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Santé et environnement en Afrique : Areva et ONG complices ?

Article publié le 7 juillet 2009

Santé et environnement en Afrique : Areva et ONG complices ?

Areva, l’association Sherpa, regroupement de juristes souhaitant « responsabiliser les acteurs économiques en vue de prévenir et réparer les dommages sociaux et environnementaux induits par leur activité » (1) et Médecins du Monde ont annoncé qu’ils s’étaient associés pour la mise en place d’un observatoire de santé autour des sites miniers de l’entreprise au Niger et au Gabon (2). Cette association fait un peu désordre. Alors que les ONG ne cessent de critiquer la multinationale pour sa gestion douteuse des problèmes environnementaux et sanitaires liés à l’extraction du minerai radioactif (2), Areva se rapproche d’elles afin d’établir cet observatoire. Cette décision est le premier aboutissement notable d’une collaboration entamée dès 2007 (3).

Voeux louables ?
Areva déclarait qu’« en instituant un système de veille sanitaire à l’échelle mondiale et en s’appuyant sur un dispositif de réparation d’éventuels préjudices subis par les collaborateurs étrangers et français sur les sites miniers d’AREVA, cet accord marque une étape importante dans le nécessaire dialogue entre un opérateur minier responsable et la société civile. » (2) L’observatoire est constitué à parité de membres des ONG et d’Areva, incluant scientifiques, médecins, etc. Ce n’est peut-être qu’un début, mais comme on le sait, en France, où nous disposons d’un système de veille puissant (InVS), il est quasiment inutile s’il n’y a pas derrière des instances de régulations et de choix politiques. Or, comme le rappel Collectif Areva ne fera pas la loi au Niger (4), cet accord semble bien maigre et peu opérationnel compte tenu de l’impact des exploitations minières d’uranium, non seulement sur la santé des « collaborateurs étrangers et français », mais aussi sur la qualité des ressources des régions environnantes telles que, l’eau qui devrait être un point central puisqu’il touche les populations voisines. Or, cet accord permettrait d’indemniser seulement les travailleurs, s’ils en ont fait la demande et s’ils peuvent établir un lien de cause à effet entre maladies et cette activité (2)(4). Ainsi, mettre en place un système de veille de l’évolution de l’état de santé, indemniser et « faire des propositions pour l’amélioration de l’hygiène et de la sécurité sanitaires des sites miniers » semblent sans doute insuffisant aux vues des enjeux environnementaux et sociaux qui semblent eux bien plus larges que ce périmètre.

Juges et partis ?
L’association ONG / Industriel au sein d’un observatoire peut paraître plutôt séduisant sur le papier, mais l’expérience de l’amiante en France tend à montrer que des commissions à la fois juges et partis (5) - vrais pour l’industriel et les ONG - pouvaient être stériles, conduisant généralement à des non-décisions ainsi qu’à des connivences. D’autant qu’il se pose la question du financement même de cet observatoire, supposons à majorité Areva, le problème d’indépendance de cette organisation est clairement posé !

Une fructueuse opération ?
Supportant une image désastreuse, elle n’hésite pas à redorer son blason à coup de publicités hygiéniques, s’appropriant une image durable peu compatible avec la nature même de son coeur de métier. Surtout, si l’on considère cette activité d’extraction, probablement plus dangereuse que l’exploitation d’une centrale, moins encadrée et localisée dans des pays moins restrictifs. A quelques pas du creusement d’une mine à Imouraren au Niger, d’après le collectif ce modeste observatoire pourrait aider Areva à obtenir des financements de la Banque Européenne d’Investissement (BEI). Son prix est réduit comparé à l’aide potentiellement consentie (4). Areva ferait alors une excellente opération.

Le plus surprenant est finalement l’accord avec deux associations qui condamnent la firme depuis plusieurs années. Certes, cet observatoire est un premier pas. Toutefois, il est semble très timide, et oublie assez volontairement la question socio-environnementale, ce qui risque d’en voiler un volet très important (nécessaire ?). La CRIIRAD (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) pointe d’ailleurs l’ambiguïté : « Si Areva ne propose pas certaines garanties (inclusion de toutes les personnes concernées, prise en compte de toutes les pathologies incriminées, dispositifs d’indemnisation adaptés…) et ne prend pas en parallèle des dispositions pour réduire l’impact sanitaire et environnemental de ses activités, la mise en place de ces observatoires ne constituera pas un progrès réel » (6). William Bourdon de SHERPA s’en défend, l’environnement n’est pas son créneau principal : « Aux ONG environnementales de continuer leur travail d’alerte » dit-il (6). Selon lui, il faut bien répondre « aux besoins des victimes en apportant une solution concrète et pragmatique ». Si le lien entre environnement et pathologies semble pourtant établi, il semblerait que ces deux domaines pourtant imbriqués ne le soient pas encore au Niger. Avec un tel observatoire, les associations, bien qu’indépendantes et collaborant activement, auront sans doute un pouvoir restreint au sein de cet observatoire. Areva, financeur et dernier rempart aux indemnisations des victimes de son activité minière, prendra les décisions d’actions.

