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Antidépresseurs : le remède ?

Article publié le 1er juin 2007

Selon un rapport de l’OMS, la dépression compterait parmi les maladies les plus fréquentes dans le monde. Et ce seraient les femmes qui en souffriraient le plus : elles sont deux fois plus touchées que les hommes.

Cette maladie concerne de 3 à 5% de la population mondiale à une période de sa vie. Un mal-être qui se chiffre entre 120 et 200 millions de personnes à travers le monde.

Antidépresseurs : le remède ? J’ai répondu à cinq questions sur ce sujet que je voulais partager avec la communauté de Naturavox.

Antidépresseurs : le remède ?

Y a-t-il une banalisation du recours aux antidépresseurs ?

Question : Aujourd’hui, il n’est pas difficile de ressortir du cabinet d’un médecin muni d’une prescription pour un antidépresseur, que ce soit pour maigrir, pour améliorer sa libido, ou rehausser son moral à la ménopause, ou pour arrêter de fumer. Qu’en pensez-vous ? S’agit-il d’une certaine exagération, ou bien d’une banalisation du recours aux antidépresseurs ?

Les antidépresseurs sont des médicaments importants et très utiles pour les dépressions sévères (quand on ne mange plus, ne se lave plus, ne sort plus, et qu’on a des idées suicidaires). Ce qui me choque, c’est qu’aujourd’hui une femme sur trois qui va voir un médecin - quelle que soit la cause - ressort de la consultation avec une ordonnance pour un antidépresseur (ce sont les chiffres pour les États-Unis, le Canada et la France, mais tout semble indiquer que la situation au Brésil est comparable). C’est une incroyable exagération. D’autant plus qu’il existe des méthodes naturelles très efficaces - souvent plus efficaces - pour améliorer l’humeur ou réduire l’anxiété. Ce sont celles que j’ai pratiquées depuis dix ans et décrites dans ce livre : apprendre à entrer en contact avec sa respiration et son cœur pour gérer l’anxiété ; la thérapie des traumatismes passés par l’EMDR (intégration neuroémotionnelle par les mouvements oculaires) ; l’exercice physique ou la nutrition pour la dépression, et ainsi de suite.


Une dépression peut-elle vraiment être traitée sans antidépresseur ?

Question : Dans quels cas/situations un psychiatre doit-il intégrer des antidépresseurs au traitement ? Jusqu’à quel point une dépression peut-elle être administrée/traitée par l’alimentation, des exercices physiques et de la thérapie ?

En pratique, j’utilise les méthodes naturelles avant les antidépresseurs quand deux conditions sont remplies :

A. D’une part, la personne n’a pas d’idées suicidaires actives et elle n’est pas maniaco-dépressive (ce qui requiert généralement une assistance par le lithium ou d’autres médicaments qui stabilisent l’humeur - en plus des méthodes naturelles).
B. D’autre part, elle est capable et a envie de se prendre en mains elle-même plutôt que de simplement s’abandonner à un traitement par des médicaments.

Il faut avoir une certaine motivation pour faire attention à ce que l’on mange et le contrôler (réduire les oméga-6 et augmenter considérablement les oméga-3 dans l’assiette), ou pour faire trente minutes d’exercice physique trois fois par semaine (ce qui est aussi efficace qu’un antidépresseur, et fait également maigrir, réduit la tension artérielle et augmente la libido, mais prend deux à trois mois avant que les effets ne soient complets), ou même pour pratiquer les exercices de respiration qui apportent le calme dans la physiologie et la relation entre le cœur et le cerveau émotionnel.

Pour ce qui est des personnes qui ont subi un traumatisme de vie (accident, viol, licenciement abusif, perte d’un enfant, ou parfois seulement fausse couche), là, c’est différent. Une étude vient d’être publiée aux États-Unis qui montre que l’EMDR est beaucoup plus efficace pour soulager les symptômes de dépression que le Prozac. Dans cette étude, six mois après le traitement (huit séances d’EMDR seulement ou huit semaines de Prozac), 60 % des personnes qui avaient fait de l’EMDR n’avaient plus de symptômes. Tous les patients qui avaient été traités par le Prozac montraient encore des symptômes caractérisés de stress et de dépression(1).

