Article publié le 4 juillet 2007
Ne dites pas fûts radioactifs défectueux, mais « colis non conformes
» ! Cette délicieuse subtilité de langage administratif nous rappelle
que l’organisme national des déchets radioactifs (Ondraf) n’est pas
sorti de l’auberge dans l’inventaire des fûts radioactifs endommagés,
issus du passif nucléaire, découverts en 2003. Et pour cause : près de
1.500 « colis » problématiques sont désormais recensés à Dessel, en
Flandre. Et la contagion s’est étendue à d’autres bâtiments…
Lors du dernier inventaire relaté dans nos colonnes, en 2004, il
apparaissait que 433 fûts faiblement radioactifs, voire moyennement
radioactifs, avaient mal résisté à l’usure du temps. Le dernier rapport
de l’Ondraf sur la question a atterri dans les locaux du Soir. Ce document confidentiel révèle toute l’ampleur du problème : « 29.772 colis ont été inspectés au 12 mai 2007, note cette synthèse de deux pages. 1.414 ont été jugés non conformes aux critères d’inspection visuelle. »
Entreposés dans les locaux de Belgoprocess, ces fûts de 400 litres sont victimes de phénomènes de corrosion, de gonflements, de dilatation ou de problèmes de fermeture. Ils proviennent en grande partie de quatre bâtiments où sont stockés près de 30.000 fûts. Mais ce savant inventaire n’est pas clos puisque les inspecteurs nucléaires ont découvert de nouveaux cas problématiques dans le bâtiment 127 dit « Eurostorage », qui dénombre 16.321 fûts moyennement radioactifs.
« Un cas d’école »
« Après une première inspection globale de l’extérieur des piles, 65 colis non conformes ont été notés, expose le rapport. Ils présentent des dégradations similaires à celles constatées dans les bâtiments d’entreposage des déchets faiblement radioactifs (gonflement, débordement des colis possédant une matrice en bitume, corrosion de la soudure…). »
Le rapport de l’Ondraf se veut rassurant : « Comme pour les colis non conformes des déchets faiblement radioactifs conditionnés, les mesures ont montré qu’il n’y a pas de danger pour la santé des travailleurs de Belgoprocess ni pour les riverains, puisque les substances radioactives restent confinées dans leur matrice et sont localisées dans des bâtiments sécurisés et totalement fermés. »
Le rapport de l’Ondraf n’exclut toutefois pas de nouvelles découvertes au fur et à mesure de l’inventaire : « Pour mieux comprendre l’ampleur des dégradations constatées, l’Ondraf et Belgoprocess ont lancé deux actions, pointe le rapport. D’une part la poursuite accélérée du programme d’inspection et d’autre part la réalisation d’une étude scientifique des mécanismes à la base des dégradations constatées. »
Les rapports précédents évaluaient à trois années l’inventaire et la mise au point du reconditionnement de ces fûts. Un délai qui est déjà largement dépassé : « L’Ondraf est devant un cas d’école, concède cet expert en énergie. C’est sans doute la première fois qu’il faut procéder au reconditionnement de tels fûts radioactifs destinés à la base à être lâchés en mer. Cela prendra encore des années. Et coûtera beaucoup plus d’argent qu’on ne le prétend… »
Reprendre et mettre en surfûts inox ce genre de déchets est une technique maîtrisée : AREVA en a traité déjà 6000 à Marcoule.
Toujours l’épouvantail bidon des déchets nucléaires ... On sait en protéger l’environnement, avec un peu d’argent bien sûr. Mais le CO2, qui a déjà tué des centaines de milliers de personnes à coup de catastrophes climatiques, seule la nature sait le retirer, trop lentement, de l’atmosphère.
@Cassandre : pour avoir bossé en sécurité nucléaire, je peux t’assurer que même les infos qui remontent, comme celle-ci, ne constituent pas 1/10eme (à vue de nez) de l’ampleur du problème (même dans à IRSN/ASN très très peu de gens sont au courant de tout). Moi je refuse de travailler pour eux maintenant, d’une part par objection de conscience et d’autre part le risque est trop grand qu’on te brandisse un bucher quand ça va mal tourner (car ça va finir par mal tourner, c’est un fait).
1 - Qui est "eux" ?
2 - Quelle honte y a-t-il à travailler sur des déchets des temps héroïques du nucléaire ? Ils existent et il faut s’en occuper, comme des centaines de sites pollués par les usines à gaz.
3 - Côté "objection de conscience", c’est dans les énergies fossiles que je refuserais de travailler.
?
Sans oublier que la grande masse des déchets ne viennent pas des centrales nucléaires mais de l’industrie et de la médecine nucléaire... et que si la sureté nucléaire est très vigilante pour les déchets des centrales, Quid du reste ?
Je rappelle :
Sur le site de l’ANDRA, vous trouverez les détails par classification de dangerosité.
En analysant ce site, on s’aperçoit que les déchets très dangereux cumulés depuis le début du nucléaire en France, représente 50 000m3 soit un parallélépipède de 100 m de coté par 5 m de hauteur...une grande partie se trouve en piscine ou stockée sur des sites parfaitement sécurisé.
Sans oublier que les réacteurs de génération 4 consommeront ces déchets ! (Et même que si les écolos n’avaient pas fait abandonner le projet super phénix, on parlerai d’autre chose que des déchets aujourd’hui !)
Oui ! Les déchets du nucléaire sont maitrisables.
Non ! Le démantèlement des centrales nucléaires n’est pas si dangereux que le laisse supposer certains en ajoutant d’ailleurs, que cela coutera très cher ! (ça vous rappelles rien ? le CO2 qui va faire augmenter le prix de l’électricité et le montant de nos impôts...)
@Atlantis PS : moi aussi, j’ai travaillé dans le nucléaire mais j’ai aussi travaillé dans l’industrie lourde et la pétro-chimique…Conclusion, y a pas photo, on n’est bien plus en sureté dans une centrale nucléaire que près d’un cracking catalytique ou d’un reformeur régénératif et que dire d’une unité d’alkylation !
Un certain (grand) nombre de collègues partagent ce point de vue.
Je vous suggère donc de rendre, en tant qu’écolo, un grand service à vos compatriotes,
Militez avec Greenpeace pour qu’on arrête de polluer la France avec les machins qui tournent, qui sont pas beaux, qui saccage le paysage, qui font du bruit, qui coutent chers, et qui font de l’électricité quand on en à pas besoin... et qui n’en font pas qu’en on en a besoin !
Sans oublier qu’il rapportent beaucoup moins de taxe pro. que l’on veut bien nous dire (mais c’est très secondaire).
g.jacquin












