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L'énergie nucléaire est la plus coûteuse

Article publié le 17 juin 2011

Alors que nos voisins suisses et allemands viennent d’abandonner le nucléaire, l’ensemble de l’opinion politique française, bien embarrassé, nous sert un discours tout préparé pour nous redire que nos choix hexagonaux sont les meilleurs : "moins de carbone rejeté, moins cher, plus sûrs" : même de plus en plus seuls, nous avons fait le bon choix.

L'énergie nucléaire est la plus coûteuse

Prenons le problème d'un autre angle, celui du coût. Voici ce qu'en dit un des défenseur de la cause nucléaire, lobbyiste influent, Jean-Marie Jancovici : "Le nucléaire coûte 2000 à 3000 € par kW de puissance installée (contre 500 € pour du gaz et 1500 € pour du charbon). Remplacer ce kW nucléaire par des éoliennes, quatre fois moins productives par an (le vent est variable !) nécessite d’installer 4 kW, pour environ 4000 euros à terre, et le double en mer." 

Dit ainsi la cause est entendue : le nucléaire est le plus intéressant financière. Le problème est que Jancovici ne parle que de l'installation des centrales nucléaires, il oublie tous les frais induits qui vont apparaître au fil du temps, ils sont de quatre ordres :

-après Fukushima, EDF s'engage à renforcer la sécurité de ses centrales, mais pour quel coût ?

-le site de Bure dans la Meuse, site sécurisé de stockage des déchets a vu sa facture passer de 15 à 35 milliards d'euros. Combien va coûter l'ensemble de la filière de retraitement sur des siècles ?

-le démantèlement des vieilles centrales va coûter très cher : estimé à 17 milliards par EDF, ce montant semble ridicule en comparaison des évaluations suédoise ou anglaise. Son coût serait plutôt de 100 à 200 milliards pour l'ensemble des centrales françaises !

-les nouvelles centrales vont coûter de plus en plus chers : l'EPR de Flamanville a ainsi été évalué à 3 milliards puis à été révalué à 4 et enfin à 5 milliards ! 

Mais si on veut être complet, il faut tenir compte du coût prévisionnel d'un accident nucléaire majeur type Fukushima ou Tchernobyl.

Petit calcul : si on estime que la probabilité d'un accident est de 1 pour 10000 (2 accidents majeurs en 50 ans pour 400 centrales dans le monde), si on considère que ces accidents rendent invivables la zone dans un rayon de 10 kilomètres, mais que le préjudice subit atteint plutôt un rayon de 50 kilomètres, alors il va falloir indemniser l'ensemble des propriétaires à 100% dans un rayon de 10 kilomètres, dans une proportion variable pour les 50 kilomètres. Il faudra aussi indemniser les malades et les activités économiques touchés par l'accident.

En conséquence, quel sera le coût réel d'un accident majeur : 10 ? 50 ? 100 milliards ? Et quel serait le coût de l'assurance qu'il faudrait faire payer à l'exploitant de la centrale ?

 

Je voudrais faire trois réflexions pour conclure :

1-Ces coûts additionnés n'ont, pour l'instant, pas été payé ni par le consommateur d'électricité, ni par le contribuable. Ce sera aux jeunes générations de le payer dans les décennies à venir.

2-En conséquence, une personne de plus de 60 ans qui défend le nucléaire n'a aucune crédibilité à le faire : il a "bénéficié" du nucléaire sans en payer le vrai prix. Il sera crédible quand il prendra en compte le coût exorbitant que payeront ses enfants.

3-les anti-nucléaire français ont lutté, pour l'instant, avec des pétitions et des manifestations. Aucun succès bien entendu. Ils seront plus efficaces en luttant pour faire payer le vrai prix du nucléaire par des actions ciblées en utilisant les armes du droit, de l'assurance. Les anti-nucléaire allemands n'ont pas fait autre chose en montrant que le coût du retraitement des déchets était symboliquement très élevé.

 

Revenons sur Jancovici présenté comme un "spécialiste" des énergies, référence utilisé par une majorité de journalistes paresseux qui se contentent d'aller sur son site pour y copier/coller des arguments biaisés et des chiffres faux. Jancovici n'est pas un expert spécialiste de l'énergie, c'est un défenseur partial du nucléaire qui minimise les solutions alternatives à sa toute puissance. Il participe à la défense d'un système industriel qui ne concerne que 100 000 personnes en France et deux grandes entreprises mais un système dont nous allons payer longtemps le maintien et les coûts croissants.

