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L'énergie éolienne, facteur de croissance et d'emploi en Europe

Article publié le 14 mai 2012

L'énergie éolienne, facteur de croissance et d'emploi en Europe

A l’occasion de l’EWEA, la conférence européenne de l’énergie éolienne (du 16 au 19 avril à Copenhague), l’Association du même nom, EWEA, qui regroupe les industriels du secteur, vient de publier un rapport, « Green Growth Report », qui chiffre l’apport de l’éolien à l’économie européenne.

 

Selon le communiqué de l’EWEA :

 

L'industrie de l'énergie éolienne a augmenté sa contribution au produit intérieur brut (PIB) de l’UE de 33 % entre 2007 et 2010. En 2010, la croissance de l'industrie représentait le double du PIB de l’UE dans son ensemble, le secteur ayant rapporté 32 Milliards d’€ à une économie de l'UE en perte de vitesse.

 

Les chiffres clés du rapport sur la croissance durable (Green Growth report) qui viennent d’être publiés par l'Association européenne de l’énergie éolienne (European Wind Energy Association - EWEA) indiquent que :

- le secteur de l'énergie éolienne a contribué à 32 Mrd € au PIB de l'UE en 2010 ;

- la contribution du secteur au PIB a augmenté de 33 % entre 2007 et 2010 ;

- le secteur a créé 30 % d'emplois supplémentaires de 2007 à 2010 atteignant presque 240 000 emplois, alors que le taux de chômage de l'UE a augmenté de 9,6 % . D'ici 2020, ce secteur devrait représenter 520 000 emplois ;

- le secteur a exporté en valeur nette 5,7 Mds € de biens et de services en 2010 ;

- le secteur a économisé 5,71 Mds € en carburants en 2010 ;

- le secteur a investi 5 % de ses dépenses en R&D, trois fois plus que la moyenne européenne.

 

Les fabricants de turbines éoliennes ont consacré environ 10 % de leur CA total dans la R&D.

« L'énergie éolienne est une industrie qui lutte contre la récession car elle augmente l'activité économique, crée des emplois et exporte chaque année au profit d'une UE aux prises avec une crise économique aggravée par des importations continues de carburants dont le coût s'élève aux dépens des citoyens européens », a déclaré Arthouros Zervos, Président de l'EWEA.

 

À l'avenir, le secteur de l'énergie éolienne est déterminée à en faire encore plus : d'ici 2020, sa contribution au PIB va presque tripler. Si l'industrie était un État membre, elle se classerait au 19ème rang en termes de contribution au PIB de l'UE, devant la Slovaquie et juste derrière la Hongrie ; en outre, le nombre d'emplois augmentera de 200 % pour atteindre 520 000 d'ici 2020, explique le rapport. D'ici 2030, le nombre d'emplois pourrait grimper à 795 000. A condition toutefois de bénéficier d’un contexte favorable, soit, pour les professionnels de l’éolien :

 

- des structures d'énergie renouvelable stables et une mise en œuvre ambitieuse des exigences de 2020 au niveau national ;

- une politique énergétique qui va au-delà de 2020 avec un objectif contraignant en matière d'énergies renouvelables pour 2030 ;

- un réseau électrique européen intégré et un marché unique de l'énergie ;

- un objectif ambitieux de réduction de gaz à effet de serre de 30 % pour 2020 ;

- un financement de l'UE suffisant et spécifique pour la recherche en énergie éolienne.


 

En France, l’éolien terrestre entravé par une réglementation paralysante


Alors que l’éolien on-shore en France est presque à parité réseau et que sa compétitivité n’est plus à prouver, les quelques PME françaises qui ont investi dans le secteur sont en difficulté. Céole (qui fabrique des mâts) est en redressement judiciaire et Vergnet (le seul constructeur français d’éoliennes de taille moyenne) ne va pas très bien. L’ICPE, l’interdiction des parcs en-dessous de 5 mâts, la superposition des ZDE et des schémas régionaux éoliens, ont sinistré la filière.

 

Il y a quelques jours FEE (France Energie Eolienne), la filière éolienne du Syndicat des Energies Renouvelables) publiait un communiqué « Donnons du souffle à l’énergie éolienne, renouvelable, compétitive et créatrice d’emplois  » dressant un triste constat. Le voici :

 

Au-delà des annonces faites sur l’éolien offshore la semaine passée, la France reste en retard dans le domaine de l'éolien, et aura vraisemblablement du mal à atteindre les objectifs qu'elle s'est fixés.

La filière éolienne rappelle, à l’occasion de la publication de la note ‘’Ambition Eolien 2012’’, qu’elle entend être demain un des fleurons de l’industrie française, créatrice d’emplois durables. Elle en a la capacité, il faut lui en donner les moyens.

 

Malheureusement, nous constatons actuellement une décélération préoccupante du nombre des constructions éoliennes dans notre pays. Ainsi, en 2011, le parc éolien français a progressé de 790 MW contre 1253 MW en 2010 rapporte le commissariat général au développement durable. Cela représente une chute très préoccupante de 37% des MW annuellement installés.

 

Freins administratifs, issus des directives de la loi Grenelle 2, recours systématiques sur les permis de construire lancés par les associations anti-éoliennes, et récemment le risque d’une possible annulation du tarif d’achat par le Conseil d'Etat, qui doit prochainement se prononcer après avoir été saisi par un collectif anti-éolien, autant d’obstacles à notre développement.

