Article publié le 12 février 2009
Le véhicule que vous voyez ci contre est baptisé "Airpod", il fonctionne à... l’air comprimé et a été conçu par un ingénieur Français, Guy Nègre, qui est le propriétaire de la société MDI qui les fabrique.
Comprimer de l’air est une manière, en effet, d’accumuler de l’énergie que vous pouvez emporter avec vous dans un véhicule pour le faire avancer en récupérant l’énergie qu’il contient. Or, un carburant ou des batteries ne sont rien d’autres que des contenants énergétiques qui, en libérant leurs énergies, permettent à une véhicule d’avancer.
Monsieur Nègre se bat depuis longtemps pour développer son véhicule à air comprimé en suscitant plus de critiques que de soutiens. Il vient pourtant de frapper un grand coup en obtenant un essai en vrai de ses prototypes comme véhicules de piste dans les aéroports. C’est Air France qui lui en a commandé, à titre d’essai, une dizaine qui seront mis en œuvre à Roissy, Orly et même Amsterdam. Il seront livrés dans le courant de l’année 2009.
Les ingénieurs motoristes classiques admettent que sur le principe, ce type de motorisation fonctionne mais que son rendement n’est pas bon comparé au moteur classique à carburant. Guy Nègre l’admet mais sa cible n’est pas le moteur à explosion mais le véhicule électrique. Et là j’avoue qu’il marque un point. Car, dit il, si le rendement de mon véhicule à air comprimé est moins bon que celui d’un véhicule électrique, il offre l’avantage de ne pas être pénalisé par les 400 kg de batteries que le véhicule électrique doit transporté. Son argumentation m’a rappelé le tableau ci dessus qui montre que l’énorme avantage des carburants liquides, c’est de posséder une énergie massique 100 fois supérieure à celle du kilo de batterie ou d’hydrogène ! Reste une inconnue, Monsieur Nègre, n’a pas dit qu’elle était l’énergie massique de l’air comprimé ou plus prosaïquement combien pesait son réservoir d’air comprimé par rapport au réservoir de carburant ou au pack de batteries de capacité énergétique équivalent.
Quoiqu’il en soit, il a su convaincre la direction d’Air France de faire l’essai de ses Airpods. Je ne sais pas s’il est bon technicien mais en tous cas c’est un excellent commercial. Un Grand Bravo.
Le problème est qu’il faut dépenser beaucoup d’energie pour comprimer cet air au départ. De plus il me semble qu’une experience semblable a déjà été tenté par un certain M. James Watt en 1765 en utilisant de la vapeur d’eau comprimé...
Bonjour,
On peut effectivement mettre beaucoup d’énergie dans l’air comprimé, l’important c’est qu’on la retrouve ensuite :-) C’est le cas, l’air comprimé est bien le moyen de stockage de l’énergie le plus puissant existant : sans lui, le char Leclerc ne fonctionnerait pas, pas plus que l’avion de chasse Rafale, pas plus que tous les tracteurs et les engins de chantiers à système hydro-pneumatique, grace aux accumulateurs hydro-pneumatiques :
http://www.hydroleduc.com/site/accu... par exemple
Demandez donc à un mécanicien s’il préfère un outil électrique ou un outil pneumatique : l’outil pneumatique est toujours plus puissant ! C’est pour la même raison que les moteurs à air comprimé ont un très fort couple.
Quand à la fiabilité, on démarre les groupes diesels générateurs de secours pour les hopitaux et sites sensibles avec ... de l’air comprimé, quand on ne veut pas de problèmes de batteries ou de démarreurs électriques.
Ce n’est pas d’un problème de puissance dont il s’agit.
Il s’agit aussi d’un problème de puissance, car la disponibilité de puissance (ie de couple sur un moteur rotatif) permet de se passer de boite de vitesse, donc de gagner en masse, ainsi qu’en simplicité donc en fiabilité.
Et c’est la masse inutile déplacée dans un véhicule qui gaspille le plus d’énergie.
C’est bien un des grands intérêts de l’air comprimé.
Pas de problème pour obtenir l’air comprimé. Prenez une bande de Shadoks et des pompes à vélo.
Et les Shadocks pompaient, pompaient...
Claude Piéplu revient !
