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Les énergies renouvelables, ou l'avenir de l'électro-mobilité

Article publié le 18 janvier 2011

Le boom des énergies renouvelables

Les énergies renouvelables, ou l'avenir de l'électro-mobilité

La part des énergies renouvelables dans la production d’électricité ne cesse de progresser dans le monde. Entre 1998 et 2008, elle a augmenté d’environ 30 % en suivant une croissance annuelle régulière. Malgré la crise mondiale de 2009, l’électricité renouvelable a continué sa progression (+ 1 %), alors que les énergies fossiles, elles, ont reculé de 1,6 %, entraînant une baisse historique de la production d’électricité globale de 1,1 %, selon l’Observatoire des Energies Renouvelables Observ’ER*.

 

Aujourd’hui, les énergies renouvelables représentent 19,1 % de la production totale d’électricité, loin derrière les énergies fossiles (67,2 %), mais devant le nucléaire (13,5 %) et la combustion des déchets non renouvelables (0,2 %). L’objectif fixé par la directive européenne de 20 % d’ENR en 2010 dans la production totale d’électricité a presque été atteint.

 

D’après le dernier inventaire publié par Observ’ER, la croissance de ces filières devrait rester soutenue ces prochaines années. « Sauf imprévu, leur part va continuer à augmenter de l’ordre de 3 % sur 10 ans, soit 0,3 % de point de croissance par an », estime Gaétan Fovez, chargé d’études. « Ces prévisions s’appuient sur la dynamique industrielle en cours, dans les pays industrialisés mais aussi dans les pays émergeants (l’Inde et la Chine notamment), qui investissent massivement dans ce secteur ».

 

Capables de s’intégrer dans un mix énergétique équilibré, les énergies renouvelables se sont imposées sur le marché de l’énergie, au même titre que les autres grandes filières de production (nucléaire et fossile). Il s’agit désormais d’une industrie mondialisée à fort potentiel de croissance, qui soulève de gros enjeux macro-économiques et géopolitiques.

 

*Créé en 1979, Observ’ER est devenu un organisme de référence dans le domaine des énergies renouvelables et du développement durable en France, en Europe et dans le Monde.

 

 

ENR et véhicules électriques, l’équation idéale

 

 

Les énergies renouvelables constituent une chance pour l’électro mobilité, et vice versa. Leurs évolutions respectives sont intimement liées. Et pour cause : le bilan CO2 des véhicules électriques (voir notre précédent dossier sur ce sujet) dépend de la provenance de l’électricité (centrales thermiques, à charbon ou nucléaires) et du mix énergétique du pays concerné. Alimenté uniquement avec de l’électricité d’origine renouvelable (hydraulique, éolien ou solaire), ces mêmes véhicules obtiennent un niveau d’émissions quasiment nul (environ 1 g/km). D’où l’intérêt écologique de développer ces filières renouvelables. Plus les ENR seront nombreuses dans le mix énergétique, plus le véhicule électrique sera décarbonné.

 

Les experts sont formels sur ce point : « la voiture électrique ne doit pas se développer dans la dépendance aux énergies fossiles ni au nucléaire (qui n’est pas écologiquement neutre), mais au profit des énergies renouvelables », prévient François Cuenot, expert à l’AIE (l’Agence Internationale de l’Energie). Dans cette perspective, l’avènement du véhicule électrique de masse pourrait jouer un rôle moteur dans la course à l’électricité verte. Une dynamique vertueuse pourrait se mettre en place entre le marché automobile et celui des ENR, au profit d’une mobilité durable.

 

 

Maîtriser la charge et la consommation

 

 

Ce scénario est d’autant plus crédible que le véhicule électrique se prête particulièrement bien à l’utilisation des ENR. Grâce à ses batteries de fortes capacités, à ses longs temps de recharge (de 4 à 8 heures) et d’immobilisation (90 % du temps en moyenne pour les véhicules particuliers), il permet notamment de canaliser la production d’électricité renouvelable, par nature très aléatoire. « Le véhicule électrique apporte un degré de liberté dans la gestion des énergies, permet une élasticité entre l’offre et la demande et introduit de la souplesse dans le système », explique Stéphane Biscaglia, ingénieur à l’Ademe.

