Depuis notre enfance, on apprend plein de choses. On acquiert des connaissances, des expériences, qui permettent de construire notre personnalité, notre savoir, etc. Le milieu scolaire nous enseigne à accumuler des connaissances dans différentes disciplines. On reste donc toujours dans une logique d’accumulation. Plus de connaissances, plus d’expériences, plus d’argent, plus de réussites, etc. La liste est longue. Naturellement, il est important d’accumuler un certain nombre de connaissances, car pour obtenir un diplôme, exercer un métier, il est évident que toute cette accumulation est nécessaire. Le problème commence lorsqu’on se met à appliquer cette logique d’accumulations dans tous les domaines. A force, on se gave littéralement de données, d’expériences, jusqu’à perdre conscience de soi. Car, tout ceci nous alourdit considérablement et nous empêche d’être à l’écoute de nous-même, de notre environnement. On ne voit plus que le monde à travers le prisme de notre savoir. La spontanéité est bannie, regardée d’un œil suspicieux, cette chose étrange qui ne répond pas à la logique d’accumulation et qui sort de tout cadre prérempli. Le conditionnement prend toute la place étouffant chaque partie de notre être.
Malgré cette vie d’accumulation, il est difficile de trouver une certaine sérénité. Une fois obtenu ce qu’on désirait, la peur de perdre vient au galop. On entre dans un cycle sans fin. Avec le temps, la mémoire fait défaut et les connaissances s’échappent. Que faire alors ?
Lorsqu’on regarde les différentes traditions spirituelles, on retrouve souvent la notion de lâcher-prise. Krishnamurti nous parle de quitter le connu. Il me semble que Ramakrishna disait qu’il fallait désapprendre.
Désapprendre, voilà une drôle de notion. C’est vraiment aller à contre-courant.
La vie est. Nous sommes. Mais que sommes-nous ? Sommes-nous nos connaissances ? Les connaissances, bien qu’ayant une utilité évidente, peuvent aussi nous désservir. A force de se gaver de données, on perd contact avec notre être intérieur. On se coupe de nos ressentis. On se conditionne et on perd notre autonomie intérieure. Désapprendre reviendrait alors à retrouver un regard neuf sur les choses. Parvenir à rester centré sur notre être profond sans se laisser entrainer par nos mouvements mentaux conditionnés. Notre conditionnement nous emprisonne. La peur du changement prend progressivement de plus en plus de place. La rigidité s’installe à tous les niveaux. Désapprendre, c’est retrouver un regard neuf, retourner à nos ressentis profonds, tout en sachant déjouer les pièges subtils de nos mouvements mentaux conditionnés. Une spontanéité libre, mais pas pour autant irréfléchie. Car, il faut faire attention à ne pas entrer dans un contre-conditionnement, une réponse conditionnée par les mécanismes mentaux anciens.
La vacuité, le vide, est une notion très présente dans le bouddhisme, mais aussi dans d’autres traditions spirituelles. Le vide fait peur. C’est l’absence. Mais l’absence de quoi ? Le mental ne peut concevoir le vide, car l’essence même du mental est basée sur le plein, sur l’accumulation. La vacuité, ce serait se déconnecter du mental, le mettre en pause en quelque sorte. Difficile, puisque nous agissons dans le monde à travers notre mental. Pourtant, la vacuité permet de se vider du trop plein, des accumulations mentales. Une fois l’absence obtenue, alors apparaît autre chose. Le vide mental serait-il l’absence d’être ? Ou alors, dans cette absence de chaos mental, peut-être alors que pourrait apparaître notre véritable être ? Le vide mental, le silence, deviendrait alors présence.
Bonjour
"Les hommes, accumulant une à une les formes et les enfermant dans les livres, ont préparé les mouvements de mon esprit" Malraux
"La réalisation, c’est la pratique" Bouddha (le vrai)
La méditation est une voie royale pou reprendre la conscience du soi, et 5 mn quotidiennes (cinq minutes !)suffisent pour changer une vie.
Magnifique, toutefois Krishnamurti n’a jamais dit qu’il fallait désapprendre. Ce serait comme si on possédait un bistouri mental qui irait extraire les pensées que l’on trouve désuettes. Mon sentiment est qu’il faut plutot voir tout globalement sans le moindre mouvement de la pensée, sans prendre parti, sans choix, sans qualification, sans mémorisation car celles-ci vont s’ajouter à cet immense fleuve de conclusions qui nous ôte notre liberté de vision directe. Bien sure, les personnes - à forte personnalité !!!- vont dirent que c’est un suicide mental, Ils n’on pas vu que la mane de conclusions, d’à priori, de pensées autoritaires qui viennent de notre subconcient nous rendent exclave des mémorisation du passé et nous empèchent d’être créatifs à tout moment en faisant fi de toutes autorités externes et surtout internes. Je rajouterai aussi que le fameux "vide" n’existe que si la pensée le qualifie en se servant de ses recognitions.
Il se pourrait qu’il y ait confusion sur Krishanmurti. Il y a celui bien connu et un autre qui l’est moins : Uppalari Gopala Krishnamurti http://www.ugkrishnamurti.org/ auteur en 1992 de "La Pensée est votre ennemie"
Je fais volontiers le lien avec une autre tradition, la pensée chinoise pour qui "Un sage est sans idée" comme le rapporte François JULLIEN.
Il y aurait la pensée rationalisante et une autre forme, proche de l’introspection, mais peu en vogue dans les traditions occidentales. Mais une partie des savoirs qui en résulte ne peut être transmise par le verbe... Il faut pratiquer la méditation pour y goûter. Sur ce je me tais et vais méditer ;-)
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