Article publié le 4 juillet 2007
Un hôtel madrilène en début de rénovation a invité huit personnes à initier la destruction de l’hôtel. Armés de masse, de casque et d’équipements de protection, ces huit madrilènes ont donc saccagé l’hôtel : rien n’a été épargné : les murs, le mobilier, les télévisions, les téléphones, les fenêtres... Cet hôtel réouvrira en septembre avec un décor et des équipements totalement neufs. Un beau coup de pub pour cet hôtel selon la presse en général... un acte de barbarie pour certains media alternatifs.
Je me permets de vous narrer ce fait divers, car j’ai été réellement choqué, tout d’abord d’imaginer, puis de voir des photos dans la presse et les reportages à la télévision sur ce saccage.
Je considère cet acte comme le paroxysme de la société de consommation : on achète, on n’en a plus besoin, non seulement on jette, mais en plus on détruit et on filme cette destruction comme une fierté.
Après les jeux du cirque de l’antiquité, la télé réalité va-t-elle s’emparer de ce concept séduisant : détruisez en direct votre maison ou celle de votre voisin. Non, ils n’iront pas jusque là… et pourtant, c’est déjà partiellement fait...
A l’heure du tri sélectif et du recyclage, cet hôtel s’est permis d’afficher fièrement qu’il allait jeter ses murs et son équipement à la poubelle, sans tenter de recycler ne serait-ce que les fenêtres ou surtout de revaloriser ses équipements intérieurs, certes un peu vieillot mais en bon état.
J’imagine que de nombreuses associations caritatives auraient été heureuses de débarrasser cet hôtel de son mobilier et ses télévisions afin de leur donner une seconde vie.
Outre les effets directs sur l’environnement que peut provoquer cette destruction massive, le message relayé par l’ensemble de la presse est particulièrement dévastateur sur la conscience collective écologique : c’est une banalisation du geste anti-écologique « je n’en ai plus besoin ou c’est cassé, donc je jette », décuplé par cet acte malsain de destruction.
Si le tri sélectif commence à s’intégrer dans les habitudes des citoyens, la revalorisation des objets en fin de vie ou cassée reste encore marginale. Cette démonstration malsaine fait l’apologie du « j’achète et je jette ».
J’attends l’organisation par un hôtel ou une entreprise d’un événement où il convierait huit personnes à venir emporter les équipements à jeter afin de les réparer et les redistribuer en seconde main.












