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Vers l'électricité locale et intelligente : Electranet

Article publié le 5 avril 2007

Vers l'électricité locale et intelligente : Electranet

Dans la course aux bonnes idées pour réaliser les économies d’énergie, une petite révolution fait son chemin dans les esprits : la production et la consommation locale d’électricité

Ce qui semble a priori une évidence (à l’heure des éoliennes et des panneaux solaires) constitue en fait un bouleversement à plusieurs niveaux :

  • Industriel : Les monopoles historiques sont fondés sur la centralisation de la prodution et la livraison de l’énergie. Bien sûr l’électricité est produite en plusieurs endroits, mais les entreprises la gèrent uniformément à l’échelle d’un pays.
  • Technologique : Un tel système suppose que le réseau électrique soit capable de s’auto-réguler afin d’optimiser les livraisons d’électricité selon les besoins. Un producteur serait en effet parfois débiteur ou créditeur en électricité, selon ses usages.
  • Social : Produire l’électricité, cela implique de mesurer plus finement sa consommation. Cette nouvelle responsabilité aura forcément un impact (positif) sur la consommation

Déjà, l’état américain de Pennsylvanie a annoncé son intention de devenir indépendante energétiquement. Plus près de nous, le récent plan environnemental dévoilé par le maire de Londres fixe un objectif de 25% d’électricité produite localement.

Il est vrai que, sur le papier, cette solution n’a que des avantages. Produire l’électricité au plus près de son lieu de consommation permet d’économiser sur le réseau de transport (et de diminuer ainsi les nuisances liées aux lignes électriques), de diminuer les pertes liées au transport (10% de l’électricité produite est perdue pendant le transport), et de responsabiliser le consommateur, en le faisant devenir producteur d’électricité.

Ainsi, des compagnies américaines bien connues (Google, Microsoft, et même Wal-Mart, en quête de rachat) medium_800px-Panneaux_solaires_thermique_et_PV.3.jpgse sont engouffrées dans la brêche et annoncent des plans d’équipement en panneaux solaires de leurs locaux. On ne peut que s’en réjouir, sans oublier néanmoins que la fabrication des panneaux solaires photovoltaïques rend cette source d’énergie plus polluante qu’elle n’en a l’air. la prise en compte du cycle de vie totale des "sources d’électricité" amène en effet au tableau suivant (voir l’analyse de cette page du Jean-marc Jancovici sur www.manicore.org). Si on tient compte du cycle de vie totale (fabrication de l’électricité ET de la centrale), le photovoltaïque émet plus de CO2 qu’on ne le pense..

Vers l’Electranet 

Néanmoins, les sources de production locale d’énergie sont diverses, et promettent un avenir radieux à ce nouveau paradigme de fabrication d’électricité. L’ex futur président des USA Al Gore a popularisé cette innovation, qu’il appelle Electranet, dans un article de NewsWeek en début d’année 2007. Il imagine un réseau en maille, interconnecté, dont les noeuds seraient tour à tour client ou fournisseur d’électricité, selon les besoins du moment. Aux Etats-Unis, pays encore marqué par quelques grandes coupures d’électricité, un tel concept (initié à l’Electric Power Researh Institute sous le nom d’IntelliGrid) intéresse aussi par sa flexibilité.

Il est d’ailleurs mis en pratique dans une petite ville de l’état de Washington, Yakima. Le projet, appelé Gridwise, est mené en collaboration avec Whirlpool, IBM et un laboratoire US (le PNNL), qui fournissent les éléments électroniques de régulation du réseau. 300 foyers sont ainsi connectés via un réseau intelligent qui distribue l’électricité en temps réel, l’alloue selon les besoins et la production de chacun, et qui évalue toutes les 5 minutes le prix de l’électricite. Les machines à laver peuvent donc décider toutes seules du meilleure moment pour démarrer une lessive !

La production locale d’électricité (éoliennes, solaire, géothermie) conjuguée à l’utilisation d’éléments intelligents dans le réseau électrique (routeurs) et en périphérie de ce réseau (appareils électro-ménagers) devrait ainsi permettre de diminuer à la fois la consommation et le coût de l’énergie. Les travaux du PNNL ont de plus montré que seulement 30% des usagers ont besoin d’être équipés pour qu’un effet bénéfique soit visibles pour tous. Un scénario détaillé permet de simuler et de comprendre le fonctionnement d’IntelliGrid sur le site de l’EPRI.

medium_infrastructure3.2.jpg

Un système vertueux, ouvert, solidaire, qui permet à tous de faire des économies ? N’en jetez plus ! Il ne nous reste plus qu’à espérer qu’EDF (qui est partie prenante de l’EPRI) et AREVA (impliqué dans Gridwise) ne tardent pas à importer ce projet de ce côté-ci de l’Atlantique !

