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"L'Humanité disparaîtra, bon débarras !" - Yves Paccalet

Article publié le 1er octobre 2007

NaturaVox a rencontré Yves Paccalet. Ecrivain, naturaliste, philosophe, scénariste, il a nous a fait partager sa passion pour la nature à travers plus de 60 ouvrages.

Nous avons parcouru avec lui ses voyages en montagne, ses périples en mer auprès du Commandant Jacques-Yves Cousteau, l’image qu’il a de la planète et ses souvenirs marquants.
Son livre "L’Humanité disparaîtra, bon débarras !" est une oeuvre d’humoir noir, une oeuvre pour dire différemment ce qu’il a tenté de transmettre depuis des années : l’épuisement de notre planète ...

Pour lui, les contraintes réglementaires restent le minimum a effectué, la base, le béa-ba, comme on dit.
L’influence des occidentaux sur d’autres civilisations inquiète : l’histoire des Papous vêtus de T-shirts Chicago Bulls dont les maisons sont arborées d’antennes satellites nous interpelle.
Et puis, viennent la croissance démographique et les impératifs écologiques. Son regrad est clair : nous sommes trop nombreux.

Une rencontre très enrichissante qui a permis de parcourir les problématiques actuelles liées à notre environnement et notre impact sur ce dernier. Merci à Yves Paccalet.

Durée : 19 minutes


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62 votes

commentaires
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par micmac07 (IP:xxx.xx2.215.107) le 1er octobre 2007 à 19H17

Des mots comme "partage" et "l’empathie" sont à mon sens des outils qui peuvent diminuer les dégâts...

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par alberto (IP:xxx.xx9.152.32) le 2 octobre 2007 à 11H22

Oui, micmac07, partage, empathie...et frugalité ! Bien à toi.

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par alberto (IP:xxx.xx9.152.32) le 2 octobre 2007 à 11H39

Voilà résumé une brève histoire de temps : celui du passage de l’espèce humaine sur terre.

J’ai le sentiment que Yves Pacalet a la certitude de l’extinction prochaine de l’espèce du fait de son accroissement anarchique.

Malthus avait-il vu juste ? Deux siècles plus tard le terrible constat s’impose !

Comment prévoir la fin : lente en espèrant que la sagesse des hommes permettra le partage des ressources restantes, vu l’Histoire, le pari est osé !

La nostalgie de ce vieux philosophe reste pourtant empreinte d’humanité...

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par bric (IP:xxx.xx5.77.16) le 3 octobre 2007 à 08H32

C’est de l’ironie. L’auteur va droit au but. Il faut dire qu’il n’est plus temps de tergiverser. C’est déjà trop tard pour la diversité de l’écosystème.

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par marcel4 (IP:xxx.xx2.210.56) le 1er octobre 2007 à 20H30

Il parle d’or sur le problème démographique : ses 2 solutions envisagées pour enrayer l’emballement nataliste à savoir l’éducation et l’attribution d’un revenu élémentaire aux familles pauvres pour les empêcher d’avoir une trop grande progéniture sont réalistes. Toutefois,les méthodes contraceptives et la stérilisation devraient compléter les 2 solutions qu’il suggère. Il serait également opportun de fixer par pays un chiffre de population maximal. Paccalet a le courage de s’exprimer sur un sujet tabou que nos joyeux politiciens éludent toujours.

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par eugène (IP:xxx.xx9.33.147) le 2 octobre 2007 à 11H43

Sans parler des religions....

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par Lainé Xavier (IP:xxx.xx2.36.76) le 2 octobre 2007 à 06H22

Voilà qui fait du bien à entendre, qui nous replace devant notre responsabilité avec humilité.

Voilà qui fait du bien à entendre parce que, tout à coup, on se sent moins seul devant le triste spectacle de la spirale infernale : désinformation, progrès endémique de l’ignorance, perte du sens de responsabilité individuelle dans l’organisation de notre lien à Gaïa...

Rassurant, même si les perspectives sont sombres ; inquiétant car le discours de Yves Paccalet pointe du doigt les paradoxes d’une démocratie vidée de son sens par l’expansion des ignorances (voter, ce n’est pas simplment mettre un bout de papier dans une urne ; être citoyen, ce n’est pas seulement aller voter, et bon débarras !), et l’incapacité de ceux qui prétendent nous gouverner à impulser une culture qui romprait avec le cycle infernal de l’inculture.

Non, Yves Paccalet ne m’apprends rien de plus que ce que je savais déjà, mais peut-être ganerions-nous à nous mettre en réseaux de savoirs émergents et qu’à plusieurs le signal d’alarme serait mieux entendu.