(1) Van der Kolk BA, Spinazzola J, Blaustein M, et al. A randomized clinical trial of EMDR, Fluoxetine and Pill Placebo in the Treatment of PTSD : treatment effects and long-term maintenance. Journal of Clinical Psychiatry, Dec. 2006.

Quels sont les effets négatifs de la généralisation des antidépresseurs ?

Question : Quelles sont les conséquences de cette banalisation - quels "effets collatéraux" peuvent apparaître avec l’abus de ce type de médication ? Quels risques court-on en prenant des antidépresseurs prescrits par des médecins qui ne savent pas toujours doser ou choisir la formule adéquate ? À quel danger les gens s’exposent-ils quand ils prennent des antidépresseurs sans en avoir vraiment besoin ?

Un des principaux effets négatifs de cette banalisation des antidépresseurs est de détourner les gens de leur capacité intérieure naturelle à guérir. Je trouve triste que chaque personne ait tellement de ressources intérieures mais n’apprenne pas à s’en servir. Sinon, les antidépresseurs ne sont pas des médicaments toxiques ou dangereux dans la plupart des cas (sauf peut-être pour les enfants chez qui ils peuvent induire de l’agitation et, dans certains cas, des gestes d’automutilation, voire, même si c’est rare, des suicides).

Le principal danger réside sans doute dans le fait que la prise globale d’antidépresseurs, au niveau de la société, est telle qu’il y en a maintenant une quantité importante dans les rivières et les fleuves, et même dans l’eau potable de certaines villes…

Quel est le rôle des gènes et de l’environnement dans la dépression ?

Question : La dépression est-elle déclenchée par une gâchette émotionnelle (une perte, une grande souffrance) chez la personne qui a déjà une prédisposition (une dysfonction chimique), ou est-ce au contraire la souffrance qui finit par modifier la chimie cérébrale de la personne ?

C’est une question fascinante autour de laquelle tourne toute la psychiatrie depuis un siècle ! Nous savons aujourd’hui, grâce à des études génétiques poussées, qu’un quart d’entre nous a des gènes qui le rendent résistant à la dépression quoi qu’il lui arrive. Il s’agit de ces gens- souvent un peu énervants !- qui ne comprennent pas pourquoi les autres se laissent affecter par un revers dans la vie. Ils vous disent : « Tu n’as qu’à oublier tout ça et te tourner vers l’avenir ! » Un autre quart possède les gènes qui rendent extrêmement sensible à tout ce qui peut arriver de négatif. Pour ces personnes, le moindre revers peut induire une dépression. Nous les voyons souvent en consultation psychiatrique. Nous leur donnons beaucoup de noms différents- personnalité borderline (état limite), trouble dysthymique, dépressif chronique, etc. Enfin, pour la moitié d’entre nous, nos gènes sont tels que nous allons à peu près bien à travers les hauts et les bas de l’existence, mais que nous pouvons verser dans la dépression si la vie nous maltraite trop durement (divorce difficile, échec professionnel, maladie d’un enfant, etc.). La dépression, c’est donc souvent la rencontre entre une certaine fragilité commune à un très grand nombre de personnes et une grande souffrance imposée par la vie.

Cela veut dire qu’on peut souvent soigner la dépression en traitant la douleur liée à l’événement de vie, comme on sait maintenant le faire formidablement bien avec l’EMDR. Cela veut dire aussi que l’on peut traiter en renforçant tous les mécanismes naturels du corps qui défendent contre la dépression, par les techniques de respiration et de centrage (cohérence cardiaque, yoga, Qi gong, etc.), l’exercice physique, l’acuponcture, la diététique…

Pourquoi y a-t-il des rechutes quand on arrête un antidépresseur ?

Question : Imaginons le cas d’une femme en bonne santé, qui n’a jamais connu d’épisode de dépression, et qui sort de chez son gynécologue avec une ordonnance pour des antidépresseurs. Se trouvant à la ménopause, elle se sent mal, a peu de désirs sexuels, bref, les symptômes normaux liés à ce stade de la vie. Elle commence donc à prendre les médicaments, se sent mieux, plus énergique, et, après deux ou trois boîtes, décide d’arrêter. Quelques mois plus tard, elle retourne au cabinet dans un autre contexte : découragée, elle a envie de passer des journées entières au lit, pleure pour un rien, mange trop, bref, elle est déprimée. Est-ce à dire que les antidépresseurs peuvent modifier/dérégler une chimie cérébrale auparavant saine ?