sources :
(1) Sherpa
(2) Sherpa
(3) Sherpa
(4) Collectif Areva ne fera pas la loi au Niger
(5) Wapedia
(6) Novethic

(7) Médecins du Monde (2007)
Dessin : Nucléaire Non Merci

Thèmes

Pollution Industrie Nucléaire ONG Eau

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commentaires
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(IP:xxx.xx8.199.153) le 7 juillet 2009 à 12H05

" Supportant une image désastreuse, elle n’hésite pas à redorer son blason à coup de publicités hygiéniques, s’appropriant une " image durable " peu compatible avec la nature même de son coeur de métier "

Ha mais pas du tout !

Ce pays est pourri pour des années durables ! C’est même la carte d’identité de cette énergie d’être pollutive pour cent mille ans...et tout ça alors que l’Afrique pourrait nous vendre du soleil ! Si ’est pas malheureux d’en être encore là à creuser le sol, levez les yeux bandes d’idiots.

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par A D B E (IP:xxx.xx2.170.103) le 8 juillet 2009 à 00H06

Bonjour Nous sommes les membres de l’Association "Diabétiques de Boujaâd et ses Environs", Province de Khouribga Maroc . Notre Association a pour objectifs de :
- Offrir différents services aux malades diabétiques.
- Mettre gratuitement à la disposition des malades et des nécéssiteux des médicaments
- Assurer l’accompagnement et le suivi des enfants et personnes âgées
- Organiser des magnifestations pour sensibiliser la population dans le monde rural et créer des rencontres entre groupes de différentes régions du royaume pour simplifier et raccourcir les déplacements coûteux.
- Organise des séminaires et des colloques en partenariat avec la Fédération Marocaine des diabétiques pour approfondir, former et informer les autres associations qui ont les mêmes objectifs.
- tisser des liens, organiser des rencontres avec des organismes Gouvernementaux et non Gouvernementaux, Nationaux et Internationaux.
- Chercher des soutients sous forme de collaboration de dons et de médicaments.

vous demande de coopérer avec notre association afin de soutenir les malades nécessiteux pour lutter contre cette maladie incurable Merci à toutes et à tous ceux qui réponderont ou contribueront généreusement à notre appel Veuillez contacter notre site pour avoir plus d’informations sur nos activités www.asso-diab-bj.fr.gd www.adbe.tk

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par zino (IP:xxx.xx1.101.144) le 8 juillet 2009 à 00H17

gisements d’uranium sont exploités à moins d’une centaine de kilomètres de la frontière algéro-nigérienne par deux compagnies françaises dans la région d’Arlit au Niger. L’émanation des poussières radioactives et du gaz radon-222, poussés par les vents du Sud, traversent les frontières et se dispersent plus particulièrement sur une grande superficie du Sud algérien, détruisant pour toujours le système écologique.

Cette émanation toxique tue les hommes, la flore et la faune, sur une échelle plus grande que les restes des essais nucléaires français au Sahara. L’uranium du Niger est seulement indispensable au programme électronucléaire massif de la France, mais surtout pour la fabrication d’armes nucléaires, qui sont prohibées pour certains et permises pour d’autres.

L’uranium du Niger, une fois traité sur site et délesté de ses déchets radioactifs, représente 96,5% du volume de minerai extrait, le ‘yellowcake’ (concentré de minerai jaunâtre), une part est transportée vers le Libye par Agadez, le reste est acheminé au Bénin jusqu’au port de Cotonou. Ce qui est inquiétant, c’est l’existence de la mine elle-même, car elle restera pour l’éternité une grande source d’émanation de la radioactivité, tuant à petit feu les populations d’Afrique (voir tableau 1).

