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Après la mondialisation, voici venue l'ère de la « grosalisation »

Article publié le 3 août 2007

Dans le continent africain, associé à la famine et à la sous-alimentation, il y a plus de personnes ayant un surpoids que de personnes sous-alimentées. À l’échelle mondiale, la proportion est de deux pour une : deux personnes dont le poids est trop élevé pour une personne sous-alimentée. Le monde grossit à vue d’oeil, les problèmes de santé aussi. La situation est telle qu’un événement culturel (The Globesity Festival) va avoir lieu en octobre prochain, à New York, pour s’interroger sur la monoculture de consommation alimentaire (corporate consumer mono-culture) qui envahit le monde .

La manifestation la plus spectaculaire du phénomène, constaté autant dans les que dans les , est l’apparition d’une véritable épidémie d’obésité. Plus de 400 millions de personnes dans le monde sont obèses et ce chiffre devrait grimper à plus de 700 millions en 2015. (chiffres de l’Organisation mondiale pour la santé (OMS)).

Même les fabricants américains de sièges d’auto pour enfants doivent ajuster leurs produits en conséquence : le quart des petits Américains ayant entre un et six ans dépassent la limite de poids recommandée (USA : Nouveaux sièges auto devant l’épidémie d’obésité chez les enfants).

C’est une « transition nutritionnelle  » vers une alimentation hyper industrialisée (une plus grande consommation d’aliments très caloriques riches en graisses et en sucres mais pauvres en vitamines, en minéraux et autres micronutriments), associée à un mode de vie dans lequel le niveau d’activité physique diminue, qui explique la tendance au surpoids et à l’obésité.

imageMême la France, qui s’enorgueillit de son alimentation saine, y goûte. D’abord entamée dans les pays occidentaux, cette transition s’étend désormais au reste du monde.

Ainsi, toujours selon les chiffres de l’OMS, plus de 1,6 milliard d’adultes (âgés de 15 ans et plus) avaient un surpoids en 2005 et les projections pour 2015 sont de 2,3 milliards d’adultes. L’urbanisation des pays en voie de développement explique en grande partie cet accroissement spectaculaire.

Aux États-Unis, l’obésité va dépasser la cigarette parmi les causes principales de mortalité prématurée, affirmaient en 2003 les spécialistes Ann E. Manson et Shari S. Bassuk. Fait qui a de quoi surprendre encore plus, même la pauvreté va y être déclassée par rapport à l’obésité (Obesity in the United States).

Mais si le surplus de poids frappe autant les riches que les pauvres, le coût sera beaucoup plus lourd à supporter pour ces derniers.

Although still viewed more as a cosmetic rather than a health problem by the general public, excess weight is a major risk factor for premature mortality, cardiovascular disease, type 2 diabetes mellitus, osteoarthritis, certain cancers, and other medical conditions.

Manson et Bassuk

La plupart des pauvres Américains ne sont pas couverts par une assurance santé. Dans les pays en développement, la situation des pauvres est pire encore.

Le grand paradoxe de cet état de fait, c’est que l’amélioration de la capacité de s’alimenter des pauvres ne se traduit pas forcément par de meilleures conditions de santé. Qu’ils mangent davantage n’y change rien : un grand nombre de ceux-ci devront vivre avec des problèmes de santé et n’auront pas les moyens de s’offrir les soins médicaux que nécessiteront ces problèmes.

Voilà qui plante un clou de plus dans le cercueil de ceux qui croient que le marché doit être le moins réglementé possible. En laissant les industriels vendre n’importe quelle salade, nous avons créé de toutes pièces la plus formidable des contradictions du capitalisme : la richesse qui tue alors qu’elle devrait, au contraire, améliorer les conditions de vie !

En complément : BBC. Globesity.

Thèmes

Alimentation Obésité Monde

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commentaires
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par marcel4 (IP:xxx.xx2.193.154) le 3 août 2007 à 12H33

Si je ne risquais pas d’être victime moi-même des effets mortifères de l’obésite,je dirais que cette "pandémie" a et aura un effet rééquilibrant sur la démographie mondiale par accroissement d’une mortalité que l’homme essaie par tous les moyens de limiter. Est-il possible de nourrir une population mondiale à ce point nombreuse avec des aliments sains,j’en doute ?

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par dbe (IP:xxx.xx9.124.107) le 6 août 2007 à 10H01

Bien sur qu’il est possible de nourrir correctement tous les habitants de cette belle planete.. et beaucoup plus sainement en plus... La FAO vient tout juste de reconnaitre que l’agriculture biologique était capable de répondre aux besoins alimentaires mondiaux et qu’en plus ce type d’agriculture etait durable au sens du tryptique écologique, social et économique...

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par Atlantis (IP:xxx.xx4.175.14) le 3 août 2007 à 15H35

C’est le "toujours plus de croissance", dans tous les sens du terme.

Et dire que c’est censé nous procurer du bonheur :-))

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