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Energie : Et maintenant, on fait comment ?

Article publié le 22 juin 2011

Energie : Et maintenant, on fait comment ?

La catastrophe du Fukushima vient brutalement de repousser tout au moins, voire de jeter au panier, le modèle de "mix" énergétique sur lequel le monde comptait poursuivre son développement économique. Un mix énergétique qui avait l'avantage d'être le seul réaliste, quoique très limite quand même, pour permettre aux pays émergents de se rapprocher du niveau de vie des pays développés, aux pays développés de se maintenir à leur niveau de vie actuel tout en faisant néanmoins des efforts considérables pour s'y maintenir et de maîtriser tant bien que mal le réchauffement climatique.

Car s'il est facile de parler de solution vertes et de critiquer toujours et encore les choix existants, il est infiniment plus difficile de trouver d'autres solutions pour satisfaire les besoins chiffrés des uns et des autres à l'échelle de la planète.

Plusieurs choses sont sûres. Du coté des besoins, nous n'empêcherons pas les pays émergents qui ont enfin trouvé la martingale de la croissance de poursuivre dans cette voie tellement le réservoir de ceux qui n'ont rien ou pas grand chose est vaste et tellement leurs attentes, totalement légitimes, sont immenses. Ceux qui ne l'ont pas encore trouvée la trouveront bientôt et viendront se rajouter aux acheteurs d'énergie sur la marché.

Coté ressources,la production mondiale de pétrole brut, comme l'avait annoncé en faisant un peu scandale le PDG de Total,Christophe de Margerie,il y a trois ans, ne pourra pas dépasser les 90/95 millions de barils.Il n'y aura pas de Peak oil brutal avec une décroissance forte immédiatement après à partir de .. ? 2025, 2040 ou 2050 mais une production en plateau aux alentours des 100 Millions de barils/jours pendant.... quelques décennies.Les efforts considérables pour développer de nouveaux gisements viendront juste compenser la décroissance des gisements existants qui, elle, se précise tous les jours.

Coté gaz il y a encore de large réserves existantes et les gaz de shistes que nos écologistes rejètent d'un revers de main sans même se donner la peine d'étudier le problème viendront probablement nous donner quelques décennies de répit.

Le charbon également est en quantité disponible considérable à la surface du globe mais par contre il dégage beaucoup de CO2 lors de sa transformation en énergie électrique ou calorique sans compter des polluants importants comme le SO2, le précurseur des pluies acides, et necessitera donc des méthodes lourdes et couteuses pour en dépolluer l'utilisation.

Viennent ensuite les énergies renouvelables sur lesquelles nous commencons à avoir un peu de recul. La meilleure d'entre elles est l'énergie hydraulique qui a l'avantage de pouvoir produire jour et nuit et qui peut se conserver ou se stocker pour la transformer en électricité au moment où l'on en a besoin. Les sites utilisables dans les pays développés sont malheureusement déjà équipés. Il en reste par contre beaucoup de disponibles dans les pays émergents ou en voie de développement.

Le solaire ou l'éolien sont des énergies qui ont un potentiel important de développement et de gros inconvénients.Leur production est intermittente et ne dépasse pas 30pct du temps de fonctionnement, elles sont couteuses et suscitent facilement des réactions négatives du type NYMBY, Not in my Backyard, pas dans ma cour.La technique peut bien sur progresser mais sur la base de l'expérience existante on peut difficilement envisager qu'elles puissent dépasser les 25/30 pct de la production mondiale.

Reste la biomasse et le bois en particulier qui a du potentiel mais au détriment des cultures alimentaires et en éliminant de vastes zones d'absorption de CO2 dont nous avons besoin pour lutter contre le réchauffement climatique. On ne peut à la fois se plaindre de la déforestation en Indonésie, en Afrique et en Amazonie et vouloir promouvoir l'utilisation du bois de chauffage !

Alors ? Alors nous ne pourrons pas nous passer du nucléaire. Nous pourrons en minimiser l'usage, un certain nombre de décennies, mais c'est tout. C'est pourquoi l'attitude "populiste" de certains de nos dirigeants politiques est atterrante. La chasse aux voix passe avant l'avenir de l'humanité. Consternant ! Bien sur il faut tirer les conséquences de Fukushima, inspecter tout le parc mondial de centrales existantes, refaire le point sur leur technologie, en fermer un certain nombre, en réhabiliter un nombre important d'autres et ne construire de nouvelles centrales qu'à un standard à définir mais qui sera proche de celui des EPR avec sans doute quelques améliorations importantes en plus.

