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L'EPR de François Hollande et la France du Nucléaire

Article publié le 15 février 2012

« François Hollande maintient l’EPR » Voilà une grande nouvelle, en plein JT, au détour d’une question, le flan light à lunettes se met à genoux devant le lobby nucléaire ! Inutile de tourner autour du pot, la guimauve libérale socialiste montre qu’il est et sera encore l’homme des lobbies.

Et de comprendre alors que la France devrait cesser de faire confiance aux avocats, non déplaise à l’excellent Maitre Eolas, les avocats devenus Président de la République ayant laissé plus de cadavres dans les placards que nulle autre profession. Et une fois n’est pas coutume, une odeur de pourriture s’agite inévitablement sous nos narines…

L'EPR de François Hollande et la France du Nucléaire

Un Argument Stupide « toutes les règles de sécurité sont respectées » c'est en suspens la seule condition invoquée par François Hollande pour justifier le maintien de l'EPR. Un argument d'une stupidité rare. Car qui décidera si ces conditions sont respectées ? Qui imposera les normes ? Sinon le lobby nucléaire qui s'auto-contrôle depuis sa fondation ! Lors de la construction de l'EPR, combien de morts, de blessés, de scandales, d'accidents du travail non déclarés, de défauts constatés par l'ASN mais pas par EDF (curieusement bien peu regardante) faudra-t-il pour que François Hollande et son équipe voient la triste réalité en face ? Pour les aider, non pas des phobies de fanatiques écolos mais bien la triste réalité : EPR. Accidents du travail : le rapport qui accable Bouygues Chantier EPR : nouveau décès accidentel EPR de Flamanville : des malfaçons dans les constructions Des incertitudes techniques pèsent sur l'avenir de l'EPR Un EPR tellement gênant que pour contrer les actions des écologistes, les plus hauts responsables de la sécurité d'EDF, l'ancien policier Pierre-Paul François et l'ancien contre-amiral Pascal Durieux, ayant mandaté une officine privée pour s'introduire dans l'ordinateur de l'ancien dirigeant de Greenpeace (et actuel porte-parole d'Eva Joly), ont été« > reconnus coupables et condamnés à respectivement six et un an de prison ferme ! Un PS toujours pro-Lobby C'est sous la mandat de Mitterrand que l'industrie du nucléaire a connu sa véritable heure de gloire. L'EPR n'est qu'un pathétique restyling avec 2-3 améliorations, pour dynamiser des ventes, à bout de souffle, puisque le principe de fonctionnement reste inchangé. Areva parle donc à tort de nouvelle génération. Et curieusement, le PS en la personne de Laurent Fabius s'est battu pour que l'EPR soit construit dans sa région Normandie à Flamanville, taxe professionnelle oblige. Il ne faut donc pas s'attendre à un revirement en 2012. Bien au contraire, à la décharge de François Hollande, ses paroles sont d'une franchise et d'une clarté exemplaire : « on continue l'EPR et on emmerde les opposants » De la même manière, Jean-Marc Ayrault, patron du groupe PS à l'Assemblée, a prétendu que « fermer Flamanville serait une faute grave et coûteuse » Pas étonnant pour celui qui est pour le nucléaire, pour les rocades et les aéroports. Alors les pro-Hollande ont osé, pour sortir de l'ornière, parler d'un terme très fumeux : un moratoire. Cela ne mange pas de peint et permet de gagner du temps. Nouveau leitmotiv français après les réunions et autres rapports, le moratoire… Et de se faire tailler en pièce par l'ignoble petit minable de l'Elysée : « un moratoire, ça veut dire qu'on va garder les vieilles centrales et qu'on ne va pas construire les nouvelles centrales qui sont les plus sûres, c'est fort comme idée ! » Pour se défendre de cette énième Sarkonnerie, encore faut-il que le clan PS connaisse le dossier et fasse preuve de franchise comme d'honnêteté. L'excuse des emplois Pour ne pas arrêter une catastrophe sanitaire, il y a 3 raisons invoquées de manière systématique : l'argent, les emplois, l'impossibilité technique. Étrangement les politiciens comme le lobby nucléaire en la personne du PDG d'EDF, Henri Proglio, pourraient être mis devant le même texte. Voilà ainsi le pistonné du sarkozisme défendre l'indéfendable avec le laïus habituel : sortir du nucléaire couterait 400 milliards d'euros, 0,5 et 1 point de PIB, et menacerait un million d'emplois. Une grosse louche basée sur des études fumeuses avec des chiffres bien ronds, histoire de rappeler aux collectivités locales (et aux salariés travaillant dans la filière) grâce à qui ils mangent chaque jour. Alors même que ce calcul demeure « mission impossible » pour bon nombre d'experts, comme Marie-Hélène Labbé, maître de conférences à l'Institut d'études politiques de Paris, arguant que les chiffres mentionnés se basent sur une grotesque règle de trois par rapport à l'Allemagne ! Évidemment Proglio prend le cas extrême et ridicule du « on arrête tout et on remplace toutes les centrales ». A l'opposé des intentions puisqu'il ne faut pas compter démanteler en moins de 25 ans. Mais qu'importe, l'objectif reste de faire peur, de diviser les français et de les obliger à choisir entre ce qui les tuent à petit feu et le chômage. Plus précisément : Tuer à grand feu comme à Fukushima ou à petit feu comme l'a démontré par une étude allemande (augmentation