 

Partant de là, l’auto peut être aussi envisagée comme un support de stockage. Or, « le stockage est une condition indispensable au développement des ENR dans les transports », rappelle François Cuenot de l’AIE. C’est d’ailleurs l’origine du concept « Smart Grid », qui soulève autant d’espoirs que d’incertitudes chez les chercheurs. L’idée est de concevoir un système de distribution intelligent, dans lequel le véhicule électrique peut dialoguer et interagir avec le réseau via les bornes de recharge. En clair, l’auto peut non seulement absorber l’énergie et la stocker dans ses batteries, mais elle peut encore la réinjecter dans le réseau en cas de besoins, pour faire face à des pics de consommation ou pour pallier à une sous-production temporaire. Le véhicule devient alors récepteur « grid to vehicule » et distributeur d’électricité « vehicule to grid ».

 

Dans cette logique, plus le parc de véhicules électriques est conséquent, plus la capacité de stockage augmente et la situation devient propice aux ENR. « L’intérêt de ce système, c’est la possibilité de lisser la consommation d’électricité afin de minimiser les émissions de CO2, notamment dans les moments critiques où l’électricité est la plus carbonée », explique M. Biscaglia. « Si on rabattait la consommation de crête sur le véhicule électrique, en puisant l’énergie dans les batteries plutôt que dans des centrales thermiques, on réduirait fortement les rejets de CO2 ». Mais selon lui, la meilleure façon de faire pénétrer les ENR dans les transports serait « de raccorder directement les véhicules à une source d’électricité renouvelable et indépendante du réseau ». Cela au moyen d’unités de production renouvelable (solaires ou éoliennes) dédiées aux transports et installées à proximités de lieux adaptés, parkings publics ou résidences par exemple. Dans ce cas de figure, le véhicule électrique dispose de sa propre source d’approvisionnement et ne consomme que de l’électricité certifiée verte.

 

 

Le grand défi des ENR

 

Si les solutions ne manquent pas pour permettre au véhicule de rouler un jour à l’électricité verte, la plus grande difficulté consiste à gérer et à rationaliser l’usage des énergies renouvelables. Un défi à la fois écologique, politique et technologique. Comment connaître l’origine de l’électricité qu’on utilise, estimer la part d’énergies renouvelables ? Comment privilégier telle ou telle source, en particulier dans les transports ? Un vrai casse-tête, d’autant que les ENR sont par nature « intermittentes » et soumises aux aléas climatiques, donc particulièrement difficiles à gérer pour les responsables de réseau.

 

Si les constructeurs proposent déjà plusieurs types de recharge (lente ou rapide) sur leurs modèles électriques, la maîtrise de la consommation et l’adaptation du réseau aux ENR dépend avant tout des exploitants d’énergie et des pouvoirs publics, seuls capables de mettre en œuvre les moyens et la politique nécessaires. Recharge intelligente et stockage de l’énergie (Smart Grid), stations renouvelables dédiées aux transports… dans tous les cas, ces solutions nécessitent une infrastructure lourde ainsi que des normes et des standards européens pour assurer la compatibilité des équipements avec les véhicules.

 

En attendant, la course aux ENR a déjà commencé. L’Union européenne s’est engagée en mars 2007, à travers la directive 200928EC, à atteindre 20 % d’énergies renouvelables dans le bouquet énergétique européen d’ici 2020. Selon une étude* menée par le bureau néerlandais CE Delft spécialisé dans les questions environnementales, les besoins supplémentaires en électricité pour les véhicules électriques s’avèrent relativement faibles. Pour un parc de 30 millions de voitures à batteries en Europe, la consommation ne dépasserait pas 3 % de la demande globale d’électricité actuelle. Une hausse qui pourrait largement être compensée par des énergies renouvelables.

 

*Cette étude réalisée par CE Delft et soutenue par l’Ademe a été commandée par Greenpeace Europe, les Amis de la Terre Europe et Transport et Environnement

Thèmes

Climat Développement durable Energies renouvelables Mobilité durable

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commentaires
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par g.jacquin (IP:xxx.xx7.73.60) le 20 janvier 2011 à 14H55

Super !!! Je suis content ! J’ai rien compris à votre article mais ça ira !

Bon et la France dans tout ça ???? Vous la mettez au même niveau que les autres pays européens ???? La France c’est donc pareil sur le plan de la production d’énergie à l’Italie, l’Espagne ou l’Allemagne ???

Le prix moyen du KWh en France est d’environ 11 cts d’euros, Dans votre logique ENR, il passera à combien ?

Je ne suis pas pro nucléaire mais je vous rappelle que le prix de revient du KWh nucléaire est de 3,09 Cts d’€...

Je trouve déjà scandaleux que l’état fasse 4 fois la culbute sur un produit indispensable (l’électricité) !!! Compte tenu que ce que coute les ENR, ou on va ????

