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Coûts du nucléaire et du solaire, croisement des trajectoires

Article publié le 2 octobre 2010

Coûts du nucléaire et du solaire, croisement des trajectoires

C’est le site internet espagnol REVE, plateforme technologique espagnole qui vise à conjuguer une forte pénétration de l’éolien avec la recharge des voitures électriques, qui a dévoilé cet été une étude très intéressante sur les coûts du nucléaire et du solaire, et sur le croisement des trajectoires. Selon l’étude, le solaire devient rentable, tandis que le nucléaire devient un luxe qui est un gouffre à subventions. L’étude en question “Solar and Nuclear Costs —The Historic Crossover : Solar Energy is Now the Better Buy”, est en fait américaine. Elle a été réalisée par John O. Blackburn and Sam Cunningham, respectivement docteur en philosophie et professeur émérite d’économie à la Duke University de Caroline du Nord, et étudiant en master de management environnemental à la même université. L’étude a été financée par l’ONG NC WARN (Waste Awareness & Reduction Network).

L’étude analyse les coûts du solaire et du nucléaire sur une longue période. Elle constate que le coût des systèmes photovoltaïques a régulièrement baissé depuis 10 ans et devrait continuer de baisser d’ici 10 ans, tandis que le coût de construction des projets nucléaires subit une inflation sur plusieurs décennies et continue de grimper.

Dorénavant, en Caroline du Nord, le coût de l’électricité solaire pour de nouvelles installations est moins cher que celui de l’électricité issue des projets nucléaires proposés. Ce croisement des courbes de compétitivité, n’est pas sans conséquences pour les décisions à venir. Car la loi de l’Etat de Caroline du Nord prévoie les investissements au moindre coût, pour renforcer les capacités de production. Si les investissements les plus rentables concernent l’efficacité énergétique, l’éolien, le chauffe-eau solaire et la co-génération, le photovoltaïque rejoint le club des vertueux économiques. Des technologies qui sont toutes plus compétitives que l’électricité nucléaire.

Ce qui est intéressant dans cette étude, c’est l’approche libérale et économique défendue pour arbitrer les décisions d’investissement et tenter d’infléchir les plans de la compagnie électrique de l’Etat. Dans un modèle libéral, sans subvention publique, le nucléaire n’est pas compétitif.

L’étude reconnaît que l’électricité solaire bénéficie de réductions fiscales qui améliorent sa compétitivité. Toutefois, la courbe d’apprentissage industrielle parcourue depuis vingt ans démontre une trajectoire de « pure compétitivité » de l’électricité solaire d’ici dix ans, sans plus aucune aide publique.

La production nucléaire bénéficie également d’aides publiques, et son lobby fait de plus en plus pression pour obtenir d’avantage de subventions. Cela semble inapproprié, pour une filière du nucléaire civile établie depuis quarante ans, qui n’a pas prouvé sa maturité pour atteindre la compétitivité. Le secteur nucléaire ne peut pas condamner le contribuable/consommateur à verser d’éternelles subventions, surtout qu’il n’existe aucune étude qui démontre que le coût de l’électricité nucléaire pourrait inverser sa tendance haussière.

L’étude fait aussi de la pédagogie pour expliquer que l’énergie est précieuse et qu’elle coûtera de plus cher qu’aujourd’hui. L’inflation énergétique est devant nous et la meilleure parade est d’investir dans l’efficacité et les énergies renouvelables.

 

Etude (en anglais) disponible sur ce blog.

Thèmes

Energies renouvelables Nucléaire Solaire

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commentaires
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par Solaire photovoltaique (IP:xxx.xx3.9.242) le 5 octobre 2010 à 10H51

Tant que le lobby nucléaire sera aussi puissant qu’il l’est en France, les chiffres officiels contrediront vos dires. La France s’est jeté sur le nucléaire, et maintenant ne veut plus en sortir... quitte à laisser de côté les énergies renouvelables.

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(IP:xxx.xx7.145.147) le 14 octobre 2010 à 10H24

C’est bien gentil que le solaire photovoltaique coute moins cher qu’une autre source d’energie, mais on ne peut pas se baser uniquement dessus : la nuit, on fait comment ?