MH
Le rendement de l’air comprimé est très mauvais. Le seul moyen de réduire l’écart consiste à considérer le système (compresseur, entrée, sortie) comme une chaudière et récupérer la chaleur produite pour chauffer de l’eau ou une habitation. Pour une habitation il faut un compresseur silencieux, c’est très rare à ce niveau de pression. Du coup il faudrait une étude de plus et des investissements de plus.
Bonjour,
Vous dites "Le rendement de l’air comprimé est très mauvais" : l’affirmation est trop générale pour être toujours vraie :-)
Si vous chauffez de l’air dans une cavité, avec du soleil, alors le rendement doit facilement atteindre 90%... mais ce n’est pas très important car le soleil est gratuit :-)
Si vous prenez un ballon d’air et le descendez sous l’eau, alors l’air se comprime avec un rendement proche de 100%. Et le coût est celui du lest... je sais, pas pratique à Paris :-)
Vous avez tout à fait raison, pour une compression mécanique, il faut absolument utiliser en co-génération la chaleur résultant du processus. Mais tant qu’à bruler du mazout ou du bois quand il n’y a pas de soleil, autant stocker de l’air comprimé pour sa voiture et sa maison pour le même prix.
Effectivement, il faudra investir un peu pour adapter des compresseurs d’air avec refroidissement à eau pour un usage domestique : de nouveaux débouchés pour les spécialistes français des compresseurs à air, qui vont voir un nouveau marché s’ouvrir et qui sont tout à fait capables de résoudre ces problèmes d’ingéniérie.
Un grand avantage de l’air comprimé est surtout que l’air est gratuit, disponible partout, pas du tout dégradé par cet usage.
Et même un pays avec peu de technologie peut fabriquer des réservoirs et des engins à pistons, ce qui rend cette technologie accessible à tous.
Mais ça ne plait manifestement pas aux actionnaires des futurs fabricants et loueurs de batteries électriques polluantes.
Même si vous aviez un rendement de compression de 90%, le bilan resterait défavorable.
9O% x 30% = 27%
C’est 3 fois moins qu’avec la filière électricité-batterie à partir d’une source solaire où l’on produit de l’électricité et où on récupère la chaleur résiduelle (chauffage etc.)
Et personne n’a jamais obtenu un rendement de compression de 90%. Sinon, citez vos sources. Les meilleurs rendements de compression espèrés (et non réalisés) sont aujourd’hui de 70%.
Enfin, même si le rendement de la voiture à air comprimé passait à 60% au lieu de 30%, on aurait :
90 x 60 = 54%
Cela resterait toujours bien inférieur au rendement de la chaîne électrique-batterie à partir d’une source solaire où l’on produit de l’électricité et où on récupère la chaleur résiduelle.
Vous nous enfumez avec du solaire qui n’existe pas en france, alors que 80% de l’électricité est d’origine nucléaire avec une efficacité de l’ordre de 30% et des déchets qui trainent sur nos routes, comme on vient de l’apprendre.
En comprimant l’air chez soi en co-génération, on ne fait pas partir 70% de l’énergie en nuage dans l’atmosphère. Déjà l’efficacité énergétique de la compression est de l’ordre de 60% et les 40% de chaleur dégagés chauffent la maison.
Quand au rendement de compression, je vous ai présenté un exemple de rendement de 100%, et je vous confirme que le rendement du chauffage d’air dans une enceinte fermé par focalisation de rayons lumineux peut atteindre 90% sans problème. C’est le principe utilisé dans les capteurs solaire thermiques sous vide comme http://www.bysun.fr/page11.html Dans cette version, le rendement atteint 85% pour le transfert de chaleur, avec un système à changement de phase. Si l’on travaillait seulement sur la pression, alors on serait facilement à 90%.
Enfin :
vous prenez un chiffre de 30% de rendement pour un moteur à air comprimé qui n’a pas de justification. Le vrai chiffre est de l’ordre de 60% sans gestion des transferts thermiques ;
vous comparez des chiffres qui ne représentent pas les mêmes choses : il faut comparer l’efficacité énergétique de compression de l’air à l’efficacité énergétique d’obtention de l’électricité d’une part,
puis l’efficacité énergétique de transport d’un véhicule, en tenant compte de la masse inutile transportée...
A chaque fois vous feignez d’ignorez que l’air comprimé ne sera pas obtenu à partir de l’électricité...
J’attend toujours des références sérieuses. Des chiffres qui tombent du ciel, n’importe qui peut en donner.
