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Du pétrole et des idées : comment sortir de notre dépendance ?

Article publié le 1er août 2012

Le pétrole est au coeur de notre capacité à nous déplacer. La mobilité des personnes et des biens nous semble un droit inaliénable alors qu’il dépend étroitement d’une ressource hydrocarbure que l’on nous trouve, sur notre planète, qu’à l’état de fossile dans des gisements de plus en plus inaccessibles.

Du pétrole et des idées : comment sortir de notre dépendance ?

 

Toute la crise économique est analysée avec une distorsion extraordinaire : la majorité des observateurs oublie le rôle crucial que joue le coût des hydrocarbures dans la lente dégradation que subissent les économies occidentales depuis 30 ans.

Au coeur de nos modes de vie et de nos dépenses, depuis plus d'un demi-siècle, le pétrole a les vertus d'une évidence qui ne discute plus. Aucune piste crédible ne semble représenter une alternative à sa domination sur nos économies.

Les hydrocarbures ont un avantage énorme sur les autres vecteurs énergétiques : ils concentrent une puissance à l'unité de poids incomparable. On peut donc stocker et transporter une énergie considérable, bien plus facilement que dans des batteries ou un réservoir d'eau situé en hauteur.

Cet avantage comparatif exceptionnel explique la révolution des transports que nous avons connu au XXéme siècle : aujourd'hui un véhicule autonome d'une tonne peut transporter plusieurs quintaux de personnes et de marchandises sur plus de mille kilomètres. Le carburant nécessaire à cet exploit ne représente qu'une cinquantaine de litres d'un liquide au goût et à l'odeur caractéristique.

Depuis, aucune autre invention technique n'a pas dépasser ces performances. Cela explique l'échec déjà patent du pari de la voiture électrique individuelle.

 

Or, les temps glorieux du pétrole se terminent : inexorablement, le coût des hydrocarbures augmentent. Le pic de production étant atteint, on peut s'attendre, dans les années à venir, à voir les prix à la pompe augmenter de manière importante. Il est réaliste d'imaginer un litre de carburant à 2 voir 3 euros d'ici cinq ans, soit un plein d'une voiture entre 100 et 200 euros.

Il y a donc quelque chose de surréaliste à voir des candidats à l'élection présidentielle, défendre l'idée d'un moratoire sur les prix dont tout le monde se doute qu'il s'agit d'une annonce démagogique.

Les conséquences de ces augmentations risquent d'être dramatiques : un coût élevé pour les ménages et les entreprises, une nouvelle dégringolade pour une balance commerciale qui perd déjà l'équivalent de la facture pétrolière chaque année (60 milliards), une aggravation de la crise économique et donc de la crise de la dette pour l'économie française et mondiale.

 

La seule question qui vaille est donc bien la suivante : sur le plan de nos mobilités, comment imaginer des solutions réalistes et efficaces pour éviter ce désastre annoncé ?

Comme nous venons de le voir, la solution du tout-électrique de Bolloré et de Renault ne semble pas à la hauteur du défi : l'autonomie faible de ces véhicules, le coût élevé des batteries condamnent ces voitures à des usages limités : utilisation urbaine, essentiellement dans des flottes en auto-partage et en entreprises, avec des points de recharge balisés. Le péri-urbain, qui habite à 50 kilomètres de son lieu de travail, ne pourra pas s'en contenter et ne prendra pas le risque de l'acheter.

Le développement des hybrides semble davantage prometteur. Mais ces véhicules sont chers et lourds. Il en est de même des véhicules à hydrogènes, dont la technologies, encore fragile, semble prometteur. Il paraît difficilement concevable d'aller vers une planète automobile entièrement constitués de véhicules utilisant ces énergies.

De plus, avec la diminution des ressources en hydrocarbures, se profile un autre danger : celui du coût croissant des matériaux nécessaires à la construction de nos véhicules : acier, plastique et constituants des batteries vont voir leurs prix augmenter, parallélement à ceux du pétrole.

Notre planète ne pourra pas supporter des véhicules individuels complexes, utilisant des matériaux non renouvelables, pour tous les habitants. De plus, on sait que la congestion des agglomérations par les voitures individuelles comportent de nombreux effets négatifs. 

