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Les biocarburants : quel avenir ?

Article publié le 18 mars 2008

Depuis quelques temps, le biocarburant est dans toutes les bouches. Avec la flambée du prix du pétrole et surtout avec le tarissement annoncé des gisements, tout le monde rêve de trouver un carburant qui permette de le remplacer.


Des agriculteurs français semblent avoir trouvé des solutions avec l’huile de friture ou l’huile de colza. En totale illégalité, ils utilisent quotidiennement ce carburant bio. Cette illégalité réside essentiellement dans le fait que ce dernier n’est pas taxé comme l’essence ou le gazole, ce qui déplaît fortement à l’Etat français qui retire un revenu non négligeable de l’essence. Il ne faut pas oublier que le prix de l’essence est taxé par l’Etat français à 66 % et le gazole à 56 %.

Les pouvoirs publics semblent plutôt frileux et réticents à l’idée de produire à une grande échelle ce nouveau carburant qui semble plus propre et surtout moins cher.


Mais qu’est-ce exactement que le biocarburant ?

Le biocarburant est un carburant liquide produit à partir de plantes cultivées. Ces dernières sont diverses et variées. On cite essentiellement le colza, le tournesol, le palmier à huile, etc.

L’une de ses principales vertus est qu’il émet moins de CO² que le pétrole, avantage non négligeable.

Le biocarburant est déjà présent un peu partout dans le monde avec le bioéthanol, par exemple, sans pour autant dépasser le pétrole.

Il permet aux agriculteurs de trouver de nouveaux marchés. Les pays en voie de développement peuvent envisager une porte de sortie salutaire. La production et la consommation étant essentiellement locales, les coûts de transport sont moindres et surtout moins polluants.

Le problème c’est qui dit biocarburant ne dit pas forcément agriculture biologique. En effet, on peut se demander si la production à grande échelle de ce type de carburant n’aura pas une incidence néfaste sur l’agriculture française et mondiale.

A partir du moment où l’on sait qu’il faut des quantités astronomiques de plantes pour produire un litre de biocarburant, il est indéniable que les pays producteurs de ces plantes vont tout mettre en œuvre pour que leur production suive la demande. Avides de gagner le maximum d’argent, ils plongeront tête baissée dans la culture intensive, à grands renforts d’engrais, de déforestation, de pesticides, d’insecticides, d’OGM…

Un cocktail qui risque d’être explosif au bout d’un moment. Sans oublier les conséquences sociales, humaines que cela aura forcément dans ces pays.

De plus, comme le biocarburant est une mine d’or pour de riches industriels qui ont su flairer le bon filon, les prix du maïs ou du malt par exemple, servant à produire du biocarburant également, ont fortement grimpé du fait de l’augmentation de la demande. Conséquence immédiate : le prix de la farine de maïs ou de la bière est en hausse constante.

Le fait que le biocarburant émette moins de CO² que le pétrole, qualité indéniable, risque très vite de s’étioler dans la mesure où la production de ce biocarburant (engrais, machines, transformation, transports) demande énormément d’énergie – plus que pour l’essence et le gazole – forte émettrice de ce même CO² et qui a des conséquences néfastes sur l’effet de serre.

L’idée du biocarburant est en elle-même louable mais quelles en seront les conséquences agricoles, humaines, sociales… pour l’avenir ? Peut-être devrons-nous un jour choisir entre produire du blé pour se nourrir ou du colza pour rouler, les terres agricoles n’étant pas extensibles à l’infini ?

A moins que d’ici-là, les scientifiques trouvent de nouvelles sources d’approvisionnement de biocarburant comme les microalgues, la cellulose, l’amidon, etc. Mais, se posera toujours le problème des quantités à produire…

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commentaires
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par Nicollas (IP:xxx.xx9.107.116) le 18 mars 2008 à 10H31

Votre article pointe certains dangers des agro-carburants, mais pas le principal. C’est la famine qui guette tous les pays pauvres dans lesquels une culture céréalière d’exportation (pour les agro-carburants) remplace les cultures vivrières. Ce phénomène est déjà présent à cause de la dette des pays pauvres qui les soumet au diktat d’exportation du FMI, et de notre viande qui absorbe une part gigantesque de fourrage. Les agrocarburants seront-ils la goute d’huile qui fera déborder le vase ?

http://www.kokopelli.asso.fr/articl...

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par ZEN (IP:xxx.xx4.61.181) le 18 mars 2008 à 10H51

Bonjour , cher voisin d’Artois

A grande échelle et à long terme , ce projet, en apparence séduisant, n’a aucun avenir. J’explique pourquoi ici, à la suite de nombreux autres , plus connaisseurs que moi,dont je me suis inspiré : http://www.agoravox.fr/article.php3...

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par Philippe VIGNEAU (IP:xxx.xx3.82.129) le 18 mars 2008 à 12H14

il est plus pertinent de parler d’agrocarburants que de biocarburants

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par Di Girolamo (IP:xxx.xx6.192.173) le 18 mars 2008 à 18H52

Les agros carburants et plus généralementles énergies renouvelables n’ont aucun sens dans une société de croissance refusant de se remettre en question : ils viennent rajouter un plus certes renouvelable au toujours plus et participent ainsi à la dégradation générale de l’équilibre planétaire et aussi au blocage des cerveaux : à partir du moment où c’est bio ou renouvelable c’est forcémment bon ! Peut être que le problème est dans l’aspect non renouvelable de nos dirigeants , politiques et médias , qui s’auto renouvellent en permanance dans un cercle vicieux fermé les empêchant d’accéder à la réflexion ? Il suffit d’écouter leurs discours et niveaux de préoccupations pour s’appercevoir qu’ils ont du mal à lever le nez du guidon. C’est bien d’abord la politique qu’il faut renouveler, la manière de faire de la politique en plaçant la réflexion et le débat sur le choix de société au centre de notre vie publique. Nous pourrions ainsi tenter de réfléchir et d’imaginer une autre organisation sociétale que des techniques comme les énergies renouvelables pourraient faciliter.

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par mathieu hangue (IP:xxx.xx7.171.238) le 21 mars 2008 à 17H33

Pour l’éthanol de maïs, l’Université de Cornell arrive à un bilan de 1,3l de pétrole nécessaire pour produire l’équivalent en éthanol de... 1 l de pétrole ! Bilan nettement négatif donc.

Bilan des émissions de gaz à effet de serre.

Actuellement, l’Indonésie est le troisième producteur de gaz à affet de serre après les Etats-Unis et la Chine, à cause de la déforestation. Dans un premier temps les espèces d’arbres intéressantes sont vendues puis le reste de la forêt est brûlé. Cela dégage tout le carbone qui était séquestré dans la forêt. Mais dans le cas de l’Indonésie, c’est bien plus grave encore.

Une bonne partie des forêts actuellement détruites pousse sur des sols tourbeux qu’il faut assécher. En s’asséchant ces sols libèrent des quantités très importantes de méthane, gaz 30 fois plus efficace pour l’effet de serre que le CO2.

Ces projets de mises en culture de palmiers à huile pour le marché européen vont libérer de 42 à 50 milliards de tonnes de CO2 ! C’est abolument énorme ! Il est possible que cela annule tout effort de stabiliser les climats et toute réduction même sérieuse des émissions de gaz à effet de serre.

Et tout cela au nom de la ... lutte contre les changements climatiques.

Le seul but des agrocarburants est de faire perdurer un système économique à bout de souffle.

Amitiés

MH


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