Article publié le 17 octobre 2007
Les premiers dégâts de la médiatisation des accidents survenus avec les chiens ne se sont pas fait attendre. Les refuges SPA ont dû faire face à une vague d’abandons et ce n’est certainement pas fini. Avec l’instauration du permis d’aptitude, des attestations devant être délivrées par les vétérinaires, la possession d’un chien risque d’entraîner des frais financiers supplémentaires que tous ne seront pas prêts à assumer. Tout dépendra de la raison pour laquelle on souhaite avoir un chien. Lorsqu’on lit des faits divers comme celui-ci (Midi Libre Montpellier du 16 octobre 2007), on ne peut qu’être atterré devant tant de bêtise. Comme le dit Bernard Béziat, du chenil de Millau, « ce ne sont pas les chiens qui sont dangereux mais les maîtres. Vous pouvez dresser un caniche à l’attaque. » Les comportementalistes ont le même discours ( Lire cet article)
L’ennui c’est que c’est toujours le chien qui trinque en cas de problème, placement en refuge, euthanasie... L’animal est devenu un produit de consommation comme les autres. Quand il ne convient plus, on s’en débarrasse. Et aucune loi n’arrivera à changer cette mentalité exécrable qui conduit à tous les excès et tous les trafics. L’importation illégale de chiots en provenance d’Europe de l’Est, sevrés trop tôt et maltraités, génèrent des animaux aux comportements troublés, rendus potentiellement dangereux. Traité comme une marchandise, le chien devient fou, résume Brigitte Piquet Pellorce, responsable de la cellule anti-trafic de la SPA. Au cours de son enquête en Slovaquie, elle a découvert des immenses usines à chiots. Un éleveur lui a expliqué que l’avantage des chiots sur les femmes c’est qu’ils ne parlent pas et qu’ils rapportent davantage que la drogue. La SPA réclame aujourd’hui une traçabilité obligatoire dans tous les lieux de vente et l’interdiction des petites annonces pour vendre du vivant. C’est le minimum mais qui sera difficile à obtenir.
Ce non respect du vivant m’écoeure au plus haut point mais dans un monde matérialiste et utilitariste comme le notre où seul entre en ligne de compte le profit que l’humain peut retirer pour lui-même, est-ce si étonnant ? Heureusement il existe des propriétaires responsables, respectueux de leurs animaux et de leurs besoins. Puissent-ils servir d’exemple.
Merci pour cette analyse fine et intéressante du problème : enfin un média qui ose sortir du banal "accident de chiens méchants très dangereux" pour analyser et commenter les réalités du problème des morsures...
On y croyait plus,
Vous l’avez fait.
Merci !
Chiens dangereux : le maire peut demander une "évaluation comportementale"
Sans attendre que la nouvelle loi sur les chiens soit adoptée par le parlement, il est possible de se défendre contre les agressions possibles des chiens , surtout des molosses, supposés dangereux de votre voisinage (ou rencontrés sur la voie publique) si l’on estime qu’il y a risque. En s’adressant aux maires. N’hésitez pas à en profiter si vous souffrez de l’omniprésence des chiens dans votre commune ou votre quartier . Personnellement, je serais partisan de limiter la présence des chiens dès qu’il y a du public (comme pour le tabac). La prévention vaut mieux que la réparation des dégâts..
Un décret paru au Journal officiel du 8 septembre vient apporter un complément réglementaire concernant le dossier des chiens dangereux. Ce décret, pris en application de la loi de prévention de la délinquance, établit qu’une "évaluation comportementale" peut être réalisée "à la demande du maire" afin d’"apprécier le danger potentiel que peut représenter un chien". Cette évaluation "est effectuée par un vétérinaire inscrit sur une liste départementale établie par le représentant de l’Etat dans le département". Les modalités d’inscription des vétérinaires sur cette liste seront fixées par un futur arrêté. L’article 26 de la de prévention de la délinquance du 5 mars a inséré un nouvel article dans le Code rural (article L.211-14-1) instaurant ce nouveau dispositif de l’évaluation comportementale. Dans une circulaire du 3 mai 2007, le ministère expliquait déjà que son objectif est d’"éclairer le maire mais également le propriétaire ou le détenteur d’un chien sur la dangerosité de l’animal". Précisant que "tous les types de chiens peuvent être évalués, quelle que soit leur race", la circulaire notait que "cette évaluation peut être utile au maire en dehors des situations d’urgence, lorsque la dangerosité de l’animal n’apparaît pas clairement établie". Le 27 août dernier, Michèle Alliot-Marie avait entre autres indiqué qu’une nouvelle circulaire - non encore publiée à ce jour - serait prochainement adressée aux préfets afin que ceux-ci "veillent à l’application stricte de la loi, intensifient les contrôles sur la voie publique et interviennent, y compris le cas échéant en se substituant aux maires" dans les communes où ces derniers n’auraient pas pris de mesure contre les chiens dangereux comme le permet la loi. Ce texte est paru ici le 10 septembre : http://www.localtis.info (taper " chiens" dans " rechercher")
On peut se demander si devant l’incurie des pouvoirs publics le recours à la légitime défense n’est pas la seule solution. Heureusement que les gens des campagnes - les vrais - plus censés que les urbains connaissent encore la pratique de la boulette empoisonnée qui résoud rapidement ce type de problème à la grande joie du vosinnage. Mais c’est politiquement incorrect, donc cela n’existe pas, bien entendu












