Article publié le 22 mai 2007
Ce mot nous plonge dans le monde de la photo, avec révolution numérique qui offre des possibilités insoupçonnables hier, mais qui n’en demande pas moins de talent et de sensibilité, et pose la question de la durabilité au sens premier du terme : les photos numériques tiendront-elles le coup, laisseront-elles des images du passé comme leurs grandes sœurs argentiques ?
Positif, c’est aussi, aujourd’hui, le bâtiment à énergie positive. Beau défi à relever, alors que le secteur du bâtiment consomme en France à peu près 45% de l’énergie. Comment l’idée en est-elle venue ?
Tout d’abord, l’énergie la moins cher, et la moins polluante est celle que l’on ne consomme pas, ou que l’on consomme sans avoir à la produire. Elle se produit toute seule, avec des mécanismes naturels : le soleil derrière une vitre, la chaleur animale (et en premier lieu la nôtre, celle des humains, équivalent à une centaine de watts), celle des nombreux équipements comme le frigo, l’ordinateur, les lampes qui chauffent toujours un peu, même celles à basse consommation.
Aujourd’hui,
on sait construire une maison qui ne consomme presque rien, sans que ce
soit une grotte, avec des fenêtres minuscules, et des murs d’un mètre
de large, consommant au passage des tonnes de matières à extraire dans
des carrières. Pour se chauffer, très peu d’énergie est nécessaire,
compte tenu de l’isolation et des « apports gratuits ». Il faut quand
même se laver, et l’eau chaude, ce n’est pas si mal. Il faut se
nourrir, donc conserver des aliments au froid, et faire la cuisine.
Sans oublier un coup d’aspirateur de temps en temps, la télévision et
ses accessoires, l’ordinateur, le lave-linge et la machine à laver la
vaisselle, la radio, etc.
Tout
ça représente de l’énergie, et on en a besoin, même si on n’achète que
des équipements très performants, classés A+ dans les étiquettes
d’efficacité énergétique, et si on fait attention aux nombreuses
veilleuses dont nos appareils modernes sont truffés. La maison « passive » ne suffit pas, même si on divise par 10 la consommation
d’une maison conforme à la réglementation de maintenant.
Il faut donc consommer un peu d’énergie. Dans un premier temps, on s’en satisfait, on a déjà tellement gagné ! Et puis, on se dit que c’est dommage, et qu’on pourrait aller plus loin. Pourquoi ne pas essayer de produire sur place ce dont nous avons besoin ? On peut le faire, avec des dispositifs de captage d’énergies renouvelables, comme le solaire, éolien qui peuvent produire de l’électricité. Il faut dire que ce sont des énergies capricieuses. Elles donnent satisfaction dans la durée, mais elles ne sont pas régulières, elles dépendent de la pluie et du beau temps. On s’est donc mis d’accord sur le fait que cette production sur la maison devait être mutualisée, et non pas réservée à la seule maison qui l’a captée. C’est sur une année que l’on fait le bilan. Si on arrive à fabriquer et mettre en réseau plus d’énergie que l’on en consomme, et bien, on a une maison à énergie positive.
On
en est là, mais on pourrait aller encore plus loin. Pourquoi se fixer
comme objectif de capter la quantité d’énergie dont on a besoin si on
peut faire mieux ? Car à y regarder de près, on voit bien que l’énergie
captée par la maison n’est pas liée au fonctionnement de la maison,
mais au simple fait qu’elle offre des surfaces adaptées à la collecte
d’énergie, toit et façades. L’énergie renouvelable se collecte
justement sur des surfaces, et l’efficacité du dispositif dépend, en un
lieu donné, de leur orientation, de leur inclinaison, des ombres
portées par les bâtiments voisins. Pour récupérer le maximum d’énergie,
utilisons toutes les surfaces disponibles, et configurons les maisons
pour cela.