J’adore les solutions simples qu’il propose : une retraite pour tous assurée (une goutte d’eau en regard de ce que nous mettons, ici en France dans des essais d’armes de destruction massive), et l’ouverture d’écoles pour tous. C’est de l’humour noir qui fait du bien : souhaitons qu nous soyons très nombreux à venir sur Naturavox pour l’entendre.

Merci à la rédaction de Naturavox de m’avoir alerté pour donner mon point de vue.

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par A l’évidence (IP:xxx.xx3.178.23) le 2 octobre 2007 à 06H42

Je trouve cela très intéressant qu’il insiste sur les problématiques de développement dans les pays pauvres : cela est très peu mis en avant par les politiques actuelles ; On préfère gérer l’immigration aux frontières plutôt que chercher à la comprendre... On cherche à vider le seau qui déborde avec un bol plutôt qu’à couper la source... Merci pour cette interview ma foi très intéressante ! :-)

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par Thucydide (IP:xxx.xx2.103.59) le 2 octobre 2007 à 09H07

En effet, c’est la démographie galopante qui est le vrai cancer de l’humanité, tous les autres problèmes en découlent. Mais il est impossible d’en parler sans se faire taxer de doux-crétinisme, de malthusianisme ou de je-ne-sais quelle horreur. On nous rebat les oreilles du réchauffement climatique, à juste titre, mais on "oublie" complètement qu’à côté de la destruction des habitats naturels et la disparition d’une grande part de la biodiversité, le problème du réchauffement devient presque anecdotique. En Europe, après le saccage de la faune terrestre, nous assistons au "vidage" des mers en à peine quelques décennies, et partout ailleurs, ce sera la même chose dans très peu de temps. Et pour les Etats-Unis, c’est encore pire. Leur pays récemment presque vierge a été "nettoyé" en à peine trois siècles, et leur "merveilleux" dynamisme économique est sous-tendu par un pillage des ressources naturelles et une démographie comparables aux "vigoureux" pays du sud-est asiatique.

Comme pour le réchauffement, ce sont les pays industrialisés qui doivent montrer l’exemple en matière de démographie et de préservation des espaces naturels. Or, que voit-on aux fameux "Grenelle de l’environnement" ? Y en a-t-il un seul, parmi nos chers "écolos", qui ose dire que ça suffit de compter sur les enfants pour générer de la croissance et nous assurer une retraite dorée, et qu’il est temps de stabiliser la population de notre pays comme celui des autres ? A côté de cette fuite en avant permanente, le reste est presque secondaire. Mais non, chez nous, c’est "youpi-youpi", nous "faisons" plus d’enfants que les autres Européens ("Faire" un enfant, quelle expression élégante. Autrefois, on disait "avoir" un enfant, "faire" est réservé pour une chose que la décence m’interdit d’expliciter. La dérive sémantique est involontaire, mais en fait emblématique.)

La décroissance nataliste sera dure pour les pays qui sont en dénatalité, mais ils tiennent le choc (voir l’Allemagne). Ils ne font que payer les dettes sur l’avenir que d’autres ont contractées avant eux. Mais comme ils ne sont pas en guerre, c’est le moment où jamais de payer ses dettes. Donc, chez nous aussi, arrêtons de brader l’avenir et d’encourager la natalité.

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par Gilles Garcia (IP:xxx.xx3.137.72) le 2 octobre 2007 à 10H09

Je suis depuis longtemps un inconditionnel de Paccalet. Ses positions ne sont empreintes d’aucun pessimisme - simplement de realisme, voire meme, a mon gout d’un peu d’optimisme. Ce qui me desole (mais ne me surprend pas) c’est que la majorite de nos concitoyens le considere encore comme une sorte d’ecologiste illumine, broyant du noir (une sorte de reincarnation de Rene Dumont).

Le message ne prend pas, ne passe pas, sauf aupres d’une minorite (croissante, soyons optimistes !). C’est ce qui laisse un boulevard dans lequel Allegre et consorts s’engagent, et nous font perdre annees apres annee.

Le Grenelle de l’Environnement, forme moderne de poudre aux yeux, ne debouchera que sur des mesurettes. Helas helas helas. :-( Perso je verrais bien une troika Paccalet-Pelt-Rabhi au pouvoir, mais je dois etre un peu en avance..... :-))

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par eugène (IP:xxx.xx9.33.147) le 2 octobre 2007 à 12H08

Je suis surpris qu’Y. Paccalet, philosophe, ne s’intéresse pas plus aux mécanismes addictifs et autre joyeusetés de ceux qui n’autocontrôlent pas leurs désirs-envies.