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commentaires
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par Marie-Odile BRUS (IP:xxx.xx0.12.118) le 6 avril 2007 à 14H13

Rèjouissant sur le papier ! et merci de rappeler que le photovoltaîque reste polluat, on l’oublierait facilement ! juste une question : concrètement quelle part d’électricité pourrait être réellement produite dans un réseau de proximité. Y a-t-il une taille limite d’agglomération pour la viabilité (et la viabilistation d’ailleurs) du système... Ou ne serait-ce qu’un moyen d’alléger la facture (elec mais aussi ecologique) ?

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par lerma (IP:xxx.xx2.70.219) le 9 avril 2007 à 03H13

Soyons réaliste,depuis maintenant 30 ans ,la france dispose de centrales nucléaires qui produisent de l’électricité et des techniciens et ingénieurs qui maitrisent la filière du nucléaire.

Rien à voir,avec le nucléaire "communiste"

Comme toute énergie,elle doit etre maitrisé et nous pouvons faire confiance à nos dirigeants pour maintenir cette technicité,l’améliorer et la développer en terme technique et aussi en terme de protection et d’information citoyenne surtout quand nos élus de droite ou de gauche nous parlent d’entreprises citoyennes.

Le combat d’arrière garde d’ex-gauchistes restés sur le Larzac alors que la société à évolué depuis 30 ans pourrissent le débat par leur culture politique de l’écologie et des énergies nouvelles.

A pars donner de mauvaises idées aux politiques par la création de taxes (soit disposant contre la pollution) et d’économiser pour les entreprises des couts qu’elles orientent maintenant chez le consommateur !

En effet : Le consommateur doit maintenant payer les sacs en plastiques dans les super-marchés.

Le consommateur doit trier ses ordures pour permettre à une société privée qui à répondu à un appel d’offre de ramassage des ordures d’économiser encore de l’argent et faire encore plus (+) de bénéfices....

La liste est longue d’idées débiles véhiculer par les intégristes écolos,à l’image de ce qu’il se passe à la ville de Paris.

L’écologie n’est pas politique et encore moins d’extrème gauche et nous pouvons souhaiter la fin de cette parathèse politicien de l’écologie en France.

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(IP:xxx.xx8.33.49) le 17 avril 2007 à 13H11

Tes arrières petits enfants payeront encore tes kilos de déchets radioactifs. Egoïste !

Le nucléaire est dépassé ; l’uranium devient hors de prix et de plus en plus rare. Les centrales sont en fin de vie. Seulement 3% de l’énergie en France et même pas 1% dans le monde.

Ce mode de production très centralisé ne permet pas à l’utilisateur de bien percevoir sa production et donc de favoriser les économies d’énergies, au contraire de cet article.

D’ailleurs tes arguments sont contradictoires car le nucléaire n’est pas de l’écologie et est très politisée !

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par Héloim Sinclair (IP:xxx.xx4.208.19) le 10 avril 2007 à 20H12

Bravo pour votre article, l’électranet (concept qui décline la révolution du net appliquée à l’énergie) est sur le point d’advenir. Espérons qu’elle se hâte un peu en France .

Toutefois, j’emets de sérieuses réserves sur la polution que vous imputé à l’électricité solaire. Le photovoltaïque est beaucoup moins polluant que ne le dit et écrit Jancovici, et que vous reprenez à votre compte. Le photovoltaïque ne pollue pas, je vous l’explique plus bas.

D’une part, je doute des sources "Emissions de CO2 en g/ kWh électrique (analyse du cycle de vie). Source : EDF" !!! Il y a de nombreux travaux européens et internationaux qui donnent des chiffres différents.

D’autre part, le principal est de prendre en compte l’ensemble du cycle de vie du photovoltaïque. D’après une étude publiée par l’Agence Internationale de l’énergie "Compared assessment of selected environmental indicators of photovoltaic electricity in OECD cities, le temps de retour énergétique du PV est de 2 à 4 ans. C’est à dire, qu’après avoir remboursé son coût énergétique dû à sa fabrication (et la polution qui va avec), sur une durée de vie de 30 ans, on peut dire qu’un système photovoltaïque va produire de l’électricité sans aucune pollution pendant près de 90% de sa vie (après avoir compensé l’énergie initialement consommée).

http://www.outilssolaires.com/pv/pr...

Donc, l’électricité produite par une installation photovoltaïque est sans pollution, il n’y a pas d’émissions de gaz à effet de serre ou de déchets. Les avantages environnementaux sont immenses ; mais, il faut fabriquer, installer et prévoir le recyclage des composants du système.

Bel avenir ensoleillé.


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