Article publié le 20 décembre 2007
L’art de la conversation n’est pas donné à tout le monde. Et celui de naviguer à l’aise dans les cocktails, meetings et autres réunions publiques non plus. J’en sais quelque chose, ayant quelque difficulté à survivre dans ce genre de situations que j’ai d’ailleurs tendance à fuir.
Le mot schmoozing a une sonorité amusante, et pourrait bien, pour cela, rester dans les mémoires. Schmoozer, verbe amusant pour recycler une notion vieille comme le monde, a été remis au goût du jour par Susan Roane et le bloggeur Guy Kawasaki. Schmoozer, c’est nouer rapidement des contacts professionnels, trouver son chemin dans la foule des anonymes, savoir "briser la glace" avec élégance et cultiver les relations… Ce talent particulier, qui n’est rien d’autre en somme que l’art d’être à l’aise en société, c’est ce que j’appelle aussi grooming. Vous allez voir qu’on descend d’un cran dans l’échelle de l’évolution.
Le grooming, c’est l’art de la papouille chez nos cousins primates supérieurs, chimpanzés, macaques, gorilles, etc. C’est par exemple l’épouillage mutuel, qui est une façon de se rapprocher les uns des autres, sur des enjeux mineurs, par l’échange de menus services. Moment stratégique ! Dans les entreprises, le grooming se pratique beaucoup autour des points d’eau – j’ai nommé la machine à café. C’est là que l’on renoue les liens, que l’on dissipe la gêne et que l’on ressoude la communauté. Comme Homo sapiens est un être de langage, et que l’épouillage ne se pratique plus guère, on y a substitué des discussions sur le temps qu’il fait, diverses blagues, et le colportage des rumeurs (les Anglo-Saxons, qui ont selon moi le génie de la formule, parlent de small talk). Bref, on parle pour ne rien dire. Attention, ne vous méprenez pas : ces rituels sont hyper importants. Les gens qui répugnent à ces échanges informels sont souvent réputés froids, distants, ou casse-pieds. Et les bons négociateurs savent commencer par un peu de "small talk" avant d’en venir au plat de résistance : les sujets réputés sérieux.
Le schmoozing, modernité oblige, peut aussi prendre la forme d’un petit mail, ou d’un coup de fil. Les spécialistes diront que vous faites du networking, que vous entretenez votre réseau. De l’art et de la manière de nouer et de maintenir les liens faibles, dont on sait qu’ils sont les plus fructueux pour ouvrir de nouvelles opportunités professionnelles. Schmoozer, comme le reste, cela s’apprend…
PS : Merci à Tania qui, involontairement, est à l’origine de cette note.
Thèmes
après tout, l’homme est un animal social pour l’humaniste Rabelais...
Il est vrai que ce genre/style de communication est important, que ce soit avec vos voisins ou des partenaires de négociations. La métaphore du point d’eau est bien choisie !
article passionnant :-)
Hé hé depuis la nuit des temps en Alsace
le baiser le kiss le Kuss se dit SCHMOTZ
ET la merde le Schmutz en hochdeutsch nous appellons celà DRECK.
Un allemand ou une Gretchen ne vous dira jamais Ich liebe Dich ou i love you ou je t’aime
mais habe dich gern .... les hollandais les danois les suédois.... une sentence du même genre.
Je pense, mais je peux me tromper que "schmotz" en alsacien se rapproche éthymologiquement de "schmatzen" en hochdeutsch qui veut dire mâcher la bouche ouverte et non pas de "schmusen", câliner.
"schmoozing" viendrait du yiddish et qui signifierait la pratique de socialisation dans les affaires, voir et être vu , engager et cultiver des relations professionnelles mais néanmoins amicales avec ses pairs (les "câliner dans le sens du poil") dans le but de développer son activité et de gagner de nouveaux clients, marchés,... "Schmusen" en allemand, veut dire "câliner"...tout un programme !!












