Article publié le 1er août 2007
Le lombric, appelé vulgairement « ver de terre », a-t-il capacité de sauver malgre elle l’humanité en marche vers une imaginable catastrophe ?
Les vers de terre ont mauvaise presse, à tel point qu’ils sont même utilisés en guise d’injure. Pourtant, eux qui sont souvent mis plus bas que terre, c’est le cas de le dire, ont deux particularités :
La premiere c’est d’être l’espèce animale la plus importante de cette planète, à tel point que si l’on pouvait mettre tous les animaux vivants de notre terre, humains compris, sur le plateau virtuel d’une balance, tous les vers de terre mis sur l’autre plateau, péseraient plus lourd que toutes les autres espèces rassemblées.
Car ils sont nombreux, les lombrics, vous l’avez compris : à l’hectare, on en dénombre de un à deux millions, ce qui représente un poids de une à cinq tonnes par hectare, soit pour la France entre 100 et deux cent millions de tonnes .
L’autre particularité est que le lombric a la faculté de se nourrir des plantes en décomposition et de les transformer en compost : en traversant le tube digestif du lombric, la matière organique du lombric s’enrichit d’une flore microbienne, très active qui favorise la fabrication des phytonomes indispensables à la croissance des plantes.
Au moment ou la couche fertile de la terre se réduit en peau de chagrin à force de traitements, de disparitions de haies, ceci amenant le lessivage des sols, avec comme grave conséquence la disparition de l’humus, il faudrait peut être avoir un peu plus de considération pour les lombrics.
Les agriculteurs doivent compenser cette avance de la stérilité des sols à grands coups d’engrais chimiques dont nous connaissons aujourd’hui les défauts : les nitrates se retrouvent dans les nappes phréatiques, et par la suite dans nos verres, avec de graves conséquences : les nitrates se transforment en nitrites au contact de nos sucs digestifs, et empêchent notre sang de se renouveller normalement.
Et puis les vers de terre pourraient aussi peut etre nous éviter des inondations, ou du moins en atténuer les effets.
Comme chacun sait, ils creusent interminablement des galeries, et nombre de scientifiques pensent que de nombreuses inondations auraient pu etre évitées, si on avait pas détruit par endroit les vers de terre : en effet, ils pensent que leurs galeries peuvent absorber en partie les crues des fleuves, créant des zones tampon, effet d’éponge, et que la catastrophe Nimoise ( et bien d’autres) aurait pu etre évitée si dans ce secteur les vers de terre n’étaient pas en voie de disparition.
Par leur travail incessant, les lombrics labourent la terre en tout sens , faisant même remonter à la surface des objets que l’on croyait enfouis à tout jamais, faisant souvent le bonheur des archéologues.
Les bienfaits apportés par les vers de terre n’ont pas échappés a quelques chercheurs, et aujourd’hui on peut même acquérir un digesteur de déchets dans nos appartements.
Cet appareil consiste à mettre les déchets ménagers dans un containeur spécial, « ensemencé » de vers de terre, lesquels vont digérer ces déchets et produire un compost de très bonne qualité, sans dégager la moindre odeur malsaine, mais plutot un bon parfum de sous bois.
Alors, allez les vers !...........
(A lire pendant vos vacances : « les jardiniers de l’ombre, vers de terre et autres artisans de la fertilité, (edition terre vivante). de Blaise Leclerc).
Il y a pas qu’eux qui aérent le sol et augmente sa capacité d’absorption de précipitation : les racines des plantes. Le problème c’est que si les pesticides ont décimé les vers de terre, les labourrages et mises à nu du sol ont tout fait pour annihiler le bienfait des racines et rendre le sol dur comme du béton. Et comme vers de terre travaillent en symbiose avec les racines, on se prive en plus de l’effet de synergie.
il y aurait beaucoup a dire pour le labourage : dans les écoles d’agriculture on conseillait de ne pas labourer a plus de 17 cm de profondeur, afin de ne pas enfoncer la couche fertile.aujourd’hui les socs de charrue plongent bien plus profondemment. la couche fertile est enfouie, et le terrain moins productif. il y a meme certains spécialistes qui préconisent de ne plus labourer du tout ! et il faut s’interesser de pres a la technique BRF (bois raméo fragmenté) qui permet d’éviter l’arrosage, meme en periode d’extreme secheresse. d’ailleurs un lecteur évoque cette méthode et donne des pistes internet pour plus de renseignements. cordialement
Avez vous des noms de fabricants ou de sites web, pour se procurer des composteur compatibles avec les lombrics , et aussi où peut on acheter les lombrics ?
nous sommes dans le VAR et la terre est très acide et argileuse ; il y a plus de caillasse que de terre, et l’eau de pluie, tombant rarement mais en quantité diluviale 2 fois par an, emporte tout sur son passage ! merci d’avance
Salut, Olivier !
Tu as peut-être ainsi que je l’ai fait, écouté l’émission de Ruth Stegassy "Terre à Terre", samedi dernier sur ce sujet, sinon, à lire et podcaster sur le site de France-Culture.
