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Utiliser l'énergie solaire à Paris : Un pari difficile ?

Article publié le 21 février 2008

« Si l’homme a marché sur la lune il y a un peu plus de 30 ans, On devrait pouvoir installer des panneaux solaires à Paris... »

C’est le point de vue de Guillaume de Monfreid, architecte et dessinateur, qui était invité le 18 février au Café Energie organisé par l’EDIF (association Energies Durables en Ile de France) et le CAUE (Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement) de Paris.

Et il est bien révélateur des nombreux freins à l’intégration de cette nouvelle source d’énergie dans les centres urbains de France. Le premier : La législation sur les monuments historiques qui stipule qu’un immeuble classé ne peut être modifié, même en partie, sans l’accord préalable du ministère de la Culture (DRAC). De surcroît, toute modification effectuée dans le champ de visibilité d’un bâtiment classé (soit à moins de 500m), doit obtenir l’accord de l’architecte des bâtiments de France.

Autrement dit, si vous souhaitez poser des panneaux solaires sur le toit de votre copropriété parisienne, ne rêvez pas trop. Vous vous heurterez à de fortes contraintes techniques et architecturales. Techniquement, il faut avoir un toit dégagé, bien exposé au sud. Il y en a. Côté architecture, c’est une autre paire de manches. Vous êtes à moins de 500 m d’un monument historique ou d’un immeuble classé ? C’est l’architecte des bâtiments de France qui décide et la plupart sont frileux sur ces questions, convaincus que le panneau solaire ne peut que nuire à l’harmonie esthétique. « Mais beaucoup de toits de Paris sont gris/bleu et les panneaux solaires bleu/gris pourraient très bien se fondre avec les autres toitures », objecterez-vous. L’argument risque fort d’être rejeté « Vous comprenez, ce ne sont pas les mêmes matériaux... » .La solution viendra peut-être de la technologie. Le silicium amorphe permet d’intégrer les propriétés des modules solaires à n’importe quel substrat (du zinc, par exemple) et on peut espérer bientôt rendre un toit ou une façade « solaire », avec juste un ravalement spécial.

En attendant, ne vous découragez pas. Dans le cadre d’une rénovation ou d’un immeuble neuf, le panneau solaire est possible. Le CAUE (Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement) de Paris a même prévu d’éditer prochainement (avec l’ADEME, la Direction de la Ville de Paris et la Commission du vieux Paris) « une fiche pédagogique » qui offrira des « pistes de réflexion » (mais pas de conseils pratiques) sur les installations solaires.  

Notre maire Bertrand Delanoë, lui, est bien décidé à faire de Paris « une capitale mondiale de l’énergie solaire ». C’est inscrit dans l’un des 6 défis prioritaires de son programme. Objectifs : installer 3300m2 de panneaux photovoltaïques sur les toits de la halle Pajol pour en faire la plus grande unité de production photovoltaïque au cœur d’une ville en France. L’Office HLM de Paris devrait installer aussi 10000m2 de panneaux, sur les immeubles qu’il gère et les nouvelles constructions relevant de la municipalité devraient être systématiquement équipées de capteurs solaires. Enfin la Ville engagera, en partenariat avec les copropriétés volontaires, un vaste plan d’installation de panneaux photovoltaïques là où c’est techniquement possible. Au total, ces actions devraient permettre l’installation de 200000m2 de panneaux solaires d’ici 2014.

Ouf. On n’est pas si coincés dans notre Ville musée. On espère seulement que les architectes des bâtiments de France ne recaleront pas trop de projets.

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commentaires
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par lisa SION (IP:xxx.xx1.0.165) le 21 février 2008 à 13H07

Dans chaque rue axée est / ouest, les toits du coté sud sans pignons ont une face invisible de la rue.

Dans les autres rues, les pans sont exposés est ou ouest, et donc, l’un d’eux est idéal.

Une grande quantité de toits parisiens ont deux pans coupés. Le supérieur n’est pas visible de la rue.

