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Sortons du nucléaire

Article publié le 21 août 2010

L’industrie nucléaire poursuit ses activités alors qu’elle devrait les interrompre tant qu’une solution aux problèmes des déchets n’est pas trouvée. Le récent rapport Roussely juge d’ailleurs « indispensable que l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) définisse de façon urgente la planification concernant le centre de stockage profond (à Bure) ».

Sortons du nucléaire

L’industrie nucléaire est la seule industrie qui ait fait pour ses déchets un pari sur l’avenir, celui de savoir les réemployer ou de savoir les faire disparaître, pari qu’elle a manifestement perdu. Les seules solutions proposées sont en réalité des solutions de stockage, il n’en existe à ce jour aucune autre. Et, bien évidemment, le stockage de déchets dont la durée de vie peut être de plusieurs centaines de millions d’années ne saurait constituer une solution acceptable. Comment le lobby nucléaire s’y prend-il pour que les politiques, et Sarkozy le premier, veuille renforcer ce lobby ?

Tout d’abord en jouant, tout au moins en France, sur la définition du mot « déchets ». Le lobby nucléaire a obtenu que, dans la loi sur les déchets radioactifs, ne rentrent dans la catégorie « déchets » que les produits pour lesquels aucun utilisation future n’est prévue ou envisagée. Autrement dit, il n’existe pas juridiquement de déchets radioactifs. De plus l’affirmation selon laquelle des enfouissements pourraient être permanents et sans aucune incidence sur l’environnement est fausse. Il suffit pour s’en convaincre de suivre les déboires gravissimes des Allemands, lesquels ont enfoui dans des mines de sel, censées constituer de véritables coffres-forts étanches, des déchets radioactifs, pour finalement constater une pollution des nappes phréatiques, situation pourtant considérée comme impossible.

En réalité, nous léguons aux générations futures un problème irrésolu en leur interdisant de trouver une autre solution puisque l’irréversibilité sera acquise de fait. De plus, en permettant de ne pas intégrer dans le coût du nucléaire cette incertitude sur l’avenir, elle crée une distorsion insupportable avec le coût des énergies renouvelables, lesquelles coûtent cher à l’investissement mais quasiment rien en fin de vie.

LeMonde du 29 juillet : l’Elysée fait d’EDF le chef de file du nucléaire français.

LeMonde du 30 juillet : des déchets radioactifs en mal de stockage + les retards de l’EPR à Flamanville inquiètent l’Etat

Lire aussi le livre « Sans le nucléaire on s’éclairerait à la bougie (et autres tartes à la crème du discours techno-scientifique) » de Corinne Lepage et Jean-François Bouvet

Source image : http://flepi.net/wp-content/uploads/2008/09/explosion-nucleaire.jpg

Thèmes

Nucléaire

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commentaires
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(IP:xxx.xx5.155.235) le 21 août 2010 à 09H36

Votre "sort ton-du-nucléaire" me touche. Il me rappelle l’obligation par l’EDF, ses ingénieurs et directeurs, d’installation des transformateurs avec un produit ""non toxique"" nommé ’pyralène’,dans les industries. Combien de morts dans ma région industrielle du nord, dus à l’ odeur douce, après les orages quand il fallait réenclencher le transformateur ? Quand un transformateur était touché par la foudre, il était changé. Mais pour éviter de porter du lourd, l’ancien était d’abord retourné afin d’être vidé sur la terre juste à coté avant même de décharger le nouveau transformateur du camion ! ...Normal, les "chefs" avaient promis la non toxicité !!!....et il fallait se débarrasser de l’ancien chez un ferrailleur.

Aujourd’hui, je crois que même la médecine du travail a fini par reconnaitre sa toxicité. Mais à quoi bon quand on en est mort ?

Il s’agit pour moi d’un problème typique de société qui ne pourra être résolu qu’en reprenant son organisation. Le mental de nos énarques et technocrates est-il si bon pour notre sort à nous le peuple ? Depuis 1974, date de prise en charge de notre état par un être se réclamant de la technocratie, le sort de notre état va de pire en pire. Ceci me parait être une grande contradiction avec l’affirmation que nous avons à la tête des grands rouages de notre pays, les meilleurs cerveaux qui trouvent la solution le plus rapidement possible. Ceci est également contradictoire avec le redressement de la France, de ses finances et de son instruction, JUSQU’EN 1974, en pleine période de décolonisation très couteuse et sans énarque bien sûr MAIS, en plus, après la triste et ruineuse période 1914- 1945.

