les essais de sirène tous les 1ers mercredis midi...). ba évidemment si une météorite ou un tsunami tombe sur la voiture ou la centrale, c’est pareil ! Le risque 0 n’existe pas ! (cf n’importe quel cours de base de Sûreté et gestion des risques industriels)

- Les difficulté de refroidissement qu’a rencontré EDF pendant les canicules n’influe pas sur le choix du site en bord de mer pour l’EPR...ça fait bien bien longtemps que EDF s’est approprié les sites qui lui semblait les mieux. Ce n’est en rien une cause. Mais effectivement cela pose pb les canicules, ah oui ! faudrait peut être se demander pourquoi ?
- autres sources générales : www.asn.gouv.fr (les Autorités de Sureté Nucléaire) www.cea.fr (Commisariat à l’énergie Atomique) www.andra.fr (gestion des déchets) www.irsn.org (radioprotection et sûreté nucléaire) www.iaea.org www.energethique.com (site complet et pertinent)

enfin, moi c’que j’en dis, c’est plutôt de réduire notre consommation globale d’énergie prise dans son ensemble (électricité domestique - chauffage - transport - et surtout surtout exiger des produits peu gourmands en énergie tant dans l’utilisation que dans la fabrication ! arrêter le tout jetable...)

tiens je vais exiger de travailler sur un pc "vert" fabriqué ailleurs qu’en Asie où l’industrie du silicium pourrit les reserves d’eau chinoises et empoisonne ses habitants. et puis je vais aussi prendre un portable biodégradable, et puis... et puis...

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par IL_faut_changer ! (IP:xxx.xx6.67.83) le 20 mars 2007 à 21H03

Merci d’apporter vos précisions, c’est mon premier article publié sur naturavox, soyez indulgent par rapport à certains détails. ;-)

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par XYL (IP:xxx.xx4.15.170) le 22 mars 2007 à 07H15

Bonjour l’article qui a été ecrit comporte en certain nombres d’erreur et de fausses informations. Les problemes dans le nuclaire n’y sont pas citée . Tout les problemes réel du nucléaire aussi bien liée a sont exploitation ,maintenance ,fissuration ,dechet ,gestion Humaine, risque médicaux , ni sont abolument pas du tout aborde.Les association tel que greenpeace et sortir du nucleaire ne sont pas fiable en therme de renseignement, la CRIIRAD l’est nettement plus. Le probleme qui se pose maintenant est de surtout sortir de tout les énergies fossile et dans réduire la consommation . Solaire, Pantone sont de réel solution. A quand une association sortir du pétrole

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(IP:xxx.xx5.119.233) le 22 mars 2007 à 22H33

L’article traitait le cas de l’EPR en lui même, ce n’est pas un article sur le nucléaire. Pour ma part je pense qu’il faut également sortir du pétrole. Mais le problème que le nucléaire pose est un problème de société. Le nucléaire est une énergie non-démocratique et rattaché à sa branche nucléaire, c’est une énergie au coeur de la société de l’excès, car investir dans le nucléaire veut dire empêcher les financements d’une recherche sur les renouvelables, bloquer la politique énergétique pour les vingtaines d’années qui suivent, engendrer des coûts de démentellement faramineux et empêche d’accéder à une politique raisonnable de prise de conscience de la finitude de notre monde et du contrôle des excès.

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par Il_faut_changer ! (IP:xxx.xx5.119.233) le 22 mars 2007 à 22H34

P.S le dernier commentaire était le miens.


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