Libéré en grande quantité par l’activité minière et les déchets radioactifs, le gaz radon-222, élément radioactif, qui peut parcourir des milliers de kilomètres en quelques jours sans jamais s’éloigner de la surface du sol, à cause de sa densité et la pesanteur. Le radon s’émane aussi en grande quantité des montagnes de résidus radioactifs, qui jonchent auprès des mines et aussi par les cheminées d’aération de la mine.

A Arlit, une montagne de 15 m de haut sur une superficie de 85 hectares de surface et d’un volume de 12,5 millions de tonnes de résidus radioactifs est soumise au gré des vents qui transportent ses poussières sur des milliers de kilomètres. Sur le site de la mine d’Arlit, des mesures faites clandestinement par des ONG européennes donnent une teneur moyenne de 49 000 Bg/kg pour le thorium 230, 57 000 Bg/kg pour le radium 226 et 54 000 Bg/kg pour le plomb 210, soit une radioactivité totale supérieure à 500 000 Bg/kg, si l’on ajoute la contribution des 14 descendants de l’uranium (voir tableau 1). Laissés à l’air libre, la poussière de résidus radioactifs et le gaz radon-222 sont emportés par les vents dominants, soufflant du sud vers le nord, jusqu’en profondeur du territoire algérien.

A Tamanrasset comme à Adrar des morts suspectes dues à l’irradiation radioactive ont été enregistrées, la plupart des habitants du Sud algérien portent un cancer des poumons, les enfants dès leur jeune âge souffrent des difficultés respiratoires, les services sanitaires ont relevé sur la population des signes de stress et de perte de mémoire, d’autres sont apparues : les cancers de la peau, les cancers de gorge, les déformations physiques, la chute de cheveux à un âge prématuré, etc.

Des mesures hasardeuses qui ont été faites dans différents sites du sud du pays se sont avérées alarmantes et quelques fois elles dépassent largement le seuil de radioactivité admis pour l’homme et la nature. Les désastres dans l’environnement L’émanation des nuages toxiques et radioactifs de la mine d’Arlit, sur les régions touristiques classées patrimoine national, mérite plus qu’une attention particulière de la part des autorités algériennes entre autres le ministre de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire qui fait la sourde oreille aux alarmes sur les calamités qui rongent notre pays.

L’AIEA a le plein pouvoir des Nations unies pour contrôler l’exploitation anarchique des mines et sa destination, mais aussi de s’inquiéter des conséquences environnementales dramatiques qui s’abattent sur les pays d’Afrique limitrophes aux sites miniers d’uranium. Le radon-222 obtenu par la décomposition de l’uranium U-238 est extrêmement nocif pour la faune, la flore et le monde animal.

Dans le Hoggar, les arbres, les petites et les grandes herbes ont disparu, le sol nu est devenu stérile pour longtemps : l’irradiation radioactive est pour une grande part dans le changement climatique de notre planète. Cette agression de la nature par l’homme riche a des répercussions négatives sur la vie économique de la contrée, les habitants de l’extrême sud survivant que de l’élevage chamelier et caprin et du tourisme, ces deux activités sont complètement effacées à cause de la disparition de la nature causée par les émissions de la radioactivité de la mine d’Arlit au Niger.

Des conséquences dramatiques sur le site de la mine Pour ce qui est sur le site, le traitement du minerai exige l’usage de produits chimiques toxiques : ammoniaque, acide chlorhydrique, kérosène et eau oxygénée. Ces substances sont systématiquement déversées dans l’environnement qui engendre des réactions chimiques donnant des résultats épouvantables de toxicité. Le plus grand risque pour l’environnement est dû aux résidus miniers laissés par le broyage et le traitement du minerai d’uranium.

Ces résidus conservent 85% de la radioactivité du minerai d’origine sous forme de produits de désintégration qui se régénèrent sans cesse. Pour extraire le minerai, il faut décaper de grandes surfaces aux alentours de la mine qui vont rester stériles pendant toute la vie de la terre à cause du dégagement en surface du radon. Les tas de résidus miniers contiennent également des matières chimiques toxiques : acides, arsenic, nitrates et métaux lourds, où pendant la saison des pluies l’eau chargée s’infiltre dans la nappe phréatique et la pollue.

Lorsqu’il se désintègre, l’uranium émet de l’énergie et se transforme en substances diverses qui se désintègrent à leur tour, tout en produisant de l’énergie radioactive (voir tableau 1). Ces matières émettent des radiations de faible intensité capables de pénétrer les cellules et de modifier les molécules nécessaires à un fonctionnement normal du corps. Les effets nocifs des radiations atomiques : cancer, leucémie, problèmes de reproduction, troubles génétiques et troubles de la vision sont les maladies les plus propagées par la radioactivité.

