Article publié le 21 mars 2007
OGM, pesticides, vaches folles, agriculture intensive, multinationales de la chimie, santé des consommateurs : autant de sujets qui cycliquement surgissent des médias, puis s’estompent au gré de l’actualité avec ses rumeurs, ses affirmations alarmantes, suivies de démentis aussi catégoriques. Qui croire, à qui se fier ... ?
Samedi 10 mars dernier, dans la douceur de ce samedi quasiment printanier, je petit-déjeunais au son de France-culture, à l’heure de « Terre à Terre » l’émission que présente Ruth Stégassy comme tout les samedis entre 7 et 8 heures.
Les deux invités de Ruth Stégassy, Fabrice Nicolino et François Veillerette étaient venus présenter leur livre : « Pesticides : révélations sur un scandale français ». (2) (Fayard)
François Nicolino est présenté en tant que journaliste ayant travaillé notamment pour Politis, Télérama, Le Canard enchaîné et aujourd’hui pour Terre Sauvage.
François Veillerette est président du Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures (MDRGF) et administrateur du réseau international Pesticide Action Europe (PAN Europe)
J’ai suivi le début de l’émission, mais diverses circonstances domestiques m’ayant empêché de suivre parfaitement son déroulement du début à la fin, je décidais d’acquérir de livre puisque le sujet me semblait digne d’intérêt.
En effet, comme tout citoyen soucieux de son bien être, de sa santé et celle de sa famille, je ne perds pas une occasion de saisir toutes les informations concernant les calamités dont « on » nous menace et que nous prédisent les Cassandre de tout bord.
Je ne ferais
pas un résumé de ce livre, renvoyant tout simplement vers leur libraire
préféré ceux que le sujet intéresserait également, mais je me
permettrais de présenter quelques uns des sujets abordés afin justement
d’éclairer son contenu.
Car,
le sujet n’est pas nouveau, tandis que les uns s’alarment au sujet
d’une agriculture industrielle devenue hyper consommatrice de produits
chimiques empoisonnant air, terres, rivières,
eaux souterraines et agriculteurs, d’autres, par voix officielles de
comités réputés surveiller la santé publique, tentent d’apaiser les
tensions, transmettant rapports, communiqués tous aussi rassurants les
uns que les autres, émanant d’instances les plus autorisées...
Ce livre a d’abord le mérite présenter les acteurs institutionnels, ceux qui publient les fameux rapports, dont le citoyen lambda retient, ou non, les sigles qu’il trouve occasionnellement au travers de ses lectures : AFSSA, AFSSET, DGAL, IGF,... : il y en a quatre pages avec leurs définitions et un bref historique pour chacun.
De l’histoire, il en est aussi question pour nous présenter, à travers le temps, les acteurs et les circonstances de l’irruption de la chimie dans le monde agricole.
Mais, pour les auteurs, le sujet principal est de montrer le système mis en place par les industriels pour contrôler tout le circuit de production, d’autorisations de mise sur le marché, les circuits de distribution, les instances de contrôles des produits , les revues professionnelles et pour cela, de nous promener à travers le maquis des divers comités gravitant autour des ministères de la République, à commencer par celui de l’agriculture, dévoiler les liens unissant sociétés privées et divers instituts publics, avec des noms, des sigles, des dates...
Le livre écrit sur le ton de la conversation entre narrateur et lecteur vous introduit dans un microcosme peuplé de personnages aux rôles multiples tantôt experts au service de l’Etat, tantôt promoteur au service d’une entreprise, des hommes, des femmes, des professeurs renommés, dont les interventions publiques tentent de s’opposer à tel nouveau produit, ou promouvoir telle autre politique...(De politique vraiment politicienne, il en est d’ailleurs très peu question, ce qui est plutôt reposant en ces temps de campagne !)