Je me suis fatigué à mettre des références et des calculs dans des commentaires sur votre blogs. Vous les avez supprimé, vous instaurant en censeur et juge.
Et maintenant vous me les demandez à nouveau ?
Effectivement, les chiffres ne sont que le résultat d’expériences et de raisonnements logiques. Sans la description de ces raisonnements, les chiffres ne veulent rien dire.
Déjà, expliquez donc où vous avez trouvé un rendement de 30% pour un moteur à air comprimé...
Vous n’avez jamais donné aucune références ni ici ni ailleurs sur le rendement du moteur à air comprimé de MDI et sur le rendement de la compression d’air via solaire thermique.
Les références qui servent de base à ma réflexion (ADEME, CNAM, Ecole des Mines) sont indiquées ici, voir le paragraphe sur la voiture à air : http://www.electron-economy.org/art...
ça dérange : "Et là j’avoue qu’il marque un point. Car, dit il, si le rendement de mon véhicule à air comprimé est moins bon que celui d’un véhicule électrique, il offre l’avantage de ne pas être pénalisé par les 400 kg de batteries que le véhicule électrique doit transporté."
Réponse : nul besoin de transporter 400kg de batterie, et vous posez à mon sens vraiment très mal le problème, il faut comparer ce qui est comparable. Explications ici : http://www.electron-economy.org/art...
Air France va réaliser des tests et réalise au passage un joli coup de pub étant donné que beaucoup de gens pensent que la voitures à air comprimé, n’utilise que de l’air...et oublie qu’il faut le comprimer...avec beaucoup de pertes.
Et les panaches de vapeur blanche au dessus des centrales nucléaires, des centrales au fuel ou au charbon, c’est quoi alors ?
C’est 60% à 80% de l’énergie de chauffage qui est sciemment jetée dans l’atmosphère !
Car l’électricité se fabrique en grande majorité en chauffant un fluide POUR LE COMPRIMER :
ce qui est inefficace, c’est de le faire dans des usines énormes où la chaleur est jetée, réchauffe l’atmosphère ou tue les rivières ;
il serait beaucoup plus efficace de comprimer de l’air dans les maisons, les immeubles ou les bureaux, là où la chaleur est nécessaire en hiver, et le soleil thermique prendra le relais en été.
Défendre les batteries électriques, c’est défendre un système où les humains restent esclaves des grandes organisations tentaculaires, pétrolières, minières (le lithium...), électriques, ou bancaires...
L’air comprimé, c’est pouvoir devenir "libre comme l’air".
Mais cela fait peur à certains...
"Et les panaches de vapeur blanche au dessus des centrales nucléaires, des centrales au fuel ou au charbon, c’est quoi alors ?"
Réponse : Il y en aurait 3,5 fois plus avec la filière voiture à air comprimé développée en masse...Il faut de l’électricité pour comprimer l’air ; 3,5 fois plus qu’avec la filière électrique-batterie.
Ce n’est pas intéressant d’utiliser l’électricité pour comprimer de l’air, car l’obtention de l’électricité gaspille déjà trop d’énergie, qui réchauffe l’atmosphère ou les rivières.
Il faut travailler :
en co-génération à la place des chauffages à mazout ou à gaz en absence de soleil ;
avec du solaire thermique dès qu’il y a du soleil.
Quand à la masse, ce sont les batteries qui sont trop développées en masse, elles en sont obèses ;-)
"Il faut de l’électricité pour comprimé l’air" cela devient une religion....mais c’est faux.
De toute façon le problème sera vite réglé, quand vous aurez le choix pour le même prix entre une voiture à air comprimé ou... une demi-batterie.
Des références concernant les rendements de compression d’air via solaire thermique ?
En voici une à propos du CAES (Compressed Air Energy Storage) :
Overview of Compressed Air Energy Storage http://coen.boisestate.edu/WindEner... Extrait, page 3 :
"As is the case with any energy conversion, certain losses are inevitable. Less energy eventually makes it to the grid if it passes through the CAES system than in a similar system without storage. Some of these losses are mitigated in the approach used by General Compression (using the wind turbine to compress the air directly). In any event, the requirement for additional heating in the expansion process is the most significant disadvantage. By some estimates, 1 kWh worth of natural gas will be needed for every 3 kWh generated from a CAES system. This is particularly problematic if fossil fuels are used for the heat addition. As natural gas prices increase, the economics of CAES, marginal at present, could fail."