 

Que faut-il alors faire ? Voici un "plan de bataille" en quelques points :

1-"Profiter" de l'augmentation inéluctable du prix de l'énergie pour dégager des ressources financières permettant d'investir dans un nouveau système de mobilité. La conséquence positive de l'augmentation des carburants sera l'augmentation proportionnelle de la TIPP, impôt payé sur l'achat des carburants. On a alors trois possibilités :

-La démagogie : Diminuer la charge sur les ménages de l'augmentation des prix des hydrocarbures en utilisant des mécanismes de TIPP flottants. C'est généreux, mais cela serait continuer à maintenir "la tête dans le sable" des populations qui seront confronté inévitablement à ces augmentations. Cette stratégie est donc utile sur le court terme mais catastrophique sur le long terme car seuls les plus riches pourront continuer à circuler dans des véhicules individuels.

-Le cynisme : utiliser les produits de ces augmentations comme un impôt et en profiter pour diminuer les déficits de l'Etat.

-Le réalisme : utiliser les produits de ces augmentations de la TIPP pour investir dans un nouveau système de mobilité qui nous permette de sortir de notre dépendance au pétrole. C'est le mécanisme des contributions incitatives.

 

2-La complexité des systèmes urbains autorise le développement de système de mobilités comportant de multiples vecteurs complémentaires. La réponse à la Berezina du pétrole n'est pas univoque. Elle prendra de multiples facettes :

 

a-Les énergies utilisées seront variées : véhicule léger utilisant des moteurs à très basse consommation, probablement utilisant comme carburant du gaz méthane, flotte de véhicules électriques en partage dans le monde urbain, véhicules performants collectifs fonctionnant à l'hydrogène ou en hybride.

b-Le véhicule individuel (une personne possédant un véhicule) va progressivement laisser la place à des système de partage combinant différents vecteurs de transport. Deux systèmes vont coexister :

-la location de véhicule à la demande : deux roues ou petites voitures. Les centrales de location seront installées partout : dans une copropriété (à l'usage exclusif de ses habitants), dans les supermarchés, les parkings, les services publics. La multiplication progressive des lieux de location va rendre obsolète et coûteux son "propre" véhicule puisqu'on trouvera partout son équivalent. 

-la multiplication de véhicules collectifs (taxis, petits bus) équipés de propulsion hydrogène ou hybride gaz/électrique. Fonctionnant sur des lignes souples, ces véhicules seront de plus en plus nombreux. Leurs fréquences de passage va augmenter en conséquence. Les pouvoirs publics vont favoriser leur accès au sein des agglomérations (couloirs de circulation, tunnel d'accès au centre ville qui leur sera réservé) 

 

c-Au coeur de ces nouveaux systèmes de mobilité : le téléphone mobile. Grâce à la géolocalisation et au paiement automatique, l'usager cherchera le lieu de location ou la ligne de transport le plus proche, réservera son véhicule ou son taxi collectif à l'avance et paiera son trajet.

 

3-Avoir une politique volontariste qui favorise l'émergence de ces nouveaux systèmes de mobilité. On peut laisser faire l'économie libérale en ce domaine. Mais on risque alors de voir les riches rouler dans de puissants véhicules hydrogènes et une partie croissante de la population se contenter de mauvais bus. Mener une politique volontariste, c'est transformer la TIPP en des contributions incitatives qui vont permettre d'investir :

-dans les stations de partage de véhicule

-dans les lignes et les taxis collectifs

-dans l'accompagnement des nouvelles énergies : électrique, hydrogène, gaz

-dans les mutations de l'industrie automobile, centrée aujourd'hui sur la voiture individuelle, vers les véhicules collectifs.

 

Conclusion : le personnel politique a souvent une vision à court terme des problèmes de mobilité. Il est vrai qu'il est soumis à ses propres représentations et à ses propres usages. Passer de notre véhicule personnel, dont nous sommes propriétaires, dont il nous suffit de prendre la clé pour se mouvoir, à un autre système, où on prend son mobile pour appeler ou chercher un véhicule représente une révolution mentale qui va mettre des décennies à s'imposer. Cette révolution est pourtant indispensable si nous ne voulons pas voir les voitures individuelles réservées à quelques privilégiés pendant que la majorité de la population ira s'entasser dans des bus.

 

Thèmes

Pétrole Energies fossiles

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commentaires
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