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Les limites du système de normes énergétique dans le bâtiment

Article publié le 7 novembre 2011

Un particulier construit sa maison positive (produisant davantage d’électricité qu’elle n’en consomme), installe un système de récupération et de gestion qui rend sa maison 100% autonome en eau et en électricité. Pourtant, quand ce particulier demande à bénéficier du label BBC, pourtant largement moins exigeant, il ne l’obtient pas.

Les limites du système de normes énergétique dans le bâtiment

Pourquoi ? Parce que l'organisme certificateur estime qu'un insert ne peut chauffer que 110m2. Or, la maison fait 143m2 ! On demande donc au propriétaire d'ajouter des convecteurs électriques supplémentaires pour les 33m2 qui reste ! Refus net de l'intéressé ! La maison n'aura donc pas le label ! Pourtant avec des murs porteurs en béton cellulaire de 50cm et une utilisation intelligente du bioclimatisme, son niveau d'isolation thermique est largement supérieure aux immeubles en BBC.

Cette histoire, racontée dans le numéro de septembre 2011 de l'excellente revue la Maison écologique, est particulièrement significative des limites du système de labelisation à la française.

Pour permettre l'adaptation progressive des professionnels du bâtiment et ne pas accroître les coûts, le système des normes a été conçu pour évoluer progressivement vers une réduction significative de la consommation moyenne des logements. On en est donc à la RT 2005, on va passer à la RT2012. Mais ce système ne s'applique qu'aux logements neufs.

Or, le renouvellement du parc se fait très lentement. Pour la France, on estime qu'il est de 1% par an. A ce rythme, en 2040,il restera entre 30% et 40% de logements antérieurs à 1975, généralement très énergivores. Sans compter qu'une part importante des "nouveaux" logements en seront à la RT2005.... complétement dépassés à ce moment là !

Tout en conservant ce système de normes, pourquoi ne pas envisager d'autres stratégies permettant d'accélérer la mutation du parc immobilier ?

Nous proposons la démarche suivante : développer dans l'ancien la maison et l'immeuble positifs, consommant moins de 50 kWhep/m3/an et qui couvrent leurs besoins par des énergies renouvelables intégrées aux bâtiments (photovoltaïque, solaire thermique, petit éolien).

Pas de normes précises et contraignantes, mais une seule exigence : produire davantage que ce que l'on consomme. C'est un double avantage : une totale liberté de conception et la nécessité de travailler prioritairement sur la sobriété énergétique générale du bâtiment, donc sur son économie globale.

C'est très motivant pour les propriétaires, car une fois le statut de maison positive atteint, on voit les factures de consommation fondre comme neige au soleil !

Comment inciter concrètement les propriétaires à se lancer ? Par une double mesure :

-instaurer une contribution incitative au sein de la taxe foncière, payée par tous les contribuables, sauf ceux qui ont atteint le niveau maison positive (facilement vérifiable par le ratio consommation/production)

-développer la rénovation des bâtiments par élévation/rehaussement qui permet de dégager de l'argent pour permettre d'atteindre ce niveau. Cela permet aussi de favoriser la densification des espaces urbains, densification obligatoire si nous voulons maîtriser les enjeux de l'urbanisme du XXIéme siècle.

En développant ces stratégies, on dépasse la logique des normes réglementaires très contraignantes, lourdes à mettre en place, pour une efficacité limitée. On donne aussi davantage de liberté aux acteurs (propriétaires, constructeurs) pour agir et prendre des initiatives. Et aussi, on met la recherche de la sobriété au coeur de la réflexion sur nos maîtrises de l'énergie. Enfin, on sort d'une logique sectorielle, où on traite le problème de l'énergie comme une entité à part, pour l'intégrer dans une logique globale où ce problème doit être traité en relation avec celui de l'emploi, des territoires et de l'urbanisme.

 

Pour aller plus loin : voir d'autres articles de la catégorie habitat urbanisme déchets

Thèmes

Habitat Ecologie Construction Normes

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commentaires
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(IP:xxx.xx3.65.100) le 7 novembre 2011 à 21H19

Redescendez avec nous. On ne parle plus en kWhep/m3/an. On compte en Mds€...d’économies. Le Grenelle, au placard. Le photo-voltaïque plus subventionné. C’est la crise....

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par Hervé (IP:xxx.xx1.57.113) le 7 novembre 2011 à 21H39

Et oui, il est difficile de faire des normes parfaites. Ces dernières conduisent souvent à des aberrations. Cependant, s’il n’y avait pas de cadre, il s’en suivrait une foire d’empoigne bien pire que la situation actuelle.

Vous dites "mais une seule exigence : produire davantage que ce que l’on consomme." Faut encore voir quand ? Car si cette maison produit quand on a trop d’énergie et consomme en période de manque, ça ne va pas forcément être bénéfique.

L’avenir énergétique est un problème technico-économique très compliqué, qui ne se réglera pas seulement avec des panneaux solaires ou des éoliennes. Il va falloir coordonner toutes les ressources stockables (bois, hydraulique) pour pallier aux manques des énergies intermittentes. Tout un programme, le chemin sera long et tortueux.

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(IP:xxx.xx3.223.131) le 8 novembre 2011 à 09H43

Tout un programme, le chemin sera long et tortueux.

Et vachement cher, en plus....

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par Daniel (IP:xxx.xx8.73.236) le 2 avril 2013 à 10H04

Bonjour, C’est une histoire de fou, je n’en avais pas entendu parler. Comme quoi le monde des label n’est pas à une absurdité près. C’est d’une bêtise hallucinante, surtout pour le particulier qui souhaite bien faire, isoler sa maison convenablement et réduire au maximum ses consommations d’énergies. Je travaille dans le secteur de l’amélioration de l’habitat et du développement durable et je peux vous dire que l’on en voit passer des vertes et des pas mures. Le pire, c’est qu’à coté de sa on nous propose des aides financières absurdes qui ne seront à coup sûr pas contrôlées sur leur efficacité, comme l’a parfois été le prêt travaux à taux 0. Mais bon...

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(IP:xxx.xx3.223.131) le 9 novembre 2011 à 11H47

Il faut bien que les innombrables technobureaucrates et leurs "experts" autoproclamés trouvent à s’occuper et à justifient leurs traitements et leurs honoraires en tricotant des trucs plus abracadabrantesques les uns que les autres de façon à enfumer et à emmerder le plus possible leurs contemporains qui,eux, rament pour survivre. Dans ce cas précis, le bonheur des uns fait le malheur des autres.

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