NaturaVox : partager pour préserver
ConsoSociétéAlimentationSantéBiodiversitéClimatÉnergies
La catastrophe de Fukushima laisse la France fidèle au nucléaire civil

Article publié le 24 juin 2011

A Fukushima, un tremblement de terre de magnitude 9, suivi d’un tsunami géant mettent hors service 4 réacteurs. Un coup dur pour le nucléaire civil, revigoré par la lutte contre le réchauffement climatique. Sauf en France, dédiée à l’énergie nucléaire depuis près de 50 ans.

La catastrophe de Fukushima laisse la France fidèle au nucléaire civil
Fukushima : 4 réacteurs à démanteler
 

La compagnie Tepco (Tokyo Electric Power Company), exploitant de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima-Daiichi, a décidé de démanteler les quatre premiers réacteurs. Rappelons que cœur radioactif de 3 d’entre eux a fondu, ce qui rappelle le désastre de Tchernobyl. Tepco a suspendu par ailleurs la construction des réacteurs n°7 et n°8 de cette centrale en bord de mer. Logique.

 
Ce démantèlement qui coûtera fort cher et durera fort longtemps ne sera pas une partie de plaisir en matière de sécurité et de financement.

 

Tepco envoie des techniciens dans l'enceinte des réacteurs de Fukushima

 
Des employés de Tepco ont pu pénétrer pour la première fois dans l'enceinte du réacteur 3  de Fukushima, dernier des 3 endommagés à être inexploré jusque-là.. Au programme précédent : fusion du cœur, une explosion due à une accumulation d'hydrogène et destruction du toit. Les deux employés de Tepco ayant pénétré dans l'enceinte du réacteur ont été exposés en 10 minutes à une dose de radiations inférieure à 3 millisieverts. Très inférieure à la norme de 250 millisieverts la fixée par le Gouvernement japonais pour la durée des opérations.
 
Mercredi, quatre de leurs collègues avaient exploré 10 minutes le bâtiment du réacteur n° 2.Ils prenaient la relève de deux robots hostiles à la radioactivité. Début mai, des ouvriers avaient pénétré pour la première fois dans le bâtiment d'un réacteur, le n° 1.
 

Bilan catastrophique, ambitions modestes et vertueuses
 

Le bilan actuel au sein de Fukushima est encore pire que prévu. Le combustible nucléaire des réacteurs 1, 2 et 3 a vraisemblablement fondu, faute d'avoir été immergés plusieurs heures durant, la catastrophe ayant anéanti les systèmes de refroidissement. 
 
Les objectifs de Tepco demeurent modestes : maintenir durablement à basse température les réacteurs et les piscines de désactivation, contrôler les rejets radioactifs et faire en sorte que les personnes évacuées des environs de la centrale puissent regagner leur domicile le plus tôt possible. « Tôt » étant une notion bien relative.
 
Zone interdite de Fukushima : deux heures pour récupérer des affaires

Pour la première fois, des habitants de la zone interdite de 20 kilomètres autour de la centrale nucléaire de Fukushima, du village de Kawauchi, ont pu retourner quelques heures dans leur village irradié. 

Rappelons qu’au total, 80 000 personnes ont été évacuées le 12 mars au lendemain du séisme. Comme quoi le système capitaliste japonais est plus réactif que le système soviétique à Tchernobyl, dans lequel le Comité central du Parti communiste lui-même devait trouver quelle était la vérité sur place.
 
Chaque résident-visiteur a dû enfiler une combinaison de protection radiologique, un masque et des gants. Il était muni d’un dosimètre et d’un talkie-walkie.

Depuis le 21 avril, il est impossible de se rendre dans cette zone librement. Les routes sont barrées, surveillées par la police. Des mesures de blocage qui dureront au moins jusqu’à la fin de l’année.

Tepco conclut son exercice fiscal sur des pertes abyssales

Autre victime de la catastrophe nucléaire : la compagnie Tepco, avec une perte net record de 11 milliards d'euros. Autrement dit, le pire déficit jamais enregistré par un groupe industriel japonais. 

L'avenir n’est donc pas très prometteur pour Tepco, qui a requis l’aide de l’Etat japonais, à hauteur de 8,7 milliards d'euros. L'État japonais a réagi rapidement, mettant Tepco sous son contrôle et s’engageant dans me dédommagement des 85 000 victimes. Soit un coût prévisible (suivant la presse locale, il est vrai) entre 25 et 43 milliards d’euros. Pour un état déjà surrendetté...
 