Ne serait-il pas grand temps pour nous de trouver nos guides qui sauront utiliser les nouvelles techniques ? Combien de nouvelles découvertes ne peuvent être mises à notre disposition ? Les cerveaux de nos technocrates ne peuvent semble -t-il pas supporter l’intensité de découvertes telles que la matière est de l’énergie et l’énergie est de la matière. Ainsi nous trouvons des dispositifs d’économie de carburant, dans des fermes reculées comme chez de gros transporteurs étrangers, et des réponses pleines d’ironies à ce sujet chez nos grands cerveaux très performants par leur mental concret. Nous trouvons des centres nationaux de recherche sur des matières et le chef d’entreprise qui vend son entreprise les commercialisant pour prendre sa retraite.... !!!

La découverte du nucléaire nous a été confiée à nous les Hommes mais nos technocrates sont-ils les mieux placés pour la confisquer ? Je veux préciser qu’il me semble que des êtres qui profitent de leur mental le plus performant semblent vouloir le faire à leur profit, pour eux rien que pour eux et que ce fait semble en complète contradiction avec ces découvertes de l’Abondance qui semblent bien être pour le Bien de Tous les Hommes.

L’égoïsme ne semble donc plus avoir sa place DONT dans LE SORT DU NUCLÉAIRE.

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par Deedoff (IP:xxx.xx2.76.103) le 21 août 2010 à 14H09

Loi sur les déchets radioactifs : http://www.senat.fr/dossier-legisla...

En France, il n’est pas prévu de réaliser des stockages dans des mines de sel. Voir le site de l’ANDRA pour cela.

Pour le reste : http://radioprotection.unblog.fr/

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par Pierrot (IP:xxx.xx6.39.77) le 22 août 2010 à 13H08

Il existe de nombreuses solutions proposées par les chercheurs (CEA, CNRS, Universités) concernant le devenir des déchets nucléaires (transmutation, entreposage en site géologique, entreposage en site de "sub-surface).

Il manque la décision des parlementaires qui devraient se prononcer en 2015. L’entreposage des déchets nucléaires les plus radioactifs ne représentent qu’un volume d’environ 2000 m3 entreposés sans aucun risque sanitaire ni de dissémilation sur les sites de La hague et de Marcoule. Ces déchets sont conditionnés dans une matrice vitrifiée un peu semblable à l’obsidienne et qui garentit le confinement des matières pendant des millions d’années (voir le site du Gabon). Il faut noter que l’utilisation de l’industrie nucléaire en France permet en autres choses :

- d’avoir un prix de l’électricité inférieur de 60 % de celle de nos voisins (info du Monde).

- permet 7 fois moins d’émission de CO2 que l’Allemagne pour produire 1 KWh (info du MONDE).

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par Ninive (IP:xxx.xx5.6.155) le 24 août 2010 à 10H34

@Pierrot (IP:xxx.xx6.39.77) le 22 août 2010 à 13H08. Bonjour Monsieur, vous signalez de très bonnes nouvelles mais comment faire pour stabiliser le manteau de notre belle planète la terre ? Comment nos parlementaires vont-ils faire pour stabiliser la couche terrestre ne serait-ce que là où se trouve le stock ? Existe -t-il des décrets ou des lois capables de stabiliser un endroit ?

Dans le centre de Bailleul, Conservatoire Botanique National, il nous fut enseigné que le sommet des digues des Pays-Bas sous Louis XIV était à moins seize mètres dans les années 1990. Les plantes ne sont donc plus les mêmes ! ...mais, j’ai surtout retenu qu’entre Calais et Saint-Omer, la mer pouvait revenir dans les décennies proches. Les Hollandais ont abandonné des centaines d’hectares et leurs politiciens n’ont pas su retenir l’eau qui est passée au-dessus des digues. Ainsi,dans mon enfance, une faille de deux mille mètres nous permettait d’attraper des poissons inconnus quand notre instituteur nous enseignait qu’il n’y avait pas de vie possible en dessous de cinquante à cent mètres. Depuis mon jeune âge j’ai appris à survivre l’incommunicabilité avec gens qui ne veulent pas savoir. A n’en pas douter, cette ’petite’ faille doit continuer sous la terre...et elle ne passera pas très loin de votre endroit de stockage prévu. Quel politicien va ’tenir’ l’enfoncement de la sous-couche ? Sans compter que de l’autre coté, ça se soulève ! ...et des bouleversements sont à prévoir quand une sous-couche passera sous l’autre sous-couche. Nos descendants pourront nous remercier de leur fournir gratuitement de la radioactivité. De plus, la lave d’ancienne région volcanique pourrait bien revenir et que fera votre vitrification de déchets radioactifs dans cette lave ? Une dévitrification très rapide serait à prévoir donc ??? Et, il s’agit ici de quelque centaine d’années donc si j’ai bien compris votre article bien avant les millions d’années indispensables pour l’arrêt de la radioactivité.