des risques de leucémie pour des enfants âgés de zéro à cinq ans autour des centrales du pays). Et oui car une centrale, contrairement à la propagande officielle, cela rejette quand même des produits radioactifs en petites quantités (liés au nettoyage d'éléments radioactifs), petites qui se transforment en grosses en cas d'accidents… Une étude teutonne qui a été démontée par l'INSERM en France prétendant que tout va bien madame la marquise en 2004 et qu'il sera bientôt courant novembre mais avec une variante sur le ton « peut être ben que oui, peut être ben que non ». Rappelons que le N de INSERM veut dire nationale aussi national qu'Areva, question de financement… Quant aux politiciens locaux, ils ne pensent qu'à une chose : se faire réélire. Pour la santé du public et l'environnement, on repassera… Conséquences La prudence voudrait mettre un terme à ce chantier perpétuellement en retard, véritable gouffre à pognon passant de 3,5 à 6 milliards d'euros : 100 % de dépassement budgétaire et presque 50 % de dérapage du calendrier, un record ! En Finlande notamment, chaque jour de retard est facturé à Areva, une condition contractuelle pour décrocher le marché. Problème : Areva étant à 80% détenu par l'Etat, et la CDC se portant garant de ces retards, il ne faut pas être comptable pour comprendre que l'ardoise sera pour le peuple français. La durée de vie de l'EPR a été portée à 60 ans. Si la construction continue jusqu'au bout, la France doit s'attendre à payer une lourde facture échelonnée sur ces 60 ans. François Hollande est-il prêt à en prendre le risque et à faire partie de cette longue liste de politiciens collabo du lobby ? EELV très mesuré Curieusement les dirigeants du parti écologiste laissent encore une porte ouverte au candidat PS pour 2012 : « on attend de disposer d'informations précises sur les intentions de François Hollande incessamment ». « Les écologistes ont dit leur disponibilité et leur souhait d'un accord et le réaffirment » Mais si Hollande revenait sur sa décision, chose impensable mais…, quel crédit pourrait-on lui accorder ? Et d'émettre alors un fumeux plan B dans lequel on trouverait dans la balance, le chantier de l'EPR contre la fermeture des plus vieilles centrales comme Fessenheim. Quel est le plus dangereux ? La Peste ou Le Choléra ? Mais au final, selon Duflot, le PS devra faire « face au choix de la rupture ou d'un partenariat » avec les écologistes. Encore 10 jours à attendre… Propositions Concrètes Plutôt que de parler des heures sur un sujet sur lequel le PS ne transigera pas, les conséquences financières étant en milliards d'euros, EELV devrait concentrer ses efforts et imposer aux libéraux-socialistes : - l'arrêt immédiat des rejets radioactifs gazeux (krypton 85) du Centre de Retraitement de la Hague dans le ciel du Cotentin puis par dissipation dans l'Europe entière - l'arrêt immédiat des rejets radioactifs liquides du Centre de Retraitement de la Hague, 400m cube par jour dont on ignore les effets sur la faune et la flore de la Manche - le démantèlement des centrales du Bugey et de Fessenheim, les plus vieilles installations de France - une réforme complète du statut des sous-traitants du nucléaire, véritable sacrifice humain se coltinant le « sale boulot », cristallisant tous les risques du métier mais ne disposant même pas des protections sociales des employés d'EDF, bien moins exposés aux radiations (retraite à 50 ans, vraie indemnité d'hébergement…) - obliger les futurs candidats à lire (sic !) l'excellent livre « Le livre noir du nucléaire français » résumant 70 ans d'histoire et de lobbying. Son auteur Julien Laurent réussit la prouesse de porter à la connaissance du plus grand nombre les principaux scandales (étouffés ou non) liés à cette énergie : les conditions de travail des sous-traitants, les implications militaires influant sur la diplomatie française (Iran, Libye…), les pollutions et accidents sous-estimés mais bel et bien dangereux pour la population, l'arnaque du terme « retraitement » du Centre de La Hague, les exports illégaux de déchets radioactifs en Russie (problème soulevé par Greenpeace puis procédé abandonné par EDF suite à la polémique), les dépassements de budgets des démantèlements des anciennes centrales (Peut-on vraiment démanteler une centrale nucléaire ?), les pollutions radioactives liées à l'extraction minière, un rappel des accidents français notamment à Saint Laurent des Eaux, les stériles radioactifs sous les routes du Limousin (et d'ailleurs)… Après cette vision lucide et impartiale du dossier, vous vous demanderez pourquoi Fukushima n'a pas eu lieu en France… Pour finir… On peut évidemment ne pas appartenir et représenter le parti écologiste. Nous sommes en démocratie ! Mais il est impossible pour un élu moderne et soucieux de la santé des citoyens comme de la santé économique de son pays, de ne pas avoir une vision écologiste. Car maintenir l'EPR, faire confiance au lobby nucléaire qui ment depuis le début de son existence sur ses pratiques et les impacts sanitaires et environnementaux, revient à scier la branche sur laquelle nous sommes assis. Parce qu'un président « normal » doit être un président « responsable ».

Source image : http ://im.wk.io

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