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Plus que 40 ans de pétrole ? bien plus !

Article publié le 24 octobre 2007

Plus que 40 ans de pétrole ? bien plus !

Je ne vous apprends rien, le prix du baril de pétrole a flambé cette semaine. La barre des 90$ (90.07$) a été atteinte vendredi pour le brut léger "light sweet crude" pour livraison en novembre sur la bourse de New York. Record absolu. J’avoue que j’ai ressenti une certaine excitation en voyant le cours grimper vertigineusement. J’ai même installé une extension sous Firefox indiquant, dans la barre d’état, le cours en temps réel !

Sommes-nous arrivés à la fin du pétrole ? Je réponds non, sans hésitation. Les spécialistes disent que nous avons environ 40 ans de réserve, cela nous laisserait le temps de trouver des technologies propres et de devenir encore plus accro à cette drogue !
En fait, nous avons bien plus de 40 ans de réserve de pétrole. On peut même se risquer à dire que l’on aura toujours du pétrole. En effet, les puits ne vont pas s’assécher du jour au lendemain et il restera toujours une goutte quelque part pour laquelle il faudra utiliser 10 fois plus d’énergie pour l’extraire que ce qu’elle en contient  !

Ce qui compte c’est le débit de cette extraction. Lorsque les réserves arrivent à la moitié, la production diminue inexorablement. Le pétrole restant est plus lourd, plus profond, moins pur et son extraction plus difficile. Le débit baisse. La production de pétrole suit donc une courbe plus ou moins en cloche donc le sommet représente le pic pétrolier (ou pic de Hubbert). A ce pic pétrolier , l’offre ne peut répondre à la demande. Le prix augmente jusqu’à un certain point d’équilibre qui permet d’extraire des pétroles de moins bonne qualité et plus coûteux à commercialiser. Le prix se stabilise plus ou moins , on appelle ça le plateau en tôle ondulée, un certain temps jusqu’à ce que la production chute inexorablement (déplétion). 

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Il faut donc parler de fin du pétrole abondant et bon marché et non de fin du pétrole. Et effectivement la fin du pétrole bon marché se calcule plus en mois qu’en années. La date du pic pétrolier est difficile à appréhender. Quand les plus optimistes (gouvernements, certaines compagnies pétrolières) parlent de 2030, les plus pessimistes, souvent des experts indépendants, estiment que ce pic serait déjà passé (2006 ou 2006). Les réserves de brut sont des données plus ou moins cachées pour des questions stratégiques et de gros sous. En effet, la production mondiale tend à diminuer depuis 2006 alors même que l’OPEP s’était engagée à ouvrir les vannes de 500 000 barils par jour à l’automne. Intox et spéculation ou impossibilité d’augmenter l’offre ?

Cette histoire de pic pétrolier ne fait pourtant pas la une des médias alors même que la montée des cours est placée en bonne place dans les titres. Les raisons invoquées sont les tensions géopolitiques Turquie/Irak, l’Iran, les stocks à l’approche de l’hiver et les investissements insuffisants en extraction, raffinage. Les tensions offre/demande expliquées ci-dessus sont rarement évoquées.

N’étant pas un spécialiste de la question, je vous renvoie vers différents sites qui traitent de ce sujet passionnant :
- ASPO France : association d’étude des pics pétrolier et gazier , de la déplétion et ses conséquences.
- Oléocène  : site dédié à la fin de l’âge du pétrole dont je vous conseille le forum, très actif et aux interventions de  qualité.
- Terre de brut : blog d’Emmanuel Broto qui pense que le pic pétrolier est passé.
- Wolf at the door : site très pédagogique et documenté.
- Yves Cochet : député Vert, spécialiste du pic de Hubbert
- Jean-Marc Jancovici : une explication sur les réserves de pétrole

Alors pourquoi est-ce que cette augmentation me réjouit, au-delà du fait que je n’ai pas de voiture ? La réponse au prochain épisode...

