Article publié le 20 juillet 2007
Sans faire l’apologie de l’automobile, nous pouvons remarquer que depuis quelques années l’argument environnemental fait son apparition dans les campagnes marketing des grands constructeurs. Avec l’intensification des normes antipollution européennes cet argument prend une part grandissante. Alors que nos constructeurs nationaux sont dans le peloton de tête, leur marketing réagit très tardivement au phénomène.
"1 million de véhicules hybrides vendus dans le monde", claironne Toyota ! "Pionnier dans la protection de l’environnement" lance sans sourciller Opel. L’écologie est à la mode et l’automobile s’y met. Des campagnes de grande envergure lance des arguments dans ce sens en ne montrant parfois même pas les modèles en vente. Mais que font nos constructeurs ?
Il faut se souvenir pourtant que General Motors introduit le pot catalytique dès 1974, bien avant que l’Europe se soucie de ce sujet. Il faut également se souvenir que le groupe PSA a lancé le premier filtre à particule. Ce lancement s’était accompagné d’une image "écologique" forte en Allemagne qui avait permis d’augmenter les ventes. Mais après ? PSA, tout comme Renault ont poursuivi leur politique de dieselisation qui a permis d’abaisser significativement le taux de CO2 moyen de la gamme jusqu’à mener les deux groupes dans le peloton de tête des constructeurs européens. Entre temps le filtre à particule s’est perfectionné chez d’autres constructeurs jusqu’à intégrer les premiers filtres de NOx. Une invention que Toyota utilisa aussitôt pour renforcer son image écologique. Car du coté français la communication a été très désordonnée.
Qui trouve-t-on en tête des constructeurs ayant une bonne image "écologique" ?
En premier, il y a Toyota grâce à ses modèles hybrides et ses filtres de NOx. Et puis viennent des constructeurs comme Honda(encore pour l’hybridation) et nos constructeurs nationaux, FIAT, VW....loin derrière. C’est évidemment faire oublier que Toyota a dans sa gamme des modèles gourmands et polluants comme le Pick-up Toundra V8 5,,7l disponible aux Etats Unis. Toyota reste dans une logique commerciale d’occuper tous les segments du marché et même si son modèle consomme moins que les concurrents américains il est le total opposé de la Prius, berline (devenue)premium aux rejets de citadine.
Une étude récente a montré l’impact du marketing sur cette image. A chacun de ces lancements, l’image perdure pendant environ 2 ans avant de retomber au même niveau que les autres. Toyota avec sa succession de création et d’amélioration des systèmes hybrides a bien compris ce phénomène.
Pourtant PSA annonce fièrement (mais de manière très désordonnée) avoir 140g/km CO2 en moyenne pour sa gamme en France. Cela tient compte des volumes de vente. Ce chiffre arrive, triste coïncidence, en même temps que le lancement du SUV(comprendre 4X4) du groupe. Etant donné ses volumes, il n’influencera pas beaucoup les chiffres de l’année prochaine qui stagneront. Renault et Fiat suivent à quelques encablures. La raison est très simple pour ce leadership : Ces trois constructeurs vendent en priorité des petits modèles et sont fortement dieselisés. Car si les constructeurs se vantent de faire baisser le CO2, personne ne parle de l’augmentation des particules et des NOx rejetés, dûe à la surdieselisation du marché. (Elle n’est pas seulement due à l’automobile d’ailleurs. ) Les objectifs de ces même constructeurs sont aussi identiques : vendre des modèles plus gros et plus chers à l’avenir car les marges commerciales sont supérieures. Ce qui va à l’opposé des normes environnementales.
Fort heureusement, les futures normes EuroV et EuroVI vont sévériser les rejets de NOx et particules ce qui va obliger les constructeurs à de plus en plus d’ingéniosité. Cela se fera avec une hausse des prix et une probable fragilisation des moteurs par l’encrassement de circuits d’admission de plus en plus sophistiqués. Tous les constructeurs prennent le train du marketing écologique en marche. BMW impose le "start and stop" sur sa série 1 alors que Citroen n’a jamais osé le faire en pionnier qu’il était. Renault lance sa gamme Eco2 et le flexfuel, déjà présent depuis longtemps dans les pays nordiques et sud américains. Opel copie avec sa gamme EcoFlex, précédé par Ford, etc....PSA veut accélérer la sortie de modèles hybrides diesel, alors qu’hier encore il trouvait cela déplacé et non rentable. Pendant ce temps le marché américain (où les constructeurs français sont les seuls absents) est en pleine mutation avec des SUV et petits 4x4 dont les ventes explosent, des véhicules compacts dont les ventes dépassent les luxury cars autrefois symboles de la grandeur américaine. Même dans la tant critiquée Chine, une conscience écologique s’éveille peu à peu. Toyota y produit sa Prius, pour l’instant pour l’exportation mais sûrement pas sans arrière pensée. Quand à nos
Constructeurs, ils s’appuient encore sur l’Europe avec ses ouvertures sur l’est et pratiquent le copier coller pour aborder la Chine ou le Mercosur.
