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Maîtrise de l'énergie : quelles solutions ?

Article publié le 16 septembre 2011

Quelles actions et leviers politiques pour répondre aux enjeux énergétiques et environnementaux du XXIéme siècle ? Dans des articles précédents, nous avions salué à la fois les progrès du rapport Grandjean pour TerraNova en matière de fiscalité environnementale, tout en pointant les faiblesses de ce projet. Nous voulons maintenant expliquer les démarches que nous proposons pour se substituer ou compléter ce rapport.

Maîtrise de l'énergie : quelles solutions ?

Nous n'allons pas insister sur les choix énergétiques que nous faisons. Nous préférons sortir progressivement et raisonnablement du Nucléaire (c'est à dire sur 30 ans environ) selon le scénario Négawatt. Grandjean préfère lui continuer à ré-investir à la fois dans les ENR et dans le Nucléaire.

Premier levier d'action : la recherche de la sobriété. Traditionnellement, les experts considèrent que l'augmentation des prix suffira à la créer. Cette vision oublie que la sobriété nécessite une démarche de renoncement, un changement de mode de vie et parfois des investissements pour acheter les équipements qui la favorisent. Nous préférons utiliser le levier de la facturation progressive : les surconsommations "de confort" sont facturées à un tarif plus élevé que les petites consommations "vitales" proposées à un tarif très faible. La mesure est à la fois sociale, éducative et incitative. Elle poussera le consommateur à changer ses habitudes. 

Son efficacité sera plus grande encore, si il s'agit d'une "progressive facturation progressive". C'est à dire que l'écart des tarifs entre les consommations augmente graduellement, d'année en année. Mais aussi que les seuils des consommations "vitales" et de "confort" baissent régulièrement. 

 

Deuxième levier d'action : les investissements dans les énergies renouvelables. En France, nous avons choisi de créer la CSPE qui permet de subventionner le tarif du Kwatt photovoltaïque. Mais cette politique semble atteindre ses limites : elle crée des effets d'aubaine dont certains ont su profiter alors que le consommateur moyen subit les hausses de tarifs. 

Il semble donc préférable de changer de démarche. Nous proposons donc de sortir de cette logique perverse de la subvention par le tarif préférentiel. Nous préférons laisser le marché agir (*) mais en imposant, par contre, un différentiel de tarif pour le consommateur entre le kwatt produit par les ENR et celui produit par des centrales utilisant des combustibles fossiles (y compris donc le nucléaire). Ce différentiel dépendra de la proportion d'ENR dans le mixte proposé par le vendeur d'énergie. 

Ce différentiel prendra la forme d'une taxation (la Contribution au Service Public de l'Energie) dont le produit sera utilisé exclusivement pour des investissements dans les ENR. Mais il est primordial, pour éviter toute impopularité et toute captation par les grandes entreprises, que ce capital soit à la disposition de ceux qui ont payés cette taxe. Selon la démarche des contributions incitatives, l'argent récolté sera remis à la disposition des consommateurs de même type (principe de la communauté d'intérêts) qui pourront alors l'utiliser à leur profit pour favoriser la mutation énergétique (principe de l'auto-contribution).

Le consommateur pourra donc utiliser cet argent pour financer l'installation de panneaux solaires ou d'une petite éolienne sur sa maison, ou pour prendre des parts dans des sociétés coopératives investissant dans des éoliennes ou des centrales solaires.

 

Troisième levier d'action : l'accélération de la performance énergétique des bâtiment. La politique actuelle consiste à imposer des normes dans le neuf et à différencier, sur le marché immobilier, les bâtiments anciens selon leur performance. Ces progrès patents ne sont pas suffisants car le rythme de renouvellement des bâtiments est très lent et la crise de la dette limite les investissements.

On peut accélérer cette indispensable mutation en créant un différentiel sur la taxe foncière entre les bâtiments à énergie positive et les autres. Ce différentiel sera une contribution qui sera remis à la disposition des consommateurs pour qu'ils puissent investir dans la rénovation de leur bâtiment.

 

Quatrième levier d'action : la mutation des systèmes de transports et des mobilités. On peut certes favoriser clairement la voiture consommant moins de 2 litres par une politique précise de Malus-Bonus qui évite les travers de cette démarche. Mais il faut aussi anticiper sur les systèmes de transports du futur qui ne pourront plus être construits seulement autour de la voiture individuelle. 