Dans la nature, toutes les surfaces forment capteur solaire, et produisent de l’énergie sous forme de biomasse, avec des efficacités variables selon la nature des sols et des milieux, forêts, prairies, marais, champs de céréales, etc. Et bien il faut que les surfaces artificialisées en fassent autant. Pour lutter contre l’effet de serre, toute surface bonne à accueillir un capteur doit être équipée. Attention, cette formule a des limites, il ne faut pas tomber dans une vision totalitaire, où l’énergie dicterait sa loi indépendamment de toute autre considération. La collecte des photons doit s’inscrire dans un projet architectural d’ensemble, mais elle doit figurer clairement dans le cahier des charges de l’architecte, et précédemment de l’urbaniste quand il s’agit de créer de nouveaux quartiers. Quand on sait qu’un capteur photovoltaïque a remboursé sa dette énergétique au bout de deux à trois ans de service, alors qu’il va produire pendant plus de vingt ans, il ne faut pas se priver de cette source d’énergie qui ne fait pas de bruit et ne pollue pas l’air ambiant. On nous parle d’immenses centrales photovoltaïques, sur des dizaines d’hectares, dont les premières sortent actuellement de terre en Corée et en Allemagne. Les images sont impressionnantes, même si ça ne représente que la surface d’une exploitation agricole de taille moyenne, mais pourquoi ne pas commencer par couvrir les maisons de cellules, plutôt que les champs ?
Profitons de chaque support bien placé pour capter de
l’énergie, car il faut beaucoup de surface pour collecter une énergie
diffuse. Ne nous limitons pas aux maisons, profitons des murs
antibruit, des équipements de toutes natures dès lors qu’ils sont bien
orientés et facilement raccordables à un réseau. Et mettons nous à
l’œuvre pour que ces capteurs soient aussi bien intégrés que possible
dans l’architecture et le paysage. Ce mouvement est déjà engagé, il
convient de le booster !
L’aventure
de la maison à énergie positive, qui réalise l’exploit de transformer
une lourde facture en une recette, nous renvoie au rapport de
l’économiste Britannique Nicholas Stern, sur les coûts de la lutte
contre le réchauffement climatique. Une contrainte, au départ. On
rechigne à y consacrer des moyens, on essaye de retarder l’échéance, on
émet des doutes sur l’intérêt de ces efforts qu’on nous demande. Et
puis, il faut s’y résoudre, on voit bien que c’est inéluctable. On
essaye alors de voir combien ça coûte, et on s’aperçoit que ça ne coûte
pas cher du tout. Et puis on calcule que, si on ne fait rien, ça coûte
beaucoup plus cher ! 1% pour l’action, entre 5 et 20% pour le laisser
faire, le « business as usual ». Et si la nécessité d’agir était
bénéfique ? Comme pour les maisons, la volonté de retourner la
situation provoque son lot d’innovations, conduit à des remises en
question salutaires. On s’inquiète souvent du prix du développement
durable, avec la grande question : qui va payer ?
On
constate dans les faits que les actions volontaires sont payantes, et
que les efforts demandés provoquent des avancées sociales et
technologiques telles que le bilan est largement positif. La bonne question
concerne plutôt les freins : comment se fait-il qu’on ne puisse pas aller plus vite sur la voie du développement durable ?
Thèmes
Habitat Energie Ecologie Développement durable Environnement Energies renouvelables Eco-construction
Bonjour, Il me semble que la surconsommation est à la base de toute la dérive au niveau écologique. Il se trouve que j’ai des amis qui habitent depuis plusieurs années dans une yourte (oui, une yourte !!) en Bretagne. Ils n’ont bien sur ni eau courante, ni électricité. Ils utilisent des toilettes sèches, ils ont un panneau solaire pour pouvoir relier un ordinateur de temps en temps, recharger un portable si besoin est : c’est tout.
Le constat est que la recherche de dépouillement est un exercice très salutaire. Ils me disent que c’est en fait très facile et que l’on se sent incroyablement léger après avoir abandonné "tout" le superflu !