 

Pourtant, l’éolien terrestre est l’énergie renouvelable la moins chère, juste derrière l’hydraulique. Financé à travers la CSPE (Contribution au service public de l’électricité) sa mise en œuvre représente seulement 2 à 3 euros par ménage et par an, un investissement mimine au regard des bénéfices immédiats.

 

Ainsi, la filière se dégrade rapidement et nombre d’emplois sont actuellement menacés sur le sol français. Ainsi Ceole qui fabrique des mâts d’éoliennes, ou bien encore Vergnet, turbinier français spécialiste des éoliennes anticycloniques, rencontrent de profondes difficultés.

 

 Il est essentiel qu’en 2012 la France clarifie durablement l’horizon de l’éolien terrestre et renforce son ambition dans l’éolien offshore. Passer la part de l’éolien de 2,5% de la consommation électrique française à 25% est notre ambition à l’horizon 2030. Ceci implique un bond de 7000 MW d’éolien terrestre installé à 40 000 MW et une augmentation des objectifs offshore de 6 000 à 15 000 MW à 2030.

 

L’urgence est de réformer en profondeur l’éolien terrestre suivant 3 axes : planification unique, autorisation unifiée, recours limités. Grâce à cette dynamique, ce sont presque 60 000 emplois qui existeront en 2020 dans la filière éolienne et jusqu’à 100 000 en 2030.

 

 "La transition énergétique est en cours…prenons le leadership", conclut le communiqué de FEE.

 

Sources : EWEA et FEE

Source image : http://www.cleantechrepublic.com

Thèmes

Eolienne Emploi

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commentaires
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par Hervé (IP:xxx.xx8.184.34) le 20 mai 2012 à 21H17

//Un bond de 7000 à 40000MW// soit environ 16000 machines supplémentaires....

Oui trés bien, mais mettez vos éoliennes là ou les gens sont pour (cad en ville).

Nous à la campagne on n’en veut pas. (sauf ceux qui en tirent profit mais ils sont minoritaires).

Merci de votre compréhension.

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par Mijo (IP:xxx.xx5.193.62) le 20 mai 2012 à 23H21

@ Hervé

Enfin, disons que c’est vous qui n’en voulez pas. Dans les anti-éoliens il y a aussi la FED, téléguidée par Giscard et Marcel Boiteux, des pro-nucléaires notoires. Il y a bien sûr aussi des anti-éoliens qui ne sont pas nécessairement des pro-nucléaires.

Mais il y a aussi beaucoup de gens qui aiment bien les éoliennes en ville comme à la campagne. Le problème, c’est que leur installation est très souvent entravée pour des motifs fallacieux.

En Provence, l’armée s’oppose au parc éolien des Pallières (14 éoliennes) qui a pourtant reçu toutes les autorisations. Même les riverains ont donné leur accord au projet. Motif du refus : Le parc est situé dans une zone aérienne militaire où s’entrainent des pilotes d’hélicoptères. Pourtant la zone aérienne en question s’étend sur 250 000 hectares alors que l’emprise au sol du parc éolien ne représente que 70 hectares ! La production attendue du parc de l’ordre de 85 Gwh/an est quasi vitale pour une région qui ne produit que 10% de sa consommation électrique...

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par Hervé (IP:xxx.xx1.57.113) le 21 mai 2012 à 23H25

Bonjour Mijo

Mais dans mon coin les contre sont trés nombreux, souvent largement majoritaires, je suis loin d’être seul (et ce ne sont pas du tout des pro nucléaires), mais cela ne suffit pas pour stopper tous les projets.

Moi, perso je m’en fous un peu. Ça me gêne de voir les montagnes se transformer en forêt de mats blancs, les rares paysages encore inviolés par les constructions humaines sont défigurés. Si c’était vraiment utile, ok mais dans la réalité il est probable que ça ne va pas servir à grand-chose.

Destruction de paysages, gaspillage de notre argent et augmentation du recours aux fossiles qui vont se faire rare à l’avenir. On part trop tôt dans une direction incertaine . C’est pourquoi je suis contre, en l’état de la technique.

Maintenant, si en d’autres endroits, une large proportion des riverains sont Ok, no problem allez-y.

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par Dominique (IP:xxx.xx4.192.185) le 24 mai 2012 à 14H44

Et bien j’espère que les écoles et universités vont proposer des formations. La France est leader mondial du nucléaire, pour ne serions nous pas aussi les leaders mondiaux de l’énergie éolienne ? Dominique

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(IP:xxx.xx3.218.14) le 26 mai 2012 à 18H05

"....pour ne serions nous pas aussi les leaders mondiaux de l’énergie éolienne ? Dominique"

Parce qu’on a déjà raté le premier métro et que maintenant on court après les autres comme d’hab !!!

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par Hervé (IP:xxx.xx1.57.113) le 5 juin 2012 à 19H54

Cela dit je ne sais pas s’il était vraiment utile de prendre ce train là...

http://leblogalupus.com/2012/01/13/...

Décidément maudis chinois !

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par Lucien (IP:xxx.xx8.55.225) le 3 juin 2012 à 00H02

Un autre graphique remarquable : http://energeia.voila.net/energie/c...

Regardez bien l’éolien, et même le solaire, comparé au nucléaire.

Le document se trouve ici :

http://energeia.voila.net/energie/c...

L’électricité produite chaque année par les nouvelles installation éolienne dépasse celle du nouveau nucléaire.

C’est aussi le cas pour la nouvelle électricité solaire comparée au nucléaire.

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