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Duel Bachelot - Leclerc... Lequel aura raison de l'autre ?

Article publié le 14 avril 2008

Duel Bachelot - Leclerc... Lequel aura raison de l'autre ?

À ma droite, Roselyne Bachelot, poids moyen de la politique et partisane de la découpe de la France selon un « Numerus Closus » qui définit le nombre et la zone d’installation des Pharmacies.

À ma gauche non pardon, à ma droite aussi : Michel Edouard Leclerc, le mousquetaire en chef non pardon, le d’Artagnan de la Distribution et actionnaire principal de la chaîne de magasin Leclerc.

Les deux adversaires, chacun avec ses arguments convaincants, se disputent le titre de «  Champion de France de défense du consommateur de médicaments  » (si ça existe ! ça vient de sortir et ce sera bientôt dans le Guiness des records).

L’un dit qu’il pourra en faire baisser le prix de 25% si on lui donne l’autorisation d’en vendre dans ses magasins, l’autre prétend que cette baisse ne serait que passagère avant une hausse ultérieure prévisible... En l’état actuel de présentation des choses, bien malin qui pourrait dire qui a raison.

Michel Edouard Leclerc a déjà démontré ses capacités à faire baisser les prix, c’est une évidence dans certains secteurs, et notamment sur les carburants. Mais le secteur paramédical est-il un secteur économique comme un autre ?

Nul doute que la puissance d’une grande société de Distribution peut agir sur le marché auprès des compagnies pharmaceutiques mieux qu’aucun pharmacien de quartier ne pourra jamais le faire.
Mais qu’en sera-t-il du conseil et de l’expertise du pharmacien lorsque le client achètera ses propres médications dans un rayon de grande surface ? Y aura-t-il à la caisse un spécialiste diplômé en pharmacie pour mettre le client en garde envers les contre-indications ?... Et en admettant que les magasins Leclerc embauchent des pharmaciens diplômés pour gérer ces rayons, comment être sûr que ces derniers ne subiront pas de pressions commerciales de la part des chefs de rayons ou des cadres marketing de la chaîne, lesquels n’auront les yeux fixés que sur le Chiffre d’Affaire final ?...
Enfin, en admettant qu’aucun excès de zèle ne soit commis par ces responsables de rayons pharmacie, peut-on être sûr que la vente en grandes surfaces ne conduira pas à la réduction des petites pharmacies de quartiers ou des petits bourgs de campagne ? La « proximité » tant géographique que professionnelle est un ingrédient qui fait partie du prix d’un médicament. Fût-ce une boîte de Paracétamol.

S’il est clair que les médicaments sont un énorme marché et qu’ils dégagent pour la plupart d’énormes marges de profit pour les industries pharmaceutiques (et pas toujours pour les pharmaciens, ou pas pour tous), il est tout aussi clair que la vente en grandes surfaces présente des risques qui n’ont rien à voir avec les bénéfices ou les pertes d’exploitation. Par contre ils ont à voir avec la santé publique. Est-ce bien le même métier de vendre des disques, des pâtes, ou des boîtes de conserves de petits pois, ou vendre des produits munis d’une étiquette rouge avec une posologie à respecter ?

À mon humble avis, non ! S’il est clair qu’il y a des économies à faire pour les consommateurs comme pour la Sécurité Sociale, ce n’est pas à mon avis sur les marges commerciales qu’il faut les faire mais sur la quantité et le conditionnement des petits cachets vendus en boîtes de 25 quand 10 suffiraient !

Arrêtons de penser « consommation » et « marges bénéficiaires ».
Consommons-en moins, nous ne nous en porterons que mieux, et notre Pouvoir d’Achat aussi !
Quant à savoir qui doit les vendre... Il est vrai que beaucoup peuvent déjà s’acheter sur Internet, pourquoi pas dans une grande surface ?... Mais personnellement, je préfère encore payer quelques centimes ou euros de plus chez mon pharmacien de quartier qui ME connaît et à qui je peux faire confiance.

