NaturaVox : partager pour préserver
ConsoSociétéAlimentationSantéBiodiversitéClimatÉnergies
Mythe et réalité du charbon propre

Article publié le 29 décembre 2008

Mythe et réalité du charbon propre

Une publicité trouvée dans l’avant-dernier numéro du New Yorker nous a permis de découvrir l’existence, outre-Atlantique, d’une importante campagne anti-charbon. On y voit la façade d’une usine fonctionnant au charbon propre, façon décor de cinéma, avec derrière un paysage calciné et au-dessus de gros nuages gris dont on peut se demander s’ils sont uniquement faits de vapeur d’eau.

Le message est simple : ce que l’industrie charbonnière présente comme du "charbon propre" est une tromperie. Tant que le CO2 émis par la combustion du charbon ne sera pas intégralement capté et séquestré, on ne peut prétendre que les centrales dites "à charbon propre" sont sans impact climatique. C’est le slogan inscrit en capitales sous l’image : "en réalité, le charbon propre n’existe pas".

Le "charbon propre", c’est juste du charbon qui brûle sans dégager (trop) de gaz soufrés pestilentiels et dangereux, grâce à des filtres sophistiqués qui sont sont généralisés... en grande partie du fait de la législation, et non de l’initiative des opérateurs de centrales au charbon.

A-t-on déjà fait des campagnes aussi claires et visibles en France sur des sujets similaires ? Nous n’en avons hélas pas le souvenir. On pourrait par exemple rêver d’une campagne - avec un visuel pas forcément très différent - sur la question des déchets nucléaires.

Nos ONG françaises préfèrent les campagnes tapageuses ; nous ne sommes pas sûrs qu’une telle approche porte ses fruits. "Tout ce qui est exagéré est insignifiant". L’approche états-unienne est plus adulte : on sent que les Etats-Unis sont en train de changer de braquet sur les questions environnementales : nous sommes peut-être toujours devant, mais ils vont bientôt aller plus vite que nous.

Hasard de la pagination, cette publicité anti "langue de charbon" a pour dos de page une autre publicité, de la De Beers cette fois-ci, à propos du charbon le plus propre du monde : les diamants !

Thèmes

Energie Environnement Gaz à effet de serre Charbon Energies fossiles

Bookmark and Share
30 votes

commentaires
votez :
par annie (IP:xxx.xx6.65.217) le 29 décembre 2008 à 22H03

Le Havre, estuaire hyper industrialisé est menacé de 2 centrales à charbon. Nous sommes déjà les plus gros émetteurs de CO2 par habitant de France.Nous sommes très mal placés en terme de santé, morbidité et mortalité, 22 ième région sur 22. Nous sommes sous la menace d’une mise en demeure de l’Europe pour la mauvaise qualité de l’air. La Normandie produit 3 fois plus d’électricité qu’elle n’en consomme. SNET a un projet de centrale à charbon que nous combattons. Le deuxième projet, POWEO, est pour le moment devenu un projet de centrale à gaz. Nous n’avons pas besoin de plus d’énergie électrique. Choisissons les économies d’énergie. Faisons des progrès dans le domaine de l’efficacité énergétique et en plus nous créerons des emplois. Consultez notre site,signez notre pétition. Déjà plus de 10 000 signatures. 2cn2c.free.fr eplh.free.fr/petition

votez :
par karva (IP:xxx.xx6.110.153) le 4 janvier 2009 à 16H17

Votre article est excellent. Le charbon pollue surtout parce qu’il émet du CO2. Il y a aussi la dégradation des paysages pour son extraction : une grosse centrale de 1GW électrique produisant 7TWh/an consomme autour de 2.5Mt de charbon (et émet autour de 5 Gt de CO2), ce qui correspond à près de 20Mt de stériles..(le charbon US est extrait souvent en mines à ciel ouvert).

Sur les USA, il serait temps qu’ils fassent un effort : ils ont consommé 990Mt de charbon en 2007, essentiellement pour produire de l’électricité, et ça ne va diminuer que parce qu’ils sont en récession...Et ça ne sera pas leurs plans solaires fantaisistes qui vont beaucoup améliorer la situation : si, comme je le crains, Obama ralentit le nécessaire investissement nucléaire, ils sont particulièrement mal partis et ils n’ont pas fini de polluer le monde entier !

Pour notre collègue du Havre, qu’il se rassure : il n’y a maintenant que très peu de pollution locale avec une centrale au charbon : on envoie du CO2 pour toute l’humanité, et c’est là qu’est le problème. On n’a même plus besoin, comme dans les années 80 à Gardanne, de faire une cheminée de 200m de haut pour envoyer le SO2 (car ce charbon contenait beaucoup de soufre)..en Italie !

Moi, je ne crois pas que les USA changent bien de braquet : Obama ne va sûrement pas oser contrer le lobby charbonnier des Appalaches (et autres régions productrices de charbon) !

Karva

votez :
par Escaravage (IP:xxx.xx3.174.15) le 2 décembre 2009 à 10H34

Il y a encore pire que Le Havre :

LES PROJETS D’OUVERTURE D’UNE MINE DE CHARBON EN PLEINE CAMPAGNE NIVERNAISE AVEC COMME ALIBI D’EN FAIRE UN SITE PILOTE DE LA CCS.

Malgré un regain de dernière heure le lobby du charbon doit reconnaître que ses campagnes « antiwarming »ont fait long feu. Qu’à cela ne tienne, il opère une conversion à 180°. Derrière l’urgence climatique qu’il proclame désormais, se cache en fait l’urgence de s’emparer de l’aubaine financière que constitue la CCS. Pour faire plébisciter cette technologie dont les tares ont pu être décrites par la formule « trop risquée, trop chère, trop peu , trop tard », une nouvelle campagne de désinformation est engagée. La dissimulation des risques majeurs de fuites hors des aquifères profonds est systématique. Les spécialistes du lobbying ont beau jeu d’abuser de décideurs qui multiplient publiquement les preuves des consternantes lacunes de leur culture technoscientifique. Ainsi sont différées les mesures urgentes d’économies énergétiques et confisquées les ressources qui devraient s’investir dans les véritables énergies propres. Compte-tenu de la progression cataclysmique du dérèglement climatique au cours des dix dernières années et de son accélération prévisible lors des dix prochaines du fait des rétroactions « positives » que constituent la réduction de l’albédo des pôles et la libération de méthane due à la fonte du permafrost, c’est se moquer que de promouvoir des « usines à gaz » prétendues opérationnelles à l’échéance 2020 voire 2030.

Les Auteurs deÉnergies
Pierre Yves - 1 articles
J. Yster - 11 articles
Pierre FG - 1 articles
Dynamicsauto - 37 articles
rcoutouly - 65 articles
lucazal - 3 articles
çaDérange - 299 articles
Mobilité durable - 178 articles