Les nouveaux capteurs solaires souples, sans caissons, peuvent enfin s’adapter sans difficultés.

La plus grande difficulté est de bousculer l’administration qui n’est pas pressée de perdre le monopole de l’énergie relocalisable, et l’abonnement extensible sujet à privatisation.

Le choix fait l’objet d’un puissant bras de fer, tiraillé entre la privatisation au particulier ou aux actionnaires de la puissante mondialisation .

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par lisa SION (IP:xxx.xx1.0.165) le 21 février 2008 à 13H22

C’est curieux comme l’administration s’adjuge des droits qu’elle refuse aux citoyen, comme les véhicules électriques des administrations, les panneaux solaires des administrations...Il faut savoir, d’ailleurs, que ceux çi sont facturés à un prix au dessus du marché puisque...c’est nous qui paye !

Pour info trouvée sur ce site, appaortée par un internaute dont je ne retrouve pas le nom, voici un lien interessant.

http://www.enerzine.com/1/4129Rt...

Bien à vous

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par Mijo (IP:xxx.xx1.98.172) le 21 février 2008 à 14H13

Merci pour vos contributions, Lisa.

En ce qui concerne la seconde, je voudrais juste préciser quelque chose : La municipalité parisienne actuelle n’est pas hostile aux panneaux solaires,y compris chez les particuliers, bien au contraire, et je pense que c’est le cas de nombreuses autres municipalités. Le problème, c’est qu’il y a quand même cette législation sur les monuments historique et qu’il faut donc dans un champ de visibilité de 500 m d’une construction classée, une autorisation des Architectes des Bâtiments de France. Ce corps plutôt conservateur, sous tutelle de l’Etat, a davantage une vision "patrimoniale" que moderniste de la ville. Mais ne désespérons pas, ce regard peut changer...

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par locataires14 (IP:xxx.xx5.199.208) le 21 février 2008 à 21H59

en réalité à Paris, un grand nombre de toits sont en dehors du champ des 500m d’un immeuble classé. Il faudrait plutôt rechercher le frein du côté des fournisseurs d’énergie (tel Gaz de France) et des conseils d’administration des offices d’HLM, ou des syndics de copropriété. :-0

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par Mijo (IP:xxx.xx1.98.172) le 21 février 2008 à 22H40

@locataires14

Votre remarque est pertinente. Effectivement, à Paris beaucoup d’immeubles ne sont pas dans le champ de vision (à 500 m) d’un bâtiment classé. Et effectivement les fournisseurs d’énergies "historiques" (comme les monuments !) n’ont pas très envie de voir des clients partir ailleurs.

Mais il y a quelque chose que j’ai occulté dans cet article, qui a été évoqué au Café Energie, ce sont certains aspects techniques. Un installateur Qualisol, M. Polteau (il a installé une solution solaire thermique chez un particulier dans le XIème et plusieurs en IdF)a expliqué certaines conditions : en copropriété, il faut bien entendu que tout le monde soit d’accord. Ensuite, pour le solaire thermique, c’est plus simple à envisager si l’eau chaude est collective. Le problème, c’est que la fourniture d’énergie a souvent été individualisée par appartement. Dans ce cas là, c’est plus compliqué, et ça peut être rédhibitoire au niveau des coûts. Maintenant il y a la solution photovoltaïque pour produire de l’électricité et la revendre, un moyen de constituer une cagnotte pour diminuer les charges. C’est effectivement possible avec un toit favorablement orienté.

N’hésitez pas à aller au prochain Café Energie (le 3 mars). Infos sur www.edif.asso.fr

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par lisa SION (IP:xxx.xx1.158.165) le 21 février 2008 à 23H28

Monsieur,

pourquoi voudriez vous que les autorités favorisent l’émergence de l’énergie à domicile, sachant que cela diminue les intermèdiaires susceptibles de se sucrer sur nos abonnements extensibles ?