Il faudra peut être admettre qu'il ne sera pas possible d'installer partout des centrales nucléaires et que certains pays dont le niveau d'excellence technologique n'est pas suffisant ne pourront, pour un temps, y avoir accès. Peut être même faudra t-il mutualiser la production mondiale d'électricité nucléaire, dans le style du projet Desertec ?

Les écologistes, toujours à l'affut d'une mauvaise nouvelle électoraliste, vous diront qu'il n'y aura pas suffisamment d'Uranium dans le monde pour alimenter toutes les centrales en production. C'est vrai et faux à la fois. Il faudra passer en effet à un moment donner aux centrales surgénératrices, alimentées par du combustible en provenance des centrales classiques et à partir de l'utilisation desquelles nous n'aurons plus de problème de combustibles nucléaire. Quel dommage que Madame Voynet ait jugé utile de demanteler Super Phénix à Creys Malville qui serait bien utile actuellement !

Et que se passera t il si tout ce beau plan ne peut se mettre en place, me direz vous ? Eh bien nous reviendrons au mode de vie moyenâgeux que Monsieur Yves Cochet avait très bien décrit dans un de ses livres.Nous aurons droit à des guerres sanglantes pour s'approprier les ressources énergétiques naturelles disponibles.D'ailleurs c'est déjà commencé si vous suivez la politique d'appropriation de ces ressources que la Chine a mise en place 

Et nous devons nous attaquer au problème de base qui est à l'origine de cette crise énergétique, la croissance sans limite et sans controle des populations à la surface de la planète...   

Source image : http://www.navi-mag.com

 

Thèmes

Energie Pétrole Croissance

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2 votes

commentaires
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(IP:xxx.xx3.65.100) le 22 juin 2011 à 21H27

Enfin un article nuancé et réaliste sur l’avenir énergétique de l’humanité, ne faisant pas abstraction d’un des paramètres fondamentaux de cette équation, la démographie. Merci pour cette publication.

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(IP:xxx.xx9.172.35) le 23 juin 2011 à 15H00

Les énergies renouvelables coûteuses ? Quid du démantèlement des centrales ?

Et l’avenir n’est sûrement pas dans une production mondialisée de l’électricité, mais dans des petits réseaux locaux (à l’échelle d’un département au maximum) que l’on appelle Smart Grids : une gestion intelligente des besoins et des ressources disponibles.

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par Hervé (IP:xxx.xx5.64.43) le 24 juin 2011 à 20H00

Très bon article dans son ensemble qui a le mérite d’évoquer tous les problèmes. Par contre votre estimation de la capacité des ENR est discutable. Elle dépends beaucoup des moyens qu’on veut y mettre et de la gêne qu’on est prêt à supporter. Votre chiffre parait être une valeur médiane mais y est possible d’aller au delà.

En remarque à (IP:xxx.xx9.172.35) La production D’ENR doit être mutualisée pour pouvoir marcher efficacement. ça passe forcément par un réseau au moins national voire mondial. Lorsque les moyens de production d’une zone sont insuffisants, c’est une autre zone en excès qui fournit. Plus la taille de la grille est importante, moins on a recours aux énergies fossiles en substitution.

Le fonctionnement en "SamrtGrid" permet permet d’optimiser ce vaste réseau en modifiant aussi les consommation pouvant être différées par exemple. Elle ne réglera pas tous les problèmes loin de là mais va dans le bon sens.

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par Croa (IP:xxx.xx0.36.90) le 23 juin 2011 à 21H54

Qu’est-ce qui fait croire à l’auteur que les pays du sud voudraient notre mode de vie ? Leur a-t-il demandé seulement ?

Le moyen-âge était un enfer : A-t-il vécu cette période ? C’était sûrement mieux en effet du temps des romains... Mais pourquois sommes-nous devenus chrétiens, alors ???

Pour cet auteur il y a deux croissances, l’économique incontournable pour tous et forcément profitable, et la démographique, qui serait "le problème" ! Normal qu’il voit dans l’énergie nucléaire la solution !

