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Eolien : Pourquoi tant d'incohérence ?

Article publié le 2 avril 2012

Eolien : Pourquoi tant d'incohérence ?

Selon le dernier bilan de RTE (Réseau de Transport de l’Electricité), le parc éolien français représente 6640 MW raccordés fin 2011. L’année dernière, avec seulement 875 MW installés, il a progressé plus faiblement qu’en 2010 (durant laquelle sa croissance a représenté 1200 MW) *. Pour le Syndicat des Energies Renouvelables et France Energie Eolienne, « cela représente une chute très préoccupante de 30% des MW annuellement raccordés ».
« Ce rythme de développement est très insuffisant : c’est 1 350 MW par an qu’il nous faudrait raccorder pour être au rendez-vous du Grenelle de l’environnement qui fixe à la filière un objectif de 19 000 MW terrestres en 2020. » précise le communiqué du SER-FEE.

 
En cause : Certes la difficulté de raccordements due au manque de capacité d’accueil des réseaux électriques et la conjoncture économique, mais aussi des contentieux abusifs (dans plus de 75 % des cas, l’annulation du projet ou de la ZDE est refusée par le Tribunal administratif) qui retardent les chantiers, ainsi que de nouvelles dispositions très contraignantes (ICPE, obligation de réaliser des parcs de 5 éoliennes, schéma régional éolien en plus des ZDE).
 

Supprimer l’obligation de 5 mâts et les ZDE
 

Pour atteindre l’objectif fixé (qui est aussi un engagement européen du Paquet Energie Climat), Jean-Louis BAL, Président du SER, et Nicolas WOLFF, Président de FEE, la branche éolienne du SER, demandent « la suppression de la règle des cinq éoliennes minimum et celle des ZDE, une fois les schémas régionaux éoliens adoptés ». 2 mesures « faciles à mettre en œuvre » précise Elodie Perret, Chargée de mission filière éolienne au SER. Dans certaines régions, comme la Bretagne, l’obligation de 5 éoliennes minimum a éliminé plus d’1/3 des projets. Un gâchis, alors que la zone géographique, bien ventée, manque d’électricité, et que les petits parcs éoliens s’insèrent mieux dans les paysages.
 

Le parc éolien évite le recours aux centrales thermiques et contribue à l"équilibre offre-demande
 

rappelle un autre communiqué du SER.
 

Jeudi 2 février, alors que la température moyenne en France a été de – 4°C, le parc éolien a couvert en moyenne 4 % de nos besoins en électricité (taux atteint y compris lors de la pointe de consommation de 19h), en parvenant à des puissances de production de plus de 4000 MW : c’est l’équivalent de deux fois la puissance électrique consommée par la ville de Paris.
 

Cette production réduit d’autant le recours aux centrales thermiques (charbon, gaz et fioul), polluantes et au coût de production élevé, ainsi que les importations d’électricité.
 

La situation actuelle démontre une nouvelle fois que les périodes de grand froid ne sont pas synonymes d’une absence de production éolienne. RTE l’avait constaté dès 2007 et le rappelle régulièrement depuis : « L’analyse météorologique à l’échelle nationale ne montre pas que les périodes de froid intense s’accompagnent systématiquement de faibles productions éoliennes ». Au contraire, la production éolienne est en moyenne plus élevée durant ces périodes.**
 

Le dispositif IPES (pour l’insertion de la production éolienne et photovoltaïque sur le système) mis en place par RTE permet de prévoir chaque jour et de manière satisfaisante la production éolienne sur le territoire et d’y adapter les besoins restants. Ainsi, le parc éolien participe pleinement à l’équilibre offre demande. C’est ce que rappelle régulièrement RTE dans le Bilan Prévisionnel*, en précisant « qu’en France, 25 000 MW d’éoliennes ou 5 000 MW d’équipements thermiques apparaissent équivalents en termes d’ajustement du parc de production ».
 

 

*Source Bilans électriques RTE 2009 - 2010 – 2011. Ces chiffres concernent la France métropolitaine
** Document source (équilibre offre-demande) : http://www.rte-france.com/fr/mediatheque/documents/l-electricite-en-france-donnees-et-analyses-16-fr/publications-annuelles-ou-saisonnieres-98-fr/bilan-previsionnel-de-l-equilibre-offre-demande-100-fr

 Source image : http://www.greenzer.fr/

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Eolienne

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commentaires
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(IP:xxx.xx9.0.213) le 2 avril 2012 à 16H08

"Le parc éolien évite le recours aux centrales thermiques et contribue à l"équilibre offre-demande"

== C’est certainement la raison pour laquelle on met en route les centrales thermiques quand le vent est insuffisant.....