Ces systèmes innovants de transport utiliseront le téléphone portable comme levier de gestion d'une offre multiple comprenant des transports en commun performants, répondant en temps réel à la demande, et un réseau dense de véhicules variées en partage sur l'ensemble des territoires.

Pour financer la mise en place de ces réseaux, une petite contribution incitative sera demandé sur l'essence. Mais elle sera restitué au contribuable qui pourra investir dans ces nouveaux modes de transports.

 

Conclusion : Ce que nous proposons, c'est de déclencher une révolution économique par la fiscalité : taxer petitement et progressivement les activités énergétiques néfastes de notre ancien XXéme siècle et rendre cet argent au contribuable si il l'utilise pour investir dans les énergies durables du XXIéme siècle.

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(*) Sauf pour le Nucléaire, il faudra constituer un fond public qui permette de s'assurer de la sécurité des centrales sur le long terme. Une sur-tarification proportionnelle à la quantité d'électricité nucléaire dans le mix proposé par le vendeur devrait suffire pour cela.

Thèmes

Energie

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commentaires
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par Eco Intelligence (IP:xxx.xx7.244.120) le 17 septembre 2011 à 16H20

J’aime bien votre approche elle est pragmatique. Et traite de manière fine la partie consommateur. L’énergie c’est bien le point de consommation qui définit les besoins, et la qualité de ce qui est attendu (persistance, origine, propreté....).

Le souci est aussi au niveau des modes de production.Mais me direz-vous, il n’y a pas besoin de production supplémentaire dans un monde de sobriété (et votre proposition peut nous y amener plus rapidement qu’escompté).

Nous devons aussi attaquer le mode de production. Les ENR sont une solution, si nous respectons bien le mix énergétique et ses contraintes de production. La production centralisée de l’énergie reste une ineptie que probablement seule une production géothermique pourrait sauver ou tout du moins faciliter.

La production locale (valable dans beaucoup d’autres domaines) mais surtout l’adéquation entre la demande et la capacité d’offre sera la seule solution (et toujours après une large mise en sobriété).

Je voulais prendre l’exemple de la machine à linge : Sa raison d’être est une raison purement sociale.Entre les 2 à 3 machines par semaine d’aujourd’hui et les lingères d’avant chaque mois, il y a probablement beaucoup de solutions très simples : de la raison sociale de la chemise bien repassée (je suis toujours autant amusé par les cols blancs qui sont habillés comme pour un mariage tous les jours) à l’utilisation 100% renouvelable de cette machine (eau de pluie recyclée, chaleur solaire et uniquement si la chaleur vient d’ailleurs, électricité solaire, sans résoudre le problème du sèche linge et du fer)en passant par cette ineptie toute française de chacun à sa machine chez soi alors que dans beaucoup de pays, dans chaque immeuble les utilisateurs disposent d’une lingerie semi-pro à l’usage de tous (cycles plus courts et efficacité bien meilleure pour nos cols blancs).

Cela donne un éventail de taxations, selon votre modèle - toujours pertinent - qui me semble incompatible avec les savoirs-faire de nos élus et administrations.

Pour rester sur ma machine, je pencherais plutôt sur une taxation accrue de la machine personnelle (et les lessives qui vont avec, ne les oublions pas) parce que ce qui fait l’inefficacité c’est le nombre et la qualité du nombre. Non, ni malthusien, ni extrême, juste la théorie des nombres.

Je rêve plus d’un scénario service (quels sont les services dont j’ai absolument besoin ?) comment puis-je les industrialiser en limitant la consommation de ressources rares et chères (et là je vous rejoins) et comment me les facture t’on ?

Merci pour votre approche.

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(IP:xxx.xx3.65.100) le 17 septembre 2011 à 23H02

@ L’auteur.

Vous ne nous parlez que de taxations, d’augmentations de tarifs, de nouvelles réglementations....

Mais savez vous qu’un nombre grandissant de nos compatriotes na plus les moyens de se loger et de de nourrir décemment.

Ils n’ont pas besoin de contraintes supplémentaires. Fouttez leur la paix.