Construire 50 autres protocoles de Kyoto adaptés aux domaines nécessaires, certes. Mais on n’avancera pas tant qu’une décision humaine - supposée morale pour être humaine - sera confondue avec un calcul d’intérêts. La première étape pour faire la distinction consiste à prendre ce foutu concept de valeur pour ce qu’il est : une fonction naturelle en nous, c’est à dire partagée avec l’animal, et nous fait échapper, lui comme ns, à l’indifférence.

Bref, choisir (selon son intérêt, son goût, ses envies, ses a priori,ses préjugés, son ambition - de pouvoir ! -, ses pulsions, ses petits calculs etc) et décider (moralement) sont humainement deux phénomènes tt à fait différents. :-((

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par l’écolo (IP:xxx.xx6.68.143) le 2 octobre 2007 à 13H30

Cet auteur est venu assurer la promotion de son livre, mais son discours filandreux aux multiples redites, ses récriminations stériles, ses plaintes et ses lamentations sans même un début de solution, ne forment pas à mon avis un support vigoureux.

Son titre, déjà, qui chercher à provoquer, et pas seulement l’intérêt, montre que l’auteur n’a même pas pris la peine d’observer que, depuis son apparition sur terre, l’homme est l’espèce animale qui a su s’adapter le mieux. Sans même revenir aux temps très lointains (mais je conseille la lecture du livre « Pourquoi j’ai mangé mon père », de Roy Lewis, à ceux qui ne l’auraient pas encore lu et à la savoureuse préface de Vercors(1)), on peut constater que, de nos jours, des hommes vivent par des températures qui vont de -70° C à +50° C. Quels que soient les cataclysmes qui l’attendent, l’homme saura assurer sa survie, ou il faudrait expliquer pourquoi, puisqu’il se trouve beaucoup mieux à même de se protéger que ses ancêtres. C’est seulement notre civilisation qui risque de ne pas résister.

Il serait fastidieux de reprendre, un par un, tous les points de cette publicité. Voyons seulement ce que vaut la protestation contre l’utilisation du béton, car il s’agit de l’habituel slogan des anti-progrès-etc. qui tentent de se faire passer pour des écologistes. Le béton est venu remplacer le bois et la pierre dans la construction des habitations, permettant d’élever des immeubles plus hauts et aux murs moins épais. Il est simple de démontrer que cette densification de l’habitat est une énorme économie de nature : l’immeuble de quinze niveaux dans lequel j’habite occupe 500 m² au sol, si on le met sur un seul niveau, pour faire une habitation légère, en bois par exemple, c’est 500×15= 7 500 m2 de nature qu’il faut utiliser.

Passons sur la plupart des autres avantages écologiques de l’urbanisme moderne pour s’arrêter à l’économie de déforestation ainsi réalisée.

L’auteur pratique l’incohérence habituelle des anti-progrès. Il honnit les matériaux modernes, mais s’insurge contre l’utilisation des matériaux naturels. Eh bien, et puisqu’il affiche, aussi, quelque prétention à la poésie, je le renvoie à l’élégie de Ronsard (1524-1585) contre les bûcherons de la forêt de Gâtines(2). Cette œuvre nous montre bien que, déjà, au XVIe siècle des gens, et non des moindres ni des moins écoutés, s’inquiétaient des dommages causés aux forêts. Forêts qui étaient mises à contribution pour toutes les activités humaines (habitations, meubles, outils, transports terrestres, fluviaux et maritimes, sans oublier la part énorme prélevée pour assurer le chauffage quotidien).

Pour autant, on continua à prélever sur la forêt tout ce qui était nécessaire à la vie des hommes et à l’accroissement de leurs connaissances, jusqu’à ce que le progrès des sciences permette d’utiliser d’autres matériaux.

Nos technologies modernes ont donc, au moins, pour avantage d’économiser la nature.

Tout de même, il faut admettre que, comme le laisse entendre l’auteur, l’homme provoque des destructions importantes à cause de son nombre, sans cesse grandissant. Les solutions permettant de freiner cette dangereuse expansion démographique ne sont pas faciles à mettre en pratique, tous les pays du monde n’étant pas dotés d’un gouvernement aussi autoritaire et aussi peu démocratique que la Chine.

Cela dit, il faut, évidemment, favoriser l’instruction et la fréquentation des écoles tant par les filles que par les garçons, mais cela ne permet pas de réduire sensiblement le nombre d’habitants de la planète, il suffit de regarder autour de soi pour s’en convaincre.

