NaturaVox : partager pour préserver
ConsoSociétéAlimentationSantéBiodiversitéClimatÉnergies
Une étendue de déchets plastiques toxiques de deux fois la taille du Texas barbotte tranquillement dans l'océan pacifique

Article publié le 7 janvier 2008

Plus de 3 millions de déchets pris au pièges des courants au nord de l’océan pacifique, représentent une menace significative pour les espèces marines. Pourtant, depuis des dizaines d’années ces déchets s’accumulent, et rien n’est fait...

Une étendue de déchets plastiques toxiques de deux fois la taille du Texas barbotte tranquillement dans l’océan pacifique.

Dans le Pacifique Nord, l’action combinée des forts vents, des alizés et des courants de l’Equateur-Nordl’Equateur-Nord ( Kuroshio), du Pacifique Nord et de la Californie provoque la circulation des eaux de surface en tourbillons.

Au sein de ces tourbillons, des tonnes de débris, principalement en plastique, se retrouvent coincés depuis des dizaines d’années et s’accumulent, d’où leur surnom informel d’ “étendue d’ordures” (“garbage patches”). La première, (the Great Eastern Pacific Garbage Patch ) se situe au large des côtes Nord Ouest des Etats unis et atteindrait, selon le quotidien californien San Francisco Gate, une taille équivalente à deux fois le territoire du texas^¹ ; l’autre, plus petite se situe au sud du Japon.

Cette masse de détritus -composée à 80% de sacs plastiques, et pesant plus de 3 millions de tonnes- flotte entre San Francisco et Hawai.

Il est à noter que 100 millions de tonnes de plastiques sont produites chaque année, dont 10% finissent dans la mer. Si 20% de ces déchets sont rejetés par les bateaux et plateformes, le reste provient directement des continents^².

Le Great Pacific Garbage Patch est particulièrement dangereux pour les oiseaux et la vie marine. Selon Greenpeace, les tortues de mer confondent les sacs plastiques avec des méduses. De nombreux oiseaux de mer et leurs oisillons sont retouvés morts après avoir ingéré des pièces en plastique tels des bouchons de bouteilles, des briquets ou des petits ballons gonflables. Ces déchets peuvent mettre plusieurs dizaines d’années avant de se dégrader, et remplissent les estomacs de ces animaux qui finissent par mourir de faim. Selon un rapport de Greenpeace, plus de 267 espèces marines sont affectées par cette pollution, et plus d’un million d’oiseaux de mer, de mammifères marins et de tortues de mer sont morts suite à l’ingestion de plastiques, ou pris au piège dans des filets de pêche, des filaments de plastique et autres déchets.

A noter aussi, plus de 70% de ces déchets coulent au fond des océans, recouvrant ainsi des milliers de mètres carrés et représentant aussi une menace pour la vie sous-marine.

Le retrait de ces déchets de l’océan semble être une tâche gargantuesque, pouvant couter des milliards de dollars et c’est pourquoi à ce jour aucun état n’est prêt à endosser une telle responsabilité.

Selon une étude réalisée par le Conseil Americain de la Chimie -le plus grand producteur national de plastique et de produits chimiques- la production annuelle de résine de plastique aux Etats Unis a quasiment doublé en 20 ans, passant d’environ 8 millions de tonnes en 1987 à 16 millions de tonnes en 2007.

“Heureusement”, Keith Cristman, Directeur Senior du packaging pour le Conseil Americain de la Chimie, nous assure que l’industrie plastique est consciente de sa connection avec ce type de pollution marine, et que le conseil travaille avec les agences fédérales et nationales afin d’augmenter le nombre de poubelles de recyclage sur les plages californiennes ! Pour autant, Christman annonce qu’il préfèrerait voir plus de plastique recyclé que de diminuer la production...

La prévention de la pollution des mers et de la protection de la vie marine est la responsibilité de chacun d’entre nous. Il est donc important de revoir nos habitudes de consommation : diminuer nos achats de produits composés principalement de plastique, et intégrer le réflexe du recyclage dans notre quotidien, doivent devenir des réflexes quotidiens si l’on souhaite obtenir un impact significatif sur l’environnement.