Aujourd’hui, toutes les sources d’énergies alternatives devraient nous permettre enfin de nous passer du pétrole et de l’uranium qui rapportent tant en taxes de toutes sortes.

L’Etat est en train d’engager sur le long terme d’énormes investissement parasitables à souhaits, dans le projet pharaonique d’Iter ( cette ccotte minute de vingt milliards ), dans les prochaines générétions d’éoliennes à nous défigurer nos belles vallées, et comme tout cela coutera deux fois plus cher que le devis énonçé, mais que c’est les petits actionnaires qui payeront...

Je peux bien sûr me tromper, mais je suis presque sûr qu’en doublant d’éolien chaque poteau français, l’on pourrait, certains jours, nous passer des centrales qui nous y relient. D’autant que nous étant équipés tous de solaire à domicile, nous pourrions combler les manques de vent.

D’ailleurs, ne sont-ce pas les administrations qui sont les premières à s’équiper de solaire de toiture et de véhicules électriques...

Il y a trente ans, alors que les japonais développaient les premières voitures électriques, qui marquent des points en hybrides, Miterrand donnait son feu vert à Ligier qui nous trafiqua une tondeuse carrossée en diésel pétaradant !

Ne vous découragez pas, mais ne comptez pas sur nos Autorités pour faire de bons choix simples, locaux, et durables... !

Je vous conseille le lien suivant dont je ne suis nullement actionnaire mais pleinement défenseur.

http://www.enerzine.com/1/4129Rt...

Bien à vous.

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par luluberlu (IP:xxx.xx5.199.208) le 22 février 2008 à 15H35

merci pour ce lien très intéressant en effet.
pour quelles raisons la ville de Paris n’a pas profité des travaux de réaménagements des boulevards des Maréchaux lors de l’installation du tram au sud de Paris, pour y mettre de l’éclairage solaire et pourquoi l’éclairage solaire (photovoltaïque) n’a-t-il pas été préféré pour éclairer les stations du tram, malgré la suggestion de nombreux riverains, ainsi que tous les abribus de France et de Navarre ? C’est un mystère.
Et pourquoi tous les parcs de la ville ne sont-ils toujours pas éclairés en photovoltaïque ? Serait-ce que le blablah pré-électoral prime sur les réalisations réellement écologiques, dont en fait il tiendrait lieu ?

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par Mijo (IP:xxx.xx7.154.204) le 22 février 2008 à 22H08

Bonsoir,

@Lisa Sion Je suis une dame comme ces baskets ne l’indiquent pas, mais bon, là n’est pas la question. Je connais enerzine qui est effectivement une bonne source d’infos.

Je souhaiterais faire une petite précision et notamment répondre aussi à luluberlu. Quand vous demandez : "Pour quelles raisons la ville de Paris n’a pas profité des travaux de réaménagements des boulevards des Maréchaux lors de l’installation du tram au sud de Paris, pour y mettre de l’éclairage solaire et pourquoi l’éclairage solaire (photovoltaïque) n’a-t-il pas été préféré pour éclairer les stations du tram, malgré la suggestion de nombreux riverains, ainsi que tous les abribus de France et de Navarre ?"

La réponse est très simple : Tout simplement parce que ces technologies émergent tout juste chez nous. J’ai suivi un peu l’histoire du lampadaire Windela (solaire/éolien). Jean-Jacques Roetynck, Directeur de Expansion et Développement,la société qui a créé Windela, a d’abord installer le lampadaire à Issy les Moulineaux et je crois à Maisons-Laffitte, avant de lancer la production industrielle (qui commence tout juste cette année). Son objectif est bien "d’inonder le marché hexagonal et européen". Mais il fallait bien que la technologie soit éprouvée et avoir un 1er accueil positif de quelques mairies.

C’est un produit intéressant car l’éclairage est un poste important qui représente environ 40% du budget électricité des communes. Son coût, 6000 euros (modulé selon les quantités, je pense) est supérieur à un éclairage classique publique mais avec un retour sur investissement prometteur compte tenu de son autonomie énergétique.


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