Article publié le 16 août 2007
L’indemnisation des victimes de l’amiante a pris son rythme de croisière. Mais qui paie quoi, en définitive ?
Dans un article du 12/08/07, nous avons signalé la publication du rapport 2006-2007 du FIVA (.pdf de 919 Ko), organisme qui a pour mission d’assurer l’indemnisation des victimes de l’amiante.
Dans le cas des pathologies liées à l’amiante, il y a maintenant consensus pour estimer qu’il est normal de ne pas en rester aux dispositions du régime des maladies professionnelles qui déterminent un TIPP (taux d’invalidité permanente partielle) et une indemnisation sous forme d’une rente fonction du salaire et de l’incapacité [1].
C’est pourquoi, quand les maladies liées à l’amiante ont été identifiées, des actions ont été engagées devant le Tribunal des Affaires de la Sécurité Sociale (le TASS) visant à démontrer que l’employeur a commis une faute qui a été à l’origine de la maladie voir du décès d’un des salariés de son entreprise.
Etablir la ’Faute Inexcusable’ de l’employeur a deux conséquences. D’une part elle amène une indemnisation du préjudice, d’autre part elle entraîne le doublement de la rente versée par la Sécu.
Mais cette procédure est longue. Le jugement est, en outre, susceptible d’appels dont certains peuvent avoir un caractère suspensif du versement des indemnités.
C’est pourquoi a été mis en place le FIVA (Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante) qui a pour rôle de proposer une indemnisation dans des délais plus courts.
Le rapport 2006-2007 du Fiva met bien en évidence que ses ’offres’ d’indemnisation sont souvent moins élevées que les montants décidés par les tribunaux (avec des différences notables suivant les régions, cependant).
Mais, ses offres sont souvent revues à la hausse quand les victimes font appel et la garantie d’un délai de règlement assez court motive une majorité des victimes à opter pour cette procédure [2].
Les victimes se tournent donc le plus souvent vers le Fiva, même si le rapport note que, en 2006, 13% des procédures (en légère augmentation par rapport à l’année précédente) avaient été engagées hors Fiva, par la mise en cause de l’employeur devant tribunal.
Est-ce à dire que, dans 87% des cas, la responsabilité des employeurs n’est pas recherchée ? Pas tout à fait, mais presque.
En effet, le Fiva peut engager ce qu’il appelle des « actions subrogatoires ». Ainsi, le rapport indique que « 931 actions sont en cours dont 626 FIE (faute inexcusable de l’employeur) devant les TASS. » Mais ce nombre est bien faible au regard du nombre de dossiers traités par le Fiva (22 681 pour la seule année couverte par le rapport).
Pour les auteurs du rapport, la raison de cette faiblesse est l’insuffisance des moyens. « Bien que le service du FIVA qui mène les actions subrogatoires vienne d’être renforcé en 2007 par un nouveau juriste, ce qui porte l’équipe à 7 si l’on comprend son responsable, le FIVA est loin d’être en capacité de mener toutes les actions qui lui incombent, » expliquent-ils. D’autant moins en capacité que le logiciel de suivi des contentieux utilisé par le service gérant les actions récursoires est « en cours d’adaptation pour correspondre précisément aux besoins de l’établissement » et que « l’outil devrait être opérationnel d’ici la fin 2007. »
Résultat, au cours de l’exercice passé, les recettes enregistrées correspondant aux recouvrements au titre des actions subrogatoires, ont été de 11,8 millions d’euros seulement. Une somme bien modeste comparée aux 387 millions d’euros versés en indemnités (364 millions) ou provisionnés (23 millions).
Alors d’où vient l’argent des indemnisations, si ce n’est pas (ou si peu) des employeurs des victimes ?
Et bien, c’est inscrit dans le rapport : « Les dotations issues des lois de financement de la sécurité sociale et des lois de finances correspondent à 1, 963 milliard d’euros. Depuis la création du FIVA, les dotations allouées par l’Etat représentent 225,1 millions d’euros et celles des AT/MP [3] s’élèvent à 1, 738 milliard d’euros.
La création d’un Fonds d’indemnisation était probablement une bonne chose pour les victimes, mais, faute de moyens suffisants attribués au « contentieux subrogatoire », il revient à faire assumer par la collectivité les conséquences du défaut de précaution des employeurs.
Pas vraiment ’pollueur, payeur’, ça !
[1] L’indemnité peut être versée en capital, si l’incapacité est de moins de 10%.
[2] En outre, il est possible de solliciter à nouveau le Fiva au cas où se révèle ultérieurement une atteinte nouvelle.
[3] AT/MP : Branche accidents du travail et maladies professionnelles de la Sécurité Sociale.
Thèmes
voila bien expliqué par l’histoire pourquoi on ne peut faire confiance aux experts et comment les responsables et les menteurs se retrouvent exonérés des conséquences de leurs manipulations, pendant que des hommes continuent de mourir.
Et on voudrait nous faire avaler les ogm sans rien dire !!
Il y a qu’à ouvrir les yeux et regarder autour de soi pour voir que le principe "pollueur-payeur" on s’assoit dessus depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Il doit pas y avoir un seul domaine où la gestion est cohérente. eau, agriculture, transport, industrie, bâtiment, conditions de travail etc ...
J’ai vraiment du mal à comprendre qu’avec tous les inspecteurs de sécurité et du travail qui défilent à longueur d’année dans les entreprises ,il puisse y avoir encore des intoxications. Il y a même dans les grosses entreprises un médecin dont le salaire et les charges sociales passe dans la masse salariale donc est défalqué des impôts de l’entreprise et l’amiante qui était vu par les inspecteurs du travail est toxique !!!... et les autres produits chimiques qui nous empestaient dans le quartier ...ils devaient l’être aussi alors ! ... !!! Pourtant à chacune de nos demandes, il nous était répondu qu’aucune toxicité n’était décelée. Il y a eu des demandes d’isolation de certaines zones des bâtiments qui ont été exigées par l’administration alors que la direction comme toujours trainait quand il s’agissait de faire des travaux non productifs... dans ce cas le pollueur qui est-il ?
En travaux pratiques , tout étudiant qui ne mettait pas sa plaque d’amiante sur le pied du bec bunsen était viré sur le champ et ceci ma mère connaissait déjà les mêmes sanctions...qui était pollueur dans ce cas ? avec tous les contrôles et tous les contrôleurs et tous les virés pour oubli de mise en place de la plaque d’amiante pour cause de belle voisine ou autre cause.....et l’amiante est toxique !!! or, les plaques n’étaient pas changées souvent et elles étaient bien trouées et la flamme emportait les particules dans le nez des étudiants et ceci se passait dans des bâtiments modernes avec flocage pour cause de sécurité .