Merci pour ton article et tes informmations,
Bien à toi.
oui, j’écoute régulièrement l’émission terre à terre, et ç’est ce qui m’a donné envie de parler de ce drole d’animal. :-)
si vous voullez approfondir le sujet, sur dailymotion/youtube/etc il y a des explications (parfois longues >1H) de Claude Bourguignon. J’ai pas les liens ici, mais ça se retrouve ...
Cet article ne doit-il pas être mis en relation avec un autre article rédigé il y a quelques mois par un ingénieur en mécanique des fluides qui s’inquiétait d’une baisse générale d’hygrométrie des sols ?
Bonjour Olivier,
Quand j’ai modéré ton article, j’ai immédiatement dit ’Ok. J’aime".
Les vers ne sont pas si solitaires que cela. ;-) Cinq tonnes par hectare. Mazette, ces lombrics, ça fait beaucoup de "longues briques". :-))
En général, on les voit apparaitre qu’après une pluie. Souvant écrasés sur les chemins d’ailleurs. Merci, pour l’article. Cela fait réfléchir à l’utilité des "choses". ;-)
bonjour,
je n’ai jamais vu de conteneur "ensemencé" de vers de terre :) on trouve ça où ? en jardinerie ? c’est pas plus simple d’enfermer 2 vers de terre ensemble pour qu’ils fassent des bébés ?? en espérant avoir eu la main (sexuellement) heureuse :) boudiou ! comment ça marche la reproduction des vers de terre ? Je me sens une âme de voyeuse :)
en podcastant l’emission terre a terre, qui a rediffusé ce sujet samedi dernier, on a toutes les éléments pour se procurer cet appareil. cordialement.
Cet article m’inquiète parce que je le mets en corrélation avec un constat que l’on m’a récemment révélé, selon lequel il n’y a pratiquement plus de vers de terre dans les vignes du val de Loire... et sans doute ailleurs...
Am.
Un autre moyen de fertiliser ou régénérer les sols, sans engrais et presque sans eau : le B.R.F.
Le B.R.F. ou Bois Raméal Fragmenté est constitué de branches d’arbres de faible diamètre, broyées sous l’action mécanique d’un engin prévu à cet effet. Via des techniques de compostage, de mulching ou d’incorporation directe cette matière peut être utilisée pour fertiliser la terre.
Les résultats de ces techniques sont spectaculaires : régénération de sols devenus incultes, l’accroissement et le maintient de la fertilité tant forestière qu’agricole, elles se présentent comme autant de moyens efficaces de lutter contre la destruction de notre environnement (déforestation au sud, pollution des nappes phréatiques au nord) tout en assurant la sécurité alimentaire des populations.
Bien entendu, cette méthode ne reçoit pas l’assentiment du lobby chimico-agricole, qui a déjà réussi récemment à faire interdire la production et la vente du purin d’ortie sur le territoire français.
Un site pour en savoir plus :
http://users.skynet.be/BRFinfo/tron...
Fif
il y a pas forcément besoin d’y aller au bois, de simple végétaux couché font souvent l’affaire. Un système de permaculture démarre très vite ainsi l’enrichissement du sol. L’apport de bois pour moi c’est quand la situation est vraiment catastrophique : ça fait penser à un médicament qui corrige une violente maladie. Si la situation est moins grave on peut laisser le malade recouvrer la santé rien qu’en le privant de poison déjà ;-)
Salut Olivier,
Pour la protection de ces th’iotes bébêtes, l’idéal est le semis direct.
Les populations de lombrics, la biomasse microbienne et la respiration du sol y sont relevées depuis 1998/1999. Dans le système avec labour, 94 g/m[2] de lombrics ont été relevés contre 190 g/m[2] en semis direct.
La suite là : http://cat.inist.fr/?aModele=affich...
@+ P@py
Quelle découverte !?...
Quand j’étais petit garçon, que j’accompagnais mon père au jardin, il m’expliquait, lorsqu’il préparait la terre pour les semis, qu’il fallait laisser les vers de terre là ou ils étaient, car ils faisaient grandir les légumes ! Je suis consterné de constater que l’homme moderne a perdu tout contact avec la réalité, étant aservi par la dictature de la finance mondiale qui prétentd tout dominer, y compris la nature. Quel désastre !!!...
Roger
Ils sont trop forts, ces vers !
J’ai justement bricolé un "vermicomposteur" : les vers se reproduisent très vite, mangent mes déchets alimentaires, font de l’engrais et, tout ça, sans mauvaise ordeur dans mon appart.
Pour le fabriquer, j’ai trouvé des infos dans les sites suivants :
http://www.tripandtrip.com/initiation.htm
http://www.eco-quartier.ca/vermicompostage.htm
http://users.swing.be/compost/Main_Lombric.htm
Aurélie
Tout sa, c’est de la boule-shit !
"les nitrates se transforment en nitrites au contact de nos sucs digestifs"
Bien sur, NO3 peut se transformer en NO2 sous l’effet de l’acidité, ça sort s’où cette débilité ?