Sans compter que nous sommes en période de paix et/mais en période de guerre nous serions une région très très fragilisé...avec les armes nucléaires et autres qui pourraient entrer en jeu. Je n’oublie pas que des canaux ont été creusés dans l’ancien URSS avec des bombes atomiques comme il nous fut dit à l’époque. Je n’oublie pas non plus l’horreur des attentats individuels que la presse nous relate.

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par Pierrot (IP:xxx.xx6.39.77) le 26 août 2010 à 14H54

Bonjour Nivine et dums, L’entreposage des déchets nucléaires en stockage géologique profond et stable n’est qu’une des voies envisagées par les chercheurs du CEA et de l’ANDRA.

Je préfèrerai que la transmutation des radionucléides démontre sa faisabilité technique et économique.

Cependant si un site géologique est retenu, par exemple celui dit de Bure, il s’agit d’une "lentille d’argile" à environ -600 mètres de profondeur qui a été stable sur plusieurs centaines de millions d’années avec pas ou très peu d’intrusion d’eau.

Les séismes, les impacts de météorites, la dérive des continents etc. n’ont aucun impact à ce niveau.

Les radionucléides ont en moyenne une période de l’ordre d’une centaine d’années même si les infimes traces de plutonium 239 ou de neptunium 237 avec des millions d’années de périodes existent d’une façon marginale. De sorte que les déchets dits à haute activité et à vie longue, conditionnée dans une matrice vitrifiée atteindre un niveau de radioactivité faible (inférieure à la roche d’uranium d’origine) au bout de mille ans.

Des intrusions humaines au delà n’auraient aucun impact sanitaire même si la radioactivité des déchets n’étaient pas encore tout à fait réduites à zéro.

Bien sûr le coût de l’entreposage et de la destinée des déchets nucléaires est prise en compte dans la facture EDF du consommateur de sorte que les provisions financières sont déjà en partie constituées et le coût de revient du nucléaire prend bien en compte tous les composants.

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(IP:xxx.xx9.0.223) le 24 août 2010 à 16H30

Ninive, vous avez encore oublié de prendre vos gouttes !!

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par Ninive (IP:xxx.xx5.143.85) le 25 août 2010 à 07H30

@(IP:xxx.xx9.0.223) le 24 août 2010 à 16H30...Que je voudrais bien !!! Que je voudrais bien que cela vienne de moi. Seulement, notre sol ne présente pas de possibilité de stabilité pour des centaines d’années. Ce fait est connu. Des scientifiques de réputation mondiale l’ont expliqué en long et en large. Comment rappeler ces exposés entendus quand j’étais bien jeune ? rappelés régulièrement par des spécialistes de peuples amis mais lointains ? Le problème des polders perdus d’un coté et le recul de la mer de l’autre coté de la faille qui a déjà transformé un port en ville à plus de 10 km de l’autre coté donc en France ne peut être inventé. Il s’agit de Montreuil sur mer . Le génie des constructeurs sous Louis XIV ne peut être remis en cause et les digues sont à moins 16 mètres donc sous le niveau de la mer ! Je pense que ces faits sont facilement vérifiables .

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par dums (IP:xxx.xx1.105.87) le 25 août 2010 à 17H38

Monsieur "Pierrot",

Vous nous dîtes que le nucléaire permet de produire de l’électricité sans carbone et à un coût inférieur à celui de nos voisins, c’est fort bien.