 

Source image : http://bxl.indymedia.org

Thèmes

Nucléaire

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commentaires
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par pierr75 (IP:xxx.xx0.32.15) le 17 juin 2011 à 12H54

Vous avez bien raison il faut arreter la recherche sur le nucléaire En plus à quoi ca sert la recherche atomique et sur l’infiniment petit qui coute très chèr alors que des petits africains meurent de faim et que la France elle est raciste. Car en 50 ans qu’a fait le nuclaire ? rien ! alors pourquoi croire qu’en 50 ans de plus on pourra tirer un énergie inépuisable, gratuite, sure d’un simple vers d’eau de mer !

Vraiment il faut arréter le nuclaire et comme les allemand, chinois et américain utiliser du charbon.

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par Arnaud (IP:xxx.xx9.19.215) le 17 juin 2011 à 16H08

Et puis le carbone, c’est bon pour la santé, puisque c’est un produit naturel.

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(IP:xxx.xx3.65.100) le 18 juin 2011 à 20H59

@ l’auteur ’En conséquence, une personne de plus de 60 ans qui défend le nucléaire n’a aucune crédibilité à le faire : il a "bénéficié" du nucléaire sans en payer le vrai prix. Il sera crédible quand il prendra en compte le coût exorbitant que payeront ses enfants’

Pourquoi ne pas nous proposer un nouvel impôt ’Nucléaire’ réservé aux plus de 60 ans, permettant de constituer une cagnotte avec laquelle nos petits enfants désosseront les centrales nucléaires.

Pour ce qui est du vrai prix du nucléaire, commençons à le faire payer à nos voisins qui n’auront aucun scrupule à se retirer du nucléaire tout en achetant de l’électricité produite par nos réacteurs, en attendant que le énergies renouvelables et du thermique ’propre’ avec séquestration du CO2 prennent le relais.

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(IP:xxx.xx1.130.186) le 20 juin 2011 à 08H16

Je partage votre opinion sur le cout insupportable de cette façon d’utiliser l’atome actuellement.

Par contre, on se rend compte que votre paragraphe sur les indemnisations des victimes même directes me parait d’un optimisme démesuré quand on constate déjà la présence de produits radioactifs sur nos frontières. ....

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par g.jacquin (IP:xxx.xx3.188.100) le 20 juin 2011 à 10H45

1) Jancovici à bien d’autre possibilité de gagner de l’argent que par le sois disant lobby nucléaire !

2) Le MWe installé on Shore est à 1500 K€, celui du off Shore à 3500 K€ !

3) Pour remplacer une centrale tradi par de l’éolien, il faut prendre en compte les facteurs de charges mais aussi les durées d’exploitation !!! ainsi un EPR est conçu pour 60 ans, une éolienne pour 15 ans ! Donc, il faut non pas 4 KW mais...16 KW installé en éolien pour remplacer 1 KW EPR ! soit : 1600 MWe x 16 = 25 600 MWe soit à 1500K€/MWe = 38.4 milliards d’€ !!!!

4) Je ne suis pas sûr que les travaux RÉELS de fiabilisation des centrales actuelles soient si conséquents ! Mais il est Évident qu’EDF fera avaler la pilule à tous les Français en exagérant ses coûts !!!

5) Le site de stockage de Bure porte bien son nom !!! les combustibles stoquès serviront pour les réacteurs de génération 4 ! Donc, on ne peut dire que le prix de la sécurité soit excessif puisqu’il sera amorti par la réutilisation des déchets ! Quand Aux 35 milliards, il faudra que la cour des comptes y mette sont nez, mais cette dépense sera étalée au fur et à mesure des besoins !

6) Le démantèlement va coûter cher... NON ! c’est faux ! d’ailleurs à ce propos, il serait intéressant de connaître le détail des prestations de démantèlement ! Vous le connaissez ?????

7) L’EPR est estimé aujourd’hui à 4 milliards d’€, mais que ce soit celui de Flamanville ou celui de Finlande, ce sont des Démonstrateurs permettant de mettre au point les procédures de construction, les matériels, ainsi que la gestion du personnel chantier ! Ce coût sera diminué dès le troisième ou quatrième reacteur !

8) Un accident type Tchernobyl est impossible, car ce ne sont pas les mêmes réacteurs installés en France ! Un accident type Fukushima est bien plus plausible non pas par les événements naturels de même ordre (9.5 Richter et tsunami de 14m) mais par manque de refroidissement ! Le seul mode commun dans les centrales françaises est la source d’eau de refroidissement !!! si le Rhône n’a plus d’eau, il y aura des problèmes au tricastin ... c’est évident. S’il n’y a plus de mer, il y aura des problèmes à Flamanville !!!!

