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L'échec annoncé du débat national sur la transition énergétique

Article publié le 10 juillet 2013

La deuxième phase du débat sur la transition énergétique se termine, -celle de la participation et de la concertation-, dans un processus marathon qui s’étale sur 9 mois. Pourtant on peut déjà affirmer qu’il sera un échec. Et cela pour plusieurs raisons :

 

-ce processus se voulait exemplaire du déploiement de la démocratie participative. Certes, les manifestations, les débats en province foisonnent. Mais le débat n'a jamais pu passer au premier plan de l'actualité. Il est resté finalement assez confidentiel, n'intéressant que les citoyens et les entreprises ... déjà intéressés. L'opinion publique ne s'en est pas emparée, n'en a pas compris les enjeux. Combien de fois, le lecteur de cet article, a-t-il vu un sujet journalistique consacré à ce débat, dans les dernières semaines ? La réponse est probablement le chiffre 0 !

-cette année de discussions et de réflexions, lancée par la conférence environnementale de septembre 2012, pourra être perçu, plus tard, comme une année de perdue. Devant l'urgence économique et climatique, dans un calendrier politique rythmé par le mandat présidentiel de 5 ans, fallait-il "perdre" une année d'actions et de réformes ?

-les propositions risquent d'être d'une grande banalité. Le coeur du processus, les auditions de grands témoins devant le conseil national, le jeudi, ont été globalement très décevantes : il s'agit le plus souvent de patrons de grandes entreprises ou de grandes organisations qui ont souvent eu une approche conservatrice, avec parfois des approches de lobbying, contre-productives ; rien d'innovant, de révolutionnaire ; des points de vue trop globales et approximatifs ; et surtout, une approche colbertiste qui ne s'intéresse guère aux initiatives locales et préfère faire confiance aux grandes entreprises et aux grands corps d'Etat. On a du mal à croire que ces caciques, aux tempes blanchies, vont avoirl'inventivité nécessaire pour imaginer le monde de demain.

-le nucléaire a été "l'oeil du cyclone" du débat. On a tourné autour, sans jamais oser l'affronter frontalement, car les enjeux étaient énormes et les positions tranchées. Faute de l'avoir fait, les recommandations risquent d'être des compromissions qui ne permettront pas de donner un cap à une politique. Il aurait été préférable de le mettre, au contraire, au coeur du débat, en posant clairement la question : comment sortir du système électrique nucléaire français actuel ? Avec quel coût ? Sur combien de décennies ? Il faudra bien en effet, dans les trente années à venir, fermer les 58 centrales construites à partir des années 70. Mais le lobby nucléaire ne pouvait pas accepter ces questions pourtant inévitables sur le long terme.

-les débats sont passés un peu vite sur le nerf de la guerre : le financement de la transition. Les premières estimations, selon les scénarios, oscillent entre 40 et 65 milliards d'euros par an, étalés sur des décennies. Les recommandations finales du conseil national et le projet de loi prévu pour l'automne 2013 risquent d'accoucher d'une coquille vide car la question du financement, pourtant cruciale, ne sera pas résolue.

 

Que retiendra l'Histoire de ce débat ? Celui d'une bonne idée qui risque de se perdre dans les limbes, d'une usine à gaz qui a oublié l'essentiel : l'inventivité et l'innovation nécessaire à toutes les révolutions réussies.

 

 

Thèmes

Energie Politique

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commentaires
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par Hervé (IP:xxx.xx1.57.113) le 10 juillet 2013 à 20H02

65 milliards/an pour une transition énergétiques, vous rigolez ? A ce tarif on construrait entre 10 et 20 Réacteurs par an.( En 3 ans on remplace tout le parc).

Le vrai problème qui va se poser sous peu, c’est la disponibilité des énergies fossiles. Même si elles ne baisse pas en volume (ce qui n’est pas acquis au terme de 10ans), on va devoir de plus en plus se les partager avec les BRICS (ce qui est très bien pour eux). Donc la priorité est avant tout de réduire la conso. de fossile. Sur ce point nous avons déjà une avance considérable sur nos voisins, et on doit persévérer dans cette voie quelque soit le moyen, pourvu qu’il ne pollue pas trop et soit économiquement viable.

A coté de ça, la démolition des centrales REP modernes, ce n’est pas vraiment un gros problème (et encore plus si on est patient !).

