L’article de lundi traitait du pic pétrolier et de la fin du pétrole... abondant et bon marché.
Ceci est tellement vrai que le pétrole a la particularité de ne pas répondre au principe de l’offre et de la demande comme n’importe quel autre bien. Quand le prix du kg de fraises monte, les consommateurs en achètent moins mais quand le prix du litre d’essence augmente, les automobilistes en achètent toujours autant. Son prix devra monter énormément pour que les habitudes changent.
Finalement cette fin
du pétrole peut être une chance.
Elle va permettre, sans doute bien trop tardivement, une nette
diminution des émissions de CO2 et par la même occasion permettre une
réorganisation plus saine de la société.En effet la croissance économique repose sur le pétrole. La raréfaction et la chèreté de ce dernier entraîne de fait une récession économique durable qui oblige à trouver un fonctionnement différent. Finis l’abondance, le gâchis, les fraises chinoises sur nos tables, finie la mondialisation libérale créatrice d’inégalités. A ce sujet je me souviens d’Yves Cochet venu faire une conférence sur la question à l’INSA Toulouse et expliquant avec provocation et non sans un certain plaisir aux futurs ingénieurs qu’Airbus serait réduit à pas grand chose dans 10 ou 15 ans.
L’économie pourrait donc se relocaliser, les modèles de société devenir plus humaims ou du moins à taille humaine avec plus de solidarité, de liens sociaux. Plus de liens moins de biens en somme. On me rétorquera que c’est la défnition de la décroissance... je confirme !
Cette description quelque peu idyllique de l’après pétrole, décrite également par le très bon Atlas environnement du Monde Diplomatique, sera en revanche certainement précédée d’une ère de la fin du pétrole pas cher ( de l’énergie et des matières premières d’une manière générale) synonyme de conflits très durs, de guerres, de famines afin de s’accaparer les dernières réserves. Sortir de la dépendance du pétrole est aussi une période difficile pour l’économie , les entreprises, les particuliers. Si le prix monte trop brutalement, ils seront désemparés. C’est pourquoi la taxe carbone et en particulier sur les produits pétroliers est une solution pour faire monter le prix de manière artificielle et progressive et permettre à l’économie de s’habituer et trouver des solutions de substitution. Jean-Marc Jancovici en est un chaud partisan comme il l’explique ici. Le Grenelle semble l’avoir adoptée.
Bref, si l’espèce humaine se relève de cette période et si elle survit au réchauffement climatique et à la dégradation de l’environnement, l’optimisme est permis.
Pour illustrer ces propos, je l’accorde assez simplifiés, je vous conseille quelques documentaires. Le premier, "The end of suburbia", qui pourrait se traduire par "la fin des grandes banlieues", explique en quoi le "rêve américain" est voué à l’échec à cause de la crise pétrolière qui se dessine (quelques pistes pour le voir sur le forum d’Oléocène).
Le second ci-dessous "Oil smoke and mirror" (pétrole et écran de fumée) tente de décortiquer la géopolitique mondiale autour du pétrole et son rapport avec le peut-être vrai-faux 11 septembre 2001 (hypothèse controversée mais argumentée dont les témoignages de ministres allemands et britanniques) .
Enfin, un petit extrait du documentaire "A crude awakening, the oil crash" (un réveil brutal, le crash pétrolier) qui retrace la brève épopée de l’or noir...
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Photos : banlieue toulousaine : ses lotissements, ses hypermarchés
Thèmes
Bonjour,
bon article qui résume l’essentiel - notamment que peak oil = peak economy (dison peak PIB - :) ...) On se demande toujours pourquoi cette vision de l’avenir, quasi-certaine, fait l’onjet d’aussi peu de discussion sur la place publique (médias, politique...)
Néanmoins je ne partage pas l’optimisme sur l’impact du peak oil sur le réchauffement climatique : comme un heroinomane se reporte de l’heroine surle crack (non ??), l’humanité va se reporter du pétrole au charbon, massivement.... et s’il n’y a peut-être pas assez de oil&gas pour générer un changement climatique catastrophique, par contre , meme si il n’y aura pas assez de charbon pour maintenir une croissance economique telle que l’actuelle, il y en aura assez pour causer de gros pb climatiques et environnementaux...
Bravo pour l’article.. un petit mot sur la "Théorie d’Olduvai " aurait été bienvenu ?!
Les habitudes commencent à changer en matière automobile. Avec le prix croissant des carburants, les français commencent à rouler moins : Bagnole (en fouillant un peu, on trouve des statistiques plus détaillées).
Des dossiers de fond sont accessibles ici : Pétrole - Liens
Et bien sûr, ne pas oublier ces petits rappels sur les agrocarburants :
La faim, la bagnole, le blé et nous de Fabrice Nicolino : les désastres provoqués par les agrocarburants
Mettez du sang dans votre moteur ! La tragédie des nécro-carburants de l’association Kokopelli