9) Vos calculs de probabilités sont étranges... comme les coûts que vous annoncez !!! Je vous en laisse la responsabilité !

10) Non, les coûts que vous nommez "additionnés" sont en partie provisionnés ! Nous les payons dans le prix du KWh que nous achetons !

11) Du coup, les papys (dont je fais partie) ont bien payé ce qu’il fallait et j’ajoute qu’ils s’inquiètent de voir des incompétents parler d’énergie qui va coûter à ces mêmes papys, 2 ou 3 fois plus cher !!!!!

12) Ce qui se passe en Allemagne est inadmissible !!!! alors que la planète est en train d’étouffer sous les GES, Merkel fait Construire 12 grosses centrales lignites !!!

13) Jancovici est un spécialiste ! ne vous en déplaise, il sait de quoi il parle ! et s’il défend le nucléaire, c’est qu’il a compris que l’avenir de la planète passe obligatoirement par une Energie à base de nucléaire, à court terme les G4 qui permettons de "brûler" nos déchets nucléaires puis par la fusion (les G4, c’est du court terme la fusion, c’est du long terme).

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(IP:xxx.xx9.130.120) le 21 juin 2011 à 08H56

"Voici ce qu’en dit un des défenseur de la cause nucléaire, lobbyiste influent, Jean-Marie Jancovici..."

- La différence, c’est que lui au moins il sait de quoi il parle !

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(IP:xxx.xx3.215.97) le 28 juin 2011 à 21H21

@g.jacquin (IP:xxx.xx3.188.100) le 20 juin 2011 à 10H45 : Rien à dire et à ajouter quand tout est faux. Pour commencer, le démantèlement en Bretagne se faisait dans la décharge publique.... L’avantage est que les papiers et sacs ne s’envolaient plus trop avec le ciment et la ferraille mais le prix du démantèlement comprenait cette aberration.

Plus on met de conditions plus le cout de la construction augmente ceci est une évidence qui devrait être prise en compte.

Un accident impossible, ben là je vous crois comme j’ai cru au sérieux des Japonnais et comme nous le constatons.

"Les coûts sont en partie provisionnés,Nous les payons dans le prix du KWh que nous achetons !" Alors, où est l’argent ? Nous avons déjà vu comment EDF agit avec les transformateurs au pyralène ...Puisqu’il n’était pas toxique officiellement, il fut jeté sur le sol comme le Rhône le constate avec l’impossibilité de manger ses poissons. Le cout du traitement a certainement été minime.

Et le mieux, un spécialiste qui connait quelque chose...mais, un spécialiste ne connait que sa spécialité et n’est donc pas un être digne de foi pour le reste.

Il y a eu un tremblement de terre à une date très précise à Maastrich et le site de stockage de Bure se trouve devant la faille qui voit l’ouest se lever comme le port de Montreuil sur mer l’indique clairement puisque la mer ne l’approche plus jamais et l’est s’enfoncer comme le sommet de digues aux Pays-Bas sous Louis XIV se trouvait à MOINS 16 mètres vers 1994. L’emplacement de ce site semble avoir été bien mal choisi. De même la technique d’utilisation de l’atome pour nous fournir notre énergie. Nous avons besoin de vrais cerveaux pour utiliser l’atome sans risque pour nous le petit peuple et non de vos prétendus spécialistes incompétents à déceler les erreurs dans les théories qu’ils vénèrent et donc à nous trouver une solution acceptable et fiable.

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par Albert (IP:xxx.xx8.57.213) le 29 juin 2011 à 23H48

La réparation du réacteur nucléaire de Crystal River en Floride (USA) durera 4 ans et coûtera entre 0,9 et 1,3 milliards de dollars ... à moins que finalement elle ne soit fermée alors qu’elle demandait une prolongation de 20 ans : http://www.powergenworldwide.com/index/display/articledisplay/9263875654/articles/powergenworldwide/nuclear/o-and-m/2011/06/Crystal-River-reactor-repairs-could-reach-1_3-billion.html ou http://suncoastpinellas.tbo.com/content/2011/jun/28/PMENEWSO1-progress-energy-to-repair-crystal-river-/news/

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(IP:xxx.xx3.215.97) le 30 juin 2011 à 21H35

Sur yahoo informations, on lit :

"""Des méduses provoquent l’arrêt de réacteurs nucléaires en Grande-Bretagne""" Et bien sûr, en plus l’eau de mer ne retourne pas à la mer. Personne n’oserait chauffer de l’eau de mer sans autorisation. Quant au cout de l’arrêt, les employés ne vont pas être payés pendant la durée de l’arrêt et le nettoyage va se réaliser gratuitement...Quelques thons rouges, des tortues et le tour est joué ... !!!!!