Ambiguïté sur les chiffres communiqués par l’AIEA Les mines du Niger sont exploitées par deux compagnies françaises : La SOMAIR (Société des Mines de l’Aïr, créée en 1968) qui exploite l’uranium par carrière à ciel ouvert dans des gisements à une teneur

de 3 à 3,5 kg par tonne. Sa production actuelle est de 1.400 tonnes par an, elle en a extrait plus de 51.000 tonnes. La COMINAK (Compagnie Minière d’Akouta, créée en 1974) qui exploite d’autres gisements à une teneur de 4,5 à 5 kg d’uranium par tonne par travaux de galeries, elle produit 2.300 tonnes par an, elle a extrait plus de 68.000 tonnes. D’autres mines découvertes ne sont pas encore exploitées. Ces deux compagnies sont des filiales du groupe français AREVA-COGEMA, qui détient 63,4% du capital de la SOMAIR et 34 de celui de la COMINAK, le reste est partagé entre l’ONAREM (Etat du Niger), OURD (Japon) et ENUSA (Espagne).

Ces compagnies françaises produisent plus de 3700 tonnes d’uranium par an, soit 11% de la production mondiale. L’extraction de l’uranium du sol nigérien assure 70% des rentrées en devises du pays, alors que la population ne bénéficie presque de rien de cette drôle d’aubaine, juste de quoi acheter leur linceul. La présence française est contestée par toute la population autochtone pour son comportement néo-colonialiste et raciste dans les camps de la mort. Les compagnies françaises d’extraction de l’uranium au Niger sont très influentes sur le gouvernement nigérien, sur la vie politique du pays.

Cependant, la population du Niger compte parmi les gens les plus pauvres de la planète qui travaillent dans un environnement parmi les plus mortels qui soient pour fournir de l’énergie aux nations les plus riches et alimentent leurs bombes par le combustible nucléaire qui sera utilisé contre eux. La France exploite aussi plus de 7 mines sur son territoire, produisant 1400 tonnes d’uranium/an, au total elle produit 5100 tonnes d’uranium avec la mine d’Arlit.

Selon l’AIEA, la France possède 59 réacteurs nucléaires en service pour produire de l’électricité. Ces réacteurs répartis sur 19 centrales nucléaires produisent 80% de l’énergie électrique française, évaluée à 63 gigawatts (1 milliards de watts). Les Etats-Unis possèdent 104 réacteurs en service développant une puissance totale de 99 GW, le reste du monde produit 208 GW. -------------------------------------------------------------------------------- * Conseiller sur les questions de l’énergie Association Algérienne des Relations Internationales

Synthèse de l’article - Equipe Algerie-Monde.com

D’apres Le Quotidien d’Oran. Par Y. Merabet. Le 6 octobre 2008.

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par yo (IP:xxx.xx6.220.66) le 8 juillet 2009 à 09H18

bonjour

Le commentaire est fortement intéressant mais une petite incohérence ne remettant pas en cause les observations est présente.

Le radon et la radioactivité ne stoppe pas le développement des végétaux et c’est bien la le problème. Les végétaux concentrent certains radio-éléments, qui par la suite sont ingérés par les hommes ou le bétail. Le pire cas de contamination interne en plus des poussières transportés par le vent.

La perte de la flore doit être du aux produits utilisé pour l’extraction de l’uranium.

Les conséquences de l’exploitation des mines en France se font encore sentir. Alors en Afrique, cela va être pire car pas de gestion sanitaire du tout.

Mais a priori le nucléaire Français va prendre du plomb dans l’aile. La gestion de cette technologie est beaucoup trop pointu et dangereuse et complètement "ingerable" dans le temps.

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par Pierrot (IP:xxx.xx1.23.48) le 16 juillet 2009 à 00H47

Je ne peux que me réjouir de cette association d’un industriel responsable et d’une association vigilente.

Ainsi la vérité apparaîtra sur le mensonge des obscurantistes anti nucléaires se prétendant écologistes.

Le radon s’échappe de tous les sols français et étrangers même sans exploitation des sols.

Cela existe depuis 4,5 milliards d’années et se poursuivra sur des dizaines de futurs milliards d’années, bien avant la création d’AREVA.

Les taux les plus importants proviennent de massifs anciens tels que les plateaux du Brésil du sud de l’Inde , de la Chine ... et de Bretagne et massif Central.

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