Le désastre nucléaire civil japonais influence-t-il le nucléaire français  ?
 
Quelle influence aurait la catastrophe nucléaire japonaise dans la patrie du nucléaire civil, je veux dire la France ? A Flamanville par exemple, dans le Cotentin, région dédiée depuis longtemps consacré au nucléaire. Avec actuellement 3 000 travailleurs consacrés à la construction d’un EPR, complément de deux centrales classiques. Et inquiète du retour d'une tendance anti-nucléaire.

image

Suite au drame spectaculaire de Fukushima, ce n’est pas l’éventuelle dangerosité du nucléaire civil qui fait tachycardiser les milliers de salariés du chantier, mais la crainte d'un moratoire, d’un éventuel arrêt du chantier. Crainte de l’ensemble de la population du bassin du Cotentin, à laquelle l'industrie de l'atome fournit 10 000 emplois directs et indirects. De l'usine de retraitement de la Hague aux centrales du bord de mer. "Sans le nucléaire, on deviendrait une zone sinistrée", résume Michel Laurent, président de la commission locale d'information (CLI) de Flamanville. Voilà...

 
Améliorer la sûreté en France et en Europe : jusqu'où, à quel coût ?
 
Le cahier des charges annoncé par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) française la semaine dernière fait déjà l'objet de critiques. S'il impose un examen, d'ici au 15 septembre, des conséquences de phénomènes naturels extrêmes sur les 150 installations nationales (dont les 58 réacteurs et l'EPR de Flamanville en construction), il n'exige pas la prise en compte d'actes terroristes. Egalement dommageable : pour des raisons de calendrier, la base sera constituée d'études existantes, fournies par EDF. Bon...
 
A Bruxelles, les responsables tardent à trouver un terrain d'entente sur les critères adéquats pour passer au crible les centrales. Le commissaire européen à l'énergie, Günther Oettinger, peine à imposer ses vues : inclure le risque terroriste ou une chute d'avion.
 
Si la France et l'Europe concluaient à un nécessaire renfort de l'EPR, son coût - déjà estimé à plus de 5 milliards d'euros - pourrait alors devenir prohibitif.
 
Quoi qu'il en soit, la catastrophe à long terme qui a frappé la centrale de Fukushima laissera des traces sur le développement du nucléaire civil dans le monde entier.

 


Nucléaire civil : une institution immémorable en France


Le développement prioritaire d’une industrie d’énergie nucléaire en France est un acquis des années 60-70, dans lequel syndicats, partis politiques de gauche et de droite et grands corps de l’Etat se sont entendus. Actuellement producteur de 80% de l'énergie électrique en France.

image

Bilan : 58 réacteurs , 1 100 sites renfermant des déchets nucléaires, 200 000 emplois et 10 à 15 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuels.Et un kilowattheure pour l’instant pas trop cher (mais ça pourrait changer). 
 
Et aussi une perspective de coût de démontage des centrales un brin inquiétante et non chiffrée.

Thèmes

Nucléaire

Bookmark and Share
0 vote

commentaires
votez :
(IP:xxx.xx3.148.125) le 24 juin 2011 à 16H29

Je vais critiquer votre article mais avant je tenais à vous signaler tout-de-même une certaine qualité d’information, la majorité mérite quand même de l’intérêt.

Comment pouvez-vous affimer dans votre titre que la catastrophe de Fuku a laissé la population française d’accord avec une utilisation du nucléaire ??? C’est totalement FAUX ! Les derniers sondages montrent bien qu’une majorité de français, environ 70%, sont à l’heure actuel pour l’arrêt du nucléaire en France. A part 2 ou 3 dingues à l’UMP comme le petit chef tout excité qui n’a pas besoin d’une intoxication nucléaire pour être totalement radioactif, vous même, faites partie des 30% qui sont encore pour. Désolé mais vous êtes une minorité. Peut-être que votre amour sera réelu en 2012 à la majorité des voix, mais cela sera dû à la manipulation de l’information à la télé comme grâce à des titres d’article comme le votre...