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par Lucien (IP:xxx.xx0.66.5) le 2 avril 2012 à 22H50

En effet, chiffres à l’appui, l’éolien et les autres énergies renouvelables permettent de réduire l’utilisation des combustibles fossiles et celle du nucléaire. Le mythe des centrales thermiques de secours ne tient pas face à la réalité des faits, comme on le constate dans tous les pays qui développent avec sérieux les énergies renouvelables.

Statistiques récentes : http://energeia.voila.net/renouv/el...

Et pour ceux qui l’ignorent, l’éolien est bien souvent moins cher que le nucléaire : http://energeia.voila.net/electri/eolien_moins_cher.htm

Assez évident avec le nucléaire nouveau, genre EPR, mais aussi avec le nucléaire ancien. Car après les dix premières années à 82 euros le MWh, l’éolien ne coûte plus que 28 à 82 euros le MWh selon l’implantation plus ou moins productive. C’est déjà le cas pour les éoliennes plus anciennes, avec des modalités un peu différentes.

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(IP:xxx.xx9.0.213) le 3 avril 2012 à 12H21

"Le mythe des centrales thermiques de secours ne tient pas face à la réalité des faits, comme on le constate dans tous les pays qui développent avec sérieux les énergies renouvelables."

Aujourd’hui, plus de 20 % de l’énergie consommée par les 5,3 millions de Danois provient de sources renouvelables, et la perspective est de 29 % en 2010.

Le paradoxe danois

Le Danemark est le pays où l’énergie éolienne est la plus développée, mais dont les émissions de CO2 par habitant sont les plus élevées d’Europe. En effet, le Danemark ne dispose pas de centrales nucléaires et ses installations hydroélectriques sont très limitées. La production d’électricité se fait donc essentiellement par le biais des centrales thermiques au charbon, qui émettent de très gros volumes de CO2.

Comme quoi certains ne voient que ce qu’ils veulent bien voir et que ce qui les arrangent.......

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par Hervé (IP:xxx.xx1.57.113) le 3 avril 2012 à 21H18

En fait nous avons en France un réel potentiel éolien, bien meilleur que l’Allemagne ou le Danemark. Cela est du à nos trois régimes de vent décorellés. Il est peut être possible qu’il puisse techniquement couvrir jusque à 70% du Mix sans recours aux moyens de stockage. Le reste serait pour l’essentiel thermique. Voir :http://dl.free.fr/aUt0H69qC

La problématique c’est tout ce qui accompagne ce déploiement (s’il s’avère réellement possible) : 120000 Machines, un renforcement massif du réseau électrique, un nouveau système contrôle commande, la construction de nombreuses centrales thermiques d’appoint, avec le souci d’appro. des énergies fossiles (et de leur augmentation tarifaire, balance commerciale)...

Tout cela, personne n’en veut, pas plus que de l’augmentation des tarifs associée qui devrait se situer entre x3 et x5.

On est face a un choix, soit on reste sur un mix atomique à relativement bas coût et on doit développer la G4, soit on explose nos factures, on ravage nos paysages et on exploite le gaz de schistes.

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par Mijo (IP:xxx.xx7.154.128) le 3 avril 2012 à 22H30

@ Hervé

Mais d’où sortez-vous ce chiffre de 120000 machines(éoliennes) ?

Le scénario NegaWatt prévoit 91% d’énergies renouvelables pour la France à l’horizon 2050 avec un mix : biomasse, éolien, photovoltaïque, + efficacité énergétique et économies d’énergie. Dans un tel scénario, l’éolien terrestre augmente sa puissance installée certes, mais pour un parc de 17500 machines en 2050. Quant à l’éolien offshore, il devrait représenter, avec seulement 4300 machines de forte puissance, presque la moitié des 194 TWh produits en 2050.

[http://www.colorwatt.com/article-ne...]

Notre mix atomique à bas coût intègre-t-il bien le stockage et la surveillance à long terme des déchets nucléaires, le démantèlement des centrales vétustes et le remplacement du parc ? Si la GénIV était la trouvaille du siècle, ça se saurait, tous les pays plancheraient dessus, et notre Cour des Comptes à nous ne recommanderait pas la prudence concernant sa possibilité de développement à grande échelle...