On peut cependant se demander si les coût prennent en compte le démantèlement prochain des centrales qui est reporté pour le moment, à la fois parce qu’il représente un défi technologique et industriel qu’on ne sait pas trop comment financer et parce que la construction de nouvelles centrales s’avère bien plus difficile et onéreux que prévu.

Il est vrai que le nucléaire produit par lui-même peu de carbone mais il interdit de fait le développement des énergies renouvelables et au-delà, la mise en œuvre d’une politique énergétique novatrice fondée sur la décentralisation, la responsabilisation et l’efficacité énergétique. C’est ce à quoi nos voisins travaillent avec des succès divers. S’il est exact qu’ils produisent actuellement plus de carbone que la France pour leur production électrique, il faut cependant considérer qu’ils se sont mis dans une situation ouverte et qu’il gagnent régulièrement en économie d’énergie et en efficacité alors que nous sommes enfermés dans un système figé qui ne nous permet plus d’évoluer.

Par ailleurs il faut considérer le fait que le nucléaire, technologie rigide à l’extrême, ne peut fournir que la demande d’électricité régulière dite de base. Pour faire face aux variations brutales de consommation dues au chauffage électrique, particulièrement développé en France, on doit recourir à de la production thermique conventionnelle, souvent importée au prix fort. Une récente étude de RTE et de l’ADEME a ainsi montré que le chauffage électrique était deux fois plus polluant que le chauffage au gaz.

Quant à la question des déchets, on aimerait avoir votre optimisme. Le monde entier considère que ce problème n’est pas résolu, qu’il est grave et que l’on pourra peut-être un jour parler de "nucléaire durable" quand on saura faire des réacteurs qui ne produisent plus de déchets...Il faut croire qu’en ce domaine notre génie particulier nous donne raison contre tous.

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(IP:xxx.xx3.94.232) le 27 août 2010 à 11H33

"Le monde entier considère que ce problème n’est pas résolu"

Qui c’est le "monde entier" ?

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par Pierrot (IP:xxx.xx6.39.77) le 26 août 2010 à 14H59

à dums, c’est exact que le nucléaire ne fournit que de l’électricité mais c’est aussi le cas de beaucoup d’autres énergies renouvelables (éolien, photovoltaIque, hydraulique ...).mais en plus comme invénénient d’être des énergies intermittantes (aléas de la météo) et diffuses.

Le coût du démantèlement des réacteurs nucléaires est facturé au consommateur si ce n’était pas le cas, nous entendrions les cris d’orfraies des concurrents d’EDF et de l’UE.

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par Ninive (IP:xxx.xx5.136.191) le 27 août 2010 à 10H12

@Pierrot (IP:xxx.xx6.39.77) le 26 août 2010 à 14H. Bonjour Monsieur et merci pour votre observation. Vous écrivez : "Je préfèrerai que la transmutation des radionucléides démontre sa faisabilité technique et économique." Mais moi aussi ! MOI AUSSI ! Je me permets d’ajouter que je suis tout prêt à admettre toute autre technique de réacteur nucléaire à condition qu’il ne laisse pas de déchets impossibles à gérer par nos descendants. Je pense aussi aux déchets de nos bassins miniers et à nos chemins de remembrement que plus personne n’ose utiliser comme sentier de promenade à pied. C’est à partir de là que plus rien ne va. Nos services administratifs ont fait preuve d’incompétence et personne ne peut rien faire devant cela à part se méfier et empêcher que notre Nature ne devienne encore plus impraticable et inutilisable pour nos descendants.

Pour le LSMHM, je me permets de signaler que ses 600 mètres de profondeur seront de peu de fiabilité devant la faille de 2000 mètres qui se trouve dans la mer du nord devant Calais, perpendiculaire à la côte, et qui semble se diriger tout droit sur le site. Nos experts scientifiques certifient penser qu’elle va rester stable pendant plus de plusieurs siècles donc plusieurs générations. Il me semble bien évident qu’elle est la continuité de la cause qui a créer la Manche, ça ne date pas d’hier, mais les faits sont là, et les 300 km de distance en surface avec le site de Bure représentent bien peu pour la profondeur de 2000 mètres de la faille..Donc, même si la faille passe à quelques kilomètres de distance, il y aura des bouleversements sur le site de stockage bien avant que ne soient gérés les déchets radioactifs nuisibles car plusieurs siècles ne représentent pas bien entendu l’éternité.

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