Bookmark and Share
184 votes

commentaires
votez :
par Peanut (IP:xxx.xx6.37.61) le 7 janvier 2008 à 13H38

"deux fois le territoire du texas" : on devrait pouvoir la trouver sur Google Maps, non ?

votez :
(IP:xxx.xx1.220.226) le 7 janvier 2008 à 23H07

hum je scrute en vain google map mais pas l’ombre d’une masse entre Hawai et San Francisco... comment faire pour en avoir un visuel ?

votez :
par lisa SION (IP:xxx.xx1.43.93) le 11 janvier 2008 à 18H28

Etonnant la transparance des informations.

Des dizaines de satellites hyper sophistiqués survolant la zone, capables de produire toutes les photos les plus précises, de suivre l’évolution depuis des années et la croissance progressive jusqu’à une taille égale à deux fois le plus grand Etat local...et ne parviennent à nos yeux que des graphiques fait main et des photos de plage souillées. Quand on sait que ceci n’est que la partie immergée de l’iceberg...

J’espère me tromper, mais je pense que l’on va se rendre compte de l’ampleur du sujet quand un inconnu aura décidé de lui foutre le feu.

votez :
par Peanut (IP:xxx.xx3.58.86) le 9 février 2008 à 11H19

Une réponse ? :
"Mr Moore précise que, étant donné que la mer de déchets est translucide et se situe juste sous la surface de l’eau, elle n’est pas détectable sur les photographies prises par des satellites. Vous pouvez seulement la voir à partir des ponts des bateaux. "

=> http://contreinfo.info/article.php3...

votez :
par herve33 (IP:xxx.xx6.187.101) le 7 janvier 2008 à 13H42

Pour ceux qui penseraient que ce problème n’a lieu qu’aux US . Nous avons la même chose c’est nous en France dans le Golfe de Gascogne . Selon les estimations scientifiques, entre 8 000 et 10 000 tonnes de déchets flottent entre deux eaux dans le golfe de Gascogne. De plus, jusqu’en 1995, pratiquement aucun bateau de pêche ne ramenait les déchets produits au cours de la marée, et ce, malgré la convention MARPOL.

http://littoral.aquitaine.fr/view.p...

votez :
par mat (IP:xxx.xx8.173.142) le 7 janvier 2008 à 14H45

Phénomène bien visible sur nos plages du sud-ouest tous les jours, notamment en dehors de l’été, seule période où nos municipalités se réveillent pour les touristes. A noter la présence de plusieurs décharges a ciel ouvert sur la côte espagnole qui avec les courants participe royalement à la pollution de nos cotes. Etant surfeur dans cette région, je le constate trop régulièrement, et même du côté espagnol.

votez :
par FlashStony (IP:xxx.xx1.20.123) le 7 janvier 2008 à 13H59

Alors, je prends ma calculatrice... 2 fois le Texas ca fait 1.300.000 km². 3.000.000 de tonnes pour 1.300.000 km² = ... = 2,2g/m²

Pas mal. Mais ca ne doit pas se voir du ciel facilement.

votez :
(IP:xxx.xx0.150.190) le 7 janvier 2008 à 17H32

Donc en gros un sac plastique au mêtre carré... C’est déjà pas mal je trouve...

votez :
par FlashStony (IP:xxx.xx1.20.123) le 8 janvier 2008 à 11H16

Oui c’est ce que je me disais, mais j’aimerai etre sûr de la masse d’un sac plastique typique. (celui de supermarché quoi)

Si quelqu’un sait trouver cette info ou dispose d’une balance de précision.

votez :
par brieli 67 (IP:xxx.xx0.188.68) le 7 janvier 2008 à 16H04

http://seastead.org/commented/paper...

tout ce qu il est possible d’en faire et tout ce qui a déjà été tenté

un superbe dossier avec de vieilles références écologiques.

Comme quoi aux USA il n’y a pas que Clinton ou Bush

votez :
(IP:xxx.xx0.150.190) le 7 janvier 2008 à 17H30

Un jour avec un ami je me suis amusé à aller ramasser les ordures jetées à la côte là ou j’habite : Sur Trébeurden...

Le résultat a été édifiant : Une quinzaine de sacs poubelle de 100 litres en moins de quatres heures...

Et encore : On avait abandonné l’idée de ramener les barils de produits pétroliers (en métal donc...) qu’on avait trouvé...

