On avait émis l’idée que la Earth Hour, cet événement médiatique lancé par le WWF, risquait d’être un échec
retentissant. Les faits ont confirmé cette hypothèse.
Des extinctions d’éclairage dérisoires ont eu lieu partout sur la planète. La photo officielle ci-contre (source Associated Press) de Times Square, avant et pendant ce qu’il faut bien appeler un
non-événement, suffit à le constater : on dirait un jeu des 7 erreurs, niveau difficile.
Un savoureux communiqué de presse
tente vainement de positiver, en attirant l’attention sur 26
scientifiques néo-zélandais qui se morfondaient dans leur base en
Antarctique et ont éteint tout ce qu’ils pouvaient sans menacer leur
sécurité : la lumière, les ordis... mais pas le chauffage, évidemment !
Ils ont dû se sentir encore plus seuls que d’habitude, le reste de la
planète étant resté allumé.
Paris est restée plus ville-lumière que jamais, comme le montre l’image
ci-dessous : le communiqué du WWF prétend qu’il a fallu rallumer la
Tour Eiffel "pour des raisons de sécurité"
au bout de cinq minutes - y compris le phare bleu qui balaie le ciel
nocturne ? Nous ignorions que cet artifice lumineux jouait un rôle dans
la sécurité civile : est-ce pour faciliter l’atterrissage éventuel des
hélicoptères sur le terre-plein des Invalides ?
EDIT : un examen attentif de la courbe de charge
mise en ligne par RTE montre une légère remontée (+58 MWde la
consommation nationale entre 21h30 et 21h45 ce soir-là, soit très
exactement 0,1% de la consommation totale, ou bien encore la production
d’une trentaine d’éoliennes.
Car le plus dérisoire
dans cette initiative était qu’on pouvait rallumer les feux au bout
d’une heure. C’est comme si un fumeur s’abstenait de s’adonner, 60
minutes durant, à son vice favori pour protester contre les dangers du
tabac, puis rallumait vite son clope : ça fait frémir. Faut savoir dire
stop*.
(source www.meteo-paris.com)
son chuintement pathétique montre aux leaders démocratiques, Obama au
premier chef, que l’opinion n’est pas prête à faire des sacrifices,
même symboliques, sur l’autel du
climat-et-de-l’avenir-de-nos-enfants-et-de-la-planète.
Une taxe carbone
"dure", qui chercherait à réduire les émissions fossiles des
particuliers, a donc de moins en moins de chances d’émerger. C’est
plutôt des versions "molles" qui risquent d’être mises en place par les
différentes grandes puissances pour restaurer leurs situations
budgétaires et faire un peu de protectionnisme déguisé, vidant ainsi de
sa raison d’être le sommet de Copenhague.
Nous sommes en pleine guerre froide économique mondiale : comment
peut-on raisonnablement pouvoir traiter la question climatique en même
temps ? C’est comme vouloir construire l’Union Européenne en janvier
1940.
Thèmes
"comment peut.....en même temps" et pourtant c’est vital
Désolant....
En effet, il semble que cette opération n’ait pas connu un large succès. Il serait intéressant de savoir combien de personnes se sont retrouvés sur la place du Trocadéro à Paris, à l’appel du WWF. Le site de l’organisation écologique mentionne tout de même 1% de la consommation électrique métropolitaine d’économisée. Ce n’est pas anodin. En éteignant mes lumières et en passant dans des rues illuminées, l’impression était que cette initiative était peut-être encore dans l’oeuf, mais qu’elle pourrait grandir dans les prochaines années si, comme les scientifiques le prévoient, les problèmes environnementaux s’accentuent.