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par Lucien (IP:xxx.xx8.82.175) le 18 août 2011 à 13H00

Les coûts de construction et de production électrique du nucléaire augmentent, partout dans le monde. La banque suisse d’investissement UBS, estime le coût de construction des nouveaux réacteurs entre 5000 et 6000 dollars le kW (3600 à 4300 euros) et le coût de production du MWh à 100 dollars (70 euros/MWh ou 7 cts/kWh, sortie usine).

L’étude : http://energeia.voila.net/nucle/reacteurs_trop_chers.htm indique que le coût de production de l’électricité de l’EPR de Flamanville serait de 81 euros/MWh (8,1 cts/kWh), auquel il faut ajouter les autres coûts (transport, distribution ... ) avant de comparer avec le prix sur la facture EDF.

Ce document mentionne aussi des études récentes des états de Californie et d’Afrique du sud d’où le nucléaire ressort en piteuse condition face à l’éolien et même au solaire pour tous les nouveaux projets envisagés. C’est vrai, ces régions sont bien ensoleillées, mais avec la baisse des coûts du solaire celui-ci deviendra compétitif aussi en France dans une dizaine d’années.

En Allemagne, moins favorisée que la France en potentiel hydraulique, éolien et solaire, les énergies renouvelables comptent déjà pour 17% de la production d’électricité. Un minimum de 35% en 2020 et de 50% en 2030 est prévu par la nouvelle loi sur les énergies renouvelables.

L’agence des énergies renouvelables indique que l’Allemagne pourrait encore faire mieux, avec 47% de renouvelables (pas seulement l’éolien et le solaire) dans son électricité en 2020, sans nucléaire, avec moins de charbon, moins de gaz et moins de CO2 émis.

Ne pas oublier non plus que la responsabilité des exploitants de centrales nucléaire est très limitée, dans le cadre d’un accord international. Sans cela, le coût des assurances serait prohibitif et d’ailleurs aucune compagnie ni aucun consortium ne prendrait le risque financier d’assurer un réacteur nucléaire. Mais l’Etat, donc le citoyen, est là pour payer lors d’une catastrophe, au Japon comme ailleurs.

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par Hervé (IP:xxx.xx7.188.81) le 22 août 2011 à 18H53

Le cout réel de l’énergie nucléaire est assez difficile à trouver sur le net. Certains "rapports" d’origine douteuse affichent des valeurs très élevées, EDF indiquait 28€/MWH, difficile de s’y retrouver !

Il y a quelques temps, dans le cadre de l’ouverture à la concurrence ( loi NOME), l’état a demandé une estimation de ce cout pour obliger EDF à vendre l’électricité nucléaire à ses concurrents afin de leur permettre de rentrer dans le marché. Les concurrents souhaitaient 35€/MWH, EDF voulait vendre 45€/MWH . Finalement, alors qu’on s’apprêtait à statuer sur environ 38€, la catastrophe de Fukushima, avec les surcouts éventuels liés à la sécurité ont finalement fait revoir à la hausse, c’est 42€ qui a été retenu. EDF devra vendre 25% de sa production à ce prix.

Pour vérifier la cohérence de ce prix, on peu faire un petit calcul de production / cycle de vie en prenant par ex un EPR :

Un EPR produit 1600MW avec une taux de dispo moyen de 80% pendant 60ans @42€/MHh, soit 1600X0.8X24X365X60X42=28.25milliards€ Un EPR coute environ 6milliards à construire et on va dire 3 à démolir soit 9milliards. Il reste donc 19.25 milliards pour l’entretien et le fonctionnement. Le combustible représente 1.5 à 3 milliards, le reste de l’argent (16 milliards) pour la problématique des déchets et les frais d’entretien. On voit que l’essentiel des frais n’est pas la construction mais les frais de fonctionnement. Donc le surcout de l’EPR n’est pas très significatif au regard du chiffre d’affaire. De plus, l’EPR étant censé être plus économique à l’utilisation que les réacteurs actuels, il n’est pas impossible que sont cout total soit comparable, malgré le cout de construction plus élevé. Le Prix de 42€/MWH parait donc tout à fait crédible. (Tant qu’il n’y a pas de pépin genre Fuku-Tchernobyl)

