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Les vertus du chauffage au bois

Article publié le 17 mai 2010

Les tarifs de l’électricité s’annoncent en hausse. Triste perspective qui va encore pénaliser les plus modestes. Contrepartie positive : Une électricité de plus en plus chère rend les alternatives au chauffage électrique plus attractives, et conduira à la disparition des convecteurs « grille-pains » ou autres appareils à effet joule. Le chauffage au bois est bien parti pour devenir un must.

Un bon moyen de réduire les pointes de conso électrique

En période de grand froid, le chauffage au bois domestique joue un rôle majeur pour l’équilibre du réseau électrique : Il évite l’appel d’une puissance supplémentaire d’environ 6500 MW et l’achat par le réseau d’un courant d’origine fossile à un prix très élevé en période de pointe. Selon le Syndicat des Energies Renouvelables, le chauffage au bois permettrait d’éviter « une consommation supplémentaire de 10 TWh » sur la consommation finale d’électricité (440 TWh en 2008).

 

Plus de 6 millions de foyers équipés 

Plus de 6 millions de logements sont chauffés au bois en France. La moitié d’entre eux est équipée à la fois d’appareils de chauffage au bois et de convecteurs électriques. Ces logements réduisent en moyenne leur consommation électrique de 40% par rapport aux logements « tout électrique ». A l’échelle d’un ménage, l’emploi d’un appareil de chauffage au bois indépendant (poêle ou insert) en chauffage d’appoint, permet l’économie de près de 3000 kWh de chauffage électrique, soit une économie annuelle d’environ 225 € et une réduction des émissions de CO2 d’environ 2,5 tonnes. Les 3 autres millions de logements utilisent le bois seul (ou avec une énergie fossile) et évitent ainsi une demande accrue d’électricité.

 

Un coût compétitif

Le prix du combustible bois est moins fluctuant que celui des énergies fossiles et permet des économies. Aujourd’hui, le prix du bois rapporté au kWh PCI* est de 3,2 centimes d’€. Il est de 6,96 centimes d’€ pour le fioul domestique et de 5,57 centimes pour le gaz.

(* PCI = Pouvoir Calorifique Inférieur. Le Pouvoir Calorifique Inférieur des combustibles est la quantité totale de chaleur dégagée par la combustion. Il concerne les chaudières conventionnelles. A distinguer du PCS = Pouvoir Calorifique Supérieur. Plus élevé, le PCS est égal à la somme du PCI et de la chaleur latente dans la vapeur d’eau produite par la combustion. Le PCS concerne les chaudières à condensation).

 

Un crédit d’impôt avec 2 taux différenciés

Depuis le 1er janvier 2010, le crédit d’impôt attribué aux acquéreurs d’un appareil de chauffage au bois est décliné en 2 taux différents :

 - 40% dans le cas du renouvellement d'un appareil de même type

 - 25% dans le cas d'une primo-acquisition.

Attention, en cas de renouvellement, il faut, pour bénéficier du crédit d’impôt, fournir un nouveau justificatif, outre la facture d’achat et d’installation : Un document CERFA (fourni par l’installateur) qui atteste que l’appareil ancien a bien été envoyé chez un ferrailleur et détruit. 

 

Flamme Verte : Un label renforcé par un nouvel étiquetage

Le label de qualité Flamme verte a été créé en 2000 par l’ADEME et les fabricants regroupés au sein du Syndicat des Energies Renouvelables. Il concerne les appareils de chauffage au bois domestique (poêles, inserts, foyers fermés, cuisinières) et chaudières, et garantit des critères de performance. Les critères Flamme Verte actuels exigent un taux de rendement égal ou supérieur à 70% et des émissions de monoxyde de carbone inférieures ou égales à 0,3%. Depuis janvier 2010, un nouvel étiquetage renseigne davantage le consommateur sur la performance des appareils, à travers un classement de 1 à 5 étoiles. Seuls les appareils affichant 3, 4 ou 5 étoiles peuvent prétendre au label Flamme Verte. Au 1er janvier 2011, outre le rendement énergétique et le taux de monoxyde, un nouveau critère, relatif aux émissions de poussière, sera pris en compte dans le classement.

 

Une filière industrielle française dynamique 

Le marché français d’appareils de chauffage au bois domestique est le 1er marché européen avec environ 500 000 appareils vendus par an (contre 400 000 pièces vendues en Allemagne). La part de marché des fabricants français est estimée à 74% des ventes totales. Par ailleurs, les fabricants français sont très présents à l’export (20% du CA) notamment dans les pays de l’Est (Pologne, République Tchèque, Russie, Slovaquie) mais aussi en Espagne, Italie, Portugal, Grèce et Turquie. Le dynamisme des fabricants français est principalement lié au savoir faire national en matière de produits de fonte. A côté des fabricants d’appareils (Cheminées Philippe, Godin, Brisach…), l’activité de production des appareils de chauffage au bois domestique permet à un certain nombre de fonderies françaises comme La Fonte Ardennaise, Pebeco, ou la Fonderie de Niederbronn, filiale de De Dietrich) de travailler sur le marché national et à l’export. D’autres industriels comme Poujoulat (leader européen du conduit de fumée, 1000 personnes) et Eurokera (leader mondial de produits vitrocéramiques, filiale de Saint-Gobain) gravitent directement autour de l’activité de fabrication des appareils de chauffage au bois domestique. 

 

D’après l’ADEME, la filière industrielle du chauffage au bois emploie 12000 personnes en France, 20000 si on compte la filière d’installation et 60000 si on compte l’exploitation forestière. L’ADEME estime que 1000 tonnes de bois consommées correspondent à 1 emploi à temps plein, soit 3 à 4 fois plus que dans les filières fossiles.

 

(Source : Syndicat des Energies Renouvelables) 

Source image : © Arnaud Brunel /CLER

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commentaires
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par Lagaffe (IP:xxx.xx0.90.208) le 20 mai 2010 à 14H12

Dans le cadre d’un projet de construction d’une maison la plus écolo possible, j’avais beaucoup étudié les différentes solutions de chauffage au bois, seul ou combiné. Le projet ayant avorté (merci la crise) c’est d’un appartement dont il s’agit maintenant et là ça change.

Comment stocker des bûches ? Avec la loi de l’offre et de la demande, le prix du bois grimpe, surtout pour un citadin. Les poêles à pellets, problèmes de stockage aussi, à moins d’alimenter par sacs à des coûts prohibitifs. Tous les appareils performants exigent un double tubage inox du conduit. Imaginez le prix quand on est en RDC avec quatre étages au dessus... Bref, pour moi, même si je reste théoriquement convaincu par cette alternative, les possibilités se rétrécissent et comme la meilleure énergie est celle qu’on ne consomme pas, je vais plutôt investir dans une meilleure isolation et un pilotage plus fin de l’installation (gaz)

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(IP:xxx.xx5.193.225) le 20 mai 2010 à 18H17

@ Lagaffe

Vous faites le bon choix en renforçant l’isolation. Se chauffer au bois en ville dans un appartement, cela reste très compliqué voire impossible. Et comme vous le dites, l’énergie la moins chère est celle que l’on ne consomme pas...

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