Déjà que les petits commerces de bouche ou de services avaient disparu pendant trente ans avant que de commencer à réapparaître dans les centres-villes, mais maintenant sous l’enseigne de grandes surfaces, sommes-nous prêts à nous passer d’un pharmacien de quartier et attendre de nouveau trente ans avant que les grandes surfaces ne réinstallent des antennes locales ?
Car si les médicaments courants, ceux sur lesquels ils ont le plus de marge ou la vente la plus facile, sont distribués en grandes surfaces, il ne leur restera que ceux d’utilisation plus délicate, sur lesquels ils passeront plus de temps en conseil et vérification de leur compatibilité.
Autant dire qu’il n’y aura plus besoin d’un "Numérus Closus" pour la profession. Ils deviendront tous salariés de Leclerc ou d’Auchan !
Ca ne serait pas nécessairement négatif pour le Pouvoir d’Achat, mais je pense que ça leur ôterait énormément de responsabilité, et les risques qui en découleraient ne sont pas actuellement appréciables. Ce sera seulement lorsque nos préparateurs apothicaires ne seront plus là qu’on en mesurera l’importance !

Comme l’assurance avant l’accident est toujours trop chère, la pharmacie à moindre prix pourrait bien se révéler plus chère encore !

lien image : http://images.google.fr/imgre...

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commentaires
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par henri (IP:xxx.xx0.128.113) le 14 avril 2008 à 16H19

Voilà un article bien tourné,les pharmaciens apprécierons.Pour vous : statu quo donc !Croyez-vous qu’il y a une concurrence entre pharmaciens ? Que le pharmacien qui vous connait ne fait pas autre chose que du commerce !Vous parlez de conditionnement en boites de 25 alors que 10 suffiraient,que penser alors des boites de 28 alors qu’il en faudrait 30 pour un traitement d’un mois ?Pourquoi des boites de 30 d’ailleurs alors qu’un traitement à long terme pour maladie chronique nécessiterait des boites de 100 !Sachant au surplus qu’une franchise de 0,50 Euros s’applique par boîte !Que dans ce cas les renouvèlements du traitement nécessite une nouvelle visite chez le médecin traitant (et référent) Coût:23 euros moins la franchise. Bref à voir la teneur de votre article on peut penser que vous cherchez un poste de Secrétaire d’État auprès du Ministère de la Santé.....et que les consommateurs sont le cadet de vos soucis !http://agoravox.fr/smileys/en_colere.png http://agoravox.fr/smileys/en_colere.png

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par minijack (IP:xxx.xx8.117.89) le 14 avril 2008 à 17H47

Cher Henri,

Je ne cherche aucune "bonne place" surtout lorsqu’elles sont éjectables. Je me contente de poser le problème en termes différents de la polémique habituelle.

Je considère que, s’il est anormal qu’un "numerus closus" limite la concurrence entre pharmaciens, il est tout aussi anormal de considérer la santé comme une marchandise. Nous avons besoin de faire confiance à des gens que nous connaissons et dont nous connaissons la valeur professionnelle. Mëme s’ils sont aussi commerçants —et c’est le cas, vous avez raison de le souligner— tout comme pour un médecin généraliste, nous n’allons pas nécessairement chez le pharmacien le plus proche, mais chez celui à qui nous faisons confiance. La concurrence existe donc bel et bien, mais pas en termes de prix. (En tous cas en ce qui me concerne. Vous, vous faites comme vous l’entendez, c’est votre peau pas la mienne !)

Pour faire des économies sur ce secteur, les vieux Chinois avaient trouvé une méthode que je crois bien plus intelligente que la simple concurrence des prix : ils responsabilisaient les médecins qui suivaient leurs patients afin qu’ils "restent bien-portants", faisant en sorte qu’ils tombent malades le moins souvent possible. Et quand malgré tout ces derniers tombaient malades, le médecin qu’ils payaient toute l’année pour rester bien portants les soignait alors gratuitement ! Le médecin avait donc intérêt à ce que ses patient ne soient jamais malades ! Tout le contraire de notre système...