Au final ils se retrouvent à suivre les évolutions du marché (PAC, hybridation, Bio carburants, ...) tandis que leurs motorisations "classiques" restent parmi les plus efficaces de leur classe.
De même la norme ISO14001 devient un passage obligé pour les sites de production automobile. (Toyota Valenciennes a été pionnier) Cette norme permet d’afficher la "maîtrise" des sources de pollution mais ne fixe aucun objectif de diminution ou de seuil à atteindre. Mais qu le sait parmi les consommateurs cibles ?
Dans l’esprit du consommateur, écologique signifie aussi "moins consommateur". Et comme le prix du pétrole augmente, cet argument écologique se transforme en argument purement économique. Oui le consommateur commence à vouloir payer un peu plus cher sa voiture pour avoir un coût d’utilisation moindre. Le seuil à ne pas dépasser est encore difficile à estimer et peut varier selon les pays. En utilisant l’argument écologique, l’Automobile essaye de redorer une image fortement écornée. Les évolutions technologiques à venir et les normes de plus en plus drastiques auront raison des groupes les plus fragiles. A ce petit jeu, il est urgent de voir nos constructeurs anticiper aussi bien techniquement que commercialement. Car l’environnement sera aussi une arme contre le spectre des constructeurs chinois. Si ils ne l’utilisent pas encore commercialement, les universités chinoises sont déjà à la pointe de ces évolutions. Carlos Ghosn et Christian Streiff arrivent donc en place à une période charnière de l’histoire de l’automobile. Espérons que les formules marketing seront enfin suivie d’effets bénéfiques sur l’environnement.
Faites que PSA et Renault ne se lancent pas dans la pile à hydrogène. Cette solution n’en est pas une car il faudrait multiplier le parc nucléaire Français par 10 pour subvenir aux besoins de production... 58*10= ???
Actuellement, la France consomme de l’ordre de 50 Mtep de carburants. Ils sont utilisés dans des voitures dont le rendement de transformation de l’énergie des carburants en énergie mécanique est de l’ordre de 25 %. De son côté le nucléaire produit environ 450 TWh, soit l’équivalent énergétique de 38,7 Mtep, mais l’électricité est utilisable dans des moteurs dont le rendement est 3 fois supérieur à celui des véhicules thermiques. Conclusion : il suffit de la moitié des réacteurs existants pour produire l’électricité permettant de remplacer nos moteurs thermiques par des moteurs électriques, et cela en diminuant considérablement la pollution atmosphérique puisque le nucléaire n’en produit pas ! Comme vous le voyez, il suffit d’augmenter le parc de 50%. Il s’agit d’un calcul " à la louche", mais qui démontre qu’il n’est pas nécessaire de multiplier le parc par 10 comme vous le laissez supposer !
.... enfin, la fin du tunnel pour l’ingénieur français Guy Nègre qui va pouvoir construire une usine pour son concept de voiture hybride à air et thermique, avec un PV public de 3 500 euros la voiture. Construite avec Tatra l’indien, elle viendra pour le salon de 2008. Bravo les français de ne pas avoir voulu regarder dans cette direction.
Salut,
Tu oublies de parler du GNV ! GNV = Gaz Naturel pour Véhicules, c’est du méthane, le même qui circule dans les conduites de gaz qui arrive chez soi.
En Italie, beaucoup (1/2 million, je crois) de véhicules roulent au GNV. FIAT propose des voitures avec les bonbonnes de gaz natives dans le chassis. Elles sont bi-carburation, on passe en mode essence en appuyant sur un bouton !
Si vous vous rappelez de quelques films sur la guerre, on y voit des voitures roulant avec des bonbonnes sur le toit, c’était déjà du méthane !!! Ca existe depuis des lustres mais c’est moins rentable pour les distributeurs d’essence...
GNV = 1 plein pour 7 euros = 200km, faites votre calcul !
GNV = 0 particules = pas besoin de filtre NOx-machinchose !
GNV = possibilité de faire le plein chez soi !
GNV = moteur qui dure + longtemps, très peu encrassé !
=> http://www.carburantgaznaturel.com/...
Christian.
Oui, du méthane, c’est parfait pour la sécurité : un choc et "boum", tout s’enfamme !!!! Super. !! J’éspère qu’on n’arrivera jamais à cette régression : on ne se fait pas emm... à longueur de journée par les radars pour griller comme des saucisses.
L’heure est à la recherche maximale de sécurité passive, pas aux bidouilages écologiques à 4 sous. En d’autre termes, puisqu’on ne peut plus rouler vite, qu’au mions on roule "sur".