Evitons la dérive. La yourte et les toilettes sèches ne sont pas des passages obligés, pour comprendre ou mettre en œuvre le développement et la construction durables ! J’y vois peu de lien avec le développement durable compris dans nos textes fondamentaux en Europe, le fruit d’une tripe interaction de facteurs économiques, sociaux et environnementaux.
Dans cet article, Dominique Bidou pose de bonnes questions. Je ne souhaite pas être offensant en disant ‘cette fois encore’. Oui, les questions sont les bonnes. Dans leur nième formulation ! J’abondais déjà dans son sens lors d’un article précédent en apportant des éléments de réponse que je développe sur http://www.construrie-malin.be.
Construire avec l’énergie peut ne pas coûter plus cher au portefeuille du ménage ! Faites vos comptes ! Même sans conjecturer sur une facture environnementale à payer – bien réelle, celle-là - ! Mais à qui la payer et de quel montant ?
L’économie pour les ménages est immédiate, même en empruntant un montant plus important pour prêt hypothécaire ! J’ai mis en ligne un calculateur qui internalise votre facture d’énergie au prix de votre prêt hypothécaire (durée et taux), dans une formule qui permet de fixer le taux d’inflation et un scénario de croissance du prix de l’énergie : en euro constant et en euro courant. Jouez avec vos propres chiffres, vous serez surpris : http://www.construire-malin.be/comp...
A l’heure où la France prépare le Grenelle de l’environnement pour la rentrée politique de Septembre. A l’heure où l’habitat, l’aménagement urbain et l’aménagement du territoire figurent en deuxième place (derrière les transports) dans le portefeuille Monsieur Jupé. A l’heure où des normes énergétiques plus strictes sont en préparation à la Commission européenne (40 kWh/a pour les constructions neuves et 80 kWh/a pour le patrimoine bâti à l’horizon 2020)
Tous les feux sont au vert, pour entraîner nos concitoyens vers des actions pour réduire les fuites d’énergie dans l’habitation http://www.construire-malin.be/comp...
L’heure n’est plus aux questions mais à la mise en œuvre des solutions existantes pour la majorité précoce. Pour leur part, les adopteurs précoces (au sens de Kotler), sont passés à l’acte de longue date.
Force est de constater que la sauce ne prend pas. On en parle depuis plus de 20 ans. Depuis plus de 20 ans, des projets démontrent que c’est tout à fait possible d’un point de vue technique. Dans les standards de la vie moderne, et même dans des conditions de bien-être accrues.
Economiser l’énergie dans l’habitation ? Ce n’est pas sexy pour la majorité de la population. Construire des maisons moins énergivores ? Y a rien de compliqué à ça. Juste bien mettre en œuvre des matériaux éprouvés !
Où est le nœud gordien ? A mon sens, il réside dans le marketing du concept : car construire une maison… économiser l’énergie, … c’est banal. Ya pas de HiTech. Ce n’est pas fun. Ya pas de valorisation de l’ego ! Ce n’est pas le TGV à 570 km (traverser la Belgique de long en large en 30 minutes bigre !). Ce n’est pas Gallileo.
Personne toutefois n’a encore formulé la présentation des concepts et des réalisations qui fleurissent partout sur le marché européen comme une évidence pour tous ; bon sang, mais c’est bien sûr ! Et la majorité précoces endosse à son tour le concept pour son propre compte. Contacte soit un architecte, soit un entrepreneur, soit un promoteur immobilier en exigeant une performance énergétique pour sa futur habitation.
Cette formule lancera la construction durable. Qui en sera l’auteur ? Pourrions-nous réfléchir ensemble à tout ce qui a empêché les ‘success stories’ des innovateurs et des adopteurs précoces e faire école ? Ne cherchons pas dans la technique, la mise en œuvre ou la finance… Isolément, ces projets sont durables, mais ils n’ont pas généré le ‘moment’ économique escompté. Le ‘moment’ est ici à comprendre au sens mécanique et physique de ‘momentum’, celui qui donnera la véritable dimension économique à la construction durable.












