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Demande énergétique : toujours sans changement...

Article publié le 23 novembre 2009

La grande négociation sur le climat et les émissions de CO2 qui dit se tenir très bientôt à Copenhague approche. A cette occasion l 'Agence Internationale de l'Energie vient de publier dans son dernier rapport ses estimations révisées d'évolution de la demande mondiale d'énergie dans laquelle elle prend en compte l'impact de la crise. Il est vrai que l'on sent, depuis cette crise, une moins forte demande de combustibles fossiles, pétrole brut ou gaz et même une certaine pression à la baisse des prix du gaz. Vite à se rassurer, nos opinions publique et nos dirigeants affichent désormais moins d'inquiétude sur la disponibilité d'énergie dans l'avenir proche. Ce qui, hélas, ne va pas faciliter les discussions sur l'après Kyoto à Copenhague car comme vous le savez, consommation d'énergie, émissions de CO2 et réchauffement climatique sont étroitement liés.

Or que dit l'AIE dans son rapport ? 

AA_017Que rien n'a changé vraiment, que la crise se traduira sur la courbe générale d'évolution de la demande par une petite anicroche de 3/4 ans sur l'évolution de cette demande mais qui si on regarde la courbe à long terme jusqu'en 2030, rien n'a pratiquement changé dans l'allure de cette courbe ou si peu, 1.3 pct de demande en moins en 2030 par rapport à la courbe précédente de l'année dernière !

En regardant plus dans le détail on constate que la demande aura néanmoins baissé de 4.5 pct en 2015 mais qu'au delà elle reprend comme précédemment à la hausse à un rythme de croissance de 1.5 pct par an. Ce qui sur la période de 2007 à 2030 revient finalement à augmenter cette demande globale de 40 pct !!!

La demande sera cependant modifiée dans sa répartition géographique. la demande OCDE, celle des pays industrialisés, diminuera de 5.7 pct en 2015 et de 4.2 pct à l'horizon 2030 du fait des politiques de réduction d'émissions mise en place dans ces pays mais aussi du basculement de l'activité économique des pays industrialisés vers les pays émergents, Chine et Inde en tête. Les besoins de la Chine vont ainsi passer de 16 pct de la demande d'énergie mondiale en 2007 à 23 pct en 2030.

Au final l'appétit des pays émergents va plus que compenser la baisse de demande des pays industrialisés. Il faudrait ainsi que, pour satisfaire la demande, la production journalière de brut que l'AIE qui est prévue être de l'ordre de 86 millions de barils par jour en 2010 puisse passer à 106 millions de barils/jour en 2030 Or l'impact de la crise et de la baisse du prix du baril s'est traduit par une diminution sensible( -19 pct !), de l'effort de recherche de nouveaux gisements dans les sociétés pétrolières.

Le prix du baril n'a donc pas fini de remonter.  

Thèmes

Energie Energies fossiles

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par floyd (IP:xxx.xx7.58.70) le 23 novembre 2009 à 17H39

Heureusement, il n’y pas que le pétrole sur cette planète :

Gaz : le scénario qui change tout

Pierre Veya

Les gaz non conventionnels modifient la donne énergétique mondiale

Le rapport de l’Agence internationale de l’énergie sur les perspectives 2009 (LT 11.11.09) a, sans surprise, insisté sur les enjeux de la conférence climatique de Copenhague. Mais l’essentiel de son rapport contenait une autre information, autrement plus surprenante. Les réserves mondiales de gaz sont sans doute beaucoup plus importantes que prévues. Jusqu’ici, il était communément admis que la planète pourrait satisfaire ses besoins en gaz pour les 60 prochaines années, en puisant dans les stocks de trois pays (Russie, Iran, Qatar) qui se partagent une bonne moitié des réserves. Or, en réalité, les réserves pourraient couvrir deux siècles de consommation si l’on cumule les gaz non conventionnels, en particulier les gaz contenus dans les schistes (shale gaz en anglais) et les zones de transition (gaz de charbon, réservoirs très profonds).