L’auteur termine en admettant qu’il utilise des moyens fort dissipateurs de CO2 (et passe charitablement sous silence les autres nuisances de ses agissements) parce qu’il les estime pour lui (mais pour lui seul, vraisemblablement) indispensables. Mais, que ne parcourt-il la terre à pied (comme Monod, Lanzmann, et d’autres), en bateau à voile (façon Kersauson et ses compères) et en draisienne (ou autre célérifère) lorsqu’il trouve que sa marche n’est pas assez rapide ? Ainsi nous montrerait-il qu’il bénéficie des leçons qu’il prétend nous donner.

Quant à revenir à la pratique de la cueillette pour assurer notre subsistance (et vivre dans des cavernes, je suppose), pour nous ramener aux époques – que l’auteur semble trouver paradisiaques lorsqu’il y songe pendant ses voyages en avion – où l’homme survivait péniblement et juste le temps nécessaire à assurer sa descendance, il ne saurait en être question.

Faire l’amour devant un feu de bois et sur des peaux de bêtes, c’est la seule concession que j’accepte, sans rechigner, de faire à la vie préhistorique.

Jean-Claude

°°°

(1) Extraits de la préface de Vercors pour le livre « Pourquoi j’ai mangé mon père » :

« … [Théodore Monod] se reprit bientôt pour me dire : "Je ris, et tu riras, c’est le livre le plus drôle de toutes ces années, mais ce n’en est pas moins l’ouvrage le plus documenté sur l’homme à ses origines. "

[…]Le comique aussi de voir ces ébauches d’hommes, dès leurs premiers pas hors de l’animalité, se partager déjà entre gauche et droite, entre progres¬sistes et réactionnaires, entre ceux qui refusent de subir plus longtemps la tyrannie de la "marâtre nature", se dressent contre elle et inventent l’outil, le feu ; et ceux qui, réprouvant ces nouveautés qui les effraient, pros¬crivent cette rébellion et veulent à tout prix revenir, au sein de la nature, à la vie bien tranquille des singes arboricoles. Tous personnages, ici, plus chaplinesques les uns que les autres : Édouard, le père à l’esprit fertile, trop fertile pour la quiétude des siens, féru d’hominisation et qui, à regarder son fils Ernest un peu lent à pous-ser sa mutation, soupire consterné : "Quand je te vois, je doute si nous sommes seulement sortis du miocène..." L’oncle Vania, le vieux réac impénitent, qui déboule régu¬lièrement des arbres pour enjoindre à Édouard, son frère trop inventif, d’y remonter avec la famille avant quelque désastre (sans toutefois refuser, à l’occasion, une côte de phacochère délicieusement grillée sur ce feu qu’il condamne). […]

… la richesse comique que pouvait receler la vie de ces êtres hybrides, s’efforçant de passer de l’espèce, encore stupide, de l’ Homo erectus à celle, encore muette, de l’Homo faber, puis à celle du sapiens ou plutôt, en cet instant, de faber-sapiens dont les individus, s’ils savent déjà faire, ne savent pas ce qu’ils font, tel l’industrieux Edouard vou¬lant domestiquer le feu et embrasant toute la forêt – allu¬sion transparente à l’atome et à la bombe d’Hiroshima. Semblant ainsi donner raison à l’oncle Vania et à ses avertissements catastrophiques. Est-ce là aussi la pensée de l’auteur ? Approuverait-il Vania d’avoir vainement voulu un retour à la vie arboricole, à son ignorance inof¬fensive ? Il ne se prononce pas. Mais je gage que c’est là encore une forme d’humour ; et je doute fort que son suffrage, avec le mien, n’aille pas à ces hommes fiers d’être des hommes, comme l’infatigable Edouard que ne rebutent ni les échecs ni les revers ni les conséquences désastreuses ; et qui, dès la plus petite découverte, la plus petite conquête sur la nature, s’exclame comme un leit¬motiv : "Les possibilités sont prodigieuses !" A croire qu’il pressent déjà qu’un jour, ajoutées l’une à l’autre, ces possibilités le mèneront sur la Lune.

VERCORS »

(2)Contre les bucherons de la forest de Gastine

Elégie

Quiconque aura premier la main embesongnée

A te couper, forest, d’une dure congnée,

Qu’il puisse s’enferrer de son propre baston,

Et sente en l’estomac la faim d’Erisichton,

Qui coupa de Cerés le Chesne venerable

Et qui gourmand de tout, de tout insatiable,

Les bœufs et les moutons de sa mère esgorgea,

Puis pressé de la faim, soy-mesme se mangea :

Ainsi puisse engloutir ses rentes et sa terre,

Et se devore après par les dents de la guerre.