Une forme d’assurance en quelque sorte... C’est une vision des choses qui nous serait très certainement bénéfique. :-p

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par Rince (IP:xxx.xx7.39.12) le 15 avril 2008 à 00H15

Pensez vous sincèrement que MOSIEUR Leclerc fera baisser les prix de 25% des médicaments sachant qu’aujourd’hui avec les marges arrières qu’il touche sur tous les produits qu’il vent les prix ne cessent d’augmenter ? S’il répercutait ses marges arrières sur ses produits le panier de la ménagère diminuerait ou au moins stagnerait... Ce n’est pas le cas car si MOSIEUR Leclerc était du côté du consommateur ça se saurait. Mais imaginons que MOSIEUR Leclerc arrive à faire passer les médicament à prescription facultative dans ses beaux hypermarchés, pensez vous que les pseudo pharmaciens dont il dispose aujourd’hui qui ne vende que des crèmes de mauvaise qualité et qui n’ont plus aucune connaissance de pharmacologie des médicaments ne seraient pas soumis à des objectifs de vente ? Aujourd’hui la boite d’Actifed que vous vend un Pharmacien dans sa pharmacie pour un rhume coute aux allentours de 6 euros. Imaginons que MOSIEUR Leclerc arrive comme il le prétend à faire diminuer le prix à 5 euros son pseudo pharmacien ne vous laissera pas partir comme ça il vous affirmera qu’il vous faut une solution pour pulvérisation nasale à 5 euros, une boite de paracétamol à 1 euros et des pastilles pour la gorge à 5 euros pour atteindre ses objectifs et toucher sa belle prime... Bravo les économies !!! De plus est ce que MOSIEUR Leclerc assurera le service de garde la nuit et les week end ? La maman qui a son bébé qui à 40°C de fièvre à 2 heures du matin le dimanche ira-t-elle frappé au gros rideau métallique de MOSIEUR Leclerc pour avoir son paracétamol et/ou son ibuprofène lorsque MOSIEUR Leclerc aura tué toutes les pharmacies de quartier ou de campagne comme il l’a fait avec les bouchers, les charcutiers, les poisonniers, les fromagers et comme il est entrain de le faire avec les éleveurs qui sont obligés de vendre à perte pour que celui ci accepte de vendre leur produits ? D’ailleurs parlons des bouchers ou des poissonniers de MOSIEUR Leclerc : ceux ci sont obligés de réemballer les viandes ou les poissons périmées pour atteindre leurs objectifs car si ils les jettent ils ne vendent pas assez, ils n’atteignent pas leurs objectifs et ils sont virés... C’est de notoriété publique. MOSIEUR Leclerc compte-t-il faire la même chose avec les médicaments ? Ou ira-t-il se servir là ou c’est moins cher sur les site internet qui vendent des médicaments contrefaits et dangereux car mal fabriqué et non contrôlé. Ce qui fait la qualité des médicaments en France c’est que de la fabrication à la délivrance tout est sous la responsabilité du pharmacien qui a fait 6 ans d’étude pour ça. Est-on prêt à envoyer bouler tout ça pour soit disant économiser 15 ou 20 euros par an ? Je ne peux pas m’y résoudre. Le médicament n’est pas une marchandise comme une autre et dans la santé le principe de précaution doit toujours s’appliquer...

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(IP:xxx.xx9.50.118) le 21 avril 2008 à 15H37

Pour les prix, je viens de comparer un paquet de clous chez un quincailler avec un petit sachet chez un grand magasin spécialisé : surprenant ! Peut être qu’un jour les quincaillers ont exagéré leur prix mais maintenant ...les grands magasin ne font plus des pourcentages mais des multiplications directement. Alors, le prix chez les spécialistes est tellement facile et rapide à changer quand les petits ont disparus surtout qu’il nous faudra toujours un conseil à un moment ou à un autre... je pense que le problème des prix des médicaments est ailleurs.

En 35 ans, jamais un médicament qui en remplaçait un autre n’a été moins cher...voilà ce qui me parait plus qu’étrange. Il y en a même qui ont été déclarés comme étant toxiques après plus de vingt ans d’utilisation sans trop de problème mais à bas prix et remplacés par des médicaments mortels comme dans l’affaire du Vioxx qui voulait remplacer l’aspirine. Mais, au prix de l’aspirine , aucun grand magasin ne pourra payer un spécialiste compétant pour les conseils d’utilisation des médicaments car tous les médicaments présentent une toxicité à un endroit ou à un autre.


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