Les études nous montrent que 30 à 40 % des personnes qui arrêtent les antidépresseurs font une « rechute » dans la dépression. Mais personne ne sait aujourd’hui si c’est lié ou non à un dérèglement de la biochimie du cerveau induit par ces médicaments. Le plus souvent, il me semble que c’est surtout parce que ces personnes portent encore en elles la douleur de quelque chose qui leur est arrivé dans le passé et sur quoi les antidépresseurs n’ont pas agi. Quand on interrompt un tel traitement, la douleur revient au galop.

Ce qui m’attriste dans le cas que vous décrivez, c’est que les symptômes que cette personne présentait initialement auraient très probablement pu donner lieu à des interventions tout à fait naturelles. Celles-ci lui auraient en plus donné le sentiment qu’elle prenait sa vie en mains, et l’auraient aidée à s’apercevoir qu’elle avait à l’intérieur d’elle-même un vrai pouvoir, le pouvoir de se guérir.

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commentaires
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par Jean Zin (IP:xxx.xx9.190.205) le 1er juin 2007 à 22H15

Je suis d’accord avec beaucoup de choses (sauf sur l’EMDR !) et David Servan-Schreiber a joué un rôle majeur dans la promotion des oméga 3, de la nutrition, des méthodes naturelles, de la médecine générale et d’un retour à une conception holiste de la maladie sans rien abandonner de la médecine scientifique et de ses puissantes techniques. De quoi mériter toute notre gratitude.

J’apporterais seulement une nuance sur le fait que la dépression me semble avoir un champ plus large que les dépressions officialisées et qu’elles ont un rôle décisif dans le déclenchement de nombreuses maladies. c’est ce qui me fait moins sévère sur la généralisation des antidépresseurs qui prennent le problème plus à la racine que les traitements symptomatiques, sont plus efficaces et coûtent moins cher que la réparation de tous les dégâts des dépressions masquées.

Bien sûr ce n’est pas encore prendre complètement le problème à la racine, pas plus que la psychothérapie souvent quand c’est la situation qu’il faut changer, question qui peut être politique. On ne peut dire que les antidépresseurs sont le remède idéal, mieux vaut faire de l’exercice mais on a besoin parfois d’antidépresseurs pour faire de l’exercice et sortir d’une boucle de rétroaction négative.

Il faut continuer notre progrès en substituant de plus en plus aux anti-dépresseurs des méthodes naturelles quand c’est possible mais les antidépresseurs sont déjà un progrès sur l’importance de l’humeur et de l’état d’esprit, sur la prise en compte de la souffrance psychique, sur une médecine de la personne avec sa dimension psychosomatique.

Je suis donc plutôt partisan de reconnaître l’importance des anti-dépresseurs pour en améliorer l’usage. Car ce sont des remèdes puissants mais plus difficilement maniables qu’on ne dit. Il y a un apprentissage à faire qu’on néglige trop et des phénomènes proches de ceux des drogues, des phénomènes de rebond, de manque, d’excès, etc. Toutes choses qui dépendent des personnes, des produits et des doses mais qu’il faut apprendre à maîtriser. Le problème, dans ce domaine, c’est qu’on ne peut pas généraliser.

Dans le même ordre d’esprit, je pense d’ailleurs qu’il faudrait réévaluer le Millepertuis (Hypericum perforatum) qui semble une médecine naturelle plutôt meilleure que la plupart des anti-dépresseurs, comme le reconnaissent les Allemands. Il vaut mieux avoir une vie plus saine, manger du poisson, faire de l’exercice, chanter dans une chorale, rire et danser, mais quand on n’a plus la ressource en soi, quand on en est à la phase de distress après un stress trop prolongé qui nous a mené à l’épuisement, quand on ne trouve pas l’appui dont on aurait besoin, quand revient le dégoût de la vie, plutôt que de se laisser glisser au pire il n’est pas si condamnable de briser le cercle vicieux en prenant un anti-dépresseur ; mais c’est sans doute moins nocif et plus efficace de prendre du Millepertuis, du moins en première intention, après tout dépend des gens et de ce qu’on a...