Qu’il puisse pour vanger le sang de nos forests,

Tousjours nouveaux emprunts sur nouveaux interests

Devoir à l’usurier, et qu’en fin il consomme

Tout son bien à payer la principale somme.

Que tousjours sans repos ne face en son cerveau

Que tramer pour-neant quelque dessein nouveau,

Porté d’impatience et de fureur diverse,

Et de mauvais conseil qui les hommes renverse.

Escoute, Bucheron (arreste un peu le bras)

Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas,

Ne vois-tu pas le sang lequel degoute à force

Des Nymphes qui vivoyent dessous la dure escorce ?

Sacrilege meurdrier, si on prend un voleur

Pour piller un butin de bien peu de valeur,

Combien de feux, de fers, de morts, et de destresses

Merites-tu, meschant, pour tuer des Déesses ?

Forest, haute maison des oiseaux bocagers,

Plus le Cerf solitaire et les Chevreuls legers

Ne paistront sous ton ombre, et ta verte criniere

Plus du Soleil d’Esté ne rompra la lumiere.

Plus l’amoureux Pasteur sur un tronq adossé,

Enflant son flageolet à quatre trous persé,

Son mastin à ses pieds, à son flanc la houlette,

Ne dira plus l’ardeur de sa belle Janette :

Tout deviendra muet : Echo sera sans voix :

Tu deviendras campagne, et en lieu de tes bois,

Dont l’ombrage incertain lentement se remue,

Tu sentiras le soc, le coutre et la charrue :

Tu perdras ton silence, et haletans d’effroy

Ny Satyres ny Pans ne viendront plus chez toy.

Adieu vieille forest, le jouët de Zephyre,

Où premier j’accorday les langues de ma lyre,

Où premier j’entendi les fleches resonner

D’Apollon, qui me vint tout le coeur estonner :

Où premier admirant la belle Calliope,

Je devins amoureux de sa neuvaine trope,

Quand sa main sur le front cent roses me jetta,

Et de son propre laict Euterpe m’allaita.

Adieu vieille forest, adieu testes sacrées,

De tableaux et de fleurs autrefois honorées,

Maintenant le desdain des passans alterez,

Qui bruslez en Esté des rayons etherez,

Sans plus trouver le frais de tes douces verdures,

Accusent vos meurtriers, et leur disent injures.

Adieu Chesnes, couronne aux vaillans citoyens,

Arbres de Jupiter, germes Dodonéens,

Qui premiers aux humains donnastes à repaistre,

Peuples vrayment ingrats, qui n’ont sceu recognoistre

Les biens receus de vous, peuples vraiment grossiers,

De massacrer ainsi nos peres nourriciers.

Que l’homme est malheureux qui au monde se fie !

Ô Dieux, que véritable est la Philosophie,

Qui dit que toute chose à la fin perira,

Et qu’en changeant de forme une autre vestira :

De Tempé la vallée un jour sera montagne,

Et la cyme d’Athos une large campagne,

Neptune quelquefois de blé sera couvert.

La matiere demeure, et la forme se perd

Pierre de Ronsard (1524-1585)

Si vous avez pu tout lire, je vous en félicite, parce que c’est nettement plus long et plus ardu que "Mignone allons voir..." ou "Quand vous serez bien vieille...", mais Ronsard mérite d’être lu jusque dans ses œuvres d’érudtion.

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par minijack (IP:xxx.xx8.117.89) le 3 octobre 2007 à 01H23

Je rassure tout de suite Yves Paccalet. L’humanité ne disparaîtra pas, le gouvernement s’y emploie !
J’ai eu la surprise de recevoir un mail de l’UMP m’invitant à participer...

La charmante Nathalie Kosciusko-Morizet - de l’ Union pour un Mouvement Populaire - a installé son blog afin que les internautes français collaborent à l’action gouvernementale en matière de Protection de l’Environnement.

Jusque là, rien à dire, sinon que le site est évidemment modéré, ce qui est normal, et que son service dépend de l’UMP, ce qui l’est moins car le Gouvernement est celui de la France, pas celui de l’UMP !

Mais le plus drôle est l’adresse...

C’est en effet à une véritable consultation pubique que nous con-vit la charmante Nathalie avec le titre alléchant de cette page d’accueil : "posez-vos-que"

J’avoue que j’hésite... Que peut-il sortir de propre d’une telle agitation ?...

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par Eugène (IP:xxx.xx6.242.253) le 3 octobre 2007 à 10H27

"La matière demeure et la forme se perd".

