L’une des dérives majeures de certaines écoles psychanalytiques aura été de prétendre réduire le sujet à un pur "appareil psychique". La psychosomatique a amplement démontré combien psyche et soma n’étaient que les faces d’une même médaille. Le corps pense tout entier.
Les pensées asiatiques, que j’ai explorées dans la Zen Attitude, rappellent sans cesse l’importance du corps - laissant de côté distinction et contradictions entre le corps et le mental. L’esprit (le Sujet) est un tout. Le détachement, ou non-attachement, qui vise à la plus grande qualité de présence dans l’ici et maintenant, relève autant du corps que de l’esprit. La méditation vise à l’unité, au centrage - à l’éveil.
Comment une telle approche peut-elle faire lien avec la posture du coach ?
La posture, au sens trivial, c’est la posture du corps. Le corps - via le langage non gestuel, dont on connaît la prééminence - agit sur l’autre. Il parle. La conscience du corps et du souffle, fruit d’une pratique physique, sportive ou méditative (Taï chi, Qi Gong, Yoga, Zen, Arts martiaux, etc.) est un levier dont dispose toute personne, au demeurant le coach, le thérapeute, l’analyste, pour se centrer dans une position d’accueil et d’écoute.
Le yoga prône la conscience de son corps comme un tout relié à l’univers. Conscience de notre axe, consience de nos limites, conscience de la relation. Conscience du souffle qui nous anime. L’ensemble des techniques respiratoires yogiques porte le nom de pranayama (maîtrise du souffle). Leur pratique exige une conscience aussi profonde que possible de chaque expiration, chaque inspiration. Parce que chacune est unique, établit notre relation à l’environnement. Le souffle nous traverse. Son rythme nous anime. Non pas virtuellement, mais objectivement : sans souffle, pas de vie !
En ce sens le travail sur le corps, ou plus précisément sur la conscience du corps, est un travail utile pour le coach qui vise à tenir une position libre - engagée mais non contrainte - dans la relation de coaching. Parce qu’il pourra toujours revenir au souffle pour se recentrer.
PS : Un coach en recherche d’une formation m’interrogeait récemment sur une école de coaching bien connue. Il s’inquiétait de ce qu’un des prérequis pour cette formation soit la nécessité pour les stagiaires d’être suivi en psychothérapie pendant le temps de l’apprentissage (je lui ai répondu que cela me semblait une sage contrainte). Mais, au fait, pourquoi pas, dans les écoles de coaching, un atelier de yoga ou de méditation ?
Article intéressant. :-) En effet, le yoga permet d’aller vers la conscience du corps. A partir d’elle, il est possible alors de progressivement entrer en soi, aller à l’intérieur de soi. Le mental s’apaise peu à peu et il est alors possible de prendre réellement conscience de soi, de sa globalité. Le yoga est un processus, pour résumer très sommairement, qui part de la superficie de l’être pour aller vers l’intérieur au plus profond. Le Yoga Sûtra de Patanjali, qui est un des principaux textes du Yoga, est d’ailleurs un excellent traité qui est plus psychologique que mystique. Vaste sujet.
Amicalement,
Yog
Je me réjouis de vous entendre dire que "psyche" et "soma" ne sont que les faces d’une même médaille.
J’ajouterais que l’être humain comprend aussi un autre élément,essentiel, que l’on peut voir comme une fenêtre ouverte sur l’Infini. Il s’agit du "pneuma", (ou "esprit" mais dans le sens que je viens de dire). L’homme est donc la trilogie : soma, psyche, et pneuma. Ou encore en nos termes : corps, âme (dans le sens de psychisme) et esprit (ouverture sur l’Infini). Le tout ne formant qu’une unité.
Arnaud Desjardin, K.G.Durchkeim, sont d’accord à ce sujet ainsi que le christianisme (surtout oriental).
Amicalement !
Michel Grandchamp