Raté, tu parles du GPL, là ! Si ton réservoir de GNV se perce, ça fait pffffut, c’est tout car ça n’est que du gaz sous forme gazeuse, pas du gaz liquéfié (GPL) ! Faut arrêter la psychose, détends-toi, de toute façon tu mourras un jour ;-) !
.... et pour ne pas manqué d’air frais, il suffit de le comprimer. (Voir plus haut) Trop simple ? En 1903 le trolley de Bordeaux y fonctionnait déjà.
Pendant la guerre, les bonbonnes sur le toît ne contenaient pas de méthane, mais du gaz à l’eau, c’est-à dire un mélange de monoxyde de carbone et d’hydrogène produit par réaction à haute température d’eau sur du bois. Quant au GNV,de l’ordre de 1% des véhicules dans le monde( Pakistan, Italie, Argentine.) l’utilisent. Les performances sont un peu moins bonnes que celles des voitures à essence.Le problème sera que le GNV coûtera aussi cher que le pétrole et qu’il s’épuisera très rapidement car ses réserves ne sont pas supérieures à celles du pétrole.
le gpl a un défaut majeur ,il détruit les soupapes d’échappement ,Renault a eu longtemps ce problème avec ses moteurs Prv 6 cylindres ,d’autres constructeurs ont rencontré cet ennui également ..... cet inconvéniant se rencontre surtout sur les voitures que l’on a réequipées en Gpl ,alors qu’elle étaient prévues pour l’essence initialement.......
pour ce qui est des voitures hybrides ,LEXUS ,unité de prestige de Toyota en propose une dans sa gamme ,mais pas à portée de toutes les bourses ........
personnellement ,je garde ma Renault sportive dont la fabrication est arretée depuis quelques années ,mais que j’entretiens avec soin ,un des derniers fleurons du constructeur national ,celui du temps ou Renault savait faire des moteurs et des bagnoles vivantes .......
Quelques précisions : Lexus propose exactement 3 modeles hybrides dans sa gamme ; 1 SUV et deux concurrentes des classe E et S Mercedes. Le PRV n’est pas vraiment une référence d’ailleurs chez Renault Quand au moteur à air, il est développé par l’indien Tata (et non Tatra, l’autre marque automobile de republique Tchèque).
Bonjour à tous,
Concilier écologie et économie tant à l’usage qu’à la construction, soit l’idéal, ne pourra se faire qu’en sacrifiant en partie le poids, l’équipement, la puissance et aussi un peu le niveau de sécurité des véhicules.
Encore que sur ce dernier point, une conduite souple, moins de vitesse, d’accélération, une conduite éco-citoyenne compenserait la moindre résistance aux chocs des voitures, laquelle sert d’argument de vente pour "justifier" la puissance (150 cv) et la Vmax qui suit (+200 km/h) pour les diesels performants...
Mais imaginez qu’on pourrait rouler tranquille en consommant moins de 3 l/100 dans une voiture moyenne ne pesant que 600/700 Kg au lieu du double aujourd’hui. Il y a là une vraie marge de progression à brève échéance. Il suffit de vaincre certains préjugés...
Bonne nouvelle, les constructeurs veulent baisser le poids des nouveaux modèles par rapport aux anciens. Mais la course à la puissance continue en diesel, sans qu’il y ait de justification pour la sécurité. Avoir un moteur puissant n’apporte rien en matière de crashtest. Par contre la recherche sur des nouveaux matériaux au comportement proche des aciers servant à absorber les chocs est à envisager. Et là ce ne sont pas les constructeurs tous seuls qui vont faire avancer les choses.
Un changement de comportement des conducteurs permettrait de diminuer la consommation française de carburants de 25 % sans le moindre investissement : diminuer sa vitesse moyenne de 10 % sur ses trajets habituels, ne plus utiliser sa voiture pour aller chercher sa baguette de pain à 200 mètres de chez soi, rouler souple,sans accélérations et freinages brutaux, choisir des modèles économes de voiture .Cà commence à venir à cause de l’augmentation du prix des carburants et des contrôles radars, mais pas à cause d’une prise de responsabilité.
Vous fatiguez pas en recherche et développement, l’IEA vient de publier son rapport et on parle du "peak oil" pour, probablement, 2012.
Même avec des voitures éuropéennes "super top", le poids de la Chine et des US est tel que c’est bientôt fini tout ça, tout simplement.
Salut Romu, pour des renseignements sur le peak oil, faites Yves Mathieu+pétrole sur Google. Vous finirez par trouver un diaporama et en particulier une courbe établie avec les meilleures données actuelles. Il y a effectivement de quoi se faire du mouron : Peak oil vers 2010 et réduction des carburants actuels de 30 % d’ici 2015 sur la lancée actuelle. Possibilité cependant de maintenir la production au niveau de 2010 pendant 15 à 20 ans à condition de consentir d’énormes investissements dont nous ne prenons pas le chemin ;












