NaturaVox : partager pour préserver
ConsoSociétéAlimentationSantéBiodiversitéClimatÉnergies
Politique énergétique française : l'incohérence programmée

Article publié le 23 février 2009

Avec un troisième EPR en vue, les objectifs de sobriété énergétique du Grenelle de l’Environnement apparaissent bien décalés. Pendant ce temps, le réseau de distribution d’électricité français se dégrade, gaspillant l’énergie à gogo. Où est la cohérence là-dedans ?

Politique énergétique française : l'incohérence programmée

Le 7 février dernier, Nicolas Sarkozy était en visite à Flamanville (Manche), site du premier EPR français. Il a annoncé qu’il songeait à la construction d’un troisième réacteur nucléaire de ce type. Après avoir annoncé le lancement du second fin janvier, à Penly (Seine-Maritime)(coût estimé : 4 à 4,5 milliards d’euros). Objectif : "faire de la France un grand pays exportateur d’énergie".

Pendant ce temps, dans le cadre du "Grenelle I", députés et sénateurs débattent sur la consommation d’énergie primaire des bâtiments neufs, les Français sont invités à acheter des ampoules basse consommation et à se pencher sur les étiquettes-énergie des machines à laver, frigos et voitures. Le BTP fait du HQE (Haute Qualité Environnementale) , les industriels réduisent le ratio énergie consommée/production. Même le monde agricole, peu concerné jusque-là, entreprend des bilans énergétiques de ses exploitations. Efficacité et sobriété énergétiques sont au programme

Les élus réunis dans la FNCCR dénoncent l’état lamentable du réseau de distribution basse et moyenne tension français  : "Le réseau vieillit : c’est un réseau du milieu de 20ème et non pas le smart grid (réseau intelligent) du 21ème siècle que les Français sont en droit d’attendre". Ils déplorent "la chute des investissements d’EDF puis ERDF dans les années 2000", "de l’ordre d’un milliard d’euros par an, au regard des années 1990". Avec le gaspillage considérable d’électricité que cela entraîne.

On cherche vainement une cohérence dans la politique énergétique française...


Photo : Ouest-France

Thèmes

Energie Nucléaire Haute Qualité Environnementale

Bookmark and Share
27 votes

commentaires
votez :
par Capitaine Poltron (IP:xxx.xx8.114.156) le 23 février 2009 à 15H36

Il aurait été souhaitable que vous expliquiez de façon circonstanciée ce qu’est la FNCCR, et comment sont gérés les réseaux basse et moyenne tension. Je suis persuadé que tout comme moi bien des lecteurs l’ignorent, et c’est un sujet pertinent.

Cela aurait été plus utile que de faire croire à un système de vase communiquant entre les sommes attribuées à ces réseaux et la construction de centrales.

Sinon, pourquoi ne pas mettre en exergue les subventions à l’éolien ? Le chiffre que vous citez pour le nucléaire est de l’ordre de grandeur de ce que coute chaque année le rachat au prix fort de l’électricité d’origine éolienne.

votez :
par Tamouc (IP:xxx.xx1.173.211) le 23 février 2009 à 15H52

C’est toujours la meme politique suivie depuis des decennies par les gribouilles qui nous gouvernent : la politique du chien creve au fil de l’eau ! Il n’y a pas de changement en vue ces prochaines annees. On ne change pas une equipe qui... perd ! Comme dirait l’autre "ca ne coute rien, c’est l’argent de l’etat".

votez :
(IP:xxx.xx8.114.156) le 23 février 2009 à 15H57

Il aurait été utile d’expliquer à vos lecteur ce qu’est la FNCCR, comment sont gérés les réseaux basse et haute tension, ce que beaucoup, comme moi, sans doute ignorent.C’est un sujet pertinent.

Par contre vous semblez faire croire à un système de vases comuniquants avec la construction des centrales, ce qui est pour le moins discutable.

D’autant qu’à ce compte là on ne voit pas pourquoi ne pas incriminer les tarifs prohibitifs auxquels edf rachète l’électricité d’origine éolienne, ce qui bon an mal an doit être du même ordre de grandeur que le chiffre que vous citez pour la centrale.

votez :
par Capitaine Poltron (IP:xxx.xx8.114.156) le 23 février 2009 à 15H59

mille excuses pour le doublon. Mon message ne s’affichant pas j’ai cru à une fausse manœuvre.

votez :
par Capitaine Poltron (IP:xxx.xx8.114.156) le 23 février 2009 à 17H24

Je n’ai pas été très précis. Actuellement à 3.5 GW installés et 2100 heures de fonctionnement par an, on arrive à 600 millions d’euros. Les chiffres pourraient devenir comparables si les prédictions du grenelle se réalisent.