Deuxio, pour apporter une note constructive, il est aussi totalement FAUX de signaler que la dette japonaise est aussi abyssale que chez nous sans parler de la nature de leurs créanciers ! Il est totalement vrai que le Japon a une dette énorme, plus importante que la France même, mais les créanciers du Japon ne sont que...des japonais !!! Ils ne doivent donc que de l’argent à eux même !!! C’est quand même bien mieux que d’avoir la chine comme créancier !

Tercio, vous cites Michel Laurent comme seul avis pro-nucléaire en généralisant son avis à toute la population locale, comme quoi la France est encore pour le nucléaire. Cet homme a rejoint la "Majorité Départementale", regroupant tous les élus UMP et sans étiquettes, comme lui. Donc seulement des proches de l’UMP. quand seul, le président de la République, UMP, défend encore le nucléaire, il est normal que ces sbires suivent son avis. L’oubli de signaler cet aspect démontre le côté bancale de votre argumentaire...

votez :
(IP:xxx.xx9.7.203) le 26 juin 2011 à 18H30

@ (IP:xxx.xx3.148.125)

"... il est aussi totalement FAUX de signaler que la dette japonaise est aussi abyssale que chez nous...."

==> une dette publique égale en 2010 à 199% de son produit intérieur brut (PIB),

sans parler de la nature de leurs créanciers ! Il est totalement vrai que le Japon a une dette énorme, plus importante que la France même, mais les créanciers du Japon ne sont que...des japonais !!! Ils ne doivent donc que de l’argent à eux même !!!

Un pays capable de changer six fois de Premier ministre en quatre ans, d’accumuler une dette publique égale en 2010 à 199% de son produit intérieur brut (PIB),

http://www.cafedelabourse.com/archi...

Le Japon va-t-il faire défaut ?

Certains semblent dire que oui. 2 400 milliards de dollars d’obligations japonaises vont arriver à échéance cette année, l’équivalent de 45% du PIB. De plus en plus de Japonais arrivent à l’âge de la retraite (en 2007, 21,5% de la population a plus de 65 ans, contre 12% en 1990), et les ménages n’épargnent plus autant qu’auparavant. En 25 ans, la part de l’épargne par rapport au revenu disponible a chuté de 16% à seulement 3%. Le fonds de pension gouvernemental, un des plus gros détenteurs de titres de dette japonaise, a avoué manquer d’argent frais pour continuer à en acheter. Il est malheureusement probable que les pires cauchemars des pessimistes se réalisent. Le paiement des intérêts de l’emprunt absorbe 35% des revenus de l’Etat. Si l’on se prend à imaginer que le Japon doive faire face à des taux d’intérêts du niveau de ceux de l’Allemagne (autour de 3%), cela pourrait être catastrophique. Historiquement, une grande proportion des pays très endettés ont fait défaut sur leurs remboursements ou, plus souvent, ont eu recours à l’inflation.

votez :
par Hervé (IP:xxx.xx5.64.43) le 24 juin 2011 à 20H43

70% des français sont pour l’arrêt du nucléaire mais 70% des français ne veulent pas non plus voir leur facture d’électricité augmenter ! Y a comme qui dirait un problème. Qu’est ce qui va gagner, la nature ou le porte monnaie ? De toute façon, l’implication dans cette industrie est telle que le changement de voie demandera beaucoup de temps. Vouloir précipiter les choses nous coûterait très cher économiquement. Sur ce point SuperNain est peut être plus réaliste que la concurrence.

votez :
par stepslo (IP:xxx.xx2.150.156) le 27 juin 2011 à 12H42

Mais qu’on arrête de parler du nucléaire comme étant bon marché ! C’est faux et archi faux. Dans le prix du kw/h nucléaire il faut y inclure une partie de nos impôts ! Alors à combien le prix du kw/h sans sponsorisation de l’état ?

Avec ça on n’a même pas abordé le coût des démantèlements qui se chiffreront sans doute en centaines de milliards d’euros.

NON le nucléaire n’est pas une source d’énergie bon marché. Qu’on se le dise une bonne fois pour toute !

votez :
(IP:xxx.xx9.7.203) le 27 juin 2011 à 18H37

@ stepslo

"Avec ça on n’a même pas abordé le coût des démantèlements qui se chiffreront sans doute en centaines de milliards d’euros."

- C’est ce qui s’appelle une estimation au doigt mouillé !