Les schistes a porosité très faible piègent de grandes quantités de gaz provenant de la décomposition de bactéries et de matières organiques. Ils suscitent aujourd’hui une frénésie d’investissements. Car les gaz de schiste sont de plus en plus exploitables grâce à des techniques de fracturation des roches par l’envoi d’eau et de sable pour libérer les hydrocarbures. C’est aux Etats-Unis à partir du début des années 90 qu’un « rush » sur ces gisements a démarré avec la mise en service d’une cinquantaine de puits. On en dénombre aujourd’hui des milliers et les experts prévoient qu’à l’horizon 2030, 60% de la production américaine (la deuxième plus grosse production mondiale après la Russie) pourrait provenir de forages profonds et horizontaux, couvrant de larges territoires. Un saut quantitatif énorme si l’on sait que les gaz non conventionnels représentent aujourd’hui à peine quelques pour-cent de la production mondiale. Et surtout, les experts jugent que des réserves dune ampleur équivalente peuvent être trouvées en Europe ou en Asie. « C’est une percée majeure qui changera la géopolitique mondiale du gaz », confiait récemment au New York Times Amy Myers Jaffe, un expert en énergie de la Rice University. Pour la première fois, l’Agence internationale de l’énergie consacre une partie substantielle de son analyse aux gaz non conventionnels dont la montée en puissance a d’ores et déjà un effet sur les prix. Et elle en tire une conclusion limpide : « La menace de surproduction de gaz qui se dessine pourrait avoir des effets considérables sur les structures des marchés gaziers et la formation du prix du gaz en Europe et dans la région Asie-Pacifique. La réduction importante des besoins d’importation des Etats-Unis (en raison de perspectives plus favorables pour la production intérieure et d’une demande intérieure plus faible) pourrait conduire à moins d’interactions entre les grands marchés régionaux », écrit l’agence chargée de défendre les intérêts des pays consommateurs. Le découplage du prix du gaz avec celui de pétrole se dessine à l’horizon. Et surtout, le rapport de force dans la fixation des prix entre les pays fournisseurs de gaz et pays importateurs pourrait se rééquilibrer au profit des seconds. On devine les conséquences concrètes. L’Europe, qui redoute de devenir de plus en plus dépendante vis-à-vis de la Russie, trouverait des ressources non exploitées pour desserrer l’étau qui se referme sur elle. Les grands gazoducs, qui visent à connecter l’Europe aux nouveaux champs de Sibérie et de la mer Caspienne, et sans doute un jour l’Iran et l’Irak, sont au cœur d’une guerre géopolitique où menaces et coups de poker diplomatiques empoisonnent nos rapports avec la Russie. Or, en un coup de dé, tout pourrait changer. Cette perspective expliquerait en partie les difficultés de financement rencontrées par les promoteurs des nouvelles routes de gaz et contribue sans aucun doute à fragiliser les grands projets de gaz liquéfiés qui doivent permettre aux Etats-Unis et à l’Europe de diversifier leurs sources d’approvisionnement.

Les stratèges des grandes compagnies pétrolières et gazières ont compris les enjeux ; toutes à des degrés divers multiplient les alliances, les rachats d’entreprises pour exploiter et prospecter de nouveaux gisements de gaz non conventionnels. Aux Etats-Unis, l’industrie gazière cherche à convaincre le Congrès et le président de l’importance stratégique des gisements de gaz de schiste sous l’angle de la sécurité énergétique et du climat (pour une même quantité d’énergie, le gaz émet 50% de CO2 en moins que le charbon). S’il est incontestable que les gaz non conventionnels bouleversent la donne énergétique mondiale, les experts disposent encore de peu de données en dehors des Etats-Unis, notamment sur les risques environnementaux, qui sont loin d’être négligeables. De plus, si les techniques de forage en grande profondeur progressent, certaines régions ne permettront sans doute pas de récupérer des grandes quantités d’hydrocarbures à des prix raisonnables. Et surtout, la crise économique se fait durement ressentir dans l’industrie du gaz et l’explora tion ne reprendra que si les investisseurs ont la certitude que les prix, actuellement déprimés, se redressent.

A n’en pas douter : le gaz sera l’énergie de transition majeure de la planète et pourrait contrecarrer les effets de la stagnation attendue de la production pétrolière dont les réserves facilement accessibles ont sans doute été surévaluées. Par ailleurs, si le gaz est une énergie de substitution au pétrole, une taxation progressive du CO2 ralentira à terme sa progression, encouragera la frugalité énergétique et les technologies propres. Reste que nous sommes en train d’assister à un passage de témoin entre le gaz et le pétrole dont l’ampleur et les conséquences semblent désorienter l’Agence internationale de l’énergie qui vient tout juste d’en esquisser les enjeux.

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/1bc...

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