votez :
(IP:xxx.xx2.87.188) le 23 février 2009 à 20H32

La FFCCR rassemble les collectivités locales théoriquement en charge de la distribution d’électricité et d’eau et de l’assainissement. Théoriquement, puisque dans la grande majorité des cas, les dites collectivités délèguent ces tâches à EDF, GDF, Veolia, Lyonnaise des Eaux, etc... Dans ce communiqué, elles expriment leur insatisfaction à EDF, ou plutôt à sa filiale ERDF, Electricité réseau distribution France, sur l’état du réseau basse et moyenne tension, les coupures qui se multiplient, la fragilité des lignes aériennes en cas d’intempéries, etc. J’y rajoute : le gaspillage de courant transporté. Ce ne seront sans doute pas les mêmes financements qui iront à l’EPR 2, puis à l’EPR 3. Il n’en est pas moins vrai qu’appeler les citoyens, le BTP et les entreprises à la sobriété énergétique tout en lançant sans concertation un (nouveau) puissant programme nucléaire qui ne sera même pas dimensionné pour répondre à nos besoins, mais pour exporter n’est pas très cohérent. Et ne risque pas de changer les habitudes. Quant à l’éolien, pourquoi tant de haine, alors qu’EDF peut négocier l’énergie ainsi rachetée sur le marché virtuel Powernext entre 8 et 9 centimes le kilowatt (prix d’acchat : 8,3 centimes) ?..

votez :
par Capitaine Poltron (IP:xxx.xx8.114.156) le 24 février 2009 à 01H44

Ce que je voulais dire, c’est qu’on ne peut pas mettre en balance n’importe quelles dépenses. Toutes les substitutions ne sont pas possibles.Je crois que cela a un sens d’ examiner quel est le meilleur ’mix’ éolien/nucleaire/thermique’ en faisant varier la part de l’un ou de l’autre pour obtenir un coût optimal. Mais peut-on remplacer la production d’électricité par sa distribution ? (Certes un meilleur réseau permet de diminuer les pertes. Mais dans quelle proportion et à quel prix ?Si l’on me prouve que les 10 milliards demandés par la FNNCR permettent d’économiser la puissance de 2 epr, je change d’avis)

Concernant ma remarque sur le prix de l’éolien, c’était une boutade puisqu’il n’y a pas plus de raison de le mettre en balance avec les coûts d’entretien du réseau.

Faire des économies d’énergie en renouvelant certains équipements est probablement rentable, mais selon les prévisions ça ne suffira pas à entraver l’augmentation de la consommation d’électricité. Et même si nous étions en surproduction, il n’y a aucun crime à profiter de notre avantage comparatif en vendant de l’électricité à ceux qui en seront resté à des modes de production plus coûteux ou plus polluant.

votez :
par themask62 (IP:xxx.xx9.237.167) le 23 février 2009 à 19H32

Je pense que c’est une critique indéniable du nucléaire : c’est une énergie centralisée, ce qui signifie beaucoup de perte dans les lignes HT. Ceci étant dit, les réseaux actuels sont aussi mal adaptès pour les renouvelables !

votez :
par Capitaine Poltron (IP:xxx.xx8.114.156) le 23 février 2009 à 20H15

Sauf que là vous êtes complètement hors sujet : le sujet original abordé par l’auteur, c’est le réseau basse et moyenne tension.

votez :
par Linz (IP:xxx.xx2.252.103) le 24 février 2009 à 11H56

Objectif : " FAIRE DE LA FRANCE UN GRAND PAYS EXPORTATEUR D’ENERGIE "

Et du même coup en faire une grande décharge nucléaire !

Car les déchets produits seront à notre charge !

votez :
par Capitaine Poltron (IP:xxx.xx8.114.156) le 24 février 2009 à 18H42

Le cerveau des anti-nucléaires est une vaste décharge, tentons d’en recycler quelques éléments :

de la totalité des déchets nucléaires en europe pour un an, et de la totalité des déchets industriels toxiques pour la même période et la même zone géographique, lequel est à l’autre, en volume, dans un rapport de 1 pour mille ?

Pendant combien d’années des déchets industriels comme l’arsenic, le plomb ou le cadmium restent-ils dangereux ? Les déchets industriels ultimes contenant des métaux lourds sont-ils traités avec plus ou moins de précautions que les déchets radioactifs ?

L’industrie nucléaire provoque t-elle plus ou moins de maladies professionnelles que d’autres secteurs industriels ?

