NaturaVox : partager pour préserver
ConsoSociétéAlimentationSantéBiodiversitéClimatÉnergies
Boris Cyrulnik, neuro-psychiatre

Article publié le 3 avril 2008

« J’ai toujours eu envie de changer le monde mais j’ai une bonne
nouvelle à vous annoncer, il a changé longtemps avant moi. J’ai été limace de mer il y a quand même 100 ou 200 millions d’années. A cette époque là, j’étais déjà moyennement heureux. Ensuite, je suis devenu mammifère marin, avant d’être amphibien puis mammifère terrestre. Maintenant, je deviens homme et j’ai une vie de plus en plus compliquée.

Ce qui caractérise les changements humains, c’est que justement ça ne cesse pas de changer. Le problème consiste donc à s’adapter à la vitesse du changement. Il y a 3 mots qui permettent de prendre ce virage, puisque la vie n’arrête pas de virer.

C’est tout d’abord les « nouveaux-nés » dont il faut s’occuper, puisqu’on sait maintenant que c’est à ce moment là qu’on constitue le socle de la personnalité. Si l’on altère ce temps là, on peut difficilement le rattraper dans notre vie, puisque notre cerveau n’arrête pas de changer, comme la société, la psychologie… C’est certes rattrapable mais non sans peine. Si l’on met bien en place les interactions précoces, le nouveau-né prend donc un bon départ.

Par ailleurs, l’espérance de vie est de plus en plus longue. Les femmes peuvent ainsi vivre jusqu’à 90 ans. Autant dire une éternité. Elles ont génétiquement droit à 120 ans d’existence. Cela signifie que l’adolescence se termine à 50-55 ans, elle s’est donc considérablement prolongée. Or, nos écoles sont restées sur un ancien système, il n’y a pas de passerelle, voilà le second mot. Quelqu’un qui rate son virage à 18 ans, a énormément de mal à le rattraper. Il n’est pas adapté au nouvel Homme que nous sommes tous.

La parole peut également contribuer à changer le monde. Il faut absolument faire des récits puisqu’ils nous habitent. Le dernier mot est donc naturellement « récits » car il faut donner la parole à tous ceux qui sont capables de la prendre. Même les bébés qui parlent bien avant la parole et qui ont des tas de choses à nous dire. Dès qu’on parle, peu importe ce qu’on dit -de toute façon on ne sera jamais d’accord- mais ce qui compte c’est de parler pour tisser un lien affectif, notamment avec les personnes âgées qui ont beaucoup de choses à nous apprendre, alors qu’on les fait taire.

Avec ces 3 mots, bébés, passerelle et récits, je vous assure qu’on change le monde.

Bookmark and Share
33 votes

commentaires

Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)
  • [Se connecter]

Les Auteurs deSanté
Gérard Piquemal n.d - 17 articles
Béatrice de Reynal - 161 articles
Sylvie Simon - 34 articles
Denis Lebioda - 17 articles
BelleAuNaturel.net - 23 articles
Gilbert Spagnolo dit P@py - 21 articles
insaecula - 5 articles
Nicolas Palangié - 7 articles
Articles de la rubrique
les +
visités
les +
commentés
les +
appréciés