Un article où l’on explique que les panneaux solaires thermiques sont utilisés en appoint pour la compression de l’air, et non pas comme système principal de compression, qui lui, est électrique :
"(...) Sa technologie innovante repose sur un système de stockage d’air comprimé CAES (Compressed Air Energy Storage) utilisée en Allemagne (Huntorf) et aux Etats-Unis (Mc Intosh en Alabama) ; l’air comprimé étant ensuite utilisé pour produire de l’électricité par détente. Ce système peut être couplé à un système thermodynamique solaire. Sept sphères en matériaux composites d’un volume de 4850 m3 stockent de l’air comprimé à 120 bars par un compresseur électrique. Des panneaux solaires thermiques, d’une surface de 10 000 m2, produisent de l’eau chaude utilisée pour augmenter jusqu’à 600 bars la pression de l’air stocké, offrant ainsi un gain de 40%. Lors des pics de consommation électrique, l’air comprimé est "relâché" et entraîne une turbine, capable de produire 40 MW d’électricité, été comme hiver (...)" http://www.ambitions-sud.net/n55/n5...
Hello !
Olivier Danielo, vos arguments au point de vue rendements sont valables ; mais du cote pollution, les batteries/accus "c’est d’la merde" comme dirait J.P Koff !
CNRS, à propos des batteries pour automobiles : "le matériau d’avenir pour ces applications est le phosphate de fer et de lithium : écologique, il possède des propriétés exceptionnelles alliées à un faible coût et une bonne stabilité thermique, élément essentiel pour la sécurité." http://www2.cnrs.fr/presse/communiq...
Les batteries lithium nanophosphate sont par exemple très performantes : http://www.electron-economy.org/art...
Dans le cadre de la proposition de MDI, la flotte de véhicules opère dans un environnement fermé, l’aéroport, où les trajets à parcourir sont courts et parfaitement connus. De plus, l’air comprimé technique est déjà disponible, et les systèmes à air comprimé ont une bonne réputation de fiabilité.
Il est fort probable que les offres concurrentes se sont basées sur des véhicules existants, c’est a dire un véhicule électrique d’une technologie ancienne, parfaitement dominée (ce qui permet de tirer sur les prix) mais avec ses inconvénients, manifestement, des batteries au plomb.
Il reste donc, comme le fait remarquer çaDérange, un gros succès de communication, mais pas grand chose d’autre. Tout ceci n’a rien à voir avec le véhicule de remplacement de notre auto favorite, qui doit conserver quelque chose de sa versatilité et de son autonomie.
Cordialement.
Je pense qu’il y a plus que les qualités de communication de MDI.
Pour entretenir des avions, on ne se contente pas de réputation, et je fais confiance aux personnels de Air France et de KLM pour regarder la voiture sous tous ses aspects.
La fiabilité de l’air comprimé n’est pas une simple réputation, c’est une observation constante.
La puissance de l’air comprimé permet de réduire les systèmes de la voiture au minimum, ce qui diminue la masse et augmente la fiabilité.
La capacité de stockage sans perte et de chargement rapide permet d’augmenter la disponibilité.
Je dois rappeler qu’avec les chariots électriques, il faut investir dans plusieurs jeux de batterie pour chaque véhicule, du fait du temps de chargement. Car le concept du "changer les batteries" n’est pas une découverte, c’est une habitude avec les batteries... Et c’est un gros coût supplémentaire, car il faut en plus les changer tous les 4 ans au moins.
Et finalement, le coût qui reflète la complexité et l’efficacité, y compris le coût d’exploitation, sera nettement moindre.
Selon le site de MDI, le concept de voiture testé vise très efficacement les petits trajets, il est tout à fait adapté aux aéroports ou aux transports urbains.
Encore une fois, le problème n’a rien à voir avec une question de puissance.
Plus de dix ans qu’on en est au même point : personne de sérieux (journaliste auto...) n’a pu tester la voiture. Après avoir escroqué les indiens et les italiens, à qui le tour ? Le problème de l’air, c’est que quand on le comprime, il se réchauffe et se dilate : rendement catastrophique. Quand on utilise la voiture, l’air se détend, se refroidit et se contracte : re-rendement catastrophique... Personne de sérieux ne croit à ce truc-là. Si vous n’êtes pas convaincu, allez à Carros près de Nice et demandez à tester. Personne n’a fait autre chose que le tour du parking...