Inutile également de précisé qu’il en restait un maximum après qu’on se soit crevé à la tâche et que la portion de côte qu’on a nettoyé était minuscule : A peine un kilomêtre... C’était peut-être des rochers et pas du sable, mais quand même...

votez :
(IP:xxx.xx0.150.190) le 7 janvier 2008 à 17H41

Histoire qu’il n’y ait pas de malentendu : Quand je dis "une quinzaine de sacs poubelles de 100 litres" ça veut bien entendu dire "de quoi remplir une quinzaine de sacs poubelles de 100 litres" avec toutes sortes de conneries...

Au menu : Des cordes, des sacs plastiques, du polystyrène, des bidons en plastique, des bouteilles, des papiers de mars, de snickers, de bounty... Des briquets, des bouées en plastique, des bidon de peintures, du bois, une porte (si, si je vous jure...), etc, etc...

De quoi vraiment désespérer...

Bon dernièrement la tendance c’était les ananas, les boites de lait en poudre et le tabac, mais là c’était parce qu’un cargo avait perdu "quelques" contenaires... :-))

D’ailleurs, bizarrement sur ce coup, les riverains étaient nettement plus nombreux à nettoyer la côte : En quelques heures il ne restait plus rien (ce jour là "salade d’ananas" au menu)

votez :
par Olivier (IP:xxx.xx4.81.82) le 7 janvier 2008 à 18H02

les plages des landes sont remplies de détritus hors saison. A chaque fois que j’y vais j’en ramene à la poubelle mais il faudrait une armée. On procède aussi au grand nettoyage de printemps.

votez :
(IP:xxx.xx3.182.236) le 7 janvier 2008 à 18H07

Excellent article mais la conclusion me semble un peu trop optimiste : ce serait bien si tout le monde prenait ses responsabilités mais la solution ne peut être que politique. L’effort individuel ne suffirait pas pour résoudre tous les énormes problèmes de pollution. Il suffit de parcourir NaturaVox pour s’en rendre compte que nous sommes en train de détruire allégrement la planète et l’homme étant comme il est l’effort individuel c’est plutôt pour les autres. Cet animal le plus néfaste qui est l’homme doit être obligé de se conformer aux mesures nécessaires pour sauver la planète. Et encore cela suppose un gouvernement prêt à faire des lois forcément impopulaires. Toutefois c’est un bon signe que les sacs plastiques disparaissent peu à peu des supermarchés. Désolé pour ces remarques pessimistes, mais je ne peux pas le voir autrement.

votez :
par jason (IP:xxx.xx3.228.1) le 7 janvier 2008 à 19H57

La situation me parait claire. Les responsables de l’arbitrage (ministères, instances régionales, communales, etc.) ont tranché en faveur des fabricants d’emballages, de ceux qui s’en servent pour le commerce de détail, et finalement des usagers qui trouvent ça bien pratique.

Si, comme autrefois pour les bouteilles de verre ou les pots de yaourts, il y avait une consigne sur tout emballage polluant, nous n’en serions pas là. Mais il faut bien satisfaire le dieu CONSOMMATION, et tous ceux qui y ont un intérêt, économique ou de simple confort.

A ce propos, quand une grande ville (hors Europe) a institué une consigne de 10 cents (disons) sur chaque boite de boisson, plus aucune ne trainait sur les trottoirs. Rappelons-nous que pour changer la vie des gens il faut souvent un traumatisme.

votez :
par CA (IP:xxx.xx4.196.51) le 7 janvier 2008 à 21H27

Excellent article, concis mais detaillé, qui ouvre les yeux sur un probleme assez largement répandu, comme l’ont souligné les autres commentateurs, et contre lequel très peu reste pourtant fait.

Les difficultés techniques inhérentes au nettoyage de telles superficies, ainsi que leur coûts prohibitifs (du moins aux yeux de nos gouvernements, si peu portés sur les aspects et répercussions écologiques de leurs politiques), nous prouvent encore une fois que les solutions au maintien d’un équilibre harmonieux entre l’homme et la nature doivent être envisagées à la source : "nettoyer" n’est tout simplement pas une option viable ni même nécessairement réalisable, et recycler ne demeure qu’un timide effort dans la bonne direction, alors que toutes les réponses aux problèmes écologiques de notre planète doivent être apportées par des changements radicaux dans nos habitudes de production et de consommation.