"NON le nucléaire n’est pas une source d’énergie bon marché...."

- Puisque c’est stepslo qui vous le dit, c’est que çà doit être vrai !

votez :
par Hervé (IP:xxx.xx7.228.17) le 27 juin 2011 à 20H09

Pour répondre à votre question sur les aides d’état : Budget CEA Civil 2.5G€/an IRSN : 0.25G€ Le CEA ne fait pas que de la recherche sur l’énergie nucléaire, loin de là, mais bon, allez, avec d’autres coûts on part sur 3G€/an de subventions (ce qui correspond à l’estimation de C.Lepage), le surcoût pour la production de 420TWH sera d’environ 0.7ct€/KWH. Si on prend l’estimation faite dans le cadre de la loi Nome (4.2ct€/KWh), ça fait environ 5ct€/KWH impôts compris.

Concernant le démantèlement, Un EPR génère un CA sur sa durée de vie d’environ 30G€. Même s’il en coûte 5G€ pour le démanteler au lieu de 1, ça ne change pas complètement les ordres de grandeurs.

Pour conclure, le nucléaire n’est pas gratuit, mais il n’est pas horriblement cher non plus face aux autres énergies (du moins tant qu’il n’y a pas de pépin, et ça c’est pas gagné). Son avantage réel se situe dans le fait que l’essentiel de la dépense est faite "in France", l’achat combustible ne représente que quelques % contrairement au gaz ou au charbon.

En revanche la présence de gaz de schiste sur notre territoire peut avancer une alternative crédible au nucléaire.

La vraie question est de savoir si un développement en masse de l’éolien OnShore, seule ENR qui boxe dans les mêmes tarifs, associée à un back up gaz de schiste Français pourrait tous frais confondus rivaliser avec cette saloperie (financièrement, emplois,… ).

votez :
par Tanguy (IP:xxx.xx1.199.117) le 25 juin 2011 à 00H20

Si nous avions un fichier reprenant tous les volontaires pour travailler sur les lieux après un accident, nous saurions combien de personnes sont VRAIMENT pour le nucléaire....

(il va de soit que tout "cadre" du secteur devrait s’inscrire !!!)

votez :
(IP:xxx.xx4.101.58) le 25 juin 2011 à 00H50

Que dire de ces vidéo : sur les francais qui ne veulent pas payer plus chère

de la stratégie à court terme sur l’oportunité des centrales : Le choix de la France ?

De la raison fondamentale qui engendre la pensée unique : Et donc le nucléaire

votez :
par Dominique Guillet (IP:xxx.xx1.173.213) le 27 juin 2011 à 17H05

http://www.kokopelli-blog.org/?p=1126

Pour des nouvelles sur Fukushima : pas de langue de bois.

votez :
(IP:xxx.xx9.7.203) le 27 juin 2011 à 18H43

V’la Guillet qui ne se contente plus de faire dans les emences maintenant, le voilà auto-propulsé spécialiste du nucléaire et des accidents d’icelui.

" toute information émanant de TEPCO, du Gouvernement Japonais ou des psychopathes de l’AIEA est bien évidemment à prendre avec des pincettes. Ce sont des menteurs et ils ont menti depuis plus de trois mois."

"des psychopathes de l’AIEA".

Ils n’étaient pas comme çà il y a un petit moment ! C’est seulement depuis qu’ils ont consommé des petites graines germées bio crues que çà les a pris.... Comme quoi le bio çà peu aussi rendre fou.

votez :
(IP:xxx.xx3.215.97) le 1er juillet 2011 à 19H38

@(IP:xxx.xx9.7.203) le 27 juin 2011 à 18H43 :

" fou= Qui est contraire à la raison. "Alors, vite consommons des petites graines germées bio car la raison chez Tepco ne semble pas être très profitable à l’espèce Humaine que nous sommes. ET, bravo à Dominique Guillet d’avoir trouvé ces exposés très surprenants.J’irai voir ses semences dès que j’en aurai l’occasion.

Les Auteurs deÉnergies
Pierre Yves - 1 articles
J. Yster - 11 articles
Pierre FG - 1 articles
Dynamicsauto - 37 articles
rcoutouly - 65 articles
lucazal - 3 articles
çaDérange - 299 articles
Mobilité durable - 178 articles