Alors ?

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(IP:xxx.xx3.217.110) le 21 janvier 2011 à 16H04

@ g.jacquin

Super !!! Je suis content ! J’ai rien compris à votre article mais ça ira !

- J’ai eu la même réaction que vous après avoir lu ce texte ! Je m’apprêtais à le relire quand j’ai commencé à lire les commentaires et que je suis tombé sur le vôtre ! Alors, je me suis abstenu de m’infliger à nouveau le pe,sum de la relecture...

Bon et la France dans tout ça ???? Vous la mettez au même niveau que les autres pays européens ???? La France c’est donc pareil sur le plan de la production d’énergie à l’Italie, l’Espagne ou l’Allemagne ???

- Je crains que l’objectif de ce papier n’était pas vraiment d’apporter des informations crédibles mais uniquement de faire un prospectus de propagande militante en faveur des "énergies renouvelables", comme les chaisières de la paroisse qui récitent un catéchisme auquel elles ne comprennent pas tout.

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par pierrot (IP:xxx.xx6.53.137) le 20 janvier 2011 à 22H59

Il faut mentionner que la principale énergie renouvelable est l’hydrolique tant en France que dans le monde. Pour la production d’électricité en France : (en 2009) :
- nucléaire : 76 % (30 TWh)
- hydrolique : 12 % (61,8 TWh)
- thermique : 10,7 %
- Eolien : 1,5% (7,8 TWh)
- solaire : 0,01 %

Nous observons donc que les énergies éolienne et solaire sont tout à fait insignifiante, chères et diluées, aléatoires.

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(IP:xxx.xx9.3.243) le 26 janvier 2011 à 10H06

@ Pierrot

Eolien : 1,5% solaire : 0,01 %

Nous observons donc que les énergies éolienne et solaire sont tout à fait insignifiante, chères et diluées, aléatoires.

C’est bien la preuve que cet article n’est rien d’autre que faisant partie de entreprise généralisée de lavage de cerveau que la population subit depuis un bon moment et qui vient d’aboutir à la décision absurde et démagogique de mise en chantier prochaine de gigantesques parcs éoliens en mer sur nos côtes et ce à fonds perdus mais pas pour tout le monde parce que si çà marche, les promoteurs de ces projets empocheront les bénéfices et si çà ne marche pas ou pas suffisamment comme c’est à craindre, c’est le contribuable qui épongera les déficits....

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par pierrot (IP:xxx.xx6.53.137) le 20 janvier 2011 à 23H01

Erratum : lire : nucléaire 300 TWh (et non 30 TWh).

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(IP:xxx.xx4.247.36) le 25 janvier 2011 à 20H57

Ouai...mais le nucléaire, ça a bien l’air de ressembler aux transformateurs non toxiques des années 1970...Les fleuves seraient empoisonnés et leurs poissons impropres à la consommation avec ces pyralènes pourris en 2010.

Les mêmes formateurs qui ont certainement crée la même incompétence me fait parier qu’on ne saura pas dépolluer les sites nucléaires de si tôt. De plus,le site d’enfouissement semble bien être sur la ligne qui vient de connaitre un ’petit’ tremblement de terre visible sur la nouvelle carte des catastrophes naturelles. Cette semaine, il fut ’petit’, c’est vrai. Quand au traitement, on va laisser courageusement le prix à payer pour nos descendants...Alors, laissons les 3,09 cts par KWH puisque nos descendants en auront les conséquences.

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(IP:xxx.xx3.65.100) le 26 janvier 2011 à 18H58

@ l’auteur.

’La maîtrise de la consommation et l’adaptation du réseau aux ENR dépend avant tout des exploitants d’énergie et des pouvoirs publics’. Remarque très pertinente. Mais la logique de déréglementation, privatisation, disparition du contrôle public, conflits d’intérêt, lobbyisme, ne va pas du tout dans cette direction. L’installation anarchique de panneaux solaires sur les toitures des affamés de déductions fiscales est un exemple flagrant de cette situation. De l’électricité solaire est produite à grands frais dans des régions où elle n’a aucun débouché, et finit en pertes en ligne lors de son transport vers les centres urbains. Par ailleurs, la prise en compte des ENR comporte toujours un biais important. L’énergie produite est mise en avant sans considération pour les pertes en ligne, rendements de chargement déchargement des batteries, ondulation pour injection sur le réseau,... L’atteinte de l’objectif 2010 ne serait-il pas une belle illusion.

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