Maintenant pour pouvoir affirmer que l’énergie nucléaire est la plus chère, il faut la comparer aux autres énergies vendues à un tarif équivalent :

Solaire PV particuliers : On va s’intéresser au cycle de vie d’une toiture de 3KWc dont la production serait vendue au même tarif : Environ 3Mwh/an @42€ pour une durée de vie de 30 ans =3780€ (pour un investissement initial de 16000€ en considérant qu’il n’y aura aucun frais de maintenance sur 30ans …..) Conclusion : ça s’appelle une ardoise de chez ardoise. Sans grosses subventions, le petit photovoltaïque est très loin d’égaler l’atome.

Solaire PV industriel : On prend le cas d’une installation récente : le parking solaire de Bordeaux-Lac : Investissement de 55M€ pour une production de l’ordre de 13000MWH soit sur 30 ans @42€/MWH : 13000X30X42 = 16.38M€ soit une ardoise d’au moins 38 millions d’euros + les frais d’entretien + éventuels frais style loyers… Ne sont pas compris non plus les frais liés à la gestion de l’intermittence de cette énergie… Quelle soit à petite ou à grande échelle L’industrie du solaire PV va devoir faire des progrès considérables pour être compétitive face au nucléaire…

Une solution bien plus crédible : L’éolien « OnShore ». Le cout d’une turbine est de l’ordre de 2M€ pour une turbine de 2MW qui a un taux de charge voisin de 22.5% soit sur 30ans @42€/MWH, ça fait un chiffre d’affaire de 2x24x365x0.225x30x42=5M€. Déjà on ne part pas sur une ardoise, c’est donc bien mieux que le solaire. L’éolienne devrait pouvoir se suffire à elle-même au tarif du nucléaire. Il faut cependant ajouter pas mal de frais annexes qui vont pas mal changer les choses :
-  les frais de raccordement au réseau car la collecte est diffuse,
-  renforcement du réseau THT pour assurer le foisonnement Nord –SUD - SUDOUEST,
- Divers arrosages d’elus,communes, propriétaires pour faire passer la pilule !
-  construction et entretien des centrales de Backup…
-  Moyens de stockage de l’énergie*

(*)Le stockage de l’énergie coutant cher, il vaudra certainement mieux abandonner la production pendant les périodes de vent fort et compléter avec du gaz lors de périodes peu ventées. Cela aura un impact significatif sur le taux de charge, et réduira la rentabilité. Donc au final, l’éolien sera beaucoup moins intéressant mais reste une solution crédible.

En conclusion, Il n’est pas si évident que cela que l’énergie nucléaire soit la plus couteuse. Comparativement au Solaire PV, c’est évident que ce n’est pas le cas. Comparativement à l’éolien OnShore, c’est plus difficile à départager. Toutefois, il est fort probable que l’ensemble des frais remmène le cout de l’éolien au moins à deux fois le cout du nucléaire. (Sans parler des autres inconvenients de l’éolien, mais ça c’est un autre sujet)

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par Lucien (IP:xxx.xx3.20.106) le 2 septembre 2011 à 11H54

En 2008 déjà, indépendamment du document de 2006, EDF parlait d’un coût de production de 54 euros/MWh pour l’électricité de l’EPR de Flamanville. C’était avant l’explosion du coût de construction révélée en juillet 2011. Ce qu’il faut considérer, ce n’est pas le coût provenant d’installations anciennes, financées avec des fonds publics et de nombreux avantages financiers (par exemple taux d’emprunt plus faible, garantie de l’Etat) mais le coût pour des constructions décidées ou pas aujourd’hui selon les différentes technologies, dans un cadre privé. En France, l’éolien (prix d’achat à 82 euro/MWh) est déjà concurrentiel avec l’EPR (coût de 81 euros/MWh) et le sera encore plus après la période de dix ans (prix d’achat de 30 à 82 euros/kWh selon les sites).

A ce propos, les énergies renouvelables n’ont pas besoin d’avoir des centrales thermiques "en secours" comme le montre l’expérience de l’Allemagne depuis cinq ans. Entre 2005 et 2010, la production d’électricité nucléaire a diminué de 21 TWh, celle des combustibles fossiles a diminué de 13 TWh, celle des énergies renouvelables a augmenté de 35 TWh. Source : http://energeia.voila.net/electri/allemagne_passer_nucle_fr.htm

Cela montre bien que réduire ou supprimer le nucléaire n’entraîne pas d’augmentation des combustibles fossiles. Dans le même texte, on s’aperçoit aussi que l’Allemagne est un exportateur net d’électricité et n’importe de l’électricité "nucléaire" de France que de façon marginale.