Est-il masoschiste pour écrire ça dans NaturaVox ?

Je propose qu’on l’envoie à Fukushima.

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(IP:xxx.xx3.88.10) le 15 juillet 2011 à 19H10

par Croa

"Qu’est-ce qui fait croire à l’auteur que les pays du sud voudraient notre mode de vie ?"

- Manifestement, la direction des flux migratoires dans le monde depuis une cinquantaine d’années vous ont complètement échappé ou bien vous ne voulez pas les voir.... Et pourquoi donc à votre avis, ces flux se feraient tous dans le même sens ?

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par lio (IP:xxx.xx1.203.251) le 24 juin 2011 à 10H13

laissez tomber c’est sont credo la provoc et de toute façon il ne répond jamais,de temps en temps il a un petit éclair de lucidité mais c’est rare !

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(IP:xxx.xx3.215.97) le 1er juillet 2011 à 08H28

Il me semble bien curieux que personne ne reprenne le fait que dans de très nombreux domaines on constate que le mensonge s’y est incrusté en maître. Le premier domaine qui fut vraiment révélateur fut celui de la physique ; cette science qui nous était présentée dans les années 1999 comme terminée et elle reprend très courageusement actuellement puisqu’il fut découvert que des physiciens avaient osé "déguiser des vérités" et cela à l’origine même des théories. Bien sûr, les professeurs enseignaient le programme officiel sans pouvoir en modifier le contenu puisque le principe même de la science est que tout ce qui est prouvé doit être considéré comme vrai par l’humanité entière et donc par les enseignants.Les étudiants, avec leur esprit rationnel et cartésien, ont appris ces erreurs sans problème et les ont également mises sur papiers le jour des examens. Je ne m’étends pas sur les erreurs en médecine qui déclenchent des scandales depuis les années 1990 en médecine.

Alors, pourquoi n’y aurait-il pas des erreurs, aussi dans les théories de cette physique nucléaire et que cela empêcherait de découvrir, comme par hasard, l’utilisation de l’atome sans le danger mortel qui l’accompagne actuellement et également sans les sommes d’argent extravagantes pour l’élimination des déchets ? Les physiciens sont actuellement sélectionnés et instruits en fonction de leur mental rationnel et cartésien par notre éducation nationale et les meilleurs d’entre eux nous déclarent qu’ils ne savent pas quand ils pourront utiliser convenablement l’atome. Ne pourrait-on donc pas changer ces spécialistes qui sont arrivés au bout de leur compétence et nous en mettre qui arriveront à découvrir enfin une correcte utilisation de l’atome.

J’insiste sur ce fait puisque je constate actuellement que de petites entreprises installent un peu partout en France des dispositifs qui diminuent la consommation de carburant, et donc la pollution tout en allongeant la durée de vie des moteurs et qu’aucun ministère et qu’aucune administration que ce soit de l’agriculture et ou de l’industrie ou de la recherche ne juge bon d’en examiner la valeur scientifique exacte. Il me parait vraisemblable que lorsqu’on a un cerveau rationnel et cartésien on devienne en même temps inapte à envisager le progrès.

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(IP:xxx.xx5.225.148) le 2 juillet 2011 à 22H48

« Le premier domaine qui fut vraiment révélateur fut celui de la physique ; cette science qui nous était présentée dans les années 1999 comme terminée et elle reprend très courageusement actuellement puisqu’il fut découvert que des physiciens avaient osé "déguiser des vérités" et cela à l’origine même des théories »

Mais bien sur ...

« Alors ? Alors nous ne pourrons pas nous passer du nucléaire. »

Mais bien sur ...

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(IP:xxx.xx1.1.51) le 7 juillet 2011 à 17H52

@(IP:xxx.xx5.225.148) le 2 juillet 2011 à 22H48 : Comme toujours, des êtres Intelligents vont trouver ou même ont trouvé une meilleure façon d’utiliser le nucléaire. Le problème sera certainement le faible cout et la moins grande dangerosité...Un être qui ose se croire et même se dire "rationnel et cartésien" ne peut envisager cette possibilité.

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(IP:xxx.xx0.144.29) le 26 novembre 2011 à 02H32

l’agriculture et ou de l’industrie ou de la recherche ne juge bon Le problème sera certainement le faible cout et http://www.christianlouboutin4usale.com/ ganjames

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