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(IP:xxx.xx3.196.246) le 10 juillet 2013 à 21H31

Mais les idées de 1933 étaient quand même moins dangereuses car il n’y a pas que l’uranium and co qui soient utilisables pour nous fournir de l’électricité....

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par Hervé (IP:xxx.xx1.57.113) le 11 juillet 2013 à 21H06

C’est sur les idées de 1933 n’étaient pas dangereuses, faut voir à quoi ça a abouti en 39...

Mais c’est sur, si on vit un siècle en arrière, on n’avait pas autant besoin d’énergie. L’ennui c’est que vous aurez du mal a convaincre les gens d’y revenir. Le frigo, four électrique, la machine à laver le linge, lave vaisselle, TV, chauffage, Eau chaude, voiture ... ce sont des gadgets inutiles qu’on apprécie quand même un petit peu !

Quant au milieu professionnel, si vous supprimez les pelles mécaniques, tracteurs, ... ça va couiner.

Notre consommation d’énergie à énormément progressé depuis cette époque. Il sera dur de revenir en arrière.

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(IP:xxx.xx3.196.246) le 15 juillet 2013 à 09H08

@Hervé (IP:xxx.xx1.57.113) le 11 juillet 2013 à 21H06 : Je fais mention des idées de 1933 au sujet de la recherche sur l’utilisation de l’atome à des fins pacifiques !

Je sais que les recherches sur l’utilisation de l’atome ont abouti "sur" la fabrication de bombes atomiques . Il fut "choisi" et même "imposé" pour cela de concentrer les recherches sur l’uranium, le plutonium et autres dérivés ’dangereux’ mais utilisables pour fabriquer des bombes.

Il existe d’autres atomes utilisables à échelle industrielle mais le monde extérieur devrait être plus pacifique et donc les sociétés devraient se comporter d’une façon plus JUSTE. L’équilibre de la PAIX serait obtenu par la société elle même et non par les menaces d’extermination...ET même, s’il en était besoin STRATÉGIQUEMENT, une seule centrale POURRAIT ÊTRE SUFFISANTE au maintien de "la bombe"...donc, une seule centrale à haute pollution serait moins encombrante pour nos futures à "uranium" bien trop nombreuses.

NB, au sujet de comportements plus justes= / Ce ne doit pas être facile de pardonner à un peuple qui instaure les 35 heures, les six semaines de congés payés par les autres et même plus, la retraite à 60 ans quand on doit tuer son deuxième enfant et que les semblables disparaissent faute de nourriture...etc...etc...+ On ne peut reprocher à celui qui reste son égoïsme puisqu’il a été plus que choyé durant sa jeunesse, ce grand trésor.

Avec d’autres atomes radioactifs dans les centrales, les résidus pourraient être moins dangereux et les risques d’explosion moins importants.

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par Hervé (IP:xxx.xx1.57.113) le 15 juillet 2013 à 19H55

Bonjour IP:xxx.xx3.196.246

Je suppose que vous parlez du Thorium ? c’est une piste envisagée, et qui va certainement voir le jour d’une manière ou d’une autre à cause de la faible dispo d’U235 à faible coût. Ce sera aussi un concurrent à la GIV U238. Mais son développement est moins avancé. Il intéresse les pays qui en sont riches (inde,...) Pour nous avec l’énorme stock d’U238 dont on dispose, c’est moins intéressant.

Pour faire des bombes ou du courant ce n’est pas les mêmes réacteurs, vous avez parfaitement raison. C’est deux activités différentes. Je suppose que le CEA a des réacteurs plutonifères pour les bombes et le nucléaire médical. Les Centrales électrogènes REP sont inadaptées. Pour faire des bombes il faut des cycles très courts, ça ce combine très mal avec un réacteur énorme et la production d’électricité à grande échelle.

Ce qu’il y a c’est que la filière uranium est mature, les centrales modernes sont maintenant prévues pour être démantelées facilement, tout le cycle est maitrisé. Dans le cas du Thorium, un long chemin reste à parcourir avant de pouvoir lancer en série. Je pense que c’est la raison pour laquelle ce n’est pas encore développé.

On peut simplement regretter d’être parti sur Iter, le développement du thorium aurait été moins ambitieux mais certainement plus réaliste à moyen terme.