Ce dernier vers est d’une totale et double absurdité du point de vue de quelqu’un comme vous qui se dit adepte du progrès.

1- La matière demeure ? Pour un physicien du XXI, mais dejà avec Albert E dès le début du XX, ou comme les Japonnais s’en souviennent douloureusement, E=mC2 ; votre matière (m, sa masse) est transformée en énergie. Pfffftt, votre argument est du même coup pulvérisé !

2- La forme se perd ? Concernant l’homme, on voit bien que vous confondez encore Gestalt et structure. Si l’animal comme ns capte sensoriellement des informations, il les gestaltise aussi en perceptions, permettant une sériation d’objets O1,O2,O3....Oi,Oi+1....On... tel que Oi est l’indice de Oi+1 qui devient son sens ; puis Oi+1 l’indice de Oi+2 etc, sans limite. Bon, si vous n’êtes pas un adepte de la continuité nature-culture en l’homme, qu’est-ce qui se passe au niveau du langage, ou mieux, comment l’homme émerge-t-il au langage ? Du simple fait que son cerveau - Dieu sait comment, façon de parler - réanalyse structuralement et l’indice (en l’occurrence le son)et le sens qui deviennent du même coup signifiant et signifié. Par réaménagement dialectique de cette contradiction du naturel gestaltisé et du formel (structural) il en résulte ce culturel phénomènologiquement ’observable’ du concept, scientifique, mythique ou poétique.

Bref, même ds la pire des galères, et sauf aphasie profonde, voire la mort du sujet bio que ns sommes, la forme se conserve, comme elle se conserve avec la double transmission naturelle de la vie (sur votre peau de bête) et de la culture par l’éducation sans entre ici ds les détails. Mais de grâce, cherchez des arguments plus convaicants pour déstabiliser YP, vis à vis de défauts dont il a parfaitement conscience et exprimés ds l’entretien ; essayez plutôt de pousser son talent à résoudre les pbs qui sont devant ns !

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par l’écolo (IP:xxx.xx6.68.143) le 4 octobre 2007 à 10H57

à Eugène, qui m’a écrit : « "La matière demeure et la forme se perd". Ce dernier vers est d’une totale et double absurdité du point de vue de quelqu’un comme vous qui se dit adepte du progrès. »

Ce dernier vers a, comme les autres, été écrit dans le courant du XVIe siècle, donc il y a à peu près 450 ans, par Pierre de Ronsard, gentilhomme vendômois, qui, s’il est toujours un poète illustre, n’a jamais eu de prétention en psychologie.

Je suis pour le progrès sous toutes ses formes, parce qu’on peut constater qu’il a toujours été bénéfique à l’homme dans le passé, et que rien ni personne n’a démontré qu’il en irait différemment dans l’avenir.

Ronsard était un homme éclairé – sa formation n’avait pas été uniquement littéraire, parce qu’à ce moment-là la distinction d’avec le scientifique n’existait pas – qui raisonnait avec les connaissances de son temps.

Vous prêtez à son discours un sens qu’il n’a évidemment pas et il est dommage, pour vous, que vous n’ayez pas été touché par la force avec laquelle Ronsard s’est élevé contre une déforestation qu’il sentait excessive et que vous ne soyez pas émerveillé par la puissance de l’intuition qui lui faisait pressentir les dommages irréparables qui en résulteraient.

Enfin, si c’est tout ce que vous reprochez à mon commentaire, c’est que vous n’êtes pas arrivé à démolir le reste, ce qui me réjouit bien fort.

Pour en venir à votre conclusion, dans l’entretien qui nous a été présenté, aucune solution pratique n’est démontrée, mais seulement des lieux communs et autres truismes. Le titre de l’ouvrage, de toute évidence, n’incite pas à la recherche de solutions concrètes. Il s’agit d’une manifestation banale du catastrophisme ordinaire, fort prisé des naïfs de notre époque, et qui fait la fortune des pseudo philosophes et autres pseudo scientifiques dont le seul talent est de savoir bien vendre la peur.

Je ne cherche nullement à déstabiliser les marchands de peur. Ce serait une entreprise aussi folle que de lutter contre les moulins à vent parce que, tant que leurs livres leur rapportent, ils n’ont aucune raison de changer de comportement.

J’essaie seulement de présenter des arguments qui peuvent permettre de résister aux tabous et aux peurs médiévales que certains font profession de faire revivre et de répandre dans une population peu armée pour s’en défendre.