votez :
par The Last Avenger (IP:xxx.xx1.15.18) le 7 janvier 2008 à 22H03

Il va de soit que si la pollution est aussi conséquente , c’est belle est bien parce qu’elle est dissimuler sous les eaux ! Et il va de soit que les plus gros pollueurs on aura beau dire tout ce que l’on veux se sont les industries qui produisent massivement des biens de consommations qui ne sont nullement en adéquation avec notre environnement ! Bien entendu que ça me plairai à moi de ne pas polluer en achetant mes produits alimentaires ! Mais réveillez vous allez dans un supermarché et regarder ! Tout les produits misent en vente sont dans des emballages plastiques , on appelle cela du packaging . On en fait l’éloge en école de commerce . Alors avant de nous dire que se sont les consommateurs qui polluent , peut être faudrait il tout bonnement dire que les politiques et les grandes firmes pétrolières encouragent cette pollution ! La seule chose qui est en mon pouvoir c’est de boycotter tout bonnement un maximum de ces produits et d’essayer de recycler un maximum , il est clair ! Car tout bonnement quand j’entend parler de "taxer les pollueurs" ça me fait doucement rigoler à défaut de pleurer ! Comme si la santé était question d’argent !! hummm !!

votez :
par mat (IP:xxx.xx8.173.142) le 8 janvier 2008 à 12H23

D’autant que pour le moment le recyclage reste encore assez polluant en lui même de part les produits utilisés, par exemple on utilise du chlore pour recycler le papier, ce qui est hautement polluant. En plus de cela, il y a toute une logique capitaliste derrière cette pseudo bonne volonté de moins polluer, ce qui n’est jamais en adéquation avec l’environnement.

votez :
(IP:xxx.xx2.46.92) le 8 janvier 2008 à 18H26

Eh bien... avec tous ces commentaires pour l’amélioration d’une pollution de déchets " VISIBLES" ...je ne sais plus que penser pour les déchets "INVISIBLES" ...dur, dur ce soir !

votez :
par ALEXANDRITE (IP:xxx.xx2.156.40) le 9 janvier 2008 à 02H51

JE CROIS QU IL FAUT SENSIBILISER LE PUBLIC PAR DES REPORTAGES QUI MONTRE L INSOUCIANCE CRIMINELLE QUI ENTACHE LA MERVEILLEUSE BEAUTE DES MERS DETRUIT DANS DES SPOTS TELEVISES REALISTES NOUS AVONS DES FAçades maritimes oeuvrons pour que du plus petit au plus age du riche au demuni tous respectent l etendue des vastes eaux qui nourrit et protege l homme objet de passion devant sa majestueuse manifestation et nous dote de tant de plaisirs nager pecher s y aventurer filmer sa gloire

votez :
par lisa SION (IP:xxx.xx1.43.93) le 11 janvier 2008 à 18H55

D’où l’expression :

Jeter un papier parterre

peut créer un emploi

à l’autre bout de la terre...

La planète se comporte comme notre conscience. La somme des actes, semblant anodins, et qu’on pense pouvoir oublier, surgit quelquepart, où l’on ne l’atteds plus, tel un cancer, en pleine mer...

votez :
par FrExX (IP:xxx.xx1.138.171) le 12 janvier 2008 à 22H33

L’étendue en question n’est malheureusement pas visible (on aurait peut etre fait quelquechose sinon...). En fait la polution est beacoup plus pernitieuse : Les matières plastiques partiellement dégradés se sont divisées en fragments parfois microscopiques et sont ingérés par la faune comme du plancton. Le plastique est dégradable mais pas bio dégradable... et même à l’état de poussière, il reste du plastique. :-/

votez :
par lisa SION (IP:xxx.xx1.20.139) le 15 janvier 2008 à 08H34

Notre planète se comporte exactement comme notre conscience. Nous avons le droit d’imaginer que nous allons pouvoir arriver à effacer les épisodes les plus nuls de nos modestes vies, en jetant dans la mer, cette poubelle impersonnelle, qui reçoit les déchets et les mélangent dans un inconscient collectif...Mais, la mer réunit dans un courant magnétique ces millions de petits détails comme un "continent cancer"...


Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)
  • [Se connecter]

Les Auteurs deÉnergies
Sylvie Simon - 40 articles
Mijo - 29 articles
Elie KHOURY - 2 articles
rcoutouly - 47 articles
çaDérange - 283 articles
Edouard33 - 1 articles
Biosphère Blog - 44 articles
J. Yster - 5 articles