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(IP:xxx.xx9.105.29) le 9 août 2013 à 07H01

@Hervé (IP:xxx.xx1.57.113) le 15 juillet 2013 à 19H55 : Bonjour Hervé,Vous semblez très au fait et votre réponse m’indique bien qu’il semble devenu indispensable de laisser ces techniques a des êtres humains responsables et surtout sous leur pleine et entière responsabilité.

En écrivant mon message, je supposais qu’avec le coût, nous avions quand même "sous le coude" d’autres éléments pour nous fournir notre énergie indispensable. Un peu comme quelques familles du nord se sont groupées pour faire la première autoroute qui se révélait plus qu’indispensable en France à cette époque où nous devions rembourser nos dettes. Cette autoroute fut donnée à la France qui semble fort peu reconnaissante du reste. Depuis les années 1975, je crois bien que la recherche demeure stérile dans les domaines primordiaux comme la médecine, l’industrie ou la fourniture d’énergie et vous semblez bien m’indiquer la recherche sur la radioactivité, AUSSI.

A part l’installation dictatoriale aux postes de responsabilités de nos énarques et technocrates, qui se vantent honteusement d’avoir un cerveau rationnel et cartésien, je ne vois pas d’autres causes à l’arrêt brutal de l’arrivée des progrès dans notre société.

Il n’y a quand même pas que le "thorium" qui était connu en 1933.... La Chine fait l’expérience d’un responsable qui s’est fait remettre en place, par des voyages matinaux et très salutaires, devant un long sillon creusé dans un champ à combler à genoux afin d’enrichir, d’engrais humain, la bonne terre qui a enfin pu nourrir le bon peuple....De moins en moins de Chinois meurent de faim et les progrès font plus que débuter...Mais, il a fallu brûler les livres et donc les connaissances stériles et nuisibles au bon peuple si je me souviens bien. ...

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(IP:xxx.xx9.105.29) le 9 août 2013 à 06H25

"""Pour la première fois, le gouvernement japonais a révélé que 300 tonnes d’eau contaminée par la centrale accidentée de Fukushima se déversent chaque jour dans l’océan Pacifique. Il est même convaincu que cette fuite dure depuis deux ans."""

Avec un tel titre dans nos informations, on n’a pas fini d’entendre parler de radioactivité ""naturelle"".....Quoi de plus naturel ...une fois admis qu’il est tout à fait naturel qu’un bassin abîmé laisse partir son contenu.

Mais pour le coût exact...On demande aux personnes pro-nucléaires de rembourser ?...ET AUSSI, COMMENT SE FAIT-IL QUE LES ANALYSES D’EAU DE LA MER, DEPUIS DEUX ANS, NOUS ÉTAIENT PRÉSENTÉES COMME NE PRÉSENTANT PAS DE TRACE DE POLLUTION ?

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par Hervé (IP:xxx.xx1.57.113) le 26 août 2013 à 20H20

C’est simple : La radioactivité naturelle de l’eau de l’océan est de l’ordre de 1 à 10 bq par litre (Potassium 40...). L’apport total de Fukushima en césium, une fois dilué dans le pacifique fait augmenter de 0.004 Bq / litre soit moins du millième de la radioactivité naturelle. Fuite ou pas, la radioactivité du pacifique reste la même. Il n’y a qu’à proximité immédiate de la centrale que la concentration peut être plus élevée. Ce serait par ailleurs très bénéfique pour la faune qu’ils vident les cuves dans l’océan. Entre le risque de la capture par un chalutier Japonnais ou le cancer du au césium, le poisson a largement plus de chances de survie avec le second... (Mais c’est pour ça qu’ils ont leurs cuves...)

http://www.irsn.fr/fr/actualites_pr...

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(IP:xxx.xx2.43.212) le 17 octobre 2013 à 10H39

Voici ce qu’on arrive à lire, venant de spécialiste Allemand du Bundestag.

"La connaissance de la fission du lithium et du dégagement d’énergie qu’elle permet a progressé au cours des dernières décennies, de même que l’idée qu’on pouvait éventuellement produire de l’énergie nucléaire sans radioactivité."

DONC la technique de la FUSION nucléaire avec d’autres éléments que ceux susceptibles de nous détruire deviendrait possible aussi...en attendant, la découverte d’une source d’énergie encore plus abondante et plus neutre.

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