Graphes : liberation.fr - production mondiale de brut selon l’ASPO
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commentaires
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par Didier (IP:xxx.xx6.156.168) le 24 octobre 2007 à 11H52

Ton analyse est bonne quant au fait que c’est la fin du pétrole bon marché. Mais j’ai quelques doutes quant aux 40 ans que tu évoques, voire bien plus de 40 ans. Le problème n’est pas tant de savoir quand la dernière goutte sera extraite, mais quelle sera la courbe d’augmentation des prix qui risque fort de s’avérer exponentielle rapidement. La demande dépassant d’ores et déjà l’offre explique en partie l’augmentation actuelle des cours, à quoi s’ajoute la parano du marché par rapport à la situation internationale (guerre ou pas guerre avec l’Iran, ...), sans compter la spéculation.

La question de l’augmentation exponentielle des prix va provoquer, s’il en était besoin, une scission de plus entre les riches et les pauvres, ces derniers pouvant désormais investir dans le vélo.

Ce qu’il y a de positif dans tout ça, c’est que ça va nous obliger à réfléchir et agir dans le cadre des énergies renouvelables, chose qui est restée à l’état latent tant que le pétrole coulait à flot pour presque rien.

Mon pronostic ? 2010 verra probablement les cours atteindre des sommets rendant le pétrole inaccessible au plus grand nombre.

Un autre problème se situe au niveau des bio-carburants dont on se rend compte maintenant qu’ils ne sont pas la panacée espérée. Ils sont, au vu des conditions d’exploitation et de consommation, plus destructeurs que prévu, et plus que le pétrole au niveau de l’effet de serre (+ d’arbres coupés pour faire de la place aux plantes, niveau de CO2 équivalent, ...)

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par ice (IP:xxx.xx7.9.253) le 24 octobre 2007 à 14H21

a mon sens, vous n’appuyez pas assez sur les conséquences du peak oil : notre système économique tout entier repose sur l’idée que nous serons plus riche demain que aujourd’hui, d’où emprunts, investissements, endettement, etc..., jusqu’à maintenant cette croissance de la richesse était soutenue par une croissance tout aussi constante de consommation d’énergie, sous forme de pétrole. On ne sait toujours pas découpler croissance et énergie, et il commence à se faire tard pour découvrir comment faire... Les deux fois où il y a eu rupture d’approvisionnement de pétrole (1973,80), le PIB était d’ailleurs mal en point...

Tout laisse donc supposé que lorsque la quantité de pétrole disponible chaque année diminuera inexorablement - et pour toujours-, malgré des reports temporaires sur gaz et charbon, le PIB partira inexorablement à la baisse lui aussi. Car que se passera-t-il quand les agents économiques réaliseront qu’il n’est plus possible d’envisager la croissance ? En tout cas c’est un monde économique radicalement différent qui se profile à tres court terme, et qui me fait parfois me dire que la question de qui paiera nos retraites en 2040, par ex., est finalement assez anecdotique... Le marché pourra-t-il organiser la pénurie d’énergie et la décroissance ? Je ne crois pas. Le marché ne gère pas la pénurie. La guerre, le rationnement, gèrent la pénurie.

Bref, Peak Oil , même si ce n’est que Peak "Cheap and Plentiful" oil, signifie très probablement Peak Economy, car notre économie repose justement sur le Cheap and Plentiful and "EVER-INCREASING". voir à cet égard l’interview de robert Hirsch par david Strahan, en VO, ici : http://contreinfo.info/article.php3....

