NaturaVox : partager pour préserver
ConsoSociétéAlimentationSantéBiodiversitéClimatÉnergies
Comment évalue t-on le danger de la radioactivité ?

Article publié le 9 juin 2011

Comment évalue t-on le danger de la radioactivité ?

Catastrophe de Fukushima oblige, on vous parle beaucoup, ces temps çi dans nos médias de radioactivité,on vous montre parfois tel ou tel appareil de mesure spectaculaire (le compteur Geiger en particulier) sans vous expliquer ce qu'il mesure et dans quelle unité. Bref on vous dit parfois tout et n'importe quoi. Un site internet, l'Internaute, s'est donné la peine de publier les données des mesures de radioactivité dans différents lieux de notre territoire fournies désormais par l'IRSN, Institut de Radioprotection et de Sureté Nucléaire et d'en expliquer la signification. Je me suis permis de reprendre ces informations qui m'avaient parues intéressantes et d'y rajouter quelques commentaires et explications supplémentaires que je suis allé chercher pour vous sur le Net.

Grandeur mesurée
Système international (SI)
Définition (SI)
Dose absorbée
GRAY (Gy)
1 Gy :énergie déposée d'un joule par kilogramme de matière
Dose équivalente et dose efficace
SIEVERT (Sv)
Sv : Gy multiplié par un facteur de pondération propre à chaque rayonnement et organe 


 

Les facteurs de pondération des rayonnements

photons (gamma, X)
1
électrons (beta)
1
neutrons
5 à 20
protons
5
Particules alpha, ions lourd
20


 

Les facteurs de pondération des organes et des tissus

Gonades
0,20
Moelle osseuse, côton, poumon, estomac
 0,12
Vessie, sein, foie, oesophage, thyroïde
0,05
Peau, surfaces osseuses
0,01
Autres
0,05

L'IRSN mesure donc régulièrement en divers points de France la dose d'énergie radioactive présentes dans l'air dans l'unité de mesure internationale qui la mesure et qui s'appelle le Sievert, du nom d'un physicien suédois qui a travaillé sur ce sujet. Il s'agit d'une quantité (dose) d'énergie provenant des radiations reçues par unité de masse d'un corps absorbant, multiplié par un facteur de pondération suivant les types de rayonnement reçus Q, et encore multiplié par un autre facteur de ponderation qui prend en compte la sensibilité des receveurs et de leurs tissus P.

Ca commence fort me direz vous. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? La dose d'énergie absorbée par unité de masse du corps absorbant qui est celle qui est physiquement mesurée, est également utilisée telle quelle sous le nom de Gray, symbole Gy. Pourquoi la multiplie t on par des coefficients correcteurs ? Pour tenir compte du fait que tous les rayons ionisants qui constituent la radiation absorbée ne sont pas semblables entre eux et n'ont pas la même dangérosité. Il y en a de plusieurs sortes, les rayons X,les photons, les rayons gamma, les plus pénétrants mais pas les plus destructeurs, les neutrons, protons et les particules lourdes. Le coefficient Q est donc un facteur correctif qui reflète le mix des radiations reçues. Ensuite l'effet des radiations varie suivant les espèces qui les recoivent( les insectes, par exemple, sont inifiment plus résistants que les mammifères) et chez ces espèces varie suivant l'organe ou les tissus touchés. Le coefficient P reflète l'hetérogéneité et la réactivité des tissus absorbeurs à l'impact de la radiation incidente.

Le nombre de Gray mesure la dose létale lors d'une exposition brutale.A partir de 8Gy, c'est la mort qui vous guette.Les effets d'expositions brutales sont appelés des effets déterministes Le nombre de Sievert lui mesure le danger lors d'un exposition à des doses de radiation faibles dans la durée mais pas le danger résultant d'une exposition brutale.Les effets d'expositions de longue durée à des radiations faibles sont appellés effets stochastiques.

La méthodologie employée par l'IRSN a consisté à mesurer dans un certain nombre d'endroits de France dans la p^ériode du 1er au 15 mars la radioactivité toutes les heures, d"en faire la moyenne en nanosievert /heure et d'extrapoler à l'année entière ce qui donne des millisieverts/an. On trouve ainsi que le pic de radioactivité sur notre territoire est de l'ordre de 2,260 millisievert/an et qu'on le trouve...en haut de l'Aiguille du Midi à Chamonix. En plaine et en dehors d'élements émetteur de radiations (Ancienne mine d'uranium, proximité d'une centrale etc) on trouve un niveau de radioactivité de l'ordre de 1,399 à 1,600 millisievert/an.

Il existe dans l'air un bruit de fond de radioactivité naturelle et permanente qui provient du rayonnement cosmique,du rayonnement terrestre et des émissions d'un gaz radioactif, le Radon, que les roches et le granit en particulier relarguent à l'air libre sans dangérosité.Il existe ensuite une radioactivité liée à l'activité humaine et qui provient de matériels médicaux (Scanner, Rayons X etc) ou de matériaux à usage industriels. Au total, cette radioactivité représente 3.5 millisieverts par an dont 2.5 pour la radioactivité naturelle et 1.0 pour celle d'origine humaine. 