Enfin, si le solaire n’est pas encore compétitif en France à ce jour, il est bon de l’encourager, ce qui fait baisser les prix. Et développe l’industrie et l’emploi, du moins en Allemagne ... Dans les pays aux conditions plus favorables, le solaire est déjà compétitif et il devrait le devenir d’ici dix ans dans le sud de la France.

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par Hervé (IP:xxx.xx5.64.43) le 6 septembre 2011 à 00H00

Bonjour Lucien

Concernant les augmentations du cout affiché, il y a d’autres sons de cloches : http://energie.lexpansion.com/prosp...

Concernant le coût de l’éolien nous sommes d’accord. Il boxe dans la même catégorie sur le prix sortie machine (soit 4cts). En revanche les couts externes seront plus importants.

Je vais revenir sur votre citation : "A ce propos, les énergies renouvelables n’ont pas besoin d’avoir des centrales thermiques "en secours" comme le montre l’expérience de l’Allemagne depuis cinq ans. "

Je ne suis pas du tout mais alors pas du tout d’accord avec vous :

Si les informations que vous donnez sont probablement exactes, l’extrapolation que vous faites est erronée. En effet, l’Allemagne produit actuellement la plus grande partie de son électrécité par du fossile (tout comme le Danemark). Un peu par du nucléaire et plus récemment de plus en plus par l’éolien. Les centrales nucléaires sont progressivement stoppée et remplacées en moyenne par l’énergie éolienne. Toutefois, lorsque le vent disparait, c’est bel et bien les centrales fossiles qui prennent le relais contrairement à ce que vous affirmez ! (sinon, les allemands seraient de grands consommateurs de bougies). Tant que la part d’éolien est faible, on peut considérer que l’éolien se substitue entierrement au fossile / nucléaire. En revanche, lorsque la puissance éolienne installée sera supérieure à la consommation moyenne (environ 25% du mix moyen), tout ce complique. Il devient alors de plus en plus difficile d’ajouter de l’éolien sans avoir recours au stockage. Sans gros moyens Hydraulique, la production éolienne peut difficilement excéder un plafond, qui doit être environ de 35% pour l’Allemagne et 60% chez nous.

Pour mieux illustrer le problème, je vous indique le lien d’un blog sur lequel j’ai placé une simulation (France) du remplacement du parc nucléaire par un parc éolien de puissance moyenne fournie équivalente par extrapolation (ce qui reviens à multiplier le parc existant par 43). La simulation est établie avec les données téléchargeables sur le site RTE dans le but de comparer le besoin de régulation (par du stockage) de ces deux sources d’énergie :

http://aveyron-energie.over-blog.co...

On constate sur la première courbe que contrairement au nucléaire (courbe rouge) qui suit le besoin (courbe bleue), l’éolien est aléatoire. Le second graphe montre l’appoint nécessaire au nucléaire (rouge) et à l’éolien (vert). Dés que les données de l’éolien seront dispo sur un an entier, je referais ces tracés pour avoir une vision plus exacte.

Deux solutions sont envisageables pour la France si on souhaite remplacer le nucléaire par de l’éolien

- La solution de Jean marc Jancovici : recours massif au stockage. Cette solution est 100% ENR. Comme vous pouvez le constater sur la courbe, les besoins seront immenses (et le coût qui va avec aussi)
- Seconde solution : Créer un back-up à la hauteur du besoin (70GW de centrales supplémentaires) avec du thermique (gaz), jouer sur la smart-grid pour essayer d’utiliser au mieux la puissance disponible, abandonner les périodes de surproduction éolien (une partie importante de l’énergie potentielle n’est pas utilisée), utiliser autant que possible nos moyens hydrauliques et combler les manques restants par les centrales thermiques.

Dans cette hypothèse, les émissions de GES Françaises augmenteront forcément (mais pas dans des proportions colossales comme le prétendent les pro-nucs)

Concernant le développement du solaire, il sera trés lié au futures technos si leur mise au point aboutit. Le solaire a des besoins de stockage moins importants que l’éolien (stock du durée plus courte), notamment s’il reste dans une proportion faible du mix.

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