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par mrbienetre (IP:xxx.xx2.15.44) le 18 février 2008 à 23H21

On a fait bien mieux depuis l’utilisation du millepertuis contre la dépréssion, même si moi-même, en tant que phytothérapeute, je lui reconnais une certaine utilité dans le traitement de ce maux.

L’aloès, le Lycium Chinois, les oméga 3 déjà cité dans votre message auxquels j’ajouterai la gelée royale et quelques probiotics sont bien plus efficasses.

Cordialement.

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par lilie (IP:xxx.xx7.201.184) le 3 juin 2007 à 07H59

l’invitation au dialogue est dans ce contexte de discussion critique sur le thème des antidépresseurs très interessante. L’antidépresseur est utile lorsque le stade de non communication est atteint, que beaucoup de conversations tournent en boules ingérables. La solution de recourir à l’intégration neuroémotionnellle par les mouvements oculaires me semble aussi digne d’intérêt.

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(IP:xxx.xx5.29.209) le 4 juin 2007 à 11H46

Ce qui semble une piste très interessante est dans la phrase sur les gènes qui rendent résistant à la dépression . Et , si on utilise un un moyen naturel que l’on peut nommer "parlotte" avec des êtres proches qui "remontent" le moral ,parfois la dépression s’améliore . Quelqu’un a-t-il pensé à vérifier si les gènes se modifient en gènes résistant dans ce cas ? La génétique est si décevante dans ses résultats par rapport à ce qui nous avait été annoncé que peut-être nos gènes peuvent changer ? ( ou au moins un seul ? ) Pourquoi tout serait fixé à notre naissance ? Nous avons tous constaté , des déprimés peuvent guerir complètement et vingt ou trente ans après ,si on leur demande = "ils ne savent pas ce qui s’est passé" sauf, que maman ou ma fille ou ma voisine ne m’a pas lachée pendant le temps de ma dépression.

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par v al (IP:xxx.xx0.240.121) le 25 juillet 2008 à 14H07

bonjour a tous voilas depuis mon dernier accouchement j ai peu a peu perdu ma libido j’ ai pris des hormones mais je ne les ais pas supportes depuis je cherche un autre moyen aidez-moi svp

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par mr-bienetre (IP:xxx.xx2.15.93) le 30 novembre 2008 à 09H37

Bonjour M. David Servant-Schreiber,

Je suis heureux de pouvoir communiquer via Naturavox avec l’inventeur de la méthode EMDR et l’écrivain d’ouvrage comme "guérir", cela dit, je suis également surpris de constater que vous parlez dans cet article des antidépresseurs comme remède contre la dépression ! la douleur liée à l’événement de vie, comme vous le dites, que l’on traite en partie seulement avec l’EMDR, ne peut en aucun cas être résolue par l’usage quotidien d’antidépresseurs. Il serait temps de passer à des moyens plus naturels pour traiter la dépression, ce que je fais personnellement avec succès auprès de ma clientèle qui souffre de cette "pathologie" et d’autres maux qui affectent le bon fonctionnement du cortex et anile le travail des neuro-trensmetteurs. Le cerveau étant un organe, il est utile de comprendre qu’il ne peut être soigné que part des éléments ou desméthodes de soin naturels et non chimiques. La dépression n’est pas une "maladie" psychique ou psychosomatique, elle résulte d’un disfonctionnement physiologique du cerveau. C’est la raison pour laquelle, sans mettre de côté bien sur le facteur psychologique du problème, les résultats que j’obtiens en utilisant des probiotiques, certaines plantes nutritives, détoxiquantes et reminéralisantes et des fruits riches en antioxydents et acides aminés sont plus que surprenant (je me suis moi-même sorti de mon état de dépression "aïgue" en observant ce "traitement")...au plaisir de nous entretenir ensemble sur le sujet et divers autres.

Pierre-David B. ("mr-bienetre" sur Naturavox) Phytothérapeute


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