Quant aux problèmes, particulièrement écologiques, qui se posent à nous, la plupart des solutions praticables sont connues et seraient en bonne voie d’application si les puissants lobbies anti-progrès et anti-tout ne s’opposaient pas, et avec la violence qu’on leur connait, à leur mise en œuvre.

Bien à vous,

Jean-Claude

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par Eugène (IP:xxx.xx9.61.136) le 4 octobre 2007 à 17H14

@Jean- Claude,

D’accord, jai fait pas mal de raccourcis, comme si je vous imputais ce dernier vers. Mais vous, vous proposez quoi pour neutraliser les effets dévastateurs de ces lobbies qui ne sont qu’une partie du pb ds la mesure où, comme l’animal, ce qui motive l’homme reste et restera tjs son intérêt ?

Ma réponse à la même question est à côté, ds les commentaires de l’article de D. Kuster du 04.10, tag ’terre et climat’.

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par lerma (IP:xxx.xx2.70.151) le 4 octobre 2007 à 21H16

Enfin un bon reportage sur ce site,avec des mots justes et vrai mais peut etre un peu utopiste.

Mais,ne sommes nous pas nous même utopistes en pensant que individuellement,nous pouvons :

apporter la démocratie à 1,2 milliards de chinois,

Supprimer la misère à 1 milliard d’indiens et 200 millions d’africains

Soyons très réaliste et n’ayons l’air de rien car il ne sert à rien,(a moins d’en faire une activité lucrative) de se serrer la ceinture ou de se priver pour des utopies qui n’ont jamais rien apporté à personne

Il reste un bon témoignage quand même d’un homme qui a vue les changements s’accélérer avec la croissance mondiale et les inconvénients du libéralisme économique

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par l’écolo (IP:xxx.xx6.68.143) le 5 octobre 2007 à 13H45

à Eugène, qui m’a écrit :

« vous proposez quoi pour neutraliser les effets dévastateurs de ces lobbies qui ne sont qu’une partie du pb ds la mesure où, comme l’animal, ce qui motive l’homme reste et restera tjs son intérêt ? »

Il serait présomptueux de ma part de prétendre pouvoir apporter une solution universelle ne serait-ce qu’à un seul des nombreux problèmes environnementaux qui nous préoccupent.

Ce qui est important, c’est d’amener les gens à réfléchir, et non à se lamenter et à s’indigner de façon stérile, et, surtout, à échapper à l’emprise des slogans.

Lorsque vous dites : « comme l’animal, ce qui motive l’homme reste et restera toujours son intérêt », même si ce constat manque un peu de nuances, je ne puis qu’être d’accord avec vous (1).

C’est donc en lui faisant considérer son intérêt, et ses intérêts les plus immédiats – c’est ce qui le touche le plus –, qu’on peut amener l’homme à prendre des positions qui pourraient s’avérer moins dangereuses pour le climat.

Nous voyons bien, pour prendre un exemple actuel et concret, à quel point les gens s’intéressent à la consommation de leur voiture depuis l’augmentation du prix des carburants causée par les « chocs pétroliers » des années 70. Cet intérêt s’est considérablement amplifié lorsque la possibilité d’un monde privé de pétrole a quitté le domaine de la science-fiction. Là-dessus vient se greffer la canicule de 2003 qui fait prendre conscience, au plus grand nombre, de l’imminence des conséquences du réchauffement de la planète (2). Et chacun, maintenant, se trouve quelques raisons de vivre en « bon écologiste » car le simple fait d’entrevoir l’énormité des frais et des inconvénients qu’entraînerait une instabilité climatique fait frémir.

Cela étant, est-il bien honnête de profiter de cette « prise de conscience » pour lancer une vaste entreprise de déstabilisation basée sur la terreur ?

Certes, la peur se vend bien, en faisant vendre beaucoup de papier et d’heures d’antenne (3), surtout auprès des gens qui n’ont pas les moyens de se protéger, c’est-à-dire de la plupart d’entre nous, et cela nous ramène à la constatation que vous avez faite et que j’a prise pour point de départ.

Depuis une douzaine d’années que je suis libre de la plus grande partie de mon temps, je passe plusieurs heures par jour à me renseigner sur les problèmes d’énergie, d’environnement et de climat (4), recueillant et comparant les arguments les plus opposés, les raisonnements les plus contradictoires, pour essayer de me forger une opinion à l’opposé du slogan et de la mystique idéologique.

Combien de gens peuvent prendre, comme je le fais, le temps de mettre à l’épreuve toute information qui leur est soumise ? de lire un livre par mois sur le seul sujet des énergies ? d’apprendre les notions indispensables à la compréhension des articles, des livres et des interviews concernant les énergies, le climat, l’écologie ?