... Désolé pour cette vision assez noire, je suis pas de bon poil aujourd’hui :-|

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par H.E (IP:xxx.xx0.188.185) le 24 octobre 2007 à 15H27

...Ce n’ est pas si noir l’ ami, c plus clairvoyant... Marre des apôtres de la décroissance, nous sommes déjà des nains ... La distinction "découplage croissance/energie" est simple mais importante (God is in the tails), tout comme la mise en opposition du "beaucoup de bon-marché" "peu de Cher" capitalisme c le "bon-marché" avec 1 peu de Cher pour nous envouter avec de la pop decalée... Mais autant croître avec la diversité abordable et valorisée remplaçant l’ abondance uniformiste, que prôner le décroître . le trophée de l’atrophier . fait phier

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par DK (IP:xxx.xx3.135.225) le 24 octobre 2007 à 16H59

Passé un certain stade, il n’est plus rentable de continuer à pomper. Si vous investissez plus d’énergie pour extraire un baril que ce baril produit d’énergie, ça ne sert à rien, le puit est abandonné, même s’il reste encore des millions de barils. C’est comme avec un citron, on arrive jamais à en sortir tout le jus, en tout cas pas sans une débauche de moyens et d’énergie musculaire.

Votre titre est donc trompeur : un après l’autre, les puits de pétrole seront fermés, tout comme les mines de charbon ou d’or qui ont été fermées car plus rentables.

Un autre phénomène est que la quantité de pétrole EXPORTEE diminue sous la double influence de la déplétion du puit et de l’augmentation de la consommation interne, et cela en suivant une courbe doublement exponentielle, le résultat est qu’on pourrait avoir nos pompes à essence à sec bien plus tôt qu’on imagine...

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par Sébastien Bosvieux (IP:xxx.xx5.155.202) le 24 octobre 2007 à 18H51

Mon titre est volontairement provocateur pour plusieurs raisons :
- comme vous dites il y a aura toujours du pétrole sous terre qu’on ira jamais chercher
- il ne faut pas parler de fin du pétrole ma de fin de pétrole bon marché

Concernant les conséquences, si elles peuvent être catastrophique à cout terme, elles peuvent être bonnes à long terme.Ce sera un article à venir.

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par linkin park 640 (IP:xxx.xx6.234.248) le 24 octobre 2007 à 19H55

comment expliquer un telle engoument pour les majors(la capitalisation boursiére d’exxon mobil atteint aujourd’hui prés de 507 milliards d’USD)sachant pertinament que le monde se tournera vers les biocarburant,chauffage au bois et autres du au prix du pétrole toujours en hausse et qui sera plus cher et moins abondant comme l’a si bien expliquée M.bosvieux ???

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par Youri (IP:xxx.xx6.237.201) le 24 octobre 2007 à 22H34

Je pense que c’est parce qu’ils ont déjà prévu la suite....

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par Ar Coz (IP:xxx.xx3.233.139) le 24 octobre 2007 à 22H39

Bonsoir, C’est super de mettre en exergue ce fait essentiel de la fin du pétrole bon marché. On peut parier sur quelques yoyo à la baisse si ralentissment économique ou à la hausse si les pays hors occident continuent sur le même rythme de développement. Ils auront peut être même plus de volonté que nus pour s’approprier les ressources extractibles. Un axe stratégique majeur est certainement de refonder notre approvisionnement en ressources sur une base plus régionale, et moins dépendante du carbone fossile. Cela nécessitera de repenser notre façon de consommer de l’énergie. Mais aujourd’hui l’énergie fossile ne coûte toujours pas assez cher, uisqu’il faut des crédits d’impôt pour inciter les citoyens à investir dans des énergies renouvelables ou en économie d’énergie. Alors, il vaudrait mieux que le pic soit vraiment passé pour donner un signal prix fort pour changer les comportements vis à vis des énergies et de elur conommation. Ce qui ne veut pas nécessairement dire renoncer à circuler.

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(IP:xxx.xx3.253.96) le 26 octobre 2007 à 23H53

Le fameux peak oil est peut être passé depuis un an, sans que personne ne s’en soit apercu. La diminution de la production est encore faible, mais des milliers de barils en moins, c’est tout de même un début.

Bon, il peut y avoir une phase en plateau de 2-3 ans en fonction du climat et de la situation économique.

En attendant, voici trois bonnes lectures, plus un document en anglais :
- La fin progressive du pétrole

- Le rapport de Energy Watch Group confirme le pic en 2006

- Energy Watch Group - suite

- Oil report 2007 (rapport original en anglais)


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