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(IP:xxx.xx5.1.110) le 6 novembre 2010 à 21H35

@(IP:xxx.xx7.145.147) le 14 octobre 2010 : Et pour les déchets nucléaires, on fait comment ? Jamais la vitrification et son stockage ne tiendront tout le temps nécessaire à la dépollution. Notre site, à nous, et non en Allemagne, prévu pour le stockage, ne peut être préservé puisqu’il se trouve juste devant la faille de 2000 mètres déjà, et elle existe dans la manche juste à l’ouest de la ligne Calais-Douvre (ou ’Dover’ en Anglais).

Pour les septiques, le sommet des digues sous Louis XIV aux Pays-Bas, donc à l’est de cette faille, se trouvait à moins 16 mètres dans les années 1990 donc le sol s’enfonce sur ce coté ’est’ et le port de Montreuil sur mer qui se trouve à l’ouest de cette faille ne voit plus la mer arriver jusqu’à lui puisque le sol s’est relevé sur ce coté ouest. Montreuil sur mer est devenu un port sans mer en peu de temps.... ! Cette faille était connue et enseignée à l’école il y a 50 ans. La ville de Londres l’a connaissait aussi puisqu’elle a osé venir y déposer ses ordures ménagères ; L’histoire dit bien que ce ne fut pas facile de les faire cesser .

+ Plus, avec l’histoire des transformateurs au pyraléne "obligatoires" et installés de façon dictatoriale avec la sanction d’avoir le courant coupé si l’industriel refusait et qui promit-juré était certes couteux mais pas toxiques du tout....on peut se permettre de mettre en doute les paroles de l’EDF actuellement ! Leur odeur que je qualifie de "douceâtre" et pénétrante après le passage de la foudre est encore en mémoire et aucun employé ne prenait de précautions particulières. Le peu de précautions lors du changement amenait donc le liquide à s’écouler sur le sol et donc dans la rivière contiguë .

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par karva (IP:xxx.xx1.56.68) le 9 décembre 2010 à 14H23

Je trouve cet article tout à fait remarquable. Je suppose que vous croyez donc cette information. En ce cas, pourquoi sommes-nous obligés de subventionner le PV jusqu’à 580 Euros/MWh alors que l’on estime l’électricité nucléaire à moins de 50 Euros le MWh ?

Vous savez que la loi dite "NOME" va obliger EDF à vendre de l’électricité nucléaire à prix coutant, et qu’on se bagarre entre 35 et 42 Euros le MWh !!!

Un peu bizarre qu’il y ait un facteur 10 alors qu’on annonce la parité. Cela ne vous questionne pas ?

Ou est l’erreur ?

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par heloim sinclair (IP:xxx.xx5.135.183) le 12 décembre 2010 à 19H09

Bonsoir

L’on doit raisonner au prix de l’énergie délivrée, pour analyser la compétitivité du kWh solaire. Les chiffres que vous évoquez en sortie de centrale nucléaire, sont pour la France, subventionnés (R&D, assureur en dernier recours, ...) et ne prennent pas en compte le coût du démantèlement et de gestion à long terme des déchets.

Par ailleurs, la loi Nome prévoit une augmentation du coût de l’électricité de 30% d’ici 2015. Tendantiellement, ça fait du 70% d’ici 2020. A cette échéance, le solaire coûtera moins que l’électricité atomique délivrée par le réseau.

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par Lucien (IP:xxx.xx3.94.86) le 8 octobre 2011 à 15H44

Aussi bien à Olkiluoto en Finlande (1er EPR) qu’à Flamanville en Normandie (2èle EPR) la durée de construction et le coût ont doublé. En Amérique, les coûts augmentent encore plus et les projets sont sans cesse retardés ou abandonnés. Le nucléaire est devenu plus cher que des énergies renouvelables comme l’éolien et le solaire sur de très nombreux sites : http://energeia.voila.net/nucle/reacteurs_trop_chers.htm

Le coût du kWh de l’EPR, au cas où sa construction ne serait pas arrêtée, sera identique au prix actuel de l’éolien, prix de l’éolien en forte baisse ensuite pour les éoliennes qui atteignent l’âge de dix ans.

Pour le solaire photovoltaïque, dans de nombreux pays et en France en particulier, le prix d’achat est en forte baisse : http://energeia.voila.net/solaire/baisse_prix.htm

Pour des systèmes photovoltaïques qui ne sont pas intégrés au bäti, le prix d’achat de l’électricité photovoltaïque sera égal puis inférieur au coût de l’électricité EPR dès 2015.

Dans ce cas, les panneaux solaires sont installés sur des terrasses, dans des jardins, sur des friches industrielles ou des terrains non cultivables, des parkings, des voies ferrées, des routes ...)

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