Répondre à ces questions sans à priori serait déjà un pas vers la dépollution des esprits

votez :
par Linz (IP:xxx.xx2.252.43) le 24 février 2009 à 21H36

A Capitaine Poltron

Etes vous sûr que ce ne soit pas le vôtre qui soit à depolluer ?

votez :
par Capitaine Poltron (IP:xxx.xx8.114.156) le 24 février 2009 à 21H53

Vous n’avez pas su répondre ?

votez :
par Linz (IP:xxx.xx2.252.206) le 25 février 2009 à 17H35

Colonel Linz à Capitaine Poltron

Garde à vous Capitaine !

Renvoyer le problème des déchets nucléaires à celui des déchets chimiques est une vieille ficelle de la propagande de l’industrie de l’atome et qui a beaucoup servi au point d’être éculée.La méthode consiste à se servir des dangers de la chimie comme d’un faire valoir de l’activité nucléaire.Il s’agit d’une argumentation complètement dépourvue de rigueur et plus encore d’une authentique supercherie. Car enfin, ce n’est pas parce que les déchets chimiques sont dangereux et ils le sont effectivement que les déchets nucléaires sont pour autant dépourvus d’impact sanitaire et innofensifs ! On est presque gêné d’avoir à énoncer un tel truisme ! Pour commencer, les impacts sanitaires des deux activités sont de nature très différentes et donc difficilement comparables.Leur rapprochement est dépourvu de sens.Pour évaluer l’impact de l’une on n’a que faire de l’impact de l’autre. Et pour quelle raison faudrait il les associer sinon pour enfumer les esprits ?

Et pourquoi ne comparerait t’on pas l’impact du nucléaire à celui d’une épidémie de H5N1 ou Ebola qui constitue un danger redouté pour conclure que finalement un accident nucléaire est une plaisanterie à coté de ladite épidémie ?

Les écologistes que vous haïssez et au cerveau sous forme de "décharge" à recycler, ont depuis toujours dénoncé et le danger chimique et le danger nucléaire.

Vous nous resservez la vieille comparaison des volumes respectifs des déchets nucléaires et des déchets chimiques pour conclure bien sûr à la supériorité écrasante des premiers :facteur 1000 !Comme si les volumes pouvaient caractériser à eux seuls la nocivité ! Argument frisant la débilité ! Pourquoi ne pas avoir fait la comparaison des volumes en prenant celui des déchets ménagers ? Vous auriez trouvé très probablement un facteur encore plus favorable au nucléaire.

Vous me rappellez avec votre histoire de volumes, la risible "piscine olympique" dont EDF nous affirmait encore récemment qu’elle pouvait contenir tous les déchets C produits par notre parc de réacteurs jusqu’à l’an 2000.Et que par conséquent il n’y avait pas lieu de s’inquièter de cette affaire de déchets. Alors il faut qu’on nous explique pourquoi l’ANDRA recherche dans la Haute Marne une zone de 30 Km² dans un espace de 250Km² susceptible de recevoir le centre de stockage géologique profond.Le volume de terrassement prévu est de l’ordre de celui du Tunnel sous la Manche !Cela donne une idée du volume de la piscine d’EDF !Il faudrait en finir avec ce genre de supercherie à l’adresse des faibles d’esprit !

Je reviens sur l’article initial et la question de l’exportation d’électricité grâce à la surcapacité nucléaire encore accrue par les EPR.Les déchets produits seront gérés par notre pays.Compte tenu des énormes incertitudes affectant cette gestion et son coût, l’économie du projet d’exportation reste incertaine car il est illusoire de penser que le coût du Kwh exporté incluera la totalité des dépenses nécessitées par le stockage.

Capitaine, vous devriez abandonner votre attitude de mépris et de suffisance et cesser de le prendre de haut avec tout le monde,comportement pas vraiment en accord avec la légereté (restons courtois !)de votre argumentation.

Et maintenant ROMPEZ !!

Colonel Linz

votez :
par Capitaine Poltron (IP:xxx.xx8.114.156) le 25 février 2009 à 18H35

Je compare ce qui est comparable, ce n’est pas une vieille ficelle. On comparer en nombre de morts ou en nombre de maladies professionnelles induites, en surfaces rendues incultivables ou inhabitable, en rejets dans l’atmosphère etc. je ne vois pas pourquoi les morts (peu nombreux) ou les malades (également peu nombreux) provenant du nucléaire aurait droit à un statut spécial.