Vous feriez mieux de vous intéresser à ceux qui disposent sans compter d’une énergie à prix réduit.

Personnels utilisant pour leurs déplacements privés le véhicule de leur entreprise ou de leur administration.

Agents EDF, Air France, SNCF,... qui consomment de l’énergie à prix réduit.

La solution existe déja, il suffit de l’appliquer :

Avantage en nature.

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par zizifridolin (IP:xxx.xx8.229.33) le 18 septembre 2011 à 19H49

Personnellement je pense que le controle mondial des naissances est la solution : un enfant par foyer partout sur la planete , il n y a PAS d autre porte de sortie !!

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(IP:xxx.xx3.94.193) le 13 octobre 2011 à 17H31

par zizifridolin (IP:xxx.xx8.229.33) le 18 septembre 2011 à 19H49 Personnellement je pense que le controle mondial des naissances est la solution : un enfant par foyer partout sur la planete , il n y a PAS d autre porte de sortie !!

- Et c’est bien entendu vous qui irez dans les villages de la brousse africaine (et ailleurs) pour tenir la chandelle et vous assurer qu’elles prennent bien régulièrement la pilule (et c’est qui qui la payera la pilule ?) ou qu’il met bien sa capote ou bien vous qui ferez des prêches pour convaincre les mâles de se faire vasectomiser ?

Dites-nous un peu comment vous voez la chose puisque vous avez l’air d’avoir des convictions bien ancrées sur le malthusianisme.

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(IP:xxx.xx3.91.146) le 1er novembre 2011 à 16H09

Les éoliennes allemandes de plus en plus souvent au chômage technique

LEMONDE.FR avec AFP | 31.10.11 | 19h08 • Mis à jour le 31.10.11 | 19h10

Les opérateurs d’éoliennes en Allemagne sont de plus en plus souvent contraints de les mettre à l’arrêt en raison des insuffisances du réseau électrique du pays. C’est ce qui ressort d’une étude de la fédération allemande de l’énergie éolienne (BWE), lundi 31 octobre.

Il est notamment nécessaire d’arrêter les éoliennes lorsqu’une journée de grand vent coïncide avec une faible demande dans le nord et l’est de l’Allemagne, où elles sont situées, afin de ne pas surcharger le réseau. Et ce alors que cette électricité pourrait être utile dans le sud du pays, où est concentrée l’activité économique.

PERTE D’ÉLECTRICITÉ DE 69 %

Si en 2009 les opérateurs ont fait part de 285 arrêts forcés d’éoliennes, sur une durée totale de 65 jours, en 2010 le décompte a bondi à 1 085 arrêts sur 107 jours, d’après la fédération. La perte d’électricité en résultant a ainsi augmenté de 50 à 69 % en 2010, par rapport à 2009, poursuit le BWE.

"Il faut s’attendre à une aggravation du phénomène ces prochaines années", selon la fédération, qui réclame une amélioration du mécanisme d’indemnités versées dans ces cas aux propriétaires d’éoliennes.

DIFFICULTÉS DE PERMIS DE CONSTRUIRE

Le pays doit se doter de nouvelles lignes à haute tension pour amener l’électricité produite par les éoliennes au nord vers les bassins d’activité du Sud, mais ce type de chantier se heurte souvent à de fortes résistances locales ainsi qu’à des difficultés de permis de construire.

Cette étude illustre les défis du passage au "tout renouvelable" de l’Allemagne, qui a décidé au printemps de renoncer progressivement à l’électricité nucléaire.

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par Hervé (IP:xxx.xx1.57.113) le 8 novembre 2011 à 13H44

Les écolos ont tellement dénigré les lignes THT pour lutter contre l’électricité nucléaire que maintenant, plus personne n’en veut, ce qui pose problème pour les énergies soit disant décentralisées mais qui en fait nécessitent trois fois plus de transport que les autres...

Mais peut être qu’en peignant les câbles en vert, et avec une bonne dose de com, on pourra rectifier le tir...

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par beats by dre cheap (IP:xxx.xx7.111.187) le 23 juin 2013 à 04H00

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par cheap jordan 13 (IP:xxx.xx5.90.52) le 16 août 2013 à 10H24

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