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Les pétroliers virent au vert !

Article publié le 5 mai 2008

Anticipant la pénurie d’hydrocarbures, les géants pétroliers se positionnent discrètement sur le terrain des énergies renouvelables. Une stratégie intelligente au moment où celles-ci ont plus que jamais besoin de soutien financier pour se développer.

Les pétroliers virent au vert !

Il y a quelques semaines, à la surprise générale, le pétrolier français Total annonçait avoir noué un accord exclusif avec Suez et Areva pour bâtir et exploiter ensemble deux EPR à Abu Dhabi ! Et son président avait déclaré qu’il ne voyait pas comment, en se projetant à 20 ans, Total pourrait être absent du nucléaire. Preuve, s’il en était besoin, que la reflexion sur les énergies du futur chez les pétroliers internationaux était bel et bien lancée.

Car la constatation chez tous les pétroliers est qu’au rythme de la croissance de la demande énergétique dans le monde, les producteurs devront lutter pour suivre la cadence. Une fois admis que la production d’hydrocarbures ne suffira pas à répondre à la demande d’énergie sur le long terme, il faut donc envisager pour ces sociétés de compléter leur palette d’autres types d’énergie et d’autres moyens de production de ces énergies, que ce soit sous forme de carburants liquides, de gaz ou des vecteurs électricité ou hydrogène.

Les pétroliers ont toujours eu une position de "curiosité active" sur les autres formes d’énergie. Certains avaient investi dans des mines de charbon aux Etats Unis ou en Afrique du Sud, certains avaient investi dans le photovoltaique (BP Solar) mais toujours à titre de veille technologique. Désormais, on est passé de la veille technologique à l’effort de recherche sur les énergies en général dans le but de définir une stratégie de long terme pour passer de pétrolier à énergéticien.

Par rapport aux Etats qui parlent stratégie sans pouvoir aller plus loin et fixent des objectifs de développement qu’ils ne peuvent eux mêmes assumer, l’intéressant de cette approche est que les majors ont les moyens de leurs ambitions. En hommes, sous la forme d’équipes de recherche pluridisciplinaire pour étudier différents projets et en moyens financiers pour les réaliser. Ce qui manque aux Etats pour passer de la stratégie et du discours à la pratique.

Chaque pétrolier à ses propres préférences. BP est par exemple bien placé dans le photovoltaïque et l’éolien regroupés dans une branche Energies alternatives. Shell travaille tous azimuths avec pour objectif de définir parmi toutes les possibilités actuelles (solaire, éolien, charbon, hydrogène, biocarburants) celle qui leur apparaitra comme l’énergie de l’avenir à développer en priorité.

Total est dans une approche similaire : faire le point sur le plan technique, industriel, financier et du point de vue environnemental des qualités et défauts des différentes filières, définir les pistes les plus prometteuses et s’y lancer le plus vite possible. La première tentative étant l’accord avec Suez et Areva pour se lancer dans le nucléaire. Les idées forces de cette réflexion à l’heure actuelle sont les suivantes :

  • Biocarburants : utile mais problème de la concurrence pour les surfaces arables avec l’alimentaire.
  • Eolien : rentabilité liée aux subventions, réactions de plus en plus vives des populations, couts en hausse, utile mais en appoint à une production de masse, activité d’électricien plus que d’énergéticien.
  • Biomasse : Option couteuse et complexe sur le plan de la collecte, difficile à industrialiser.
  • Charbon : Source incontournable de production pour les carburants liquides. Nécessite de développer des procédés de conversion plus performants. Et surtout, n’a de possibilité à long terme que si on arrive à le rendre 100% propre (captage du CO2 + autres émissions).
  • Solaire : Fort potentiel de développement mais à condition de maîtriser en amont la filière c’est à dire la production de silicium.
  • Nucléaire : Source d’énergie prouvée et dont les contraintes et bénéfices sont connus. Savoir faire fort à acquérir. On se doit d’y être

ExxonMobil, le premier pétrolier mondial est également en veille technologique mais considère lui aussi que de nouvelles avancées technologiques substantielles doivent être faites pour pouvoir venir en complément des hydrocarbures.

En d’autres termes, pour tous les pétroliers, il existe bien des possibilités mais il est difficile pour l’instant d’identifier la ou les pistes des énergies du futur... Et il faudra franchir des sauts technologiques lourds (production de silicium, captage du CO2, conversion charbon/hydrocarbures) pour y parvenir.

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commentaires
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par Loïc (IP:xxx.xx8.72.154) le 5 mai 2008 à 20H49

Je trouvait le titre suspect. L’article l’est aussi avec son éloge des grandes compagnies pétrolières, la présentation du charbon comme pouant être une solution à long terme (alors que les ressources sont là aussi limitées) et l’énergie nucléaire comme "Source d’énergie prouvée et dont les contraintes et bénéfices sont connus." Les inconvénients et risques en sont malheureusement aussi largement connus !!!

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par Atlantis (IP:xxx.xx4.175.14) le 6 mai 2008 à 10H41

Nucléaire : Savoir faire fort à acquérir. On se doit d’y être

ça c’est de l’argumentaire avantage/inconvénient ! digne de MESMER, vraiment !


Et on remarquera une fois de plus, que tous ces grands axes sont à visée industrielle uniquement. Or

1/ "Toute action donnant plus d’autonomie à l’individu est automatiquement bannie d’une logique industrielle"

2/ "La civilisation industrielle prendra fin avec la raréfaction de l’énergie bon marché"


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