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par Hervé (IP:xxx.xx1.57.113) le 4 avril 2012 à 20H06

120000 machines c’est ce qu’il faut pour faire 70% de notre conso actuelle. Vous avez les détails dans le fichier joint.

Le scénario negawatt est peu crédible pour les raisons suivantes :

-  Il table en premier lieu sur une baisse importante de la conso. (diminution de 2/3). Cette baisse sera très difficile à obtenir en pratique.
-  Il semble parfois mélanger les besoins primaires et finaux.
-  Il n’est pas tenu compte des rendements très médiocres de la solution de stockage proposée.
-  Le scénario s’appuie sur des technologies au stade expérimental et encore très loin du stade industriel, sans parler des couts.

Il est beaucoup plus raisonnable de penser que dans le meilleur des cas, une partie de la conso fossile se déplacera sur d’autres formes d’énergies Enr et électricité et que parallèlement les économies d’énergie associées permettront de contenir ce transfert de manière a garder une conso élec constante.

Nous vivons actuellement au dessus de nos moyens mais la situation ne va pas durer. Dans ces conditions, les surcoûts des ENR seront rapidement insupportables sachant qu’on oublie encore les frais de stockage, gestion reseau... qui seront necessaires pour avoir un Mix fortement ENR.

Seules les énergies bon marché ont un réel avenir. L’éolien on shore n’est pas trop mauvaise sur ce plan et pourrait donc être partiellement développée. Mais il est très peu probable qu’on aille a un fort taux. Les réalités économiques et techniques nous stopperont bien avant.

Concernant l’énergie nucléaire, il faut rappeler que
-  Les déchets emprisonnées dans du verre R7T7 et enfouis dans de l’argilite n’ont pas besoin de surveillance. Le coût que vous évoquez ne concerne que le temps du transfert et est déjà comptabilisé.
-  La démolition d’un réacteur a eau pressurisée est relativement peu coûteuse comparativement aux autres modèles. Les américains qui ont déjà pratiqué sur des réacteurs de taille comparable ont dépensé 600M€ / réacteur. EDF tablent sur la moitié par effet d’échelle. Même s’ils se plantent, le surcoût ne sera pas significatif sur le coût final du Mwh.

Concernant la GIV,c’est effectivement la trouvaille du siècle et nous étions trés en avance dessus. Son potentiel est enorme.

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(IP:xxx.xx1.146.201) le 7 avril 2012 à 19H26

"" Les déchets emprisonnées dans du verre R7T7 et enfouis dans de l’argilite n’ont pas besoin de surveillance.""

Tiens donc ! ...On se croirait revenu au temps du démantèlement de nos usines d’industries minières du nord de la France par exemple....Les produits arrivent curieusement dans nos rivières et notre eau de boisson...sans que personne ne puisse retrouver l’origine ! Et à quoi bon, retrouver l’origine ?

La question : "ça dure combien de temps le potentiel de nocivité quand on cache des déchets dans le sol ? C’est que sur notre terre , tout est une question d’équilibre et le sol est très instable comme les petits tremblements de terre actuels nous le rappellent...Parfois, ils se transforment en gros tremblements plusieurs siècles après !

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par Hervé (IP:xxx.xx1.57.113) le 11 avril 2012 à 19H03

Quelles précautions lors du démantèlement de vos industrie minières ? Les deux cas ne sont pas comparables. Il serait par ailleurs souhaitable que certaines industries chimiques gèrent aussi bien leurs déchets que l’industrie nucléaire. Ce n’est pas le cas aujourd’hui.

Pour répondre à votre question concernant les déchets nucléaires, l’essentiel de leur nocivité aura disparu dans un gros millier d’années environ. C’est sur cette période qu’il est vraiment nécessaire que l’enfouissement soit étanche. Ensuite la radioactivité résiduelle est du même ordre que ce qu’on peut trouver naturellement dans une mine d’uranium. Elle mettra 100000 ans pour disparaître complètement.

Pour comparer, par exemple l’industrie chimique produit des déchets à base d’arsenic, aussi dangereux que les déchets nucléaires, mais stables... (ils seront toujours la dans 1000000 d’années...)

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(IP:xxx.xx9.7.109) le 12 avril 2012 à 17H19

@ Hervé

Quelles précautions lors du démantèlement de vos industrie minières ? Les deux cas ne sont pas comparables.

Ne vous inquietez pas ! Ninive a l’habitude de dire n’importe quoi sur n’importe quel sujet !

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