A suivre...

Source image : http://resosol.org

Thèmes

Nucléaire Radioactivité

Bookmark and Share
0 vote

commentaires
votez :
par rhéa (IP:xxx.xx7.215.70) le 11 juin 2011 à 07H47

L’absorption de la radioactivité par le corps est cumulative. Pour vivre longtemps il faut vivre dans un milieu ou la radioactivité ambiante est la plus faible possible afin que la dose létale soit atteinte le plus tard possible.

votez :
(IP:xxx.xx3.207.111) le 19 juin 2011 à 08H40

Merci à vous de cette explication très claire.

Mais, "L’absorption de la radioactivité par le corps est cumulative." est-il écrit pas Rhéa. Je pense aux métaux lourds comme le mercure et aux intoxications possibles et aux traitements curatifs d’intoxications mortelles réalisés. Bien sûr, c’est long, bien sûr il faut un soignant très très peu sensibles aux odeurs et très très dévoué mais des exemples existent comme il fut dit trop discrètement à Genève en 2002 et en 2005 au sujet du traitement de l’ulcère de Buruli à l’OMS par une Dame, Madame De Coursou . N’y aurait-il pas un ’moyen’ ou un ’procédé’ dans la tête de vos lecteurs ou de vous même qui permette d’éliminer les produits radioactifs de notre corps à défaut d’éliminer ou d’atténuer les effets de ces produits ?

NB : Puisqu’il n’est pas encore en publicité sur le marché, il y a beaucoup de chance, s’il existe, qu’il soit très peu couteux.

votez :
(IP:xxx.xx9.131.235) le 2 juillet 2011 à 16H37

"...au sujet du traitement de l’ulcère de Buruli...

http://www.futura-sciences.com/fr/n...

L’ulcère de Buruli peut dorénavant être soigné efficacement grâce à l’association de deux antibiotiques, selon une publication de l’Inserm. Le traitement oral serait en plus bien toléré et pratique à utiliser.

Une équipe Inserm vient de démontrer que deux antibiotiques, associés et administrés par voie orale, permettaient de traiter l’ulcère de Buruli. Cette maladie qui sévit particulièrement en Afrique subsaharienne, détruit la peau et les tissus sous-cutanés, entraînant de graves déformations et des incapacités fonctionnelles souvent durables. Plus de deux cas sur trois concernent des enfants de moins de 15 ans............

.......... l’équipe Inserm de Laurent Marsollier (Angers) a testé l’efficacité d’une antibiothérapie orale associant rifampicine et clarithromycine. Trente patients ont été traités pendant huit semaines au Centre de diagnostic et de traitement Raoul Follereau de Pobé, au Bénin. Ce nouveau protocole a permis de limiter les effets secondaires. Il a par ailleurs, été bien toléré tant par les enfants que les femmes enceintes. « Cette antibiothérapie par voie orale procure un meilleur confort au malade, tout en évitant les risques liés à l’injection, souligne Laurent Marsollier. Elle serait particulièrement adaptée pour les patients qui vivent souvent en zones rurales, et pour lesquels l’accès aux soins est très difficile. » Ces résultats doivent être confirmés par une nouvelle étude menée sous l’égide de l’OMS sur un nombre plus important de patients.

votez :
par Hervé (IP:xxx.xx7.228.17) le 22 juin 2011 à 20H24

Vous dites "On trouve ainsi que le pic de radioactivité sur notre territoire est de l’ordre de 2,260 millisievert/an " pour info, sur la plage de l’Espiguette (Camargue) la dose peut atteindre 10 millisievert/an.(d’origine naturelle bien sur). Dans le monde, la palme est la plage de Garapari au Bresil dont l’activité peut atteindre 800mSv/an. (Ce niveau de radiation est supérieur à une grande partie de la zone interdite de Tchernobyl ou de Fukushima. Il est assez curieux que les baigneurs s’y roulent dedans alors qu’en d’autres lieux il ne voudraient pas y aller, même en les payant !)

La dangerosité de la radioactivité est connue pour des fortes doses (>100mS). Pour les faibles doses, rien n’est vraiement établi actuellement. Certains scientifiques utilisent le modele linéaire sans seuil qui est le plus pessimiste. Ce modele est contredit par la pluspart des études réalisées. On l’utilise par principe de précaution en attendant d’en savoir plus.

Dans les faits, il est probable que des doses <20mSv n’aient aucun effet, surtout si on les prend sur une durée significative.</p>

Il faut préciser aussi que l’exposition à la radioactivité est de deux ordres :
- Exposition externe (durée limitée à l’application)
- Ingestion (dure jusque à ce que le corps rejette la matière) Dans ce dernier cas, la sensibilité est plus importante car les rayonnements peuvent durer longtemps comme pour le césium par exemple.

Les Auteurs deÉnergies
Pierre Yves - 1 articles
J. Yster - 11 articles
Pierre FG - 1 articles
Dynamicsauto - 37 articles
rcoutouly - 65 articles
lucazal - 3 articles
çaDérange - 299 articles
Mobilité durable - 178 articles