Très peu. Vraiment très peu.

Et c’est ce qui fait la fortune des marchands de peurs qui, sous couvert de philosophie (5) et de bon sens (6), diffusent, comme s’il s’agissait de vérités scientifiques démontrées, de fausses bonnes idées dont la réalisation s’avèreraient catastrophiques.

En voici un exemple, toujours en restant dans le domaine des carburants.

La mode a été lancée des « biocarburants », dont la simple appellation, mais elle n’est faite que pour séduire, est, déjà, un mensonge éhonté. En fait, ils ne devraient être désignés que par le vocable « agrocarburants », ou quelque chose d’approchant, puisque leur seule vertu est de provenir de l’agriculture.

En réalité, les « agrocarburants » sont de véritables « biodestructeurs » puisque pour satisfaire la demande en carburants, l’ensemencement de toutes les terres cultivables de la planète suffirait à peine.

D’où, adieu à la forêt « primaire », à la nature sauvage, à la biodiversité…

Et envolée des prix des quelques produits de l’agriculture alimentaire qui subsisteraient !

Mais, ce n’est pas tout : où est-il indiqué que les carburants obtenus par distillation (éthanol…) sont très gourmands en énergie et dissipateurs de CO2, alors que ceux pour lesquels une pression suffit sont beaucoup moins pénalisants à ce point de vue ? C’est pourtant un distinction importante qui permettrait au consommateur d’orienter son choix en connaissance de cause.

Qui a pu lire la récente dépêche de l’agence Reuters faisant état de l’étude du prix Nobel de chimie Paul J. Crutzen : « Les résultats de cette étude sont particulièrement alarmants pour les biocarburants développés à partir du colza, notamment en Europe, qui pourraient produire jusqu’à 70% de gaz à effet à serre en plus par rapport à du diesel classique. […] les biocarburants rejettent en fait plus de gaz à effet de serre qu’ils n’en absorbent à cause des engrais utilisés dans les méthodes de culture modernes. Ils rejettent notamment de l’oxyde nitreux, qui est 300 fois plus nocif pour le climat que le dioxyde de carbone. » (7) ?

Vous noterez au passage que, malgré le contenu de la dépêche, le journaliste n’a pas pu s’empêcher de leur appliquer le label « bio » traditionnel. En toute objectivité, bien entendu.

Nous croyions que la scolarisation la plus étendue nous permettrait d’échapper à l’endoctrinement et d’accéder à la liberté de la pensée, et cela a été vrai, un temps.

Il se trouve que notre société s’est considérablement complexifiée et que les progrès de la science exigent des connaissances extrêmement spécialisées pour être compris.

Certains en profitent pour imposer leurs objectifs idéologiques et préserver leurs intérêts privés en donnant à leur message de contre-vérités scientifiques un support émotionnel contre lequel le peuple se trouve désarmé.

Cernés de tabous et d’interdits, nous sommes en train de retomber dans une conception moyenâgeuse de la communication.

Voilà contre quoi il faut lutter de toutes nos forces

Jean-Claude

ooooo

(1) s’il en était autrement, les hommes se précipiteraient pour entrer chez les Trappistes, les femmes voudraient toutes s’enfermer dans un Carmel, et la solution du problème de l’expansion démographique s’en trouverait grandement facilitée…

(2) il n’est nullement prouvé que cette canicule soit un effet du « réchauffement climatique », mais beaucoup se l’imaginent…

(3) comme le sexe, la haine, le scandale et le sang, tous les journalistes et tous les auteurs de romans vous le confirmeront ; les auteurs d’ouvrages pseudo scientifiques sont venus grossir la cohorte,

(4) Internet, bien sûr, mais aussi la presse, les livres, les associations, les stands et les conférences ; ainsi, mercredi prochain, je passerai toute la journée au colloque « Énergies et effet de serre »,

(5) de zinc du Café du Commerce,

(6) qui, comme beaucoup l’ignorent, est diamétralement opposé à la démarche scientifique,

(7) texte complet de la dépêche :

http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20070...

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par Antoine Diederick (IP:xxx.xx1.205.121) le 12 octobre 2007 à 23H49

hummm, au sujet de la démographie, je pense que la terre va réguler d’elle mme, c’est un immense écho systeme dont nous ne connaissons pas grand chose...

Il y a péril en la demeure c’est vrai, cependant nous ne connaissons pas l’avenir....a peine pouvons nous anticiper.

Une grande pandémie peut survenir...d’ailleurs je pense qu’elle surviendra.

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