Le parcours conduit le lecteur hors de l’hexagone pour un survol des problèmes induits par l’utilisation abusive et incontrôlée de produits phytosanitaires avec les conséquences connues ou attendues sur l’état des terres agricoles et la santé des hommes qui y travaillent, des statistiques, des chiffres, accompagnent la lecture pour confirmer les évolutions sur les consommations, sur les productions...
On voit apparaître l’amiante au détour d’un chapitre, mais aussi les OGM, avec son cortège d’interrogations...
Mais le cœur du cœur du sujet reste en fin de compte la santé des gens : santé de ceux qui fabriquent les produits, des agriculteurs qui s’en servent, des consommateurs qui finiront par les digérer et des enfants qui viendront à naître de ces parents là : nous.
Je pense que ce petit bouquin apporte une lumière supplémentaire sur l’information que le citoyen moyen cherche pour forger sa conviction, orienter sa prudence, déterminer ses choix, et c’est la raison pour laquelle j’ai cru intéressant et opportun d’en informer les lecteurs d’AgoraVox à l’occasion de sa récente parution.
(1) Titre inspiré de celui de l’émission de « Terre à Terre » du 17 mars où
Ruth Stégassy recevait le professeur Claude Got auteur de « Risquer sa
peau ».
(2) pesticides-lelivre.com
Thèmes
Ecologie Alimentation Santé Environnement Cancer Agriculture Sécurité Communication Littérature OGM Pesticides
Eh oui Alberto , l’homme se détruira lui même , si c’est pas à coup de bombes , de réchauffement global , d’épuisement des ressources , ça sera aussi à petit feu par empoisonement ! :/-)
bien malin qui pourait certifier de la bonne qualité d’un produit de nos jours....
Il paraît que les chats ont plusieurs vies alors...
Bien à toi.
Merci pour votre article Alberto.
Au sujet des OGM, j’ai récemment entendu un chercheur Caennais, M. Séralini, membre du Criigen, (Comité de recherche et d’information indépendant sur le génie génétique),s’exprimer sur fr3 Basse Normandie.
Il a mené avec son équipe, une contre expertise révélant qu’un certain maïs transgénique pouvait entraîner de très graves maladies des reins et du foie. A ma connaissance, cette étude n’a été reprise ni par la presse ni par la télé nationale.
Pour ceux qui seraient intéressés par ces recherches, il existe des articles et des liens sur : fr3 normandie infos (taper ogm caen dans le moteur de recherche du site).
Oui, Sylvia, M. Seralini sera aussi l’invité de Ruth Stégassy le samedi 31 Mars entre 7 et 8H. (du matin) sur France-Culture pour aborder le sujet des OGM.
Merci pour votre commentaire.
partant du principe de l’homeopathie c’est sur que l’on s’empoisonne ......homeopathiquement !!!!
à votre santée !!
Pour apporter un petit éclairage sur les pesticides.
C’est très facile au consommateur lambda de crier au loup. Mais s’est-il demandé pourquoi les pesticides sont utilisés ? Est-il prêt à revivre des pénuries alimentaires car sans pesticides, en fonction des divers attaques des parasites, les récoltes peuvent être ou sont compromises ? sait-il encore ce que c’est que la saisonnalité des produits ? cela le choque t’il de manger des abricots en janvier ou des pommes en avril ? non. Et sur un étal, pourquoi est ce toujours le fruit difforme ou avec un défaut visuel que personne ne veut ? ce sont les consommateurs eux-mêmes qui ont induit les fruits et légumes extra-terrestres qu’on trouve en grande distribution. Toute personne ayant chez soi un jardin potager ou des arbres fruitiers comprendra ce que je veux dire, les produits ne ressemblent en rien à ce qui s’achète en grande distribution. alors oui, c’est facile de se plaindre mais qui consomme de façon éthique (par exemple, boycotter les bananes dollars), qui respecte la saisonnalité ? parce que tout fruit ou légume consommé dans une période anormale a un impact très important sur l’environnement. chacun a sa part de responsabilité et pas des moindres.