Si l’on veut arrêter le nucléaire pour ses conséquences environnementales, alors il n’y a pas de raison pour ne pas arrêter toutes les industries provoquant une pollution au moins égale. Par contre il ne me serait jamais venu l’idée farfelue de comparer le nucléaire à la peste ou autre choléra.

les déchets nucléaires ne sont pas dépourvus d’impact sanitaire ni inoffensifs.Par contre ils sont parfaitement contrôlés. On peut même attendre encore quelques années avant de les enfouir de façon définitive et sûre ( juste le temps d’attendre que la génération farouchement anti-nucléaire soit elle aussi sous terre )

votez :
par Thierry Follain (IP:xxx.xx2.87.188) le 26 février 2009 à 09H18

Vu la rareté d’études épidémiologiques autour des multiples installations nucléaires françaises, je ne vois pas bien comment on peut affirmer qu’il n’existe aucune pollution, aucun impact de l’industrie nucléaire française sur la santé. C’est d’ailleurs la prétention de cette industrie à être parfaite qui constitue le meilleur signal d’alarme. Il est tout simplement impossible à une activité humaine de n’avoir aucun impact. Quant à la détermination des faibles doses, des doses annuelles admissibles, ce sont des conventions plus ou moins respectées (plutôt moins chez les intérimaires des chantiers de maintenance et de démantèlement). Croire au nucléaire 100% propre et ne pas vouloir en savoir plus, cela me paraît tout aussi "religieux" qu’être opposé par principe à cette énergie. Et c’est dangereux, puisque cela favorise toutes les opacités. Voir "Uranium, le scandale de la France contaminée", le 11 février, dans "Pièces à conviction" sur la 3, sur l’état réel des anciens sites d’extraction d’uranium de Cogema/Areva, l’absence de réel contrôle indépendant du producteur et l’impuissance de deux ministres de l’environnement passés sur la question.Ou la fuite radioactive au Tricastin dans l’été 2008 et la "découverte" consécutive du stockage non autorisé de 770 tonnes de déchets. Et ce ne sont que les pointes d’un iceberg. Etre citoyen, n’est-ce-pas avant tout être vigilant ? Ceci dit, la question posée par l’article est bien la cohérence entre une politique d’économies d’énergie et la construction de centrales puissantes destinées à injecter du courant à volonté dans un réseau final complètement obsolète. C’est économiquement illogique. Un peu "soviétique", même.

votez :
(IP:xxx.xx8.114.156) le 26 février 2009 à 15H17

Il n’y a pas d’iceberg, ce ne sont que des coups médiatiques. Le plus caricatural c’est les 75 kg d’uranium naturel, c’est à dire RIEN, dont on a fait un feuilleton estival ; ensuite les déchets issus du nucléaire MILITAIRE qui étaient connus depuis longtemps, dont on ne nous dit pas bien sûr quel peut-être l’impact (en sV, qui est le seul chiffre pertinent), ou l’émission à charge de FR3 ( Aller au moins voir la réponse d’areva sur son site)

Plutôt que des coups médiatiques, il faudrait faire un peu plus de publicité aux chiffres vraiment pertinents, comme le C02 dégagé par kwh nucléaire, le coût du kwh, l’impact global sur la santé (j’attends toujours une comparaison en nombre de morts, même en comptant tchernobil qui est un accident militaire, et l’ hydrolique par exemple)

Il est naturel d’être sourcilleux sur la sécurité, mais dans le but de la renforcer, et non pas dans le but de faire de l’agit prop.

Concernant le fond de votre article, prouvez moi que la demande en électricité ne va pas continuer à augmenter dans les 50 qui viennent, ou bien que l’on pourra y faire face sans les epr. En tout cas ce n’est pas l’avis des experts. Et vous ne m’avez pas dit si 10 milliards investis dans le réseau peuvent se substituer de façon avantageuse à 2 epr.

C’est un procédé démagogique que d’opposer une dépense consensuelle à une dépense impopulaire en jouant sur la peur ou la fibre sentimentale. Un peu comme quelqu’un qui dirait « pas d’armée, des crèches ».

votez :
par Thierry Follain (IP:xxx.xx2.87.188) le 27 février 2009 à 10H42

Je ne vois pas où est la démagogie là-dedans. Je doute que la construction des EPR soit particulièrement impopulaire, la population française étant depuis longtemps accoutumée aux investissements massifs en la matière, sans qu’on lui demande son avis. Certes, elle peut aussi souhaiter qu’on améliore le fonctionnement du réseau de distribution. Cela lui évitera les pannes à répétition et les longues coupures en cas d’intempéries. Mettre en place un réseau efficient, voire "intelligent", qui gèrera au mieux la relation entre offre et demande et entre les diverses sources, y compris renouvelables, semble logique. S’y opposer par principe semble assez curieux. Point final, en ce qui me concerne.

Les Auteurs deÉnergies
Pierre Yves - 1 articles
J. Yster - 11 articles
Pierre FG - 1 articles
Dynamicsauto - 37 articles
rcoutouly - 65 articles
lucazal - 3 articles
çaDérange - 299 articles
Mobilité durable - 178 articles