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Total : Le pétrole ne suffira pas à répondre à la croissance de la demande énergétique du monde

Article publié le 27 novembre 2009

J'ai eu l'occasion dans un article du 23 novembre de faire le point sur l'évolution de la demande énergétique dans le monde telle que l'Agence Internationale de l'Energie, l'AIE, l'estime pour les années à venir jusqu'en 2050. Il résultait de leur étude que l'impact de la crise sur la demande mondiale allait être très mineure,retardant simplement de 3/4 ans la montée de cette demande. La baisse de la demande dans les pays industrialisés due à une certaine desindustrialisation en faveur des pays émergents et à leurs efforts pour maîtriser leurs émissions devant être plus que compensée par la croissance économique dans les pays émergents. Le résultat final étant que la demande mondiale énergétique devrait se situer aux alentours de 106 millions de Barils/jours d'équivalent pétrole, tous type de production d'énergie confondus, en 2030.

Il se trouve que j'ai eu également l'occasion, dans le même temps, d'avoir accès aux estimations de Total sur l'évolution de la production de produits pétroliers dans le monde tous produits confondus, pétrole, gaz, condensats, shistes bitumineux sur cette période. Monsieur Christophe de Margerie, son PDG, avait déjà l'année dernière surpris le monde des prévisionnistes, des dirigeants politiques et des médias en déclarant qu'il ne croyait pas que la production de pétrole dans le monde puisse jamais dépasser les 100 millions de barils/jour. Cette année il persiste et signe. D'après les analyses de ses propres prévisionnistes il prévoit que le production pétrolière mondiale se stabilise à partir de 2020 à 95 millions de barils/jours, un plateau de production auquel il pense que la profession pourra tenir quelques (2 ou 3) dizaines d'années.La raison de cette évolution de la production vers cette asymptote tient au fait qu'il faut déjà que les pétroliers trouvent, tous les ans, suffisamment de champs nouveaux pour compenser la décroissance naturelle des champs existants, qui est de l'ordre de 5pct tous les ans, avant de pouvoir satisfaire une demande supplémentaire. Aller au delà de 95 millions de barils/jour ne lui parait ni réaliste ni réalisable.

Pour répondre à une demande qui sera supérieure à ce niveau maximal de production il ne faudra compter que sur les énergies alternatives, - toutes les énergies alternatives-, éolien, photovoltaïque, Biomasse, biocarburants, charbon et nucléaire. L'industrie pétrolière ne s'estime pas en compétition avec ces nouvelles énergies qui, pour elle, sont indispensables à développer le plus vite possible si on veut pouvoir répondre à la demande des citoyens du monde ;

Autre constatation et commentaire de Total. La rapidité du développement de ces énergies alternatives étant limitée (10 ans minimum pour une centrale nucléaire) la proportion d'énergie produite à partir de pétrole restera aux environs de 75 pct en 2030. Il ne faut donc pas concentrer les aides diverses sur les seules énergies alternatives et continuer à aider l'industrie pétrolière à découvrir toujours plus de champs nouveaux dans des zones de plus en plus difficile à exploiter. Une déclaration du Président de Total qui, là aussi, a surpris mais découle d'un certain bon sens.

Dans un monde géopolitique dans lequel les pays producteurs se réapproprient dune manière ou d'une autre leurs ressources en pétrole et en gaz, ce sont les compagnies pétrolières internationales qui constituent le bras armé des pays développés pour découvrir et mettre en production les nouveaux champs pétroliers. La tendance actuelle à ne plus rémunérer que le savoir faire de ces pétroliers internationaux à 2 Dollars du baril est un lourd danger à terme pour l'approvisionnement des pays développés sans ressources énergétiques....

A suivre

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Pétrole Energies fossiles

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commentaires
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(IP:xxx.xx3.70.22) le 28 novembre 2009 à 22H34

ah, un partisan de la théorie du plateau avant la décroissance. irréaliste, la décroissance a déjà démarré dans les faits. elle est même à l’origine des vagues de licenciement et de décomposition des industries à l’échelle mondiale (la crise financière n’étant qu’une étincelle en comparaison).

http://www.voltairenet.org/article1...

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(IP:xxx.xx7.137.234) le 30 novembre 2009 à 17H01

Pour ceux qui veulent avoir un autre point de vue, je vous conseille de lire ce livre :

Le Nouvel Ordre du Pétrole

Ressource stratégique suprême, le pétrole le restera encore très longtemps, car, contrairement aux analystes simplistes sur la fin du pétrole, la planète regorge de réserves massives économiquement exploitables. Mais ces réserves d’un type nouveau se trouvent sur d’autres continents. De nouvelles puissances pétrolières émergent grâce à des technologies révolutionnaires.

Le marché du pétrole est en transition. La volatilité extrême des prix en est symptôme. L’explosion des prix en 2007-2008 était totalement indépendante de l’offre et de la demande, notamment de la fameuse demande chinoise. Elle s’explique essentiellement par la non-transparence des réserves des principaux producteurs et par l’incapacité de l’OPEP à réguler le marché. La stabilisation des prix nécessite un consensus entre consommateurs et producteurs et l’application de nouvelles règles : transparence et certification des réserves ; soutenabilité environnementale. De ce point vue, la province canadienne de l’Alberta sera une superpuissance énergétique modèle.

Les intérêts stratégiques et économiques liés à l’émergence du nouvel ordre du pétrole sont immenses. L’objectif de ce livre est de permettre aux citoyens, aux investisseurs et aux dirigeants d’entreprises, de penser par eux-mêmes et de ne pas laisser influencer par des croyances irrationnelles et des explications simplistes. Le site www.newoilorder.com permet de poursuivre la réflexion.

Paul Michael Wihbey, Président de GWEST, Global Water & Energy Strategy Team, à Washington, est le conseiller stratégique de plusieurs gouvernants et entreprises en Amérique du nord et en Afrique dans le domaine de l’énergie. Les entretiens avec ce grand expert ont été réalisés en juillet et novembre 2008 par les journalistes suisses Anne Gaudard (24 heures et La Tribune de Genève) et Sébastien Ruche (L’Agefi), et par André-Valéry Bordes, directeur général d’Academy & Finance.

Disponible en français d’ici au début de l’année prochaine : http://www